Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 07:00

Frances-DE-PONTES-PEEBLES-La-Couturiere.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frances DE PONTES PEEBLES
La Couturière
The Seamstress
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Martine Leroy-Battistelli
Points
Collection Les Grands Romans, 2010
1ère édition  : 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frances-DE-PONTES-PEEBLES.PNG

 

 

Biographie
 
La Couturière est un roman de Frances de Pontes de Peebles. Elle est née dans le Nordeste brésilien et a passé son enfance à Miami. Elle écrit principalement des nouvelles qui ont reçu de nombreux prix littéraires. La Couturière est son premier roman qui a entre autre reçu le grand prix des lectrices de ELLE aux États-Unis en 2008.



Résumé

Ce livre raconte l’histoire de deux sœurs, Emilia et Luzia. Il se déroule sur une période allant de 1928 à 1935.L’histoire se passe dans un Brésil en pleine modification, allant vers la modernisation.

Cela commence par un prologue qui se passe à Recife en 1935. On apprend que Luzia, l’une des sœurs, est en deuil, qu’elle vient de perdre son mari : « À vingt-cinq ans, elle était déjà veuve et pleurait un époux qui lui était toujours resté étranger ». On apprend aussi la mort de la Couturière, l’impitoyable chef des cangaceiros, bandits du Brésil : « tous les bandits avaient été abattus et décapités, même la Couturière ».

Ensuite, nous avons un retour en arrière, en mars 1928, à Taquaritinga do Norte. Puis nous prenons connaissance de l’enfance de deux sœurs, élevées par leur tante Sofia après le décès de leurs parents, dans les montagnes, dans l’État du Pernambouc. Emilia et Luzia sont très différentes, mais elles ont besoin l’une de l’autre. Emilia est attirée par tout ce qui est grandiose et rêve de s’élever dans l’échelle sociale. Sa sœur quant à elle n’a plus d’espoir de mariage, car dans son enfance, elle a chuté d’un arbre ce qui fait que son bras gauche est infirme. Cela lui a valu le surnom de Victrola, marque d’un ancien lecteur de disques, le surnom faisant référence au bras de lecture. La tante et ses nièces sont d’excellentes couturières, elles vivent de ce métier : « Luzia et [Emilia] maîtrisaient l’art de la coupe, du raccommodage et de la dissimulation ».

Dans les années 30, sévissaient donc les cangaceiros qui voyageaient de village en village et vivaient dans la caatinga, le désert ou la plaine brésilienne, selon les différentes périodes de l’année. Or, un jour, ces cangaceiros se retrouvent dans le village de cette famille. Le Faucon, chef de ces voleurs, souhaite de nouveaux habits pour ses compagnons et lui. Ils demandent donc à la famille Dos Santos de les faire. Tout de suite, il est attiré par Luzia qu’il a surprise dans la nuit libérant des oiseaux. Une fois le travail terminé, et avant de partir, le Faucon demande à Luzia de partir avec lui et sa bande. Elle accepte, sachant pertinemment qu’elle n’aura jamais la vie dont elle rêve en restant dans ce village.

Le livre est donc découpé en plusieurs chapitres avec l’alternance des récits de la vie de Luzia et de celle d’Emilia, à la troisième personne. À chaque début de chapitre, le nom du personnage que nous allons suivre est donné ainsi que le lieu où il se trouve et la période de l’année.

Une fois Luzia partie, la tante Sofia décède et Emilia se retrouve seule. Mais dans son village de Taquaritinga, elle rencontre Degas Coelho, qui appartient à la haute société de Recife. Il vient passer des vacances chez son ami Felipe, fils du colonel de la région ; ils font tous deux des études de droit. Emilia est séduite, et bien vite un mariage est organisé. Elle a donc obtenu ce qu’elle voulait et rentre avec son mari à Recife.

S’enchaînent ensuite différentes péripéties. Les sœurs apprendront leurs parcours respectifs à travers les journaux. Luzia reste donc avec les cangaceiros, devient La Couturière et se marie même avec le Faucon. Emilia, quant à elle, connaît une grande désillusion, car ce n’est pas la vie qu’elle espérait. Son mari ne lui offre aucune tendresse et peu d’attention ; sa belle-famille ne l’aime pas, car elle vient de la campagne et non de la haute société.

En 1930, une révolution va agiter le pays et son mari s’y trouve engagé. Un nouveau président prend la tête de l’État, et veut intégrer l’arrière-pays ainsi que la côte dans son plan de modernisation. Pour ce faire, il veut créer une route. Cependant, les cangaceiros voient cette route d’un mauvais œil, et une révolte s’engage contre les soldats du président. Luzia tombe enceinte, mais ne peut assumer cet enfant, elle décide donc de l’abandonner à sa sœur qui en prendra la charge. La fin du roman est marquée par la mort de trois personnages centraux. Emilia prend donc la fuite pour échapper à sa famille et s’embarque pour les États-Unis avec son neveu.



Analyse

C’est un livre passionnant qui se lit facilement malgré ses 800 pages. On découvre le Brésil des années 30 et ses différents modes de vie, entre les paysans de la campagne, la haute société de Recife et la vie dans la caatinga brésilienne. On découvre les débuts de l’électricité, de la modernisation et de l’émancipation de la femme. Bien que fictif, le roman est ancré dans l’histoire du Brésil de l’époque. On découvre la révolution de 1930 ainsi que la sécheresse de 1932.

Ce roman permet une remise en question, une interrogation sur ce qui est bien, juste et moral. En effet, Luzia, la sœur d’Emilia, devient une criminelle. Par conséquent, cette dernière a bien du mal à se situer, entre sa famille qui souhaite la mort de tous les cangaceiros et son amour inconditionnel pour sa sœur. Il nous est alors difficile de prendre parti, et ce grâce à la manière dont le texte est écrit.

 On découvre aussi le désir des scientifiques de découvrir des marqueurs de criminalité. Pour ce faire, tous les criminels sont décapités et des mesures de leurs crânes sont faites. Cette pratique a réellement eu lieu dans les années 1930, ce qui est assez répugnant. On essaye aussi de l’expliquer en démontrant sa présence dans les gènes. Un peu comme Émile Zola qui dépeignait l’alcoolisme comme héréditaire.

L’écriture est simple et fluide ce qui explique la facilité de lecture. De plus, on se retrouve vite embarqué par l’histoire et on suit avec attention l’histoire de ces deux sœurs qui ont pris toutes deux un chemin très différent.


Marion, 2e  année Bib.-Méd.-Pat.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives