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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 07:00

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Graham HURLEY
Les anges brisés de Somerstown
Titre original
Angels Passing (2002)
traduit de l’anglais
par Philippe Rouard.
éditions du Masque, 2004
Gallimard
Folio policier, 2006


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Graham Hurley est un écrivain britannique né en 1946 au Royaume-Uni, à Clacton-on-Sea, dans l’Essex. Il a vécu pendant trois ans à Portsmouth mais réside actuellement à Exmouth. Il est surtout connu pour sa série de romans policiers mettant en scène Joe Faraday, un inspecteur de police. Il est reconnu comme un grand auteur de romans policiers de procédure, en anglais police procedural.

Graham Hurley décrit avec précision les techniques policières et cela grâce à sa rencontre avec le chef de police de Portsmouth.

Sa série Joe Faraday est composée de 10 romans :

1. Disparu en mer, 2002
2. Coups sur coups, 2003
3. Les Anges brisés de Somerstown, 2004
4. La nuit du naufrage, 2006
5.  Les Quais de la blanche, 2007
6. Du sang et du miel, 2008
7. Sur la mauvaise pente, 2009
8. Beyond Reach, 2010
9. L’Autre Côté de l’ombre, 2011
10. Une si jolie mort, 2012

 

Je vais ici traiter du troisième livre de Graham Hurley publié en 2004.



Portsmouth


Portsmouth.jpgPortsmouth02.jpg
 

 

Pour un historique de la ville, voir Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Portsmouth




Le roman

Joe Faraday est un inspecteur de police de Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre. Il est en charge de la police criminelle dans les quartiers nord de la ville.

Helen Bassam, jeune fille de quatorze ans, dont les parents sont divorcés, est retrouvée en bas d’un immeuble de vingt-trois étages, la tour Chuzzlewi. On pense à un suicide mais Doodie, un petit garçon de dix ans dont la mère ne s’occupe pas, a été vu avec Helen peu avant sa mort par Grace, la grand-mère d’une amie d’Helen qui habite dans l’immeuble. Faraday va chercher à découvrir s’il s’agit d’un suicide ou d’un meurtre et où se trouve à présent ce garçon. Après la mort d’Helen Bassam, un autre cadavre est découvert, celui de Bradley Finch, vingt ans, petit dealer de Portsmouth. Il est retrouvé à moitié nu, pendu à un arbre à Hilsea Lines. Il ne porte qu’une culotte de femme. Son corps semble avoir été roué de coups et cela élimine la thèse du suicide.

La ville est confrontée à la violence, à la drogue, aux trafics. On ne fait plus attention aux enfants, même les parents ont baissé les bras. La mère de Gavin Prentice, surnommé Doodie, ne s’occupe pas de son fils ; peu lui importe où il va. Doodie vit dans un cinéma désaffecté qui peut s’effondrer à tout instant. Il déteste l’école et frappe ses professeurs. Même sa mère pense qu’il vaut mieux qu’il n’y aille plus, qu’ils seront mieux sans lui.

Helen Bassam, elle, est enceinte et folle amoureuse d’un Afghan, Niamat Tabibi, marié, qui lui donne des leçons particulières en français et en mathématiques. Son père n’est jamais présent. Il est parti avec une autre femme et pour tout cadeau ne lui envoie que de l’argent de poche. Sa mère et elle ne s’entendent plus et Helen passe tout son temps chez sa meilleure amie, Trudy Gallagher, l’arrière-petite-fille de Grace. C'est donc Niamat Tabibi qui est le premier suspect.

Bradley Finch, que l'on retrouvera pendu, est un petit dealer de peu d’envergure. Il est amoureux de Louise Abeka, serveuse au Happy Stake Café. Mais Kenny Foster, un dealer important, désire Louise. Finch l'a dénoncé un cambriolage chez Brennan et Foster est furieux.

Les jeunes sont livrés à eux-mêmes, les parents baissent les bras, et la police n’a pas assez de moyens pour agir. C’est une ville en pleine déliquescence. Pour les gens de Portsmouth, ville qui a connu de nombreuses guerres, l’ennui est peut-être la raison de toute cette violence. Les gens n’ont plus aucun ennemi pour se battre. De ce fait, ils se battent entre eux.

On découvre aussi la vie de Faraday et de Paul Winter, deux inspecteurs que la vie n’a pas gâtés. La femme de Winter est décédée d’un cancer, de même que celle de Faraday. Faraday a dû élever seul son fils malentendant, J.J., 23 ans, revenu au bercail après que sa femme, Valérie, l’a trompé avec un autre homme. Faraday doit s’occuper à la fois de sa vie familiale et des meurtres qui semblent se multiplier dans la ville. Faraday voit une femme mariée,  Marta. Il ne n’ose pas révéler la véritable nature de sa relation à son fils, de peur que celui-ci ne lui en veuille.  J.J. va se retrouver plus ou moins lié à Doodie car il anime un cours de théâtre au centre culturel de Portsmouth où Doodie se rend régulièrement.

On découvre également les procédures policières. Les forces de l’ordre semblent totalement dépassées par les événements. Ce ne sont plus les gros dealers que l’on poursuit mais des jeunes gens, des adolescents, des enfants totalement perdus qui ne croient plus en rien, ni aux adultes, ni à l’école, ni à la justice, ni même à leur parents. Ils n’ont plus d’espoir en l’avenir. Les policiers n’ont pas assez de moyens ni de personnel pour gérer tous ces problèmes. Les politiciens veulent de la qualité en dépensant le moins possible. Ce sont deux choses incompatibles. Lors de l’intervention chez Brennan, le magasin cambriolé, le superintendant qui gère les comptes hésite à envoyer une équipe sur place le soir même pour prendre les voleurs en flagrant délit. Winter n’a reçu qu’un simple coup de téléphone anonyme et ce n’est pas une preuve suffisante pour envoyer des équipes alors qu’ils ont déjà dépassé leur budget ; cependant Hartigan accepte. Hartigan, le superintendant, négocie et est obligé d’assister à de nombreux séminaires, de jouer sur les mots, de faire de longs discours pompeux dans le seul but d’obtenir un plus large budget annuel. 

Les policiers sont en difficulté et les gens n’ont plus aucun respect pour eux ni pour leur travail. Les bonnes vieilles règles de la police, les procédures à suivre en cas d’interrogatoire sont totalement caduques. Le monde n’est pas rose, les gens ne disent pas la vérité, ils mentent pour échapper à la justice, pour cacher quelque chose. Sullivan, le jeune nouveau policier que Winter garde sous son aile, sort tout juste de l’école. Il ne comprend pas les méthodes de celui-ci. Winter n’a pas peur de menacer, de jouer avec les sentiments des gens, de faire irruption sans prévenir. Il n’a aucun respect pour les citoyens et leur vie privée. Il pose les questions sans aucune gêne. Sullivan idéalise le métier de policier. Pour lui, être inspecteur c’est chercher à faire le bien, à résoudre des enquêtes. La confiance des citoyens dépend du respect que les policiers ont pour la police et Winter est l’opposé de l’inspecteur modèle. La vie est loin d’être ce qu’on leur apprend à l’école de police. La police a du mal à faire respecter la loi. Derrière une ville en apparence charmante, se cache énormément de violence, de drogue, des mères aux foyers qui ont du mal à joindre les deux bouts et d'autres qui ont abandonné l’éducation de leurs enfants. Il s’agit de ce que les policiers voient tous les jours, la misère, la réalité sociale. Portsmouth est une société malade que les pouvoirs publics préfèrent ignorer. Par exemple, on préfère faire passer la mort de Helen Bassam pour un suicide dû à la drogue plutôt que de mettre au grand jour les difficultés sociales. On ne dévoile que certaines faces de la vérité. Les policiers font le « sale travail ». Ils ne sont pas travailleurs sociaux, et pourtant on leur laisse le « boulot » qui devrait être donné aux politiciens. C’est à eux de changer les choses, de soigner la société, non aux policiers.



Conclusion

Ce roman est la dénonciation parfaite d’une société malade. Les gens souffrent, les enfants sont lâchés sans personne pour les guider, les policiers doivent jouer un rôle qui n’est pas le leur. Les politiciens préfèrent ignorer ces problèmes, se voiler la face. On préfère préserver les apparences que s’attaquer aux réels problèmes.


Les Anges brisés de Somerstown est donc un roman que je conseille fortement. Les descriptions de la ville sont très bien faites et très réalistes. Les lieux sont décrits avec précision. Je trouve que l’histoire est assez proche de ce qui se passe actuellement dans la société. La violence, la drogue, la déchéance sont des faits dont on entend parler régulièrement. L’histoire est vraiment prenante et il est impossible de connaître la vérité avant la fin. Le suspense est garanti.


Stéphanie, 1ère année bibliothèques

 

Graham HURLEY sur LITTEXPRESS

 

 

Hurley les qyais de la blanche

 

 

 

 

 

 Article de Lory sur Les Quais de la blanche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Stéphanie - dans polar - thriller
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