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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 07:00

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Frédéric BOILET
L’Apprenti Japonais
Les Impressions nouvelles, 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La biographie complète de Frédéric Boilet se trouve sur son site officiel :  http://www.boilet.net/fr/biographie.html

 

 

 

Ce livre se compose de quatre grands chapitres qui commencent tous par une interview de l'auteur.

Dans le premier, il explique en quoi son livre Tokyo est mon jardin est moins oppressant que Love Hotel. Il s’agit principalement de textes – notes brèves, extraits de correspondances, ébauches d’articles. Il nous explique que pour l'Apprenti Japonais, il s'inspire de son voyage à Tokyo durant un an, entre 1993 et 1994. Il explique que si son dessin a gagné en clarté, c'est parce que sa vie a changé, notamment durant cette année de voyage. C'est aussi ici qu'il rencontrera son « modèle » Kimié.

Dans ce chapitre, nous trouvons toutes sortes de notes, extraits de lettres/fax, de nombreux croquis et photos qui nous retracent certains souvenirs durant son expérience tokyoïte. Il nous explique par exemple dans une note du 6 avril 1993 les difficultés qu'il rencontre pour que l'on écrive son prénom correctement. Un dialogue de sourds commence puis à force de dessins il arrive à faire comprendre à son interlocuteur qu'il manque une lettre à son prénom. Difficile lorsque l'on vient à peine d'arriver dans un pays dont on ne maîtrise pas totalement la langue.

Nous pouvons trouver des notes plus ou moins longues ; nous n'avons pas toujours leur contexte, ce qui peut être déroutant. Parfois, nous trouvons une note constituée d'une phrase très concise qui marque un souvenir à un moment donné ; le reste importe peu. «  Vu Neko à la télé. Elle joue le rôle d'une geisha qui se fait peloter » (page 12).

Il arrive aussi à Frédéric Boilet de compléter ses notes écrites par des photographies, des croquis. Il nous montre un aspect du Japon et notamment de Tokyo que les Occidentaux ne connaissent pas forcément. Il nous parle par exemple d'un après-midi où il se promène dans le quartier de Shinjuku où il prend par mégarde une Japonaise en photo.
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On se trouve parfois confronté à des croquis réalisés sur des feuilles d'agenda avec quelque mots griffonnés ; ils sont souvent difficiles à déchiffrer mais montrent l'état d'esprit de l'auteur à un moment donné.

L'auteur nous présente une anecdote qui lui est arrivée le 2 juin 93 ; il nous explique ses déboire quand il remarque qu'il lui manque cinquante yens pour pouvoir prendre le métro. Cette anecdote montre à quel point les Japonais sont méfiants, ils ont besoin d'un grand nombre d'informations pour accorder leur confiance.

Il lui arrive aussi de trouver des Japonais sachant quelque mots de français qui en profitent pour les lui dire, par exemple madame Iwata qui tient une papeterie avec son mari. Ayant des notions de français, elle en profite pour parler avec Frédéric Boilet ; ses expressions faciales méritent des photos selon lui.

Il explique qu'il souhaite découvrir un Japon au jour le jour et qu'il évite donc d'aller à l'institut franco-japonais de Tokyo ; il souhaite découvrir le quotidien des Japonais ; il remplit donc son carnet de notes sur les événements survenus lors de ses journées.


Il s’amuse à donner des noms aux stations de métro avec les quelques kanji qu'il connaît, ce qui donne des résultats assez drôles : « Yushima : l'île de l'eau chaude, Asakusa : l'Herbe basse … » (page 42).

J'ai beaucoup apprécié le moment où l'auteur à la fin du premier chapitre dit qu'il n'a pas « fait » le Japon, alors que ses collègues disent qu'en trois semaines ils « font » un pays. Beaucoup de touristes disent après un voyage de plus ou moins longue durée qu'ils ont fait le Japon… ; cependant je trouve cette expression réellement irritante ; il est impossible pour une personne de « faire » un pays car même dans son propre pays on découvre chaque fois de nouvelles choses.



Chapitre 2

Ce chapitre se compose de textes et d'illustrations parus dans un bimensuel : Big Comic ; le chapitre commence par l'interview de Frédéric Boilet ; cette interview parle de ses sources d'inspiration et de ses relations intimes avec ses modèles. On trouve sur une cinquantaine de pages les treize articles et illustrations de « Prisonnier des Japonaises », parus en 1998 et 99 dans le bimensuel Big Comic.

« Je ne suis pas Américain » : cette chronique parle du fait que pour les Japonais les étrangers sont des Américains ; ils se font un plaisir de parler en anglais, malgré le fait que l'auteur leur dit en japonais qu'il est français. «  Inutile de lui dire que vous ne comprenez pas le louchébèm anglo-américain, il serait tout à fait perdu ». Cet extrait montre que la France est une « province » étatsunienne pour une majorité de Japonais influencés par l’importance du tourisme américain, et qu'ils se font un plaisir de parler en anglais après avoir suivi des cours du soir.

L'auteur aime parler des Japonaises, s'il le pouvait il parlerait d'elles dans toutes ses chroniques. Il explique à quel point elles sont « formidables ». Les deux inconvénients d'une Japonaise sont d’abord le fait qu'elles ont plusieurs petits amis à la fois – « un pour le ciné, un pour le restau, un pour la voiture, un pour le sexe. Dans ce cas, arrangez-vous pour être celui pour le sexe ».  Le second est qu'une fois que l'on a connu une Japonaise, il est difficile de tomber amoureux d'une Française. Dans cet extrait il montre qu'il accepte les petites excentricités des Japonaises. Il prend cela avec beaucoup d'humour et de dérision, ce qui fait sourire le lecteur qui peut ce mettre à la place des différents petits amis et éprouve alors de la compassion pour eux.

Abordant pour la première fois un des clichés sur le Japon, les Love Hotel, il nous en fait une description très précise. Il explique également les endroits ou l'on peut en trouver. Explique aussi que les Japonais aiment savoir où ils mettent les pieds et ont donc inventé différents types d'hôtels, les uns pour dormir, d'autres pour « dessoûler », pour se ressourcer et prendre une dose de Japon, et enfin les Love Hotel pour faire l'amour.

 
Il traite aussi de Santa Claus, explique la véritable histoire de ce personnage qui a été remplacé par sa « doublure » venue des USA. Il en vient donc à parler de ses propres souvenirs des fêtes de Noël dans la chronique suivante. Il traite aussi du fait qu'habitant dans le nord-est de la France il avait en décembre une double dose de cadeaux car il recevait ceux de saint Nicolas le 6 décembre et ceux de « Santa Cola » le 24 décembre. Des petits clins d’œil à ses souvenirs de Noël notamment avec le dernier paragraphe de l'article « Je ne suis pas saint Nicolas ! » . C'est grâce aux Américains qu'il a eu une double ration de cadeaux à Noël.



Chapitre 3

Le troisième chapitre propose, une sélection d’illustrations et textes extraits de l’Encyclopédie illustrée de la jeunesse, parue en 1999 dans le grand quotidien d’information Asahi Shimbun. «Voilà qu’un nouveau défi s’offre à moi: devenir "apprenti jeune Japonais".»

Dans ce chapitre, il traite de sujets plus connus en France. Notamment les informations concernant les télécommunications ; dans une chronique, l'auteur prend l'exemple d'une jeune Japonaise de 17 ans qui possède trois téléphones portables et qui se plaint de n'avoir aucun message depuis le matin. Cette chronique est illustrée par un dessin en noir et blanc montrant plusieurs personnes téléphone à la main, comme greffé à l'oreille.
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Il parle aussi des tenues des étudiantes, de leurs jupes qu’elles enroulent autour de leur taille pour les raccourcir. Dans un premier temps l'auteur se demande pourquoi les directeurs des lycées demandent à leur étudiantes de porter des jupes si courtes pour aller en cours. Finalement, il se rend compte que ce sont les étudiantes elles-même qui choisissent de les raccourcir. Or cette méthode comporte des risques ; quand elles montent les escaliers, elles doivent trouver des parades afin d'éviter que l'on regarde sous leur jupes. Ce geste est devenu si coutumier qu'elles le font même en redescendant les escaliers alors qu'il n'y a aucun risque.

« Un geste finalement gracieux, et très typique de la jeune Tokyoïte moderne qui porte désormais systématiquement un sac ou une main à ses fesses pour monter le moindre escalier, mais aussi, plus curieusement … pour les descendre ! » (p. 162).

« L'empire des doigts levés » traite du fait que les Japonaises aiment faire un V avec leurs doigts qui symbolise leur bonheur. C’est un des clichés les plus répandus dans le monde entier. Il n’est pas difficile de reconnaître des touristes japonais en France lorsqu’ils adoptent cette attitude.

Enfin le quatrième chapitre, baptisé « Le Monde vu du Japon », couvre la période 2003-2005. Il s’agit d’une sélection d’illustrations pour l’Asahi Shimbun sur des sujets d’actualité internationale ou japonaise. Elles sont accompagnées quand c’est nécessaire de commentaires inédits, pour les lecteurs français peu familiers du paysage médiatique, social, politique, ou tout simplement urbain du Japon.


Mylène, 2ème année Bibliothèques

 

 

 

 


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