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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 07:00

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Emmanuel GUIBERT
Didier LEFÈVRE
Frédéric LEMERCIER
Le Photographe
Editions Dupuis
Collection Aire libre
Tome 1, 2003
Tome 2, 2004
Tome 3, 2006
Coffret avec portfolio, 2007
Intégrale, 2008, rééd. 2010



 

 

 

 

Emmanuel Guibert

 Emmanuel Guibert est né à Paris en 1964. Bac littéraire, Arts Déco, il étudie  avant de se lancer professionnellement. Ce dessinateur et scénariste de bandes dessinées  mettra sept ans pour réaliser son premier véritable album, qui traite de la montée du nazisme, Brune, publié en 1992 chez Albin Michel. Pendant ces sept années de travail, il découvre le rôle d’illustrateur et de story-boarder pour le cinéma. Il participe ensuite à la revue Lapin . Il change considérablement de style avec La guerre d’Alan, ouvrage dans lequel nous suivons un soldat américain en France pendant la Seconde Guerre mondiale (6 volumes chez  L’Association, collection « Ciboulette »). En 1997, il reçoit le prix René Goscinny pour La fille du professeur édité chez Dupuis dans la collection « Humour libre ». Il commence alors les aventures du Capitaine écarlate pour la collection « Aire Libre ». Il s’associe ensuite avec Joann Sfar et Mathieu Sapin pour Sardine de l’espace, Bayard Presse puis Dargaud. De 2001 à 2003, le duo fonctionne toujours et publie une autre série mais pour Dupuis, Les Olives noires. Emmanuel Guibert s’entretiendra également avec le photographe Didier Lefèvre suite au reportage de ce dernier en Afghanistan pour Médecins sans Frontières en 1986. En s’associant avec Frédéric Lemercier, ils vont tous les trois publier en trois volumes la bande dessinée Le Photographe. Les volumes datant respectivement de 2003, 2004 et 2006 ont été publiés chez Dupuis, dans la collection « Aire Libre ».



Didier Lefèvre

Didier Lefèvre était photographe et journaliste. Né le 14 Juillet 1957 et mort d’une crise cardiaque le 29 janvier 2007, il aura mené une existence hors du commun. Il soutient Médecins sans frontières et les accompagne au péril de sa vie en Afghanistan notamment. De sa première mission en terre afghane découle la publication de la bande dessinée Le Photographe. Le Sri Lanka, la Corne de l'Afrique, les toreros, le Malawi, le Cambodge, Didier Lefèvre a beaucoup voyagé pour photographier essentiellement  des hommes, des femmes, des enfants, des animaux, des paysages, des ambiances, des changements et des moments. Il exerçait son métier avec passion.



Frédéric Lemercier

Frédéric Lemercier est né en 1962 à Rouen. Passionné par la peinture et les arts plastiques en général, il parvient rapidement à intégrer l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs. Il est alors ami avec Emmanuel Guibert et partage avec lui ses goûts artistiques (dessins, peinture mais aussi musique animent leurs conversations). Il se hisse petit à petit à de hautes fonctions culturelles et devient responsable du service graphique du Musée d’Orsay. Il assume ce rôle de 1988 à 1991. Il réalise ensuite affiches et catalogues pour la Réunion des musées nationaux. Décidé à partager sa passion, il devient en 2001 enseignant aux ateliers Hourdé à Paris. Il y exerce encore. Il aide ensuite son vieil ami Emmanuel Guibert dans la création de La Campagne à la mer et du Pavé de Paris. Il sera donc naturellement impliqué dans la conception du Photographe. C’est lui qui se chargera des couleurs et du découpage photographique.



Le Photographe (édition intégrale)

Tenir un appareil photographique, rien de plus simple. Prendre une bonne photographie, c’est déjà plus compliqué. Photographier au cœur d’une guerre, cela devient risqué. Ajoutez à cela des journées de marches sur des cailloux au milieu de tempêtes de neige, il faut alors être passionné pour continuer. C’est en effet une passion qui nous est décrite dans Le Photographe, celle d’un homme qui décide de partir en Afghanistan sous les bombardements.

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En accompagnant, Médecins sans frontières, à la fin du mois de juillet 1986, Didier Lefèvre fait appel à toutes ses forces physiques et mentales. Sa passion lui permet de tenir le coup dans un véritable enfer où les enfants, les femmes, les vieillards, et même les animaux ne sont pas épargnés. La version intégrale du Photographe illustre ce quotidien difficile par des dessins, des photographies mais aussi par un petit film. Le film Á ciel ouvert est le journal filmé d’une mission en Afghanistan par Juliette Fournot. L’ouvrage est alors à la fois biographique, historique et artistique. Les différents supports sont alors liés par un fil conducteur commun, le témoignage émouvant d’une aventure complète et intrigante. Divisé en trois parties, Le Photographe retranscrit le voyage de Didier Lefèvre du début à la fin. Le film reprend quelques passages de l’ouvrage en apportant encore plus de réalisme. Dans un véritable choc culturel, notre photographe transmet sa curiosité, son expérience et son courage. Si les photographies attristent et choquent, on les regarde toutes et parfois longtemps comme si l’on en faisait partie. Les inconnus deviennent des héros et restent dans notre souvenir. Emmanuel Guibert, Didier Lefvre et Frédéric Lemercier jouent avec nos émotions et notre mémoire en associant habilement leurs talents.
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Le texte variant sensiblement d’une page à l’autre commente des images parlant déjà d’elles-mêmes. Si Le Photographe est riche, complet et structuré, il est cependant rapide à lire. En effet, à l’image des plus grands polars, les pages s’enchaînent dans un rythme de lecture endiablé, comme si nous étions pressés de finir cet ouvrage et de quitter la folie humaine et ce qu’elle engendre, la guerre. Il semblerait que l’impatience de Didier Lefèvre à quitter l’Afghanistan nous atteigne directement. À force de réalisme et submergé par les émotions, on s’identifie alors au personnage en intégrant son univers. La réalité retranscrite en fiction redevient alors réalité vécue comme si la guerre n’avait pas de fin.

Didier Lefèvre nous montre qu’avec un petit appareil on peut prendre de grandes choses qui sont parfois de l’ordre de l’invisible, de l’ineffable mais aussi du sensible. Au péril de sa vie, il photographie. Le « clic » de l’appareil semble être un battement de cœur qui accélère sans cesse tout au long d’une vie fragile comme une pellicule. Mais y aura-t-il assez de place pour tout photographier ? Est-il nécessaire de vouloir tout montrer ? Le regard plein de larmes d’un enfant n’est-il pas suffisant ? Didier Lefèvre nous invite à nous poser des questions. Il amorce une grande réflexion.  

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En lisant Le Photographe, on partage une aventure et une passion unique et l’Afghanistan nous semble bien plus proche. Les frontières sont alors abolies au profit de l’empathie.    


Une petite fiche sur l’ouvrage

Titre : Le Photographe 
Édition intégrale : Dupuis (2008 et 2010)
Dessins : Emmanuel Guibert
Scénario : Emmanuel Guibert et Didier Lefèvre
Couleurs et découpage photographique : Frédéric Lemercier
Collection : Aire Libre (à l’occasion de ses 20 ans)
ISSN 0774-5702
Contient un film (Á ciel ouvert) + des portraits et des cartes en fin d’ouvrage. 
ISBN 978-2-8001-4795-6
Pagination : 263 pages
Prix : 38 euros
Ouvrage illustré en noir et blanc et couleurs.
Format : 31 centimètres x 24 centimètres

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10 bonnes raisons de lire l’ouvrage

1)  C’est un mélange unique et intéressant de trois grands arts : la bande dessinée, la photographie et le cinéma.

2)  C’est une retranscription fidèle, émouvante et réaliste d’un moment de l’Histoire.

3)  L’ouvrage est très instructif (sur la culture afghane, la photographie…)

4)  C’est l’association de trois talents.

5)  C’est un témoignage captivant qui se lit facilement mais s’oublie difficilement.

6)  Le Photographe procure des sensations fortes sans même utiliser les mots. Les dessins et photographies en disent parfois plus que les dialogues des bulles.

7)  C’est une manière efficace de se glisser dans la peau d’un photographe de guerre et au cœur de l’action d’une association humanitaire.

8)  C’est une œuvre bien structurée en trois volumes cohérents avec un début, une suite logique et une fin.

9)  Le Photographe  évoque un thème qui est et sera sûrement toujours d’actualité.

10) Enfin, ce véritable chef-d’œuvre de la bande dessinée nous propose une vision de la guerre sous différents points de vues (celui des enfants, des femmes, des animaux, des hommes, des soldats, des personnes âgées, des médecins, des photographes…).
 

Victor Didier, 2e année bibliothèques 2011-2012


Pour en savoir plus

Critiques
 http://www.uniterre.com/magazine/critiques-de-livres/le-photographe/
 http://www.babelio.com/livres/Guibert-Le-photographe-Integrale/210272


Guerre d’Afghanistan
 http://www.lepoint.fr/monde/afghanistan-une-guerre-pour-rien-10-07-2012-1483777_24.php


Emmanuel Guibert
 http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_auditoriums/f.visiteurs_soir.html?seance=1223907589935

Didier Lefèvre
 http://www.actuabd.com/Deces-du-Photographe-Didier-Lefevre


Frédéric Lemercier
 http://bdsnews.fr/tag/frederic-lemercier/

 

 

Lire aussi l'article de Ségolène sur Littexpress.

 

 

 


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Published by Victor - dans bande dessinée
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