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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 07:00
La première fois que je suis entrée dans les bureaux des éditions P.O.L., c’était pour clore mon diplôme par un stage dans l’édition. Paul était absent ce matin-là de mai. On m’a installée à un bureau, au milieu des livres aux couvertures blanches et à la typographie bleue nuit. Mon premier travail a été de trier et classer deux gros dossiers : l’un concernant des articles sur les éditions P.O.L., l’autre sur Paul Otchakovsky-Laurens.
 
Et je m’y suis plongée. La matinée s’est déroulée, je lisais des articles, certains anciens, d’autres récents. J’ai alors découvert sa carrière. On a tous commencé stagiaires ; lui chez Christian Bourgois, avant d’intégrer de grandes maisons d’édition, de devenir directeur de collection, puis de quitter ces grands groupes pour monter SA maison en 1983, avec l’aide de Flammarion. Aujourd’hui, les éditions P.O.L. sont toujours là, avec une belle année 2009, et de beaux jours en perspective.

Pour apercevoir une miette de ce que j’ai lu, nous (Louise et moi) vous conseillons d’aller voir ICI
, même si l’article est un peu vieux ; mais intéressant, et en accès libre sur internet…

C’est par un après-midi de novembre que nous nous rejoignons, Inès et moi, au Quartier latin. Il fait déjà nuit  ; la fontaine Saint-Michel bat son plein, agressée par les flashes incessants des touristes du monde entier. Nous sommes en avance. Avec les éternels problèmes du métro parisien on a préféré prévoir large… La boule au ventre, les yeux scintillants, le sourire crispé, c’est avec un grand trac que nous nous dirigeons rue Saint-André-des-Arts à la rencontre d’un grand Monsieur de l’édition. Il a tout de suite accepté de nous recevoir, répondant promptement et très poliment au mail d’Inès. Relecture rapide des questions préparées, un dernier regard appuyé entre nous pour se donner du courage et on sonne au numéro 33 de la rue. Une plaque indique qu’à cette adresse se côtoient les éditions Joëlle Losfeld, Verticales, Alternatives et P.O.L. Il fait déjà sombre dans la petite cour pavée que nous traversons. On patiente un peu devant une relectrice, et le voilà qui arrive, grand, élancé, yeux clairs : Excusez-moi j’étais au téléphone, suivez-moi, mon bureau est ici… Intimidées, ne pouvant plus reculer, nous suivons alors Monsieur Paul Otchakovsky-Laurens dans les couloirs des éditions P.O.L.



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Louise : On va vous poser des questions sur les métiers du livre, évidemment, et, notamment, en rapport avec les polémiques actuelles, donc nous allons parler de votre présidence à la Scelf, du livre numérique, des prix littéraires et du Salon du livre 2010.

P.O.L : D’accord.


Inès : Donc voilà, on va introduire l’entretien par une question plus générale : vous avez votre maison d’édition depuis 1983, vous avez commencé comme stagiaire chez Bourgois, donc en résumé cela fait longtemps que vous êtes dans le milieu du livre, donc la question serait : qu’est-ce que vous avez pu voir changer, entre hier et aujourd’hui.

P.O.L : Alors écoutez, oui, ça fait donc 40 ans que je travaille cette année dans ce milieu-là, alors pour moi ce qui a changé principalement c’est un gain extraordinaire de productivité, c’est-à-dire que l’introduction de l’informatique, c’est pareil dans tous les milieux évidemment, mais dans l’édition ça s’est traduit par un maintien par exemple du prix du livre et du coût du livre, même une baisse relative du coût du livre par rapport à ce que c’était il y a 40 ans, c’est-à-dire que aujourd’hui on fait un livre de manière plus économique qu’on le faisait il y a 40 ans, ça c’est la chose la plus frappante à mes yeux. Sinon pour le reste il y a eu évidemment des mouvements de concentration extraordinaires, il y a eu un certain nombre de maisons qui sont passées du statut de maison familiale ou maison indépendante à celui de filiale de groupe plus important. Ça c’est une évolution très notable aussi. Pour le reste, les fondamentaux du métier sont restés les mêmes ; c’est le choix de livres, c’est un certain nombre de risques que prennent les éditeurs pour imposer des politiques éditoriales qui sont plus ou moins bien acceptées par le public, voilà.


Inès : On parle beaucoup en ce moment du livre numérique.

P.O.L :
Oui je n’ai pas cité le livre numérique parce qu’on n'en est encore qu’aux balbutiements, ce n'est pas encore un bouleversement, pas pour l’instant.



Inès : Oui mais vous commencez peut-être à numériser vos ouvrages…

P.O.L :
Oui, oui, on est en train de numériser, ça nous est plus facile que Gallimard par exemple, mais on est en train de numériser la totalité du fonds.


Inès : Et vous procédez comment ?
 
P.O.L
: C’est une entreprise, c’est un sous-traitant.


Inès : L’entreprise est venue vous chercher, e-pagine je crois, ou c’est vous qui avez fait la démarche ?

P.O.L :
C’est-à-dire qu’on a été démarchés, mais comme la maison fait partie du groupe Gallimard, on a pris les mêmes fournisseurs que Gallimard tout simplement.


Louise : C’était un choix ?

P.O.L :
C’était un choix … disons que bof, je pense qu’on serait allés naturellement de toute façon vers e-pagine, mais il se trouve que comme c’était le choix de Gallimard, on a trouvé plus rationnel de suivre le même…, parce que ça nous permet des tarifs ensemble, etc., c’est une économie d’échelle importante.


Inès : Justement pour vous, qu’est-ce que le livre numérique peut apporter en plus de la version papier ? Vous n’avez pas peur d’une perte de lectorat ou …

P.O.L :
Non écoutez, pour l’instant je ne suis pas devin alors je ne sais pas ce qu’il va apporter ou ce qu’il va retirer, ce que je constate, ce que j’imagine plutôt que constater, c’est que c’est un nouveau canal qui a ses qualités et ses défauts ; ses qualités, c’est par exemple l’achat d’impulsion, d’ici quelque temps quand quelqu’un entendra parler d’un livre à la télévision (son téléphone sonne) attendez excusez moi…
Oui donc quand on verra un film à la télévision ou quand on lira un article dans le journal on pourra tout de suite cliquer sur son e-book ou sur son téléphone, sur son ordinateur et recevoir le fichier et donc, il y a quelque chose d’assez intéressant de ce point de vue-là. Le revers de la médaille, c’est que ça risque de mettre à mal le réseau des librairies qui est quand même indispensable ; donc il faut absolument qu’on arrive à associer les libraires à cette évolution ; parce que le réseau des librairies est indispensable,  parce que l’objet livre est un objet qui a ses propres qualités qui ne sont pas celles du livre numérique ; d’une part, ça induit un type de lecture qui n’est pas le même que celui des livres numériques, notamment une lecture contextualisée alors que le livre numérique peut autoriser une lecture décontextualisée avec le fichier numérique.  Mais sinon il y a un marché nouveau qui s’ouvre, c’est évident oui, c’est important mais bon voilà, il y a un certain nombre de problèmes qui vont se poser qu’il faudra résoudre les uns après les autres. Et notamment celui du prix unique du fichier numérique, etc. Il y a toute une série de questions qui se posent, le prix unique du livre a préféré la librairie en France,  la diversité de l’offre et a maintenu le prix du livre à un niveau raisonnable ; si le livre, le fichier numérique n’est pas soumis aux mêmes contraintes on peut imaginer que ça aura des effets très néfastes sur l’évolution du prix unique.


Inès : On va rester dans les nouvelles technologies, les sites internet aujourd’hui des maisons d’édition se développent, vous avez été l’un des premiers à créer un site internet assez performant avec des interviews d’auteurs, tout ça, je crois que vous êtes en train de le refaire, alors, justement, qu’est-ce que vous pensez amener de plus ?

P.O.L :
Disons que c’est une évolution surtout pour que le site n’est pas l’air trop démodé  pour commencer,  parce qu’il commence à dater un petit peu esthétiquement et puis on y ajoute de nouvelles fonctionnalités, comme des parcours thématiques à l’intérieur de la production et du catalogue, on y introduit aussi des ateliers, on appelle ça des ateliers, où chaque auteur pourra, s’il le veut, faire part de ses travaux en cours, de ses réflexions, tenir un espèce de blog, voilà on essaye de suivre ça… Mais il y a toujours des vidéos et ,en plus, des sons maintenant ; les vidéos sont sonores évidemment mais il y a en plus des catégories sons avec des interventions radio, des choses comme ça.


Inès : Vous chercher par cela à fidéliser le lectorat, ou à amener de nouveaux lecteurs ?

P.O.L :
Écoutez, les nouveaux lecteurs, par définition, on ne les connaît pas, c’est extrêmement volatil comme notion. Mais oui, c’est pour fidéliser, c’est pour animer autour de la maison bien entendu, c’est pour créer une sorte de communauté de lecteurs autour de la maison.


Louise : On l'a vu, le secteur du livre a évolué et on doit chercher à s’adapter ; il y a aussi de plus en plus d’adaptations audiovisuelles ; donc vous, vous êtes président de la Scelf, est-ce que vous pouvez définir en quelques mots la raison d’être de cette société ?

P.O.L :
Alors donc cette société, Société Civile des Éditeurs de Langue Française, c’est une société qui est comme la SCAM (la Société Civile des Auteurs Multimédia), la SACEM (la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique), c’est une société de perception et de répartition de certains droits générés, dans le cas de la Scelf donc par les adaptations audiovisuelles, par les représentations et adaptations théâtrales, par les lectures publiques essentiellement. La Scelf reçoit, soit directement, soit par l’intermédiaire de sociétés d’auteur déjà existantes comme celles que j’ai citées, des fonds qu’elle répartit ensuite entre ses adhérents, c’est-à-dire la totalité de l’édition française.
À charge pour les éditeurs, ensuite, de répartir ce qui leur revient, et aux auteurs. La Scelf est, si vous voulez, l’institution qui matérialise la qualité de cessionnaire des éditeurs. Les éditeurs sont cessionnaires des droits de leurs auteurs, ils ne leur appartiennent pas, ils sont juste cessionnaires, gestionnaires si vous voulez en quelque sorte, et ils perçoivent pour le compte des auteurs et pour le leur évidemment, suivant les répartitions contractuelles qui ont été décidées. Les éditeurs se sont réunis pour créer cet organisme qui intervient, ou bien auprès des producteurs indépendants ou bien auprès des chaînes de télé, ou bien auprès des sociétés d’auteurs qui ont elles-mêmes perçu, pour le compte de la Scelf.


Louise : La Scelf c’est un peu finalement prendre les devants par rapport à des propositions qu’on aurait des producteurs…

P.O.L :
Non non, la Scelf ne démarche pas les producteurs, ça c’est le travail des éditeurs, mais ensuite à partir du moment où un contrat est conclu entre un éditeur et un producteur, le contrat est domicilié à la Scelf, ça veut dire qu’il est déposé à la Scelf et la Scelf suit son application et notamment pour ce qui concerne l’argent qui éventuellement viendra de l’exploitation, du film qu’on aura tiré du livre. Ce n’est pas prendre les devants, c’est avoir une organisation qui gère les fonds générés par l’exploitation des adaptations.


Louise : Justement, comment procédez-vous lorsque que vous avez une proposition de producteur ? C’est à vous qu’on fait cette proposition, où à l’auteur directement ?

P.O.L :
Ça peut arriver que ce soit à l’auteur, mais à partir du moment où l’auteur nous a cédé la gestion des droits de l’adaptation cinématographique c’est nous qui sommes les interlocuteurs privilégiés du producteur. Alors ça se passe de différentes manières, là, bon aujourd’hui on vient d’accorder une option non pas à un producteur mais à un scénariste qui est très intéressé par un livre qu’on a publié et qui se fait fort de trouver un producteur alors voilà on lui a donné une option pendant un an. Cette personne va pouvoir parler, non pas en notre nom, mais oui en quelque sorte, en tout cas va pouvoir démarcher des producteurs en étant sûr que nous de notre côté nous ne démarcherons pas d’autres producteurs.


Louise : Et donc comment ça se passe plus précisément, vous avez des discussions avec l’auteur ? Vous lui soumettez la proposition ou c’est vous qui avez le seul pouvoir de décision ?

P.O.L :
On a le pouvoir de décision par contrat,  mais il est évident que pour conserver des bonnes relations avec l’auteur et puis simplement par respect pour l’auteur, c’est tout à fait légitime, on le tient au courant de ce qu’il se passe, on lui demande son avis, il y a aussi le respect de droit moral. Si un producteur nous propose une adaptation qui est totalement insensée par rapport à ce que contient le livre, il se peut que l’auteur ne soit pas d’accord et qu’il estime que son droit moral est bafoué, donc ; il nous appartient d’abord d’éviter ça bien sûr, mais de toute façon de demander son avis à l’auteur à chaque étape.


Louise : Le premier marché des droits audiovisuels s’est tenu au Salon du livre de Paris en 2009, apparemment ça a été un franc succès…

P.O.L :
Oui, oui ça a attiré beaucoup de monde oui, oui., c’était bien.


Louise : Vous allez réitérer l’expérience en 2010 ?

P.O.L :
Oui on recommence cette année oui tout à fait. Si possible, il faut régler ça parce que ça coûte cher parce qu’il faut travailler en amont.


Louise : Vous allez l’aborder différemment ?

P.O.L :
Non pas du tout ; enfin, on va l’aborder différemment dans la mesure où la salle sera plus grande, ce sera un peu plus confortable… On a été un petit peu dépassés par notre succès l’année dernière, donc ça va être heu… après, non c’est sur le même principe, c’est-à-dire des speed dating, enfin des rendez-vous comme ça, pendant une journée, ce sera un peu plus long, non il n’y a pas de changement fondamental, il y a préparation avec un catalogue, voilà, voilà, oui, bien sûr..


Louise : Donc les éditions P.O.L. seront présentes au Salon du livre de Paris cette année ?

P.O.L :
Oui bien sûr.


Louise : Hachette Livre a fait savoir qu’il réduirait sa présence, qu’en pensez-vous ?

P.O.L :
Je désapprouve (rire) tout simplement, je trouve que c’est un moment assez unique pour faire la promotion du livre donc je trouve que c’est … je ne trouve pas opportun de manifester de manière aussi spectaculaire son désaccord ou sa volonté de ne pas poursuivre. Hachette trouve que ça coûte très cher mais bon on peu aussi ne pas dépenser beaucoup d’argent tout en étant présent.


Louise : C’est vrai que du coup ça a amené toute une réflexion sur ce moyen de communication qui bien qu’efficace d’après les éditeurs, est tout de même coûteux… Est-ce qu’il faudrait repenser la formule ?

P.O.L :
Coûteux mais enfin, bah, écoutez, on est en train, là, enfin, au syndicat, ils sont en train de beaucoup réfléchir. Déjà cette année la formule est un peu différente puisque les invités, pour le trentième anniversaire, sont les auteurs, enfin ils le sont chaque année mais l’année prochaine on reviendra en 2011 avec les pays du nord, ce seront les pays du nord. Mais heu… non la formule je ne sais pas s’il faut la changer la formule. L’année dernière on a eu un accroissement de fréquentation ce qui est plutôt bon signe donc bon, voilà, je trouve que ça fonctionne ;  moi je suis pour le Salon du livre. Peut-être faut-il faire payer moins cher les emplacements parce que les petits éditeurs souffrent beaucoup, il y a toute une réflexion économique à mener sans doute, mais je trouve que le principe du Salon est une bonne chose…


Louise : Une réflexion économique générale même peut-être quand on pense notamment au Salon d’Angoulême également menacé, il faudrait repenser ça, les Salons sont visuellement importants pour les éditeurs mais…

P.O.L :
Mais ça coûte cher, ou,i c’est vrai, mais cela dit vous savez, ça coûte à peine plus cher qu’une publicité dans un journal de grande diffusion, en tout cas pour un éditeur comme nous.


Inès : On va reparler plus précisément des éditions P.O.L ; vous avez reçu le prix Goncourt l’année Atiq-Rahimi.gifprécédente, on voulait savoir s’il y avait eu un grand changement entre avant le Goncourt, et après, quelles évolutions ?

P.O.L :
Ecoutez le grand changement, c’est qu’on a fait un beau chiffre d’affaires cette année-là quand même, ça c’est une chose évidente heu… le changement ben vous voyez que la maison n’a pas déménagé, on reste dans le même cadre et avec le même nombre de personnes, heu... Je suis bien placé pour savoir que les années se suivent et ne se ressemblent pas et ce n’est pas parce qu’on a eu le Goncourt une année qu’on l’aura tous les ans d’une part, et qu’on aura des chiffres d’affaires comparables les années qui suivent, donc on est raisonnable. On a un petit peu augmenté la production, mais ça tient au Goncourt dans la mesure où l’on a été un peu plus au large, mais surtout parce que la production est assez limitée, entre 40 et 45 livres par an et comme il y  chaque année de nouveaux auteurs, avec des publications de plus en plus longues, on a un petit peu désengorgé la file d’attente, je dirais, des publications cette année, mais pas beaucoup. On a publié 5 livres de plus je crois à peu près, donc ce n’est pas très significatif. Heu… non l’évolution principale c’est qu’on reçoit beaucoup plus de manuscrits. On reçoit beaucoup plus de manuscrits, c’est pas forcément une production plus intéressante pour autant…parce que ce sont des gens, des écrivains, des auteurs qui ont découvert la maison par le prix Goncourt et ils ne savent pas très bien ce que l’on publie, ils sont… voilà…


Louise : Que pensez-vous des gagnants 2009, prix Renaudot et prix Goncourt ?

P.O.L :
Eh bien écoutez, j’ai pas vraiment de jugement à porter ; Marie NDiaye est un écrivain, c’est certain, heu, j’ai même publié un livre d’elle il y a quelques années. Heu, Frédéric Beigbeder, bon ben voilà, c’est un personnage public, c’est pas un écrivain pour lequel j’ai…mais c’est un personnage public, voilà c’est les prix


Louise : Justement, il y a eu une polémique déclenchée par Eric Raoult (député UMP de Seine-Saint-Denis), qui a parlé du devoir de réserve des lauréats du Goncourt…

P.O.L. :
Oui, ça c’est une totale invention, c’est ridicule, ça n’a pas de sens.


Louise : Quand on représente la littérature française, est-ce qu’on a le droit de tout dire finalement ?

P.O.L. :
Ben oui, le travail des écrivains c’est de dire ce que personne n’ose dire de toute façon. Donc, non, non c’est complètement stupide cette intervention, à mon avis.


Inès : Donc, on va conclure cet entretien, est-ce que vous avez des projets à long ou moyen terme pour les éditions P.O.L. ?

P.O.L. :
Non, mon seul projet c’est de continuer, de trouver des auteurs intéressants. J’ai pas de projet de développement, publier un peu plus de littérature étrangère, sans doute, ça c’est une évolution bon un petit peu inévitable mais sinon, non, je n’ai pas de projet de développement. Je trouve qu’on a atteint une taille au-delà de laquelle je ne suis pas sûr que l’équipe actuelle pourrait maîtriser la situation. Je n’ai pas envie d’entrer dans la spirale de la croissance, en quelque sorte, et je trouve que pour moi la limite, c’est…comment dire, c’est ma capacité de lecture, et je trouve qu’ une cinquantaine de livres, ça va, c’est bien, et je n’ai pas envie de publier des livres que je ne lirai pas.

Louise : Eh bien, merci beaucoup.

Inès : Merci

P.O.L. :
Merci à vous, c’est gentil.

Propos recueillis par Inès Adam et Louise Lefaux.


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Published by Inès et Louise - dans Entretiens
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