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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 07:00

La traduction, pas qu'une question de langues !
Les mots, les images, les sons.
ferre.jpg

 

 

Pour ce travail autour de la traduction, je me suis intéressée à une forme de traduction différente de celle à laquelle on pense en premier lieu dans l'univers des livres, la traduction d'une langue à une autre. Je vais donc aborder la question de la traduction de la musique par les images, le dessin. Cette thématique des images et des sons m'est venue en travaillant pour la collection BDMusic (aux éditions du même nom). Le concept de cette collection est de réunir dans un même ouvrage un compositeur (ou un chanteur, un musicien) et un illustrateur. La musique figure sur deux CD (une sélection est effectuée par un spécialiste dans l'œuvre de l'artiste concerné) et l'illustrateur dispose de 21 planches pour transcrire, selon sa propre sensibilité, la vie est l'œuvre de cet artiste.

J'ai eu l'occasion de rencontrer l'un des auteurs de cette collection, José Corréa, lors d'un salon de la bande-dessinée. Il est l'illustrateur de quatre artistes dans cette collection : Georges Brassens, Léo Ferré, Jacques Brel et Erik Satie. Il est également l'auteur d'ouvrages illustrés sur Arthur Rimbaud et Céline. Il réside en Dordogne et vit depuis longtemps de son activité de peintre et d'illustrateur.

Le sujet de cette interview lui a été présenté lors du salon où je l'ai rencontré mais les réponses aux questions me sont parvenues ensuite par mails.
Correa-Aznavour.jpg


Entretien

brassens.jpgD'où te vient l'envie de traduire de la musique dans tes dessins ?

Deux choses : La première,  en illustrant la Musique, j’ai la sensation de composer. La seconde, l’illustrateur donne formes et couleurs à de l’impalpable.

C'est une autre façon de faire vivre la musique et notamment avec les ouvrages de la collection bdmusic c'est parfois l'occasion d'initier à la musique des personnes qui à la base sont attirées par le dessin. Un double partage de mes passions.



Selon toi pourquoi/comment le dessin peut-il traduire la musique ?

C'est une question de complicité entre l’image et le son. Bien que l’un n’ait nul besoin de l’autre. Ils peuvent se rejoindre sur certains points qu'il faut exploiter. Il y a aussi une part de perception personnelle. Et la connaissance de la vie du musicien, de son œuvre dans son ensemble est aussi un support important pour l'illustration.
brel_couv.jpg


Quelle est pour toi la plus grande difficulté dans cette traduction ?

La plus grande difficulté, même lorsque que l’on connaît bien le musicien, c’est ne pas trahir. Chaque illustrateur est en plein arbitraire. Il choisit un angle qui passe forcément par sa perception de l’œuvre et sa propre sensibilité.



Penses-tu qu'à l'inverse un dessin peut être traduit en musique ?

Tout peut être mis en musique, la poésie, la peinture, la nature, l’humain, etc.


satie_int.jpg
As-tu des techniques, des couleurs de prédilection qui reviennent particulièrement quand il s'agit de musique ?

J’ai  tenté, à peu près, toutes les techniques mais celle où je me sens le plus à l’aise est l’aquarelle rehaussée de crayons de couleur. Quant à « ma » couleur, j’ai constaté que le bleu était très présent. Bien que j’essaie d’être au plus près de ce que je ressens à travers l’œuvre du musicien.



Penses-tu que l'on puisse faire un rapprochement avec l'exercice de traduction littéraire entre deux langues ?

Là aussi, ne pas trahir. Un traducteur comme un illustrateur peut accaparer l'œuvre de l’autre. Un traducteur peut, lui aussi, donner plusieurs lectures d’un même texte.

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Muriel, Licence pro libraire 2010-2011.

 

 

Lien

 

Site personnel de José Corréa :

http://correajose.free.fr/index.htm

 

 

 

 


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Published by Muriel - dans traduction
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