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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 07:00

Je souhaite vous présenter Marlène Colotte, jeune illustratrice. Depuis la fin du mois d'avril, vous pouvez trouver en librairie Maigre comme un clou, son premier album illustré.


J'ai eu la chance de voir naître ses personnages. Soyons honnête, au départ, ces drôles d'animaux ne s'inscrivaient pas dans un récit. La qualité de la réalisation et de la mise en espace vivaient par elles-mêmes. En janvier dernier, Marlène m'appelle. J'apprend au détour d'une conversation qu'elle a décroché un contrat chez Bilboquet, la parution est prévue pour février. J'ai donc attendu patiemment la sortie de ce livre qui a tardé à venir… Quel bonheur de trouver l'album sur la table de mon petit libraire auscitain ! Quelle surprise de retrouver ces protagonistes si vivants ! Quelle fierté de voir le travail d'une amie récompensé !


Je me suis régalée à la lecture de cette petite histoire, sans prétention mais pleine d'humour. Un album qui véhicule des valeurs fondamentales comme l'amitié, la diversité et la tolérance.



Marlène est une glaneuse. On retrouve dans son univers artistique son caractère brut et son imagination débordante. Marlène est une forte tête, très indépendante et fidèle à ses idéaux. À travers la retranscription de notre brève conversation (Marlène peaufine son diplôme de fin d'étude aux Beaux-arts), vous allez découvrir le parcours d'une artiste avec une belle carrière devant elle.

 

couverture.jpg

 

 

 

 

 

 

Christine AGOSTINI

& Marlène COLOTTE

Maigre comme un clou
coll. Les cracontes
Éditions Bilboquet


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit résumé de l'album.

 
Séraphin n'est vraiment pas gourmand. Il est maigre comme un clou. Séraphin le loup est la risée de toute sa meute qui va le pousser à trouver un quatre heures.


Jour après jour, Séraphin va croiser sur sa route les héros des plus grands contes de notre enfance. Ainsi, il va rencontrer les Trois Petits Cochons, Pierre, le Petit Chaperon rouge et aussi les Sept Petits Chevreaux… Mais lequel parviendra à lui mettre l'eau à la bouche ?

double-page-de-l-album.png
 
Marlène, tu es l'illustratrice de cet album pour enfants. Quel est ton parcours ?


Mon parcours est plus que classique. Après un bac littéraire option arts plastiques et une année en classe de remise à niveau en arts appliqués, j'ai intégré l'école des Beaux-arts de Toulouse, où j'ai passé six ans. J'ai redoublé ma cinquième année pour ne me consacrer exclusivement au livre.

 

 

Comment devient-on illustratrice ?

 

Je ne sais pas si on le devient ; disons que les gens ont besoin de vous mettre une étiquette, cela les rassure. Je fais des dessins, il y a un texte pas loin, alors je suis automatiquement illustratrice. Ce qui est somme toute un peu réducteur. Je préfère le terme « dessinatrice ». Disons que ma pratique la plus automatique est le dessin qu'il soit graphique ou numérique. Mais si je devais répondre à la question de façon très franche, on devient illustratrice lorsque l'on a son premier livre dans les bacs à la FNAC !


Quelles sont tes sources d'inspiration et tes références ?

 

Mes sources d'inspiration sont diverses.  Je n'ai utilisé la technique de la récupération que pour ce livre jeunesse.
Il faut aller voir les travaux de Serge BLOCH*, Marc BOUTAVANT*, Kveta PACOVSKA*, Christian VOLTZ* et
Stian HOLE *.
serge-bloch.gif

Marc BoutavantKveta-Pacovska.gifchristian-voltz.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

stian-hole.gif

 

 

                 * Les influences de Marlène

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment est né ce projet ?


J'ai créé mon Myspace comme des milliers de gens. J'y avais mis beaucoup de travail autour de l'illustration jeunesse, mais des travaux sans but, des tests, des idées... Un jour un auteur m'a contactée, une institutrice qui cherchait à percer dans le milieu. Elle m'a demandé si une collaboration était possible. Elle était prête à écrire un texte en fonction de mes techniques d'illustration, prête à jouer sur les mots (d'où « maigre comme un clou », en avoir gros sur le cœur, cœur de pierre...). J'ai accepté. Deux ans plus tard … le livre est édité !


Peux-tu décrire les étapes de l'élaboration d'un album ?

 
La première est celle de l'écriture donc celle de Christine. Ensuite ça a été un va-et-vient avec elle pour la création de l'univers, puis les personnages apparaissent et les décors ensuite. Le premier prototype a été imprimé aux Beaux-arts. Ensuite il faut du culot, j'ai écumé le salon jeunesse de Montreuil avec mon livre sous le bras, à harceler les éditeurs présents sur leurs stands... Plus de six heures de rencontres. Vient la phase des lettres envoyées, des courriers avec présentation du projet aux maisons d'édition. Enfin, neuf mois après, un éditeur a dit OK... Ça roule pour nous ! Nous avons rencontré sur Paris l'éditeur et le directeur éditorial de Bilboquet. Il a fallu penser à la réadaptation du format de notre projet au format déjà présent dans la ligne éditoriale de Bilboquet. Pour des raisons budgétaires nous avons supprimé près de la moitié des illustrations ce qui a demandé pas mal de travail. Pour les finitions, c'est la maquettiste qui détermine si tout est bon. La dernière étape est la photogravure, l'impression puis la vente.

 

 

Quelles sont tes relations avec Christine Agostini ?

 
Nous sommes devenues amies. On souhaite retravailler ensemble.

 

As-tu rencontré des difficultés dans la réalisation de ce livre ?

 
La première a été de tout remanier pour coller aux critères de Bilboquet. Ça implique le travail avec le texte, la prise en compte du format, le tout autour de mes illustrations.


Pour moi le plus dur est la perte de l'âme de mon livre. Au départ c'est un travail plus poussé sur la notion de vide qui disparaît dans ce format. Je l'ai conçu d'une certaine façon mais pour suivre les lois du marché on est obligé de composer et d'accepter certaines choses, comme la moitié de ces illustrations qui ont été supprimées...

 


Comment se faire éditer lorsque l'on débute dans l'illustration ?

 

Comme je te l'ai dit, du culot !

 

Pourquoi Bilboquet ?


Ils y croyaient beaucoup !

 

 

Peux-tu me dire quelques mots sur l'équipe de Bilboquet ? Quels ont été tes contacts ?


J'ai eu essentiellement des contacts avec le directeur éditorial, la maquettiste ainsi que  les secrétaires pour tout ce qui est administratif. Il faut avouer que dans cette maison d'édition, ça vole de tous les côtés… C'est assez bon enfant.

 


Quelle image avais-tu du milieu de l'édition ?

 

Aucune, et je crois que chaque maison d'édition a ses propres principes, ses propres équipes et tout ce qui va avec...

 


Quelles critiques peux-tu porter sur l'édition ?

 

Le manque de  prise de risque et leur manque de rapidité.

 

 

As-tu des projets ?

 

Une bande dessinée, une chronique sociale animalière cheminote appelée Zone dangereuse. C'est un projet indépendant que je mène seule.

 

Quels sont tes auteurs préférés ?


Honnêtement je n'en ai pas… du moins pas en jeunesse.

 

 

Merci à toi !

 

Pauline, L. P. édition


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Published by Pauline - dans Entretiens
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commentaires

colotte 13/06/2010 03:11


Ma Pauline,
ungrand MERCI a toi la belle...
bise m


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