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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 07:00

dimanche 7 avril 2013
salle Vitez
dans le cadre de l’Escale du livre.

 

alaa-el-Aswani.jpgPhoto egyptesolidarite.wordpress.com

 

 

L’entretien se déroule dans une salle Vitez quasi comble et déjà totalement acquise  à l’auteur.

Il commence sur fond d’actualité puisque Alaa El Aswany  décrit sa vision de l’Égypte d’aujourd’hui. Les Frères musulmans ont été installés au pouvoir démocratiquement puis ont mis en place une forme de répression. On ne peut pas construire un futur laïque sans passer la barrière qu’ils constituent. Les Égyptiens ont compris que la politique et la religion ne doivent pas se mélanger : «  Ce sera un moment dur mais essentiel pour le futur ».



Continuant sur ce sujet, l’animateur pose la question de l’écrivain en politique : doit-il s’engager ?

Pour l’écrivain, la littérature est la défense artistique des valeurs humaines. On se doit donc de participer aux révolutions revendiquant la démocratie. Concernant les événements actuels dans son  pays, il s’agit de se libérer de la dictature sans que ce soit un acte politique.



Après avoir abordé la situation de l’Égypte, l’entretien bascule sur la vie de l’écrivain : comment est-il devenu écrivain ?

Son père était un écrivain connu en Égypte. Son milieu aisé lui a permis de bénéficier d’une éducation francophone jusqu’en 1960, lui permettant d’acquérir une meilleure éducation. Il fréquente au lycée français des professeurs ayant choisi d’enseigner plutôt que de d’accomplir leur service militaire. Le français est donc une vision du monde qui l’a construit, même si parfois la politique française l’a déçu. Cela dit avec beaucoup d’humour, l’écrivain ayant de ce fait mis très vite la salle dans sa poche. 

La littérature faisant partie de son quotidien familial, il rêve de devenir écrivain. Dès l’âge de onze ans, il se rend compte que l’on peut dessiner avec les mots, surtout avec les fables de La Fontaine, où il arrivait à voir l’imaginaire de la fable.


« Tu as du talent, mais tu dois rester fidèle à la littérature ». Cette phrase dite par son père lui montre qu’à ses yeux la littérature est la chose la plus importante. Il a donc commencé à écrire à partir de l’âge de onze ans. Cependant, son père lui a demandé d’apprendre un métier car aucun écrivain égyptien ne peut vivre de sa plume. Dans une faculté religieuse interdite aux femmes, il effectue des études de médecine et choisit la spécialité dentaire, sachant que ce métier lui donnera l’opportunité de connaître beaucoup de gens. En effet, il pourra parler avec ses patients, patients qui viennent en amis. Grâce à son cabinet dentaire à aspect social, il peut « sentir les gens ».

Il rencontre Naguib Mahfouz (unique prix Nobel de littérature égyptien) à l’âge de 21 – 22 ans ; il lui demande s’il écrit uniquement pour des questions d’argent ou pour le succès, mais sa réponse fut celle-ci : « Quand il y a quelque chose à dire, tu ne peux pas t’arrêter, tu a besoin de t’exprimer, écrire c’est se jeter dans l’océan. Pour écrire tu es seul et tu dois apprendre à écrire sans jamais être sûr du succès ».

Ayant subi de nombreux refus du Ministère de la culture égyptienne à ses demandes d’autorisation de publier, il décide donc en 1998 d’écrire un dernier roman pour en finir avec la littérature. Or, il se trouve que ce roman,  L'Immeuble Yacoubian, le révélera au grand public.

Confronté au succès de ce livre, Alaa El Aaswany déclare avoir arrêté d’écrire pendant un an pour oublier le succès et ses vices, comme celui de reproduire la même formule pour essayer d’avoir à nouveau du succès. Il dit aussi avoir eu peur de ne pas être à la hauteur et de décevoir son lectorat.

Pour lui, le succès change la vie, mais ne doit pas changer la personne. Pour garder la tête sur les épaules, l’auteur continue à exercer son métier de dentiste afin de conserver le contact humain avec des gens ordinaires, avec la rue. Il considère cela cpmme indispensable pour rester un bon écrivain, car c’est une « école » où il continue à apprendre l’expérience humaine ; cela se ressent dans ses écrits. On peut donc parler de « sociologie dentaire ».

L’entretien porte ensuite sur son dernier livre, Chroniques de la révolution égyptienne, et plus généralement sur son écriture.
Alaa-El-Aswani-Chroniques-de-la-revolution-egyptienne.gif
Pour cette œuvre Alaa El Aswani n’a pas écrit pas de manière différente, mais toujours comme un romancier. Les articles ne sont pas des analyses politiques, ols traduisent ce que l’auteur ressent. La littérature ne doit pas changer la situation directement, elle nous change nous. Elle doit être capable de décrire les sentiments humains, alors que les reportages ne font que relater la situation ; par exemple la situation de la femme opprimée et les sentiments de cette femme opprimée.

Pour l’auteur, l’élément humain dans le roman (la « comédie humaine ») est prépondérant. Le livre essaie de transmettre une situation humaine qui existe. Dans un roman c’est organique, lié à la vie ; ce n’est pas rationnel (parallèle avec les histoires d’amour).

 Concernant la durée d’écriture de ces livres (environ quatre ans), sa réponse est qu’il essaie de faire du mieux qu’il peut, mais un roman c’est créer un monde, et créer un monde ça prend du temps. Ce sentiment s’accentue avec le succès littéraire rencontré, il se responsabilise de plus en plus en raison du nombre croissant de ses lecteurs. De plus entre deux romans, il s’impose un programme de lecture pour sortir du monde créé et ensuite au bout de six ou sept mois, le temps est venu de se remettre à l’écriture, on sent que l’on a besoin de « dire notre mot ». Quand il se met à écrire, il se réveille le matin à 6h00 et à 6h30 il commence à écrire, cela cinq jours par semaine, car pour créer un monde il ne faut pas de coupure.

Concernant le style, il estime que des textes compliqués ne sont pas synonymes de pensée profonde ; il est facile d’écrire des choses que personne ne comprend. Son défi : écrire des textes à la fois simples et profonds.

La fin de l’écriture d’un roman est toujours un moment difficile, explique-t-il. Il y a des sentiments mélangés de fierté, de tristesse et de nostalgie à quitter le monde que l’on a créé et que l’on va partager. Comme un père le jour du mariage de sa fille !


Très influencé par les littératures russe et française jusqu’au XIXème, il est conscient que ce sont des maîtres qu’il ne faut pas copier, car les époques sont différentes. « Je n’arrive pas à concevoir un auteur qui n’a pas lu Balzac ».

 

 

 

L’entretien se conclut avec les questions de la salle.

 Quelle est la langue avec laquelle vous écrivez ?.
 

 

Il écrit en arabe, car en écrivant dans sa langue maternelle on a un texte invisible en plus du texte visible.



Les islamistes au pouvoir sont ils un danger pour votre vie ?.

Il constate que jusqu’à maintenant il n’y a pas eu d’assassinat d’intellectuel.


L’entretien se termine sur une ovation du public.


Guillaume, 2ème année bibliothèques

 

 

Alaa EL ASWANY sur LITTEXPRESS

 


alaa-el-aswany.gif

 

 

Article de Maude sur L'Immeuble Yacoubian

 

 

 

 

 

 

 

 

alaa el aswany chicago

 

 

 

Articles de Jean-Baptiste et d'Anaïs sur Chicago

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


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Published by Guillaume - dans EVENEMENTS
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