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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 07:00

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Gil ADAMSON 
La veuve

Titre original : the Outlander

Christian Bourgeois, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Gil Adamson signe là son premier roman. La Veuve est le fruit de dix années  de fouilles imaginaires intenses et de méticuleuses recherches.  Originaire de Toronto,  née en 1961, elle a écrit plusieurs  nouvelles parues dans des revues littéraires. Deux recueils de poésie, Primitive et Ashland  (1991) ont été publiés ainsi qu’un recueil de nouvelles sous le titre Help me, Jacques Cousteau en 1995.


Parmi les auteurs  qui l’ont influencée elle cite Michael Ondaatje, Raymond Carver, Richard Ford, et Mark Richard.


Même si le titre d’origine de son œuvre, The Outlander, est intraduisible, la qualité et la force de l’écriture ont sans aucun doute été retranscrites. A n’en pas douter, le roman de Gil Adamson connaîtra un succès en France semblable à celui connu du Canada.

 

 

L’histoire


A l’aube du XXe siècle, Mary Boulton est devenue veuve, « veuve par sa faute ». Elle court dans la neige, en habit de deuil, au travers d’une forêt canadienne  pour échapper aux deux jumeaux impressionnants, sombres silhouettes prédatrices qui la pourchassent pour venger leur frère.


 Poussée par la peur, elle fuit à jamais le monde où elle a toujours vécu, elle fuit la violence de celui qui partageait ses nuits, elle fuit son infidélité ainsi que le douloureux souvenir de la perte d‘un bébé malade.


Gil Adamson laisse le lecteur se faire sa propre opinion de cette femme étrange et intrigante qui vient de tuer son mari. Elle décrit au fur et à mesure de la fuite, les souvenirs enfouis dans le plus profond de son âme : la mort de sa mère, son père dépressif, son mariage,  la vie d’une enfant qui manquait de
tout et de rien à la fois.


L’auteur n’impose donc pas de « parti pris » au lecteur. Pourtant, en avançant dans le texte, elle n’appelle plus Mary Boulton la veuve mais Mary, comme si nous avions tissé un lien avec le personnage et créé une intimité durant son voyage.


Ce livre, c’est l’histoire de la fuite d’une meurtrière que l’on admire pourtant pour la force qu’elle dégage. C’est aussi une histoire d’amour, une histoire de rencontres, une histoire d’humanité, une résilience tout simplement.
Des personnages hors du commun :


Mary est un être fondamentalement seul qui se bat pour survivre, trouvant refuge dans la nature, sauvage et bienveillante pour la fugitive. Malgré la rudesse de sa vie parmi les champs, cet univers représente la liberté qu’elle n’a jamais eue.


Mary  est une femme, qui dès le début inquiète, elle a tué son mari et elle fuit. Droit devant elle. Une course effrénée débute. Le lecteur prend conscience que la veuve est peut être folle, car sa fuite éperdue est parfois entrecoupée d’hallucinations.


« Comme les illusions paraissaient vivantes ! Il y a de l’art dans la folie, dans sa désastreuse immédiateté ».


Petit à petit, notre fugitive va rencontrer divers personnages qui lui  permettront de se reposer l’esprit autant que le corps. Elle trouvera donc une vieille femme riche et veuve qui  a l’habitude de « recueillir les  oiseaux égarés », elle y restera un moment, juste le temps de rassembler quelques objets utiles pour sa fuite puis, poussée par la peur de ses poursuivants, elle repartira.


Puis William Moreland nommé le Coureur des crêtes qui
« […] maîtrisait mieux que quiconque la subtile physiologie des forêts, des rivières et de la neige », découvre Mary au milieu d’une forêt dense, affaiblie par la faim. Cet ermite va la soigner, lui donner les clés pour survivre dans une nature hostile et des montagnes dangereuses.


Au cours de sa route, Mary va rencontrer Henry, un indien très méfiant qui va tout de même la guider jusqu’à une ville minière, Franck, en Alberta. Elle vivra sous la protection du révérend Bonnycastel qui enseigne la Bible d’une manière bien étrange.


Ces personnages vont contribuer à panser les plaies les plus profondes de la jeune femme, ils sont remarquablement attachants dans leur manière d’empêcher Mary de sombrer totalement dans la folie.

 


Une épopée  dans la nature


Nous aurions pu citer précédemment un dernier personnage omniprésent, mais indirect : la nature. Elle constitue une sorte de protection pour Mary, malgré toute sa rudesse.


Ce roman époustouflant de beauté nous propulse dans une sorte de tableau  pointilliste, chaque détail nous emmène dans cette nature qui regorge de vie, mais toujours avec le rappel de la mort qui la guette ou qu’elle rencontre dans son chemin. L’œuvre respire l’espace, la forêt, la liberté.


« Elle vit les empreintes de chevaux non ferrés, de sentiers tracés par des cavaliers au milieu des hautes herbes, et enfin la carcasse à demi rongée d’un écureuil jeté dans la poussière par quelque chien et aussitôt oubliée. »


La force de la réalité décrite en devient presque surnaturelle ce qui ajoute une nouvelle dimension au niveau littéral. Puisque Mary a des visions nées de son angoisse ou de son isolement, Gil joue sur la paranoïa donnant un certain décalage entre réalité et perception.

 


Mon avis

 

Lorsque j’ai ouvert le livre je n’ai cessé d’être essoufflée du début à la fin. On se croirait réellement dans les bottes de la veuve. Gil Adamson m’a réconciliée avec les descriptions longues de l’environnement, car sans cela, l’histoire aurait perdu toute cette dimension grandiose et belle.


Grâce à une écriture sobre empreinte de poésie, à l’intrigue captivante, je vous garantis un des plus beaux voyages littéraires contemporains !


 

Agnès, 1ère année Bib-Méd.

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