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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 07:00

Emmanuel Dongala Le feu des origines


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emmanuel DONGALA
Le Feu des origines
Albin Michel, 1987
éditions du Rocher
Collection Motifs, 1983


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie de l'auteur

 

Voir plus bas les fiches déjà publiées.

 


1. Fiche de Catherine


Résumé

Ce roman suit l'histoire de Mandala Mankuku, Congolais, depuis sa naissance jusqu'à sa vieillesse, avant la colonisation et pendant.

Dès les premiers instants de sa vie, il est considéré par les siens comme un être étrange car aucun villageois ne peut témoigner de sa naissance à part sa mère. Malgré les palmes qu'a plantées la femme sur le lieu de naissance, d'où le personnage tiendra son nom, « l'homme aux palmes », beaucoup de sa tribu refuseront de croire à sa venue au monde. L'idée d'exister sans être né, qui pour nous, Européens, semble irrationnelle, n'est pas absurde dans la culture ancestrale du personnage. La suite du récit nous prouvera à de nombreuses reprises que le fantastique fait partie du quotidien de cette tribu, ce qui donnera à ce roman des allures de conte. De même, les yeux pers du bébé le feront passer pour un monstre chez les siens qui le rejetteront en partie.

Mandala Mankuku passe son enfance et sa jeunesse sous l'influence du vieux sage Nimi A Lukeni, pour lequel il éprouve beaucoup d'affection et qui est le seul à qui il ose se confier, et sous l'influence de son oncle Bizenga, qui lui enseignera divers métiers – contrairement aux traditions ancestrales qui veulent qu'un homme ne se consacre qu'à une seule activité – dont ceux de chasseur, forgeron, sculpteur et guérisseur, dans lesquels il excelle et dépasse son maître. Sa curiosité et sa tendance à tout remettre en question font de lui un élément perturbateur du village, bien qu'aimé et respecté par les membres de sa tribu, surtout depuis qu'il a été proclamé nganga, c'est-à-dire puissant, par le vieux Nimi A Lukeni.

Lorsque les colons arrivent dans le village, Mandala est jeune homme. Le récit montre alors la rencontre entre les deux groupes et les légendes qui circulaient sur les Blancs :

 

« Il ne faudra pas les toucher car leur peau fragile laissera sur vos mains des paillettes diaprées comme la pierre de schiste ; leur visage est comme la lune car ce sont des cadavres vivants, des zombies... ».

 

Mais l’auteur dresse également un historique de la façon dont se sont passés la colonisation et l'esclavage, notamment avec l'enrôlement de Noirs de certaines tribus pour oppresser les autres Noirs, les mbulu-mbulu et le profond racisme des Blancs qui tenaient aux Noirs des propos dégradants.

Il doit alors se soumettre aux travaux forcés dans l'extraction du caoutchouc, l'impôt et à la construction du chemin de fer qui relie l'océan au fleuve, vrai drame dans l'histoire du Congo car de nombreux hommes y sont morts. À ce propos l'auteur s'adresse au lecteurs dans ce paragraphe :

 

« voyageur, si un jour tu prends le chemin de fer qui mène du grand fleuve à l'Océan, écoute attentivement le claquement des roues sur les rails car chacun d'eux, chaque tac-tac, dénombre un mort ; alors pense un peu à tous ces hommes ensevelis dans ces montagnes où tu passes et rappelle-toi qu'ici il y a un mort pour chaque traverse. Cela aidera peut-être leur âme à dormir en paix. »

 

Pour avoir tué son oncle Bizenga, entre-temps devenu chef du village, parce qu'il pactisait avec les étrangers alors que ceux-ci venaient de tuer ses parents, Mandala Mankuku quitte le village pour la ville, où il trouve une place de chauffeur de locomotive. Il est fier de son métier au début mais perdra vite ses illusions notamment lorsqu'il conduira les hommes noirs recrutés pour aller sur le front de la Seconde Guerre mondiale et dont si peu rentreront vivants. C'est à cette occasion qu'il rencontrera sa future femme Milete, qui ne sera pas acceptée par sa tribu car ayant d'autres origines. Après avoir mis au monde un enfant albinos, elle s'enfuira et Mandala ne la reverra plus.

Avec le temps Mandala Mankuku devient une figure importante de la lutte pour l'indépendance de son peuple, surtout après avoir hébergé « la Sainte du Nord », une femme militant pour la révolution des peuples africains contre les colons.

Devenu âgé, Mandala décide de retourner à ses origines, il met feu alors à sa maison et rentre à son village. Le dernier paragraphe donne la réponse au titre :

 

« il découvrit enfin ce qu'il avait cherché pendant toute sa vie : retrouver, comme au premier matin du monde, l'éclat primitif du feu des origines. »

 

 

Thématiques et structure du récit

C'est un roman foisonnant de détails sur la culture africaine et sur la manière dont s'est passée la colonisation au Congo. On apprend beaucoup sur les traditions des Congolais, leur manière de percevoir la vie et le monde, qui est totalement différente de la nôtre avec la place fondamentale qu'occupent les légendes, les contes et le fantastique au quotidien, leur rapport aux ancêtres,vivant ou morts, auxquels ils vouent un culte, et à qui ils ont recours pour chaque décision.

C'est également une quête de l'identité et du savoir pour le protagoniste, en somme une sorte de quête philosophique. Un conte initiatique aussi, racontant la vie de cet homme, de sa naissance à sa vieillesse.

La structure du récit est assez linéaire, même s’il y a des retours dans le passé de temps à autre, avec des chapitres et des sous-chapitres. Chaque chapitre est introduit par une courte citation d'auteurs du monde entier, asiatiques, africains, européens, américains...

L'écriture est simple, belle, souvent poétique grâce aux métaphores et aux comparaisons propres à la culture africaine, ainsi qu’à la lenteur dont est empreint le récit, que l'on peut assimiler à un conte.



Avis personnel

C'est un roman que j'ai beaucoup aimé, l'histoire est belle et instructive. C'est à la fois poétique et engagé. On pourrait s'attendre à de l'amertume voire de la haine de la part de l'auteur envers les Blancs qui ont oppressé son peuple, mais ce n'est pas du tout le cas, on est face à une sorte d'hommage à la vérité historique sans ressentiment aucun.


Catherine, 2e année bib.-méd.





 

2. Fiche de Victor.

 

 

L’intrigue

Le feu des origines, c’est l’histoire d’un homme (Mandala Mankunku), d’un pays (le Congo), d’un continent (l’Afrique) et d’événements historiques et mondiaux (la colonisation, la guerre…).

Le personnage principal est aussi curieux que mystérieux. En effet, Mandala Mankunku qui est déjà bon guerrier et bon forgeron, voudra atteindre la perfection dans tous les domaines de la connaissance. Il enchaînera donc des métiers et des expériences très  variées comme esclave révolté, médecin, politicien et conducteur de train. Il voudra toujours en savoir plus, de sa naissance jusqu'à son dernier souffle. Mandala Mankunku ou « celui qui détruit » va aller jusqu'à défier les éléments et le temps. Il va partir en quête de son passé, pour tenter de comprendre le mystère de sa naissance et de ses yeux. Il n’hésitera pas à combattre sa propre famille et les colons qui viennent d’arriver dans son village et sur ses terres pour trouver le feu des origines. Plus fasciné qu’apeuré par les étrangers, il tentera de comprendre la civilisation des colons et même de l’améliorer. De la campagne à la ville, les lieux, le progrès technique, l’histoire et la vie défilent à toute vitesse dans cet ouvrage qui semble être à la fois un documentaire, un témoignage et une sorte de conte africain. Dongala nous donne une leçon de vie et d’histoire de manière rapide, synthétique et efficace. Les 325 pages du roman se lisent étonnamment vite pour ensuite  ralentir et aboutir à une fin poétique.



Dix bonnes raisons de lire l’ouvrage

1- Amusant, émouvant, passionnant et didactique, ce livre ne se lit pas comme un cours d’histoire mais en a les effets. Si vous voulez apprendre et enrichir votre culture générale sur un continent dont on parle peu tout en vous détendant…, ce livre est fait pour vous.

2- Si le contenu et la symbolique de l’ouvrage est richissime, le roman se lit rapidement et n’est pas excessivement cher. En une matinée de lecture et pour seulement 10 euros vous visiterez l’Afrique… Ça vaut le coup, non ?

3- Ce roman dégage une sorte de magie africaine indescriptible qui vous plongera au cœur d’un continent et de ses traditions. En l’espace d’une lecture, vous aller vous identifier à Mandala Mankunku et devenir africain. De colon, vous deviendrez colonisé, tout comme vous troquerez le statut de lecteur pour celui de héros.

4- Le feu des origines évoque des valeurs humaines fortes et importantes sur lesquelles nous devrions constamment penser. En effet, le pays, la mémoire et la famille ont par exemple une place très importante dans le roman tout comme dans notre quotidien. Dongala nous rappelle qu’il faut surtout  penser à l’essentiel.

5- On trouvera dans ce roman des chansons et du vocabulaire africain que l’on ne trouverait pas dans un  roman ordinaire ou dans un cours d’histoire magistral. Cet ouvrage est unique, tout comme votre lecture sera une expérience unique.

6- C’est le genre de roman qu’on peut relire plusieurs fois sous différents angles de vue sans se lasser. (du point de vue de l’historien, d’un point de vue littéraire…).

7- L’auteur étant congolais d’origine, professeur de chimie, de littérature et écrivain, il a utilisé son vécu et sa culture pour rendre le roman le plus réaliste possible. On ne sait plus quand l’auteur invente et quand il décrit la réalité. Le roman devient alors un jeu de devinettes dans lequel le lecteur prend plaisir à se perdre.

8- Structuré en 42 petits chapitres et de nombreuses subdivisions, le livre est un outil à la fois  pédagogique et didactique. C’est en partie un cours organisé.

9- Les personnages comme l’oncle Bizenga et le vieux Lukeni, dont le caractère et le comportement sont forts, captivent facilement notre attention.

10- Si vous êtes un  petit lecteur vous dévorerez tout de même ce livre entraîné par la curiosité naturelle qui est en vous. Tout le monde devrait découvrir la littérature africaine. Tout comme le mangeur doit goûter chaque aliment, le lecteur doit lire de tout.



Quelques liens internet, pour en savoir plus

Sur l’ouvrage

 http://www.afrik.com/article3609.html
 http://www.deslivres.com/livre/9782842612917/Le-feu-des-origines.html
 http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2009/02/28/12707751.html
 

 

 

 

Sur Emmanuel Dongala

 http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-emmanuel-dongala-afrique-photo-groupe-bord-fleuve-2768.php
 http://www.france24.com/fr/20100421-emmanuel-dongala-roman-femme-afrique-pouvoir
(Interview du 21 avril 2010)
  http://www.dongala.com/

Son Email : edongala@simons-rock.edu


Pour en savoir plus sur la littérature africaine

 

http://www.bobodioulasso.net/auteurs/


 

 



Pour en savoir plus sur la littérature africaine francophone 


http://www.litaf.cean.org/



Pour en savoir plus sur la colonisation du Congo

 http://astrosurf.com/luxorion/esclavage3.htm
 http://www.interfrancophonies.org/regards.pdf

 

 

 

Victor Didier, 1ère année bib.

 

 

 

Emmanuel DONGALA sur LITTEXPRESS

 

 

Emmanuel Dongala Jazz et vin de palme

 

 

 

 

 

 Articles de Camille et de Romain sur Jazz et vin de palme.

 

 

 

 

emmanuel dongala johnny chien mechant

 

 

 Articles d'Eva et d'Alexis sur Johnny chien méchant

 

 

 

 

 

 

 

 

Emmanuel Dongala Le feu des origines

 

 

 

 

 

Article de Clotilde sur Le Feu des origines 

 

 

 

 

 

 

 

 

dej litt1

 

 

 

 

 

 

 

Déjeuner littéraire africain

aux Capucins (mars 2010)

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Catherine et Alexis - dans Littératures africaines
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