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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 07:00

Studio de création, TnBA, mardi 6 décembre, 20h
Conception, mise en scène, images et interprétation : Renaud Cojo

 

 

La pièce présentée s’intéresse à David Bowie et à son avatar créé en 1972, Ziggy Stardust, un messager humain doté d’une intelligence extraterrestre qu’il fera mourir sur scène en 1973 à l’Hammersmith Odeon.


Le décor est planté ; on peut y voir une cabine téléphonique rouge, un des symboles anglo-saxons, au centre de la scène ; nous voici plongés dans l’univers du chanteur londonien des années 80.

La représentation commence. Huit écrans sur la scène diffusent un reportage sur le metteur en scène et son acteur principal. Tous deux discutent de la pièce, celle que nous sommes en train de voir. On découvre les questionnements des comédiens et metteurs en scène lorsqu’ils montent un spectacle, le travail préparatoire effectué dans la création d’un projet, ici inclus dans le spectacle. Cette vidéo éveille la curiosité. On comprend au fil de la discussion le sujet de la représentation.

Un acteur entre dans la cabine téléphonique muni d’une guitare ; il s’y enferme et commence à jouer une musique de David Bowie ; nous entrons dans l’univers musical de l’artiste. Cette musique vient s’inscrire dans la pièce comme un fond sonore, l’acteur est enfermé dans la cabine, le son paraît étouffé, lointain. À cette musique se superpose la voix de l’acteur principal. Il s’adresse au public, parle de Ziggy Stardust. Il tient entre ses mains une caméra qui lui permet de filmer des parties de la scène et dont nous recevons les images en temps réel sur l’un des écrans présents. Ce jeu sur l’image attire notre regard et donne une deuxième dimension à la scène que nous avons sous les yeux. À de nombreuses reprises dans le spectacle, les écrans présents sur scène vont s’allumer pour laisser place à des vidéos en tout genre qui parlent de Ziggy Stardust. Reportages sur David Bowie, vidéos sur des fanatiques de Ziggy Stardust… Dans ces images apparaît le personnage principal de la pièce ; ainsi, il est à la fois devant nous et sur les écrans vidéo. C’est un véritable travail de fond, d’enquêtes de terrain qui a été réalisé par Renaud Cojo. Il a en effet rencontré des fanatiques de Ziggy Stardust dans toute la France, il a aussi fait un reportage à Londres sur les traces de Ziggy Stardust, allant jusqu'à rechercher le lieu de prise de la photographie de l’album Ziggy Stardust de David Bowie.

La scène réunit par l’intermédiaire du média vidéo l’ensemble du travail de l’acteur qui s’est imprégné du sujet, travail proche de la performance ; on peut découvrir les images du comédien qui décide d’intervenir sur scène lors d’un concert près de Paris le jour de la date anniversaire de la mort du double de David Bowie et reprend celui donné par Ziggy Stardust le jour de sa mort. Des vigiles le font sortir de scène, c’était un acte spontané, une performance artistique.

Sur scène, la diversité des médias utilisée est à souligner, on trouve à la fois des écrans plats, de vieux téléviseurs, un ordinateur portable, une caméra portable, un smartphone. L’acteur interagit avec les objets (connection internet). Par la réunion de tous ces supports sur une même scène, il semble faire une photographie de nos modes de diffusion, de communication, tout en abordant un événement qui se situe dans le passé.

Les moyens utilisés sont donc très divers mais tous d’actualité ; à ceux-ci s’ajoute la musique, à la fois sur scène et dans les vidéos qui nous sont présentées. Il est plaisant de voir apparaître entre deux vidéos un musicien et chanteur qui interprète en direct la musique de David Bowie.

Il faut savoir que cette pièce repose bien évidemment sur la musique, celle de Ziggy Stardust. Mais elle pose aussi la question récurrente de l’identité. Ziggy Stardust est un double : celui de David Bowie. Renaud Cojo a fait le choix d’inclure dans la représentation des lectures de textes qui abordent tous la question de l’identité. On peut entendre un texte qui traite de la schizophrénie, du dédoublement de la personnalité, de la quête de l’identité en philosophie. C’est une question de fond que souligne ce spectacle.

Il faut savoir que ces extraits d’ouvrages qui sont lus à chaque représentation, le sont à chaque fois par des personnes qui étaient présentes dans le public le jour d’avant. En effet, à la fin de chaque spectacle, Renaud Cojo demande si une personne du public est disponible pour venir lire les textes de la représentation du lendemain. Ainsi chaque soir ce sont des personnes différentes qui viennent jouer un rôle dans la pièce, passant du statut de spectateur à celui d’acteur. Ici aussi la question de l’identité, des rôles, est soulignée.

On découvre aussi que le comédien s’est fait passer pour un Ziggy Stardust auprès d’un psychologue de la région et l’on peut suivre des extraits de ses séances de psychanalyse réalisées en caméra cachée. Ici encore on voit à quel point la représentation théâtrale que nous avons sous les yeux n’est qu’une infime partie du travail réalisé et de l’œuvre elle-même.

Renaud Cojo a choisi dans sa pièce de faire jouer un étudiant handicapé, en fauteuil roulant, qui se fait passer pour un stagiaire présent sur scène pour observer. On trouve dans cette pièce beaucoup d’humour et d’allusions à des choses très actuelles ; le jeune homme handicapé aborde par exemple le succès du film Intouchable qui remplit actuellement les salles de cinéma. Ziggy Stardust est plongé dans notre univers, au présent, et l’on joue sur la nostalgie de ces musiques du passé et nos pratiques, souvent moquées, du présent (réseaux sociaux par exemple).


Paroles de Renaud Cojo, musique, lectures, vidéos… tout s’entremêle et donne son rythme à cette représentation.


C’est un véritable regard et questionnement sur la société. Qui sommes-nous ? Quelle est la place de chacun ? La diversité. Une réflexion sur nos modes de vie actuels, l’hyperprésence des technologies, d’internet...

 

Marine, 2e année Bib.

 

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Published by Marine - dans théâtre
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