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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 07:00

Soazig Le Bail aime à dire qu'elle s'occupe de la production non illustrée chez  Thierry Magnier. Elle s'occupe en effet de l'édition de romans. Ses premiers pas dans l'édition jeunesse se sont faits en tant que correctrice. C'est par un hasard de circonstances que Soazig Le Bail est nommée assistante d'édition chez Père Castor Flammarion. Elle a ensuite travaillé pour le festival Étonnants voyageurs de Saint Malo en Ille-et-Vilaine. Parallèlement, elle a continué à faire de l'édition en freelance chez Bayard et Pocket jeunesse. Enfin, Thierry Magnier a contacté Soazig Le Bail afin qu'elle développe une collection de romans. Elle a ainsi pu, comme elle le souhaitait, développer la littérature étrangère, notamment pour les romans adolescents. Elle a par exemple publié des auteurs américains comme Charlie Price, Maria Vrettos ou Barbara Wersba. Thierry Magnier a une politique éditoriale plutôt exigeante et singulière. Soazig Le Bail revendique une littérature pour adolescents qui doit avoir les mêmes objectifs que la littérature adulte et ne doit donc pas être considérée comme de la sous-littérature. On trouve ainsi dans les collections non-illustrée de Thierry Magnier des livres plutôt réalistes et souvent noirs.

Aujourd'hui, nous interviewons Soazig Le Bail au sujet de son travail d'éditrice concernant la production de littérature étrangère, son travail avec les traducteurs.

Adrienne-Maria-Vrettos-C-est-pour-toi-que-le-rodeur-vient.gif

Depuis combien de temps éditez-vous des textes d'auteurs étrangers ?

Depuis toujours. Depuis mon entrée à Castor poche. Entre 48 et 52 livres édités par an, la moitié étaient des titres écrits par des auteurs étrangers.



Parlez-vous des langues étrangères ?

Je parle un peu l'anglais. Mais je le lis surtout.
Charlie-Price-Le-Temps-des-lezards-est-venu.gif


De quelle manière choisissez-vous vos textes ? Avez-vous des critères de sélection ? Comment cela se passe-t-il, surtout quand les textes sont dans une langue inconnue pour vous ?

J'ai une très bonne lectrice pour les textes en anglais. C'est une ancienne stagiaire de la maison d'édition, qui connaît particulièrement mes goûts et la politique éditoriale de Thierry Magnier. Elle fait des fiches de lecture qu'elle me présente. Si la fiche de lecture m'intéresse, je lis le livre à mon tour.



Avez-vous un réseau de traducteurs avec lesquels vous avez l'habitude de travailler ?

C'est un réseau qui s'est créé dès Castor poche, notamment pour le suédois, et ces traducteurs me suivent, ce sont des amis, des contacts qui restent et qui suivent souvent l'éditeur.



Comment peut-on juger de la qualité d'une traduction ? Portez-vous beaucoup d'importance au respect du texte original ?

Je me fiche du texte original. Enfin pas vraiment, j'exagère, mais l'important pour moi c'est vraiment que le traducteur sache bien parler et écrire le français, que la lecture du texte soit fluide.



Suivez-vous vos auteurs ?

Je suis les auteurs étrangers comme je suis les auteurs français même si c'est différent. C'est vrai que si un auteur étranger sort un livre moins bon, je ne vais pas forcément le traduire car cela coûte plus cher. C'est également plus difficile pour un auteur étranger car il ne vient pas faire sa promotion dans des classes par exemple. Et puis je ne peux pas toujours avoir les textes des auteurs qui me plaisent.



Financièrement, un auteur qui a bien marché en France coûtera beaucoup plus cher. Mettez-vous en relation Barbara-Wersba-Notre-petite-vie-cernee-de-reves.gifl'auteur et le traducteur ? De quelle façon ?

C'est en fonction de l'auteur. Souvent, le traducteur aime avoir un lien avec l'auteur. C'est important pour lui de discuter, d'essayer de comprendre et il a toujours quelques questions à lui poser.

Après, tout dépend de l'auteur... Certains auteurs acceptent de discuter avec le traducteur, d'autres non.

Moi, je les laisse s'organiser comme ils le souhaitent, même si souvent, les auteurs ne veulent pas entrer en contact avec leurs traducteurs.



Et vous même, avez-vous des relations avec l'auteur ?

Je n'ai aucune relation avec l'auteur. Je suis en lien avec l'agent ou bien avec la maison d'édition mais jamais avec l'auteur lui-même.



Quel budget accordez-vous à la traduction ? Et l'entrée à Actes Sud a-t-elle eu un impact sur ce budget ?

Le budget est variable. On paie 19 € la feuille de 1500 signes donc tout dépend de la longueur des textes que nous avons trouvés. Il n'y a eu aucun changement de budget avec Actes Sud et cela a même une meilleure influence car Actes Sud est plus connu à l'étranger. Nous avons donc une meilleure influence pour la négociation étant donné qu'ils sont reconnus mondialement.

Maria-Vrettos-Comment-j-ai-disparu.gif

Cherchez-vous des traducteurs transparents qui laissent parler l'auteur ou plutôt des auteurs-traducteurs ?

Je préfère qu'un traducteur soit aussi auteur du texte. Je souhaite qu'il soit la voix de la personne, qu'il s'imprègne de son univers tout en écrivant de beaux textes en français. Parfois la traduction colle beaucoup trop au texte et je trouve que ce n'est pas agréable à lire. Il y a une grande importance de la langue française dans les textes que l'on traduit.



Avez-vous des regrets, des déceptions sur certaines traductions ?

Des surprises plutôt que des regrets. Parfois, on se laisse emporter par la fiche de lecture, par l'histoire sans chercher à savoir comment est le texte. Mais cela dépend totalement de la responsabilité de l'éditeur, ce que j'assume totalement. Mais j'ai plus souvent de bonnes surprises que de mauvaises. Finalement, une traduction vous fait découvrir le texte tardivement et il peut y avoir des surprises.

 



Propos recueillis par Charlène Beau, Claire Le Bot, Coralie Sécher, L.P.



 

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Published by littexpress - dans traduction
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