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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 07:00











François BON
Autoroute

Seuil, 1999



















Sept jours. Seulement sept jours d’aventure au cœur de notre cher réseau autoroutier. Un vieux réalisateur, un jeune auteur, une caméra, une vieille voiture : les seuls ingrédients pour ce merveilleux voyage. Un seul objectif : tout retranscrire. Il leur suffit de nous montrer les paysages et les acteurs tels qu’ils sont, de n’omettre aucun détail et de noter le moindre mot échangé.

C’est par ce récit que nous découvrons François Bon. Celui-ci est né en 1953. Il fit des études de mécanique et travailla, grâce à cela, en France comme à l’étranger, en tant que spécialiste de la soudure. Son premier livre ne parut qu’en 1982 (Sortie d’usine aux éditions de Minuit). Ce n’est réellement qu’en 1984, après avoir été reçu à la Villa Médicis, qu’il se consacra entièrement à la littérature.

Cependant, ce ne sont pas que ses livres qui ont fait son succès mais aussi tout le travail autour d’eux qu’il fit et fait toujours avec un public en difficulté sociale, des étudiants et des enseignants. Il travaille aussi énormément avec et sur Internet en étant, par exemple, un des premiers créateurs de site littéraire en 1997 (
Remue.net). Aujourd’hui, c’est un des auteurs qui se battent le plus pour faire accepter le livre numérique disponible sur Internet notamment dans la nouvelle version de son blog : tiers-livre.net.

Il a aussi une place assez importante dans l’édition puisqu’il a été nommé directeur de collection aux éditions du Seuil.

Dans cette œuvre, l’écriture reste simple et fluide, accessible pour (ou visant même
) un jeune public. Les contraintes que s’est lui-même imposées l’auteur sont dévoilées aux lecteurs dès les premières pages : l’absolue vérité. Malheureusement c’est aussi ce qui peut rendre réticent à la lecture de ce livre. Ce devoir d’authenticité entraîne François Bon dans de longues descriptions qui sont parfois d’une utilité douteuse et ne laissent plus aucune place à l’imagination. Mais cela est son but.

Le récit reste tout de même sympathique grâce aux différentes anecdotes qui y sont contées lors de rencontres entre des utilisateurs de ces axes et nos deux héros. Mais c’est là que la véracité de l’intrigue devient douteuse : certes tout le monde a déjà entendu l’histoire d’enfants abandonnés sur une aire d’autoroute par accident, mais de là à ce qu’elle se réalise sous vos yeux… Surtout qu’ici, les deux enfants n’ont pas l’air perturbés par la situation : aucun des deux ne pleure, ils ne demandent rien et ne veulent rien. Quel enfant n’a jamais pleuré quand il croit avoir perdu sa maman ? Aucun. Mais cela est plaisant, d’autres anecdotes totalement délurées nous font comprendre que François Bon avait raison : il y a une vie sur l’autoroute.

Un seul véritable regret peut être : le voyage ne prend pas la tournure attendue. Pour ne pas mentir, il va même stagner pendant quelques jours. Certes la raison de ceci est tellement extravagante que cette discrétion sur l’objectif visé est pardonnée, mais pour ce qui  est de la traversée de toute l’autoroute française, le lecteur reste sur sa faim.

Enfin, il est impossible d’aborder François Bon sans voir que c’est un héritier de Georges Perec. En effet tout place cette œuvre dans le sillage de cet auteur, à commencer par les contraintes fixées (ce qui était un grand jeu pour Perec). Tout comme le fait son maître dans Epuisement d’un lieu parisien, notre auteur veut ici décrire un “bout de vie” et en faire le témoignage. A l’image de Perec, François Bon n’a pas fait qu’écrire. Certes il n’a fait lui-même le voyage (ou en tout cas pas avant de l’écrire) comme son prédécesseur pouvait le faire, mais il a recherché et accumulé des “kilos” de documents afin de mieux connaître son sujet. Alors malgré quelques transgressions à ses propres règles, il est blanc comme neige e ce qui concerne les descriptions : nous aurions pu faire le voyage (à l’époque bien sur) et retrouver exactement ses dires. Georges Perec aurait été fier de lui.


Léa, 2e année Bib.-Méd.

François Bon sur LITTEXPRESS


Autre article, d'Anaïs, sur Autoroute.









Article de Julie sur Paysage Fer.










Articles de Jean-Pierre et de Mikaël sur Daewoo.



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