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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:30










Georges PEREC
Un homme qui dort
Gallimard, Folio, 1990






















S’il existe des auteurs inclassables, Georges Perec est l’un d’eux. Né en 1936, il est marqué très tôt par la mort de ses parents, événement qui laissera en lui une marque indélébile, repérable en chacun de ses écrits. A sa mort en 1982, il nous laisse une œuvre variée, faite entre autres de fiction, de récits autobiographiques, de jeux littéraires, de réalisations cinématographiques. Un homme qui dort est le troisième roman sociologique de Georges Perec, paru aux éditions Denoël dans la collection « Lettres nouvelles » en 1967.

L’auteur y décrit la volonté du personnage d’être la pièce manquante de ce puzzle qu’est la société. Le jeune homme, étudiant en sociologie à la Sorbonne va progressivement s’isoler, refuser toute forme de communication, d’engouement pour ce qui l’entoure ou ce qu’il vit. Ainsi, il va tendre vers l’indifférence de manière méthodique. En ne répondant pas aux messages que lui adressent ses amis, en marchant des heures durant à travers les rues parisiennes, en s’efforçant de n’accorder aucune considération aux repas qu’il prend, aux rubriques du Monde qu’il décortique… Il se dévitalise au fur et à mesure que le récit progresse, et seuls les bruits de la rue Saint Honoré, du clocher de l’église Saint Roch, ceux produits par son voisin le relient à la vie. Il y aura un sursaut, un réveil difficile certes, mais inévitable.

Ce roman s’illustre par son objet mais aussi par les contraintes littéraires qui sont les siennes. Ainsi, il est entièrement composé à la deuxième personne du singulier, les passages d’entrée dans le sommeil sont construits à base d’hypotaxe, les inventaires y sont nombreux et exhaustifs. Mais le plus remarquable est sans conteste la contrainte intertextuelle. Les références aux œuvres, aux auteurs sont explicites ou implicites. Les intertextes les plus importants sont ceux qui renvoient à Kafka, Aron, Defoe, Sartre, Roussel, Blanchot, Flaubert, Céline, Melville. La liste dressée à l’instant est longue et pourtant incomplète. En effet, les références présentes dans Un homme qui dort sont tellement nombreuses que l’on ignore si le récit n’est pas uniquement bâti à partir de celles-ci.

On notera que si les teintes dominantes de l’œuvre sont le noir et le gris, on remarque à plusieurs reprises la présence d’une « bassine de matière plastique rose » qui ne laisse pas de marbre.

Un roman singulier à lire et à relire.


Rachel, A.S. BIB-MED-PAT

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