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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 07:00
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Gilles Roussel alias Boulet est un dessinateur et scénariste français de bandes dessinées. Né en 1975 à Meaux, il obtient son baccalauréat option arts plastiques puis étudie sur les bancs des Beaux-Arts de Dijon. Il s’oriente ensuite vers des études aux Arts déco de Strasbourg. Encore étudiant, il se fait remarquer lors du concours de BD du festival de Sierre par Jean-Claude Camano, créateur avec Zep de la revue Tchô !. Boulet commence ainsi sa carrière de dessinateur/scénariste de BD au sein de ce journal. En 2000, il publie sa première bande dessinée, préalablement publiée dans Tchô ! : Raghnarok, qui raconte l’histoire d’un petit dragon vert accompagné de ses amies Najette, la fée, et Roxane, la barbare, dans un monde peuplé de dragons ; de lutins et autres personnages de fantasy. La série compte actuellement six volumes, publiés chez Glénat. Toujours chez Glénat, il publie également, en collaboration avec Reno, Womoks et Le Miya. Il est également l’auteur des trois tomes de la Rubrique Scientifique, bande dessinée pour la jeunesse, qui explique avec beaucoup d’humour et grâce aux personnages de Mademoiselle Agnès et du professeur Boulet diverses notions scientifiques telles que l’écologie ou la théorie du chien de Pavlov. Sa bibliographie compte également une participation au projet Donjon, mené par Joann Sfar et Lewis Trondheim. Publié chez Delcourt, ce projet consiste en une série de BD, parodie d’heroic-fantasy, dessinée et scénarisée par une multitude d’auteurs de bande dessinée français. Boulet est le dessinateur des tomes 5 et 6 de la série Donjon Zénith. Côté collaboration, Gilles Roussel a également participé aux recueils Chicou-Chicou, Soupir, Boule de Neige ou encore Nekomix 7.
Boulet tire sa notoriété principalement de son blog (www.bouletcorp.com/blog/ qui existe également en version anglaise). Commencé en juillet 2004, ce blog fait maintenant partie des blogs les plus visités de France. En 2008 paraissent les Notes T1, recueil qui regroupe les différentes notes de son blog postées entre juillet 2004 et juillet 2005. Deux autres tomes des Notes sont publiés chez Delcourt en 2009.



Côté Boulet

Pourquoi avoir choisi un surnom comme Boulet qui a une connotation négative dans un sens ?

En fait je ne l'ai pas choisi... C'est un surnom qui me colle depuis mon adolescence, dû au fait que mes grands frères devaient me traîner avec eux. J'avais parié que je l'utiliserais pour signer une BD un jour, et finalement c'est resté...


Tu as suivi des études d’art à Dijon puis à Strasbourg mais as-tu voulu dès le départ t’orienter vers la bande dessinée ?

Je ne voulais pas faire spécialement de la BD, je voulais faire du dessin, ça c'est sûr, mais je n'avais pas d'idée de voie précise. C'est simplement ce qui s'est présenté en premier...


Quelles sont tes influences ?

Elles sont innombrables... Ça commence par les franco-belges, avec Franquin, Peyo, Hergé et compagnie, puis j'ai eu ma période Fluide Glacial, puis Calvin et Hobbes, puis Dragon Ball... Mais finalement mes principales influences sont souvent les gens avec qui je dessine directement, comme Reno, Lucie Albon, mes amis de Tchô!, Erwann Surcouf...


Toujours étudiant, tu te fais repérer par Glénat et depuis tu es dessinateur professionnel. As-tu déjà eu des reproches pour ne pas avoir « galéré » ?

Il ne manquerait plus que ça...


Ta BD préférée du monde entier de la Terre ?

J'hésite... Je peux tricher en répondant par continents ? En Europe, ça serait sans doute un Franquin, et plutôt un Gaston... En Amérique je re-citerais bien Watterson et son Calvin et Hobbes, au Japon ce serait One Piece de Eichiro Oda


Tes coups de cœur BD du moment ?

Marzi de Savoia et Sowa chez Spirou, Lincoln des Jouvray chez Paquet, l'intégrale d'Emile Bravo, Lou de Julien Neel, Captain Biceps de Tébo et Zep, Mamette de Nob... Il y en a tellement !


Tes coups de cœur blog BD du moment ?

C'est plus dur à dire concernant les blogs... Souvent je connais la personne et perds toute objectivité. Tout de même, ceux que j'attends avec le plus d'impatience sont toujours Bastien Vivès, Marion Montaigne et Zack Weiner avec ses « céréales du dimanche matin ».


Tu lis autre chose que de la BD ? côté littérature tu aimes quels genres ?

A vrai dire je lis assez peu de BD. Souvent les gens qui m'en parlent s'y connaissent cent fois plus que moi. Je lis pas mal de bouquins de vulgarisation scientifique parce que ça m'amuse beaucoup et me fascine, sinon j'ai un gros penchant pour la littérature jeunesse.


L’humour est présent dans toutes tes BD, tu voudrais aujourd’hui dessiner une BD d’un genre complètement différent ?

Complètement différent, non, mais j'aimerais assez avoir le temps de dessiner d'immenses récits d'aventures, très premier degré, les histoires que j'aimais quand j'étais petit : avec de la bagarre, des mondes étranges, des monstres...


La BD que tu as réalisée dont tu es le plus fier ?

Je suis fier de toutes ! Chacune correspond à une période de ma vie, il n'y en a pas que j'aime moins... Celle qui me paraît cependant la plus chargée de nostalgie et d'émotions est Chicou-Chicou, mais surtout parce que c'était une aventure collective qui dépassait de loin les 350 pages du bouquin !


Tu mentionnes le recueil Chicou-Chicou, que tu as réalisé avec Lisa Mandel, Aude Picault, Domitille Collarday et Erwann Surcouf, c’était plutôt pour cette collaboration un travail individuel mis en commun par la suite ou un travail collectif dès le départ ?


Travail collectif ! Nous avions le blog sur lequel nous improvisions tour à tour, c'était ma meilleure expérience dans le domaine. Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu autant l'impression d'apprendre à dessiner !




Côté jeunesse
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Lorsque tu dessines pour la jeunesse (La Rubrique Scientifique, Raghnarok), tu as en tête un public jeunesse ou tu dessines sans arrière-pensée pour le public visé ?

Non, je n'ai pas d'arrière-pensée... J'ai commencé Raghnarok et la Rubrique avant de les présenter à Glénat ; au départ je faisais ça complètement pour moi sans même imaginer que ça pourrait être publié un jour...


Tu aimerais qu’une de tes BD jeunesse soit adaptée en dessin animé à l’image récemment de Lou de Julien Neel ?

Ce serait plutôt l'inverse... Je ne suis pas tellement ambitieux, je n'ai pas comme Julien Neel les compétences en animation permettant de tout superviser, et le milieu de la télévision ne m'attire pas du tout. Bref, on me l'a proposé et j'y allais en traînant un peu les pieds. Pour le moment rien est encore fait mais j'ai réussi à rencontrer un studio dont j'aime beaucoup le travail, on verra ce que ça donne !


Tu es aussi bien dessinateur jeunesse que dessinateur adulte, lequel de ces deux « costumes » préfères-tu ?


Je n'ai pas vraiment de préférence en ce qui concerne la réalisation, mais c'est agréable de pouvoir toucher des gens de sa génération. Mais bon, c'est juste du relationnel, devant la table à dessin, les deux costumes sont équivalents.

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Côté blog

Pourquoi avoir créé un blog dans la multitude qui existait déjà ?

A l'époque où je l'ai ouvert ce n'était pas une multitude, en BD... Nous étions peut-être une vingtaine, et il n'y avait pas de dessinateurs déjà publiés qui s'étaient penchés sur ce nouveau moyen de diffusion. Moi ça me convenait, ce côté « auto-édition sans aucun matériel », je pouvais m'amuser en n'ayant aucun compte à rendre à personne.


Les gens pensent te connaître personnellement parce qu’ils lisent ton blog ; c’est un phénomène facilement repérable lorsque tu dédicaces ou dans les commentaires déposés sur ton blog. Cela te dérange-t-il ? Essaies-tu toujours de garder une certaine distance ?

Julien Neel m'a dit l'autre jour que quand on lui parlait de moi comme quelqu'un qui a l'air sympa et marrant, il essayait de convaincre qu'en fait je n'étais pas du tout comme ça, que je suis râleur et sentencieux et que j'ai plutôt des allures de vieux professeur aigri. Il m'expliquait qu'en fait cette image lui paraissait plus proche de la réalité. Le pire c'est que je crois qu'il n'a pas complètement tort. Donc oui, j'ai toujours un peu peur de décevoir les lecteurs qui me confondent avec le personnage du blog.


Néanmoins, via ton blog, as-tu fait des rencontres sur le plan artistique ou personnel ?


Oui, bien sûr ! Je me suis fait des amis, j'ai rencontré des gens passionnants... Ca me permet en plus de sortir un peu du monde de la BD, qui finit par m'ennuyer. C'est quand même bien agréable de pouvoir converser avec des gens de tous horizons !


Lorsque tu vois que ton blog est parmi les plus visités de France, que tu as été parrain du Festiblog, que tu as plus de 4 000 fans Facebook, que ressens-tu : de la pression, du contentement ?


Heu... Alors la page Facebook en question a été faite par un lecteur, je ne l'ai vue qu'une fois ou deux chez des amis. Le parrainage du festiblog ça m'a fait très plaisir évidemment, mais à l'époque ça n'avait pas les mêmes proportions, c'était un petit truc avec 15 auteurs invités.
Alors ça me fait super plaisir, vraiment énormément, mais honnêtement, j'ai l'impression que tout ça, les blogs, le net, c'est encore plus volatil, encore moins important que ce qui peut passer à la télévision. C'est une « célébrité », un succès très relatif et très superficiel.
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Les Notes : une idée de ton éditeur, une volonté de voir ton travail sur papier ou réellement une pression extérieure comme tu l’expliques au début du volume un ?


Réellement une pression extérieure comme expliquée au début du tome 1 !


Tu avais peur, pour les Notes, de subir le « syndrome Frankenstein » ou celui du « collègue rigolo », penses-tu avoir échappé à cela ? Pour le « syndrome du collègue rigolo », il existe néanmoins dans chacun des volumes des Notes un fil conducteur (une séance de dédicace à Aubusson pour le volume deux, ton enfance pour le volume trois par exemple) est-ce une coïncidence ou as-tu crée volontairement ce fil rouge ?


Non, c'est voulu ! Quand j'assemble les pages, j'essaie de voir la thématique générale qui se détache de l'album, et je fais un fil rouge qui la rappelle... Concernant le contenu, non, je ne pense pas y avoir totalement échappé, mais bon. Il faut voir ces livres comme ce qu'ils sont : des recueils. Le but est de garder une trace.


D’après tes Notes, les séances de dédicaces ont l’air d’être une corvée (hormis celles à l’étranger) mais réellement considères-tu cela comme une tâche pénible ou comme des moments sympas ?

Non j'adore ça, pour de vrai. J'adore rencontrer des gens et papoter cinq minutes pour savoir un peu qui ils sont et ce qui les amène, j'adore dessiner et que ça fasse plaisir... Les récits que j'en fais, si je choisis les moments pénibles, c'est que ce sont les plus drôles ! Si je racontais qu'un gamin m'a demandé un dessin, n'a rien dit, et qu'après il était tout content, hé bien ça serait quand même beaucoup moins marrant que le bonhomme qui revient douze fois pour faire des photos !



Côté collaboration



Quel est le dessinateur de BD vivant ou décédé avec lequel tu rêves ou as rêvé de travailler ?

Les collaborations ce sont surtout des aventures humaines, donc je ne peux pas vraiment me fier à mes goûts en matière de dessin pour ça. Si ça se trouve, le dessinateur dont j'adore le boulot va se révéler infect quand je vais le rencontrer, ça arrive... Donc je ne sais pas. J'aimerais bien retravailler avec mon ami Reno parce qu'on s'entend super bien, j'aimerais retravailler avec mes amis Erwann Surcouf et Nicolas Wild parce que je sais qu'on s'amuserait comme des fous.


Quelle a été la collaboration qui t’a le plus apportée, que ce soit lors d’un album collectif ou lors d’une collaboration scénariste/dessinateur ?


Sans hésiter Chicou-Chicou.

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Tu as travaillé pour l’éditeur Glénat, Delcourt et même Bragelonne avec Erik le Viking notamment, comment se passe le travail avec tes éditeurs ? Est-ce eux qui t’ont contacté ou toi qui les démarches avec des projets ?

Ca se fait « comme ça » la plupart du temps. Glénat parce que j'ai commencé là, Delcourt parce que je connaissais Lewis qui m'a fait bosser sur Donjon, puis m'a poussé à faire Notes, Bragelonne par copinage complet...







Comment as-tu pris la suite de Lewis Trondheim pour le dessin de Donjon Zénith ? Comment se passait le travail avec le scénariste ?


Je travaille surtout avec Lewis... Qui est très patient... Je réclame beaucoup plus de retours que les autres dessinateurs qui envoient l'album fini ! Moi je demande avec angoisse ce qu'il pense de chaque page.

Pour finir quels sont tes projets actuellement ?


Continuer Notes (je termine le tome 4), et travailler ensuite à fond sur un projet que j'ai monté avec Pénélope Bagieu... Après ça c'est l'inconnu, on verra bien !


Coralie, L.P.

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Published by Coralie - dans Entretiens
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