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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 08:00


Agnès de Lestrade est née en 1964. Elle s’est révélée au grand public avec la parution de son premier roman jeunesse en 2003 : La petite fille qui ne voulait plus cracher,  publié à l’Ecole des loisirs. Depuis on ne l’arrête plus : elle a écrit une cinquantaine d’albums et de romans et une soixantaine de textes en presse. Elle est traduite dans de nombreux pays.

Nous l’avons rencontrée dans le cadre de « P’tit bout lit tout », le mardi 17 novembre 2009 à 20h30, à la médiathèque de Camblanes-et-Meynac, côté rive droite de Bordeaux.


Agnes-de-Lestrade.JPG
Soirée rencontre P’tit Bout Lit Tout
avec Agnès de Lestrade et Martine Perrin



1. On a remarqué que vous travailliez pour de nombreux éditeurs jeunesse différents (Tourbillon, Motus, Milan jeunesse, Ecole des loisirs, Nathan poche, Gautier-Languereau…). Ces changements d’éditeurs sont-ils dus à une volonté de diversifier votre travail, de vous faire connaître, ce sont les maisons d’édition qui vous contactent, est-ce le fruit du hasard et de rencontres ?

Agnès de Lestrade Quelquefois, j’ai des commandes. Une seule maison d’édition ne pourrait pas prendre tout ce que je fais, et elles ont des personnalités différentes ! Je suis assez éclectique dans mes goûts, et mon écriture peut être très variée, donc je m’adresse à différentes maisons d’édition, selon leurs personnalités. D’ailleurs, j’ai beaucoup de refus.


Lestrade-le-parapluie-de-madame-ho.gif2. Est-ce vous qui choisissez vos illustrateurs ? N’avez vous jamais voulu illustrer vous même vos livres ?

Agnès de Lestrade - Sur les 55 livres parus, j’ai choisi seulement deux fois les illustrations, Les légumes de Monsieur Marcel et Le parapluie de Madame Hô. En temps normal, le texte est d’abord choisi par les éditeurs qui se débrouillent pour trouver des illustrateurs. J'aimerais également illustrer moi-même mes livres un jour.



3. Pouvez-vous nous parler de votre travail avec l’illustratrice Martine Perrin sur le Parapluie de Madame Hô ?

 
Agnès de Lestrade - J’ai rencontré Martine à un salon, elle m’a demandé un texte. J’ai tout de suite pensé à un de mes derniers que j’avais écrits : le parapluie de madame Hô. On a travaillé ensemble. Elle m’a viré des phrases déjà ! Nous avons fait un travail d’épuration sur le texte à deux. Martine a réussi à entrer dans mon imaginaire. Elle réalise rapidement la maquette de l’album. La recette de ce livre ? Un bistrot, trois bouteilles de rosé et une amitié très forte.


4. Savez-vous à l’avance si vous écrivez un texte cours ou un texte long, un album ou un roman ?

Agnès de Lestrade – Je sais à l’avance si ce sera un texte court ou long. Dans mes histoires c’est toujours le titre qui vient d’abord, tout mon inconscient joue pour faire le titre, c’est une pelote de laine : Je tire le fil et j’écris l’histoire.. Parfois, à partir de ce titre, j’ai envie d’écrire quelque chose de court, qui coule comme ça, et dès fois des choses plus longues : j’alterne ! D’ailleurs je n’écris pas que des albums ou des romans, je travaille également en collaboration avec des maisons de presse jeunesse comme Bayard (J'aime lire, Dlire, Je bouquine,…). Je leur propose notamment les titres que les maisons d’édition ne veulent pas publier mais pas uniquement ! 


5. Beaucoup de vos albums ont été traduits à l’étranger. Est-ce une proposition de la part des éditeurs français ou une demande de la part des maisons d’édition étrangères (Italie, Corée…) Avez-vous votre mot à dire quant à la traduction ?

Agnès de Lestrade – Je n'ai pas mon mot à dire quant à la traduction ; parfois le nom de mes personnages change. Il existe des salons d'éditeurs : les éditeurs étrangers font la démarche auprès des éditeurs français qui proposent une série de titres. Il y a notamment un grand salon en Allemagne, dont le but est de faire connaître à l’étranger les textes des autres pays. Les éditeurs étrangers les adaptent ensuite comme bon leur semble.


6. Vous avez publié votre première histoire en 2003 à L’école des loisirs (La petite fille qui ne voulait Lestrade-la-petite-fille-qui-ne-voulait-plus-cracher.gifplus cracher). Depuis, vous avez écrit plus de 50 albums et 60 articles. C’est un rythme de travail assez rapide, quasiment un livre par mois. D’où vous vient cette inspiration ?

Agnès de Lestrade – Allongée dans mon lit, je regarde le plafond, je laisse mon esprit divaguer, je regarde un reportage à la télé, j’entends un mot dans la rue.  Je fais du glanage : j’ai l’impression d’être une glaneuse de plein de choses, que je note dans mon cahier. Pour écrire, il faut réunir telle idée qu’on aime beaucoup, et l’associer à une autre idée incongrue.  Quand je suis en panne, je laisse de côté, et je glane … tout peut me permettre de glaner et régler mon problème ! Par exemple c’est l’image du cirque qui m’a inspirée. C’est peut-être ça être amoureux. Et c’est mon chien qui m’a inspiré La grande fabrique de mots.  Nous, nous pouvons parler, et les chiens non. Nous, nous pouvons nous faire comprendre sans avoir beaucoup de mots. Et puis quand j’était petite mes parents me répétaient sans cesse : il faut avoir une idée par jour !


7. Ne craignez-vous pas que certains de vos livres ne soient pas complètement compris par les enfants en raison de la multiplicité des interprétations possibles ?

Agnès de Lestrade – On  joue avec la sonorité des mots, même sans connaître leur sens. Les enfants entendent tous les mots, du moment qu’on les leur porte, et ils les comprennent.


8. Comment parvenez-vous à comprendre aussi bien les jeunes et leurs problèmes ? 


Agnès de Lestrade – Tout le monde a une certaine capacité à entrer dans la jeunesse,  je pense qu’on les rejoint, je pense que je suis encore une enfant, mais je suis aussi une adulte … être adulte, c’est guider les autres, savoir à leur place … et moi-même, je pense que je suis restée collée dans mon enfance !.


9. Vous vous sentez donc proche de vos lecteurs ?

Agnès de Lestrade - J’aime entendre ce que les autres disent, surtout mes lecteurs ; c’est génial de collaborer pour que le texte et moi, nous puissions avancer.

Sendack-Max-et-les-maximonstres.gif
10. Dans certains de vos livres, nous avons pu remarquer de nombreuses références littéraires. (Max et les maximonstres au début de Mon bateau, Peau d’Âne et Les mille et une nuits dans Ceinture de feu, plusieurs références littéraires dans L’abécédaire à croquer et L’arbre sans fin dans Le jour où j’ai perdu mon temps) ? Est-ce volontaire ?  

Agnès de Lestrade. – C’est complètement un hasard !. De temps en temps, on retombe sur quelque chose qui a déjà été écrit !  Il faudrait peut-être que je lise un jour Max et les maximonstres


11. Pourquoi avoir recours aux animaux dans la plupart de vos ouvrages ? (Mon chien Anatole, Les choses cassées d’Octavio, Jour papillon ou jour hérisson ? : monde rempli d’animaux humanisés…)

Agnès de Lestrade. – Ce qui est génial en littérature jeunesse, c’est qu’on peut humaniser les animaux : ça identifie des sentiments très vite, les animaux !


Anne et Nora, L.P.


Bibliographie d'Agnès de Lestrade
La Grande Fabrique de mots, illustrations de Valeria Docampo, Alice éditions, 2009
Jour papillon ou jour hérisson ?, illustrations de Vincent Mathy, Albin Michel, 2009
Abécédaire à croquer, illustrations de Dankerleroux, Milan, 2008
C’est peut être ça être amoureux, illustrations de Laurent Aubouin, Milan, 2007
Ceintures de feu, illustrations de Dominique Jacquot, Gauthier-Languereau, 2007
Les Choses cassées d’Octavio, illustrations de Pascaline Mitaranga, 2008
Les Légumes de Monsieur Marcel, illustrations de Ingrid Monchy, Les éditions du Rochet, 2007
Le parapluie de Madame Hô, illustrations de Martine Perrin, Milan, 2007
Mon bateau, illustrations de Boiry, Milan jeunesse, 2007
Mon chien Anatole, illustrations de Benoit Perroud, Nathan, 2007
Le Jour où j’ai perdu mon temps, illustration de Julie Ricossé, Atelier du Poisson Soluble, 2006
La Petite Fille qui ne voulait plus cracher, illustrations de Magali Bonniol, L’école des loisirs, 2003

Autres ouvrages cités

Les mille et une nuits, Anonyme, disponible entre autres chez Gallimard, Bibliothèque de le Pléiade, 2005
L’arbre sans fin, Claude Ponti, L’école des loisirs, 1992
Max et les maximonstres, Maurice Sendak, L’école des loisirs, 2001



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Published by Anne et Nora - dans jeunesse
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commentaires

abdi 01/09/2012 18:03

Et du livre "des étoiles dans le coeur", comment vous est-il venu à l'esprit de traiter ce thème si difficil? Comment faites-vous pour ne pas effrayer le jeune lecteur?

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