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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 07:00

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FURUYA Usamaru et OTSUICHI

L’âge de déraison

traduit du japonais

par Wladimir Labaere

et Ryôko Sekiguchi

Éditions Casterman

collection Sakka auteurs, 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Biographies de l’auteur et de l’illustrateur : Usamaru Furuya ; Usumaru Otsuichi.

 

 

Résumé

Tokyo, au Japon, à notre époque.

Des adolescents, Sayaka, Kentarô, Saki, Shiro, Asami, Shôta, Katsumi et Naotsuge, expriment leur mal-être profond de façon très singulière. Rêver que le monde finisse englouti sous les eaux, élever des fourmis, vouloir à tout prix tuer sa mère, apprivoiser des tornades, voler à moto, sauver le monde en mangeant des gâteaux, penser avoir des pouvoirs magiques, compter les carreaux fait partie inhérente de leur quotidien. Réel ou imaginaire, leur monde est empli de tourments auxquels ils doivent, tant bien que mal, faire face.

Tandis que nous suivons leurs troublantes tribulations, un typhon approche de la ville…

Huit nouvelles qui nous font pénétrer dans l’esprit torturé d’ados en pleine crise d’identité. Comment grandir dans un monde qui ne nous ressemble pas ?

Dans lequel nous ne trouvons pas notre place ?

Où rien, ou presque, ne nous retient ?

Un manga captivant qui nous renvoie à notre propre adolescence, instant bref de notre existence qui façonne pourtant de manière significative l’adulte que nous devenons mais d’où, il faut l’avouer, nous ne sortons jamais vraiment indemne.

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Avis personnel / Critique

 

 

On aime

La multitude de sujets abordés : la complexité des relations entre adolescents et parents, le manque de confiance en soi, l’échec scolaire, l’amour, l’amitié, les troubles alimentaires, les troubles psychologiques (comme la paranoïa ou la schizophrénie), la maladie et le deuil d’un proche, la volonté d’appartenir à une communauté, la question de la « normalité » et, bien sûr, le refus de grandir et la fuite du réel.

…Et ceux qui nous sont épargnés : On note l’absence de nouvelles sur la drogue, le suicide et le sexe, cocktail explosif « quasi indispensable » à toute œuvre consacrée aux ados. Néanmoins, là, on apprécie que ces sujets, largement traités par ailleurs, n’apparaissent pas, laissant place à des sujets tout aussi importants et moins souvent évoqués de cette façon.

Ses illustrations parlantes : l’illustrateur réussit à donner vie au trouble de chaque personnage d’une manière originale et surprenante. Vous vous trouverez nez-à-nez avec des gâteaux tuant des humains, des dragons dessinés se matérialisant pour détruire une ville, Tokyo engloutie sous les eaux, des élèves en forme d’écrou (pièces indispensable au cœur de l’école), une fourmilière d’humains, une classe qui s’envole... Tant physiquement que psychologiquement le mal-être forme et déforme les adolescents autant dans la vie que dans ce manga. Le graphisme n’appartient pas au domaine de l’Art mais il n’a pas d’autres prétentions que de donner du sens au texte, aux troubles développés et il le fait très bien !

La fin : rassemblement anodin où chacun fait son propre choix et où l’espoir a sa place.

 

 

 

On aime moins

Des situations volontairement extrêmes, exagérées et parfois stéréotypées. On excuse cependant ces écarts car finalement quoi de plus extrême, de plus exagéré et parfois stéréotypé qu’un adolescent ?!

Des histoires parfois trop brèves : certaines nouvelles en un chapitre auraient mérité d’être traitées plus longuement. On note alors un petit déséquilibre avec celles en deux parties. Choix de l’auteur ? De l’éditeur ? On doit s’en contenter.

Ce manga, bien construit et touchant s’adresse avant tout aux adolescents, principaux acteurs de l’histoire donc principaux intéressés. Cependant, les jeunes adultes et adultes auront plaisir à le lire avec un sentiment de « presque » déjà vu, pourront « se reconnaître » ou comprendront bien certaines situations… avec nostalgie ou soulagement ? Là est la question !

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Julie Lacarrière, AS Ed/Lib

 

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