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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 07:00

 Librairie Entre deux noirs


8h 45. Place Sainte Croix, Bordeaux. Terrasse d’un bar plantée au beau milieu des arbres. Quelques passants. Les premiers rayons de soleil de la journée tentent de percer les ruelles sombres et étroites de la ville. L’humidité des précédents jours de pluie se fait sentir, et la petite fraîcheur matinale couvre d’autant plus les passants d’une sensation agréable.


Une étudiante. Grande, brune, du rouge sur ses lèvres. Perdue dans ses pensées et à peine réveillée de sa courte nuit. Elle est assise à cette même terrasse de café en sirotant son petit expresso. Elle joue avec les grains de sucre renversés sur la table et observe les marques du rouge à lèvre laissées sur sa tasse de café. Elle lève les yeux, regarde le ciel et les alentours en tentant de convier les souvenirs vécus autour de cette même place.


Par un geste malencontreux, sa cuillère tombe dans un bruit sourd et l’ôte de sa candeur matinale …



[Ça aurait pu être le début d’un (bon ?) polar…]


… Et pourtant… Cette étudiante ne s’y connait que très peu en polars. Allez savoir pourquoi, son attention s’était justement fixée sur Christophe Dupuis, spécialiste bordelais du domaine « noir » sur lequel elle a choisi de l’interviewer. Elle l’attend précisément à cette même terrasse de café en espérant que son train n’ait pas de retard. Finalement non, elle le voit qui s’approche, – ponctuel en plus –, et l’air à peine réveillé lui aussi. Rassurée, elle lui parle un peu en lui faisant savoir qu’elle est désolée pour ses désorganisations précédentes, et qu’elle est quand même une fille gentille. Il semble acquiescer, pas pour la fait qu’elle soit une fille gentille (ça il ne peut pas le savoir), mais plutôt pour sa désorganisation qui lui a valu quelques incohérences auprès de lui.


« Un grand café et un croissant  s’il vous plaît ! »


L’interview (mais quel grand mot !) peut enfin débuter.


…Et elle fait tomber sa cuillère une seconde fois, en pensant, elle seule, qu’elle est vraiment maladroite, et là dessus,  « Y’a pas à tortiller ! »…


Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter,  pour ceux qui n’auraient pas la chance de connaitre  Christophe Dupuis ?

 

Christophe Dupuis, 40 ans, libraire.



C’est tout ? J’ai cru voir que aviez été directeur de collection et éditeur…

 

Non mais là on en a pour la journée si je parle de moi. Je vous enverrai mon CV ! Donc oui, oui… J’ai été directeur de collection, aux éditions Baleine , et j’ai travaillé aussi chez Points Policier.  J’ai monté aussi une association…

 

 

… Attends !… Euh, pardon, attendez, j’en parle dans une proche question ! [gêne intérieure pour ce tutoiement inhabituel]… Donc, vous êtes spécialisé dans le monde des polars… Comment vous est venue cette passion ? Un auteur ? Un texte en particulier ?


Tout petit, je lisais des romans policiers, c’est mon père qui me forçait à en lire. En fait, mes parents étaient des gros lecteurs, ils étaient divorcés, et c’est mon père qui me préparait des piles de polars lorsque je venais chez lui en vacances, et c’est lui qui m’a filé le virus.

 

 

J’ai vu en lisant certains articles que vous aviez fondé une association, l’Ours polar… Vous pouvez m’en parler un peu ?


Quand je suis arrivé à Bordeaux, je débarquais tout juste de Normandie, et j’ai constaté qu’ici il n’y avait rien sur le polar… la ville d’Alain Juppé… Quand même ! Avant j’avais écrit des articles dans une revue, angevine justement [« justement », car je suis angevine…fait référence à notre conversation pré-interview], « La Tête en  noir »… Je pouvais chroniquer trois bouquins tous les deux mois, alors que j’en lisais vingt par mois, mais bon…  Et puis, il n’y avait pas de revue d’actualité sur les polars, ceci ajouté qu’on voulait monter un festival polar et on a créé l’association L’Ours polar. Elle a fermé à la fin de l’année dernière, après cinquante numéros de la revue et pas mal de choses faites.

 


Comment pourriez-vous nous définir à nous, non-spécialistes, le polar ?


Y’a pas de définition précise. Rho, fallait suivre les cours… ! Ah non, mince, vous n’en avez pas en bibliothèques [d’ailleurs, c’est en train d’être réfléchi pour les futurs étudiants en bibliothèques, bonne chose pour eux, que nous, nous n’avons pas eue]… Non, y’a pas de définition précise en fait…Il y a une notion de transgression, une notion d’enquête ; mais c’est pas forcément un flic qui mène l’enquête, ça peut être un journaliste, ça peut être vous, ça peut être moi… Comme en France on traduit des livres du monde entier, il y a un territoire très vaste, ça peut se passer dans un désert, un centre urbain, une campagne, au fond du bush australien... le livre peut se passer sur 50 ans, ou 3 jours, ou 2 heures en huis clos… Bref, c’est vraiment difficile d’avoir une notion synthétique. C’est pour ça que je préfère le terme de roman noir parce que c’est vague et que ça englobe tout.

 

 

Comment est née l’idée de la librairie Entre Deux Noirs ?


J’avais cette petite idée qui me trottait dans la tête, mais je ne voulais pas monter ma librairie tout de suite. Je n’ai pas fait l’IUT Montaigne de Bordeaux mais un autre truc à Épernay et mon diplôme en poche ne trouvant pas de travail (les Bordelais ne voyaient que par l’IUT) j’ai décidé de me lancer et j’ai ouvert ma librairie…Je suis vraiment parti la fleur au fusil, sans trop d’argent, donc j’ai d’abord fait librairie, mais aussi bouquinerie pour remplir les murs (je n’avais même pas de quoi remplir 15 mètres carrés de livres neufs) ! Et là, ça fait 10 ans…1er avril 2000.

 


Et pourquoi cette librairie en milieu « rural » à Langon ? Pourquoi pas Bordeaux ?

 

Ça a toujours été mon idée. Développer cet ancrage « rural » ….Y’a quand même pas de raison que la culture n’évolue que pour une élite urbaine. Puis je vivais à la campagne, alors…

 

 

Vous avez des employés avec vous je crois…


Non, mon employée m’a quitté car ayant mis la librairie en vente, et elle ne voulait pas faire partie des murs donc bon… Je me retrouve seul.

 

 

Est-ce que vous avez une maison d’édition ou une collection de prédilection en matière de polars ?

 

Rivages. Y’a pas à tortiller. Mais je suis très éclectique dans mes lectures. Mais y’a pas à dire, avec Rivages , c’est là où j’ai le plus de bonheur de lecture.

 

 

Le monde de la production littéraire policière est de plus en plus florissant de nos jours, il suffit de le constater dans les rayons de nos librairies… Je ne sais pas quel pays est le plus grand producteur de polars, mais dans le domaine étranger, où vont vos préférences ?


Essentiellement les Anglo-Saxons…De toute façon, c’est ce qui nous arrive le plus…Ce n’est pas pour autant qu’il y a une supériorité de la littérature noire américaine… Mais elle est quand même vachement forte.

 

 

Et maintenant, le noir s’est étendu au monde des plus petits… Que pensez-vous de ces polars pour la jeunesse ?

 

Oui, ça s’est vachement développé, mais je ne lis pas les histoires des enfants. Ça me fait peur…

 


Depuis quelques années, la bande dessinée polar est apparue… Trouvez-vous que cela enlève ou apporte quelque chose par rapport à un roman policier ?


Je ne sais pas. Il y a du beau travail, c’est sûr, mais moi j’aime le texte… Et là,  ce sont plutôt des adaptations, et même si le rendu graphique est beau, j’y suis quand même moins sensible. De toute façon, il y a une explosion du roman noir, et du coup ça se développe sous plein de formes. Et puis quand le polar n’aura plus le vent en poupe, on passera à autre chose.

 

Lehane.gif

En parlant d’adaptations, de nombreux polars ont été portés à l’écran. Quel est celui qui vous a le plus marqué (positivement) ? Et pensez-vous que globalement des adaptations cinématographiques ? Le suspens n’est pas trop perdu ?


Le suspens est perdu, oui. Dans le polar, il y a une histoire, et une chute… Dans Shutter Island par exemple, la chute vous cloue au fauteuil… Une fois qu’on sait la chute, relire le livre ou aller le voir en film n’a plus grand intérêt. L’adaptation de Millenium est mauvaise mais Tavernier a fait une excellente adaptation de James Lee Burke.

 


La première fois où je vous ai rencontré, j’ai été littéralement scotchée.

 

N’exagérons rien…

 

 

Je n’exagère pas. Je ne suis pourtant pas une grande lectrice de polars, mais à vous entendre, j’avais envie de lire tous ceux que vous nous proposiez… Vous faites bien la promotion de vos livres, c’est le moins que l’on puisse dire, et j’imagine que vous avez une fréquence de lecture assez inimaginable… Je me demandais donc si, personnellement, vous vous êtes déjà essayé à l’écriture


Oui, la liste des courses.

 

 

 
Non franchement, chacun son truc. Moi j’en lis, j’en vends, et c’est très bien comme ça.

 

Est-ce que vous mettez en place des animations autour du polar, directement dans votre librairie, mais aussi dans d’autres lieux ?

 

Oui, c’est un peu mon fond de commerce en fait. Ça ne se passe pas seulement à la librairie. Ce sont surtout des cafés polars en bibliothèques, une randonnée noire, des festivals, des colloques, … tout ce qui a trait au roman policier de toute façon.

hadrien-klent.gif

 

Pour vous, quelle est la plus « grande claque », comme vous dites, que vous ayez vécue à la lecture d’un polar ?


Il y en a trop… James Sallis, toute la saga Lew Griffin, James Lee Burke, Hugues Pagan et tout récemment, Et qu’advienne le chaos, de Hadrien Klent, un excellent roman français… En vérité il y a plein de livres que j’aime, je suis bon public quand même, alors que les gens disent que je suis méchant !

 

 

La remise de prix polars s’est étendue depuis quelques temps… Que pensez-vous d’un prix tel que le prix SNCF du polar ? Considérez-vous cela comme un abus ?

 

Non, ce n’est pas un abus pourquoi pas, il y a des valises de prix, il en manque juste un qui ait une renommée comme ceux de la littérature dite blanche, qui se gardent bien de mettre des polars dans leurs sélections.

 

 

D’ailleurs, je me suis renseignée sur le site du prix SNCF polar, et le but de celui-ci était de récompenser les « amateurs d’un genre populaire »… Vous êtes d’accord sur cette notion ? Ne pensez-vous pas que l’on a trop attribué cette étiquette  à la littérature policière ?


Ah, c’est l’éternel débat…littérature populaire ou pas… Mais ça veut dire quoi “populaire“ ? Une littérature du peuple ? Une littérature accessible au plus grand nombre ? L’essentiel là-dedans c’est que des bonnes choses soient écrites... Il ne faut pas qu’il y ait de freins et que l’adjectif ne fasse pas se dire aux gens « c’est mal écrit, c’est mal fait ».

 

 

En tant que spécialiste du monde de la littérature policière, vous est-il arrivé de participer à des remises de prix ? Des salons ?


Je suis juré au prix du Nouvel Obs… Mais en vérité ma spécialité c’est pré-jury !…Je fais la sélection pour les jurés. Il y a dix lecteurs qui font leur choix à la fin, mais moi je fais pré-jury avec une quinzaine de personnes avant cela. Dans ce sens, je suis aussi pré-jury du prix du festival de Beaune. Et je fais partie du jury du tout nouveau prix créé par Points Policier.


Pour mes collègues et moi-même, bibliothécaires, quels ouvrages classiques et imparables auriez-vous à proposer à nos lecteurs ?


Rha, c’est bien une question de bibliothécaire ça (rires) ! A chaque fois je me fais lyncher parce qu’on me demande une liste de références et que je dis qu’il n’y en a pas : tout dépend de ce que la personne lit et de ce qu’elle a envie de lire. On pourrait dire que James Ellroy c’est incontournable… mais ça n’empêche qu’il y a des gens qui ne veulent pas lire de romans politiques, violents, américains, etc.  L’intérêt, ce qui fait le métier de passeur, de bibliothécaire ou de libraire, c’est de connaître son fonds, ce que la personne a envie de lire et de trouver le livre qui va lui aller… Y'a franchement pas d’incontournables… Et puis il y a aussi des périodes de lectures différentes… Ca dépend des envies du moment.

 

 

SUR-LE-FIL.jpgJ’aimerais maintenant vous parler plus de votre métier de libraire… J’imagine que vous avez vu des évolutions depuis les années où vous exercez.


Oui…Plus ça va, et pire c’est…Mais, si j’étais assez pessimiste à une certaine période, je retrouve un peu le sourire en ce moment grâce à plein de petites maisons d’édition qui se créent, comme Asphalte , Zanzibar  ou Attila  par exemple. Des éditeurs avec un projet éditorial précis, avec une sensibilité du livre, et qui ont aussi compris l’intérêt d’avoir un site Internet. Là on assiste à une création pointue (les grands espaces pour Gallmeister, la littérature urbaine pour Asphalte pour être bref), qu’on pourrait presque qualifier de niche. Et cette édition de niche est réalisée par des personnes passionnées qui connaissent bien ce qu’elles font. Face à elles, on trouve de plus en plus de librairies tenues par des passionnés qui savent ce qu’elles veulent vendre (prenez l'exemple de l’excellente La Colline aux livres à Bergerac). Là est une des clés de l’avenir de la librairie française, je pense.

 

 

Que pensez-vous apporter en plus par votre présence et votre librairie, par rapport à une librairie généraliste par exemple ?


Ma présence ? Euh, strictement rien. Il faut être conscient de son pouvoir d’attraction, comme le dit un ami à moi… Moi, je suis juste pointu dans mon sujet, et les gens viennent me voir pour ça… Je n’essaie pas du tout d’avoir un vernis pour briller sur tous les domaines, mon truc c’est le polar et j’essaie de faire ça bien. Attention, je ne suis pas non plus monomaniaque, mais je n’ai aucune prétention quant au reste.

 


La concurrence doit être rude quand même, surtout avec les grandes surfaces…


Non, non…Pas sur mon créneau… On ne vend pas du Marc Lévy en pile…

 


Arrivez-vous à gérer le flot important de nouveautés ? Comment vous vous y retrouvez ?


Très bien, parce que j’ai des bonnes relations avec les représentants… Ce sont des gens pointus et sympas, donc ça se passe très bien, et cette relation est importante.

 

 

La librairie Entre Deux Noirs est aussi une librairie jeunesse. Pourquoi avez-vous fait le choix de vous ouvrir à autre chose que du polar ?


Ma première librairie était vraiment spécialisée en littérature policière, mais quand je suis arrivé sur Langon, il n’y avait pas de librairie généraliste et il y avait de quoi faire quelque chose sans pour autant lâcher le polar. C’est pourquoi j’ai embauché Claire et elle a choisi de développer son expertise sur plusieurs rayons, dont le secteur jeunesse. On a développé le magasin, qui est plus généraliste aujourd’hui, mais avec la même précision dans nos choix… Pas question d’avoir du Bellemare ou du Poivre d’Arvor dans les rayons, ni du terroir d’ailleurs.
…Pierre Bellemare… [il se répète ça pour lui-même avec un petit sourire affligé].

 

 

Comment vous positionnez vous en tant que libraire face à l’avancée du numérique ?

 

A gauche. [Il voit mon sourire et reprend] Non, en fait j’y réfléchis. Je regarde comment ça se passe tout ça, ce que ça va donner… La chose qui me fait peur c’est que le numérique tombe aux mains exclusives de Google, Amazon ou Apple. Aujourd’hui, il y a une règle tacite qui dit que les libraires vendent les livres des éditeurs. C’est simple. Mais pour le numérique, rien n’est acté et il ne faut pas que les libraires se fassent déborder et que demain Google, Amazon ou Apple se positionnent directement avec les éditeurs (c’est plutôt le contraire) et qu’ils soient les seuls à vendre les éditions numériques. Pendant de nombreuses années le livre et le numérique coexisteront, ensuite on verra…on n’est pas à la fin du livre papier quand même. Mais ce qui est super important, c’est que justement ça soit nous les passeurs du numérique. La mission elle est là quand même ! Il faut tenter d’exister sur Internet en réfléchissant à tout ça.

 

 

Du point de vue de vos clients… c’est typiquement masculin, ou les femmes s’essayent au noir ?


Alors là c’est comme Tintin… De 7 à 77ans…Y’a pas de lectorat type. Y’a une étude sociologique qui a été faite sur le profil des lecteurs de polar, mais grosso modo, il n’y a pas de profil type

 

 

Quand l’on constate la fermeture des librairies spécialisées, comme celle de votre collègue David Fournol à Oscar Hibou, comment envisagez-vous le devenir de votre métier et de votre librairie ? Avez-vous des craintes ?

 

Oui, j’ai des craintes comme je disais tout à l’heure. C’est déjà difficile aujourd’hui, alors ça ne va pas aller en s’améliorant ! Mais y’a quelques années, j’étais plus pessimiste…. Il suffit de lire Schiffrin pour avoir une idée de l’édition aujourd’hui. Mais avec ces nouvelles maisons d’édition qui arrivent, comme je le disais, je suis plus optimiste. L’avenir de la librairie n’est bien sûr pas gagné, mais j’espère que les libraires qui s’y connaissent auront quelque chose à défendre, contrairement à la librairie qui fait pareil qu’un supermarché et qui n’a pas trop d’avenir, à mon sens. Autant aller au supermarché en fait. Parce que ce qui fait l’intérêt du libraire, c’est la connaissance de son fonds. Et ça, c’est comme dans n’importe quel métier….. C’est comme un pâtissier, on va dire : « elles sont trop bonnes ses pâtisseries », et c’est sûr que c’est différent de celles qui sont surgelées chez son voisin… Il faut aussi prendre le virage du numérique (c’est con comme expression, non ?), parce que le tout n’est pas de se laisser distancer. Il y a aussi des librairies qui se développent sur Internet. Euh, personnellement,  rester chez moi à faire de la programmation HTML et à faire des cartons, ce n’est pas mon truc… Discuter, échanger, parler, ça ça l’est. Ca me rappelle un ami à moi et qui est dans votre branche et qui me dit « c’est un peu comme les gens qui veulent être bibliothécaires pour être au contact des lecteurs et qui bossent à la BDP… C’est schizophrénique ». Eh bien c’est pareil, on ne voit personne. Et le livre sur Internet, c’est un peu schizophrénique…Donc, l’avenir c’est de ne négliger aucune porte, de travailler sur Internet et sur le numérique, pour pouvoir donner une offre différente… Et ce n’est pas une question d’avoir un « plus » culturel, en fait, c’est juste la base du métier, la moindre des choses.

 

 

Mais quand même, une dernière question… Est-ce que Christophe Dupuis ne se lasse pas de lire uniquement des polars ?


Non pas du tout…. Mon fonds de commerce c’est bien le polar, mais je ne me lasse pas. Bon, mon grand regret c’est de ne pas avoir le temps de lire tout ce que j’ai envie. A chaque fois que je vois un représentant qui me présente de superbes choses, je commande, et quand ça arrive à la boutique je me dis : « ça, ça a l’air vraiment bien, je le prends et l’emmène chez moi», et puis, au bout de trois mois ils sont toujours dans ma pile de lecture, je n’ai pas le temps de les lire, et je les ramène, piteux. Mais quand même, je lis un peu de littérature contemporaine, un peu de BD aussi. J’essaie également de lire quelques essais qui portent sur l’état du monde, mais bon pas trop parce que ça me déprime et qu’on n'y voit aucune solution proposée (c’est bon, on est tous d’accord sur le constat, que fait-on maintenant ?)... Et puis je lis des revues aussi (XXI, Courrier International), j’essaie de picorer, de piocher… Mais quand même, des fois j’ai peur, je me dis « purée, c’est un peu monomaniaque de tout le temps lire  »…
 

 

Eh bien, il semblerait que j’aie fini… euh, merci beaucoup…

 

Bé, de rien… Je n’aime pas parler de moi en fait ...

 

 

Oui, mais moi j’aime vous écouter. Je me mets au polar très prochainement,
Bien à vous.

 

 

Propos recueillis par Clémence, L.P. Bib.

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Published by Clémence - dans Entretiens
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