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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 07:00

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Haruki MURAKAMI
Danse, danse, danse
Traduit par Corinne Atlan
Points, 2004
Première parution en 1988









 

 

 

 

 

 

 

Biographie  : voir fiche de lecture de Laura.

Danse, danse, danse prolongerait « la trilogie du Rat » (du nom de l'un des protagonistes, ami du narrateur) : Écoute le chant du vent (1979), Le Flipper de 1973 (1980) et La course au mouton sauvage (1982). Le narrateur du roman Danse, danse, danse apparaît également dans La course au mouton sauvage.

 

 

 

Résumé de La course au mouton sauvage  

 

voir la fiche de lecture de Laura.

 

 

 

 

Résumé de Danse, danse, danse

Quatre ans et demi après l’histoire de La course au mouton sauvage, le narrateur – dont on ignore le prénom – retourne à Sapporo (Hokkaïdo) à l’Hôtel du Dauphin. Il est à la recherche de son ex-girlfriend dont il a entendu en rêve l’appel au secours. À son arrivée à Sapporo, le narrateur se rend compte que l’ancien hôtel, « miteux comme un chien noir boitant sous une pluie de décembre », est devenu un immense palace, financé par la spéculation immobilière et la corruption.

L’un des leitmotive de l’histoire est une scène d’un film dans lequel tourne l’un des anciens camarades du narrateur, Gotanda, avec la mystérieuse ex-girlfriend nommée en réalité Kiki. Le narrateur renoue alors avec Gotanda et découvre l’existence d’un réseau international de call-girls de luxe ; le meurtre de l’une d’entre elles amène le narrateur à rencontrer des enquêteurs kafkaïens.

Dans une réalité parallèle, au quinzième étage de l’Hôtel du Dauphin, l’Homme-mouton (également messager de l’autre monde dans La course au mouton sauvage) lui ordonne : « Danse, continue à danser ». Dans cet hôtel, il rencontre également Yumioshi, la jeune fille de la réception, et Yuki, une jeune fille de quinze ans douée d’intuition. Il noue des liens très forts avec ces deux personnages. Il a une relation amoureuse avec la réceptionniste et revient d’ailleurs en sa compagnie du monde des ténèbres. Il accompagne Yuki de Sapporo à Tokyo et à Hawaï et devient son confident ainsi que son ami.

Ce roman flirtant avec le genre du roman policier, mêle habilement questionnements existentiels et étrangeté, irréel.



Parcours initiatique

Ce roman s’articule autour d’un parcours initiatique. Le récit présente le héros comme étant parvenu à un point de son existence où il doit se « reconnecter » au monde. « Mais c’est par là que tout doit commencer. Je le sais. Ça ne peut commencer que comme ça. » (p.13).

Ce récit présente le temps d’un éveil pour le narrateur, la question de l’identité est omniprésente et dès le début Murakami instaure un raisonnement sur « ce qui est soi » et « ce qui n’est pas soi ». Ainsi, l’hôtel ne serait qu’un prolongement de l’être du narrateur : « je perçois nettement les battements de coeur et la douce chaleur de cet hôtel dont je ne suis qu’une infime partie ».

A propos de son identité, le narrateur se questionne :

« Qu’est-ce que je pourrais savoir de moi-même ? […] le moi que j’appréhendais à travers ma propre conscience était-il mon vrai moi ? […] Tout comme notre propre voix enregistrée sur une cassette nous paraît différente de notre vraie voix, l’image que j’avais de moi-même n’était-elle pas une image déformée et reconstruite à la façon qui m’arrangeait ? » (p.13).

L’auteur amène alors son narrateur à faire une série de rencontres (Yumioshi, Gotanda, Yuki, des call-girls, Hiraku Makimura écrivain et père de Yuki (double de Murakami ?)…et bien d’autres encore) qui recoupent la question de l’identité et de la réalité. Le personnage principal de cette histoire fait face à un moment ou un autre à des événements étranges et il s’en trouve transformé. La fin du roman est articulée autour d’une nouvelle naissance du narrateur. « La naissance au monde » et le « retour vers l’autre » structurent l’éveil du personnage principal, marquent la fin de quelque chose et le début d’une autre. Pas après pas, le narrateur va devoir réapprendre à danser, à suivre le rythme du monde.

« C’est la réalité. Je suis enfin dans la réalité, et c’est ici que je m’arrête. […] Je réfléchis trois ou quatre minutes à ce que je voulais dire. Il y a plusieurs façons de s’exprimer. Différentes possibilités, différentes expressions. Pourrais-je prononcer les mots comme il fallait ? Mon message saurait-il s’envoler habilement au vent de la réalité ? Je marmottai quelques phrases tout seul. Puis je choisis la plus simple, et murmurai à son oreille : – Yumiyoshi-san, c’est le matin ! »

Ici, le matin est la métaphore de l’éveil du narrateur notamment par l’amour.



La mort

Avant cet éveil, le narrateur doit tout de même faire face à la perte et à la mort. Sa femme l'a quitté, son ami le Rat est mort et son chat Sardine également. La mort emporte des gens qu’il a connus, qu’il a estimés et/ou aimés (May la call girl, Gotanda son ami, Dick Nose le compagnon de la mère de Yuki...)

« La mort de May avait réveillé en moi un vieux rêve de mort, et un sentiment de deuil. La mort de Dick Nose une sorte de résignation. Mais la mort de Gotanda suscitait en moi un désespoir sans issue, comme une boîte plombée. Rien n’aurait pu l’empêcher de mourir. Il ne parvenait pas à intégrer ses propres impulsions. Et cette force fondamentale en lui l’avait poussé jusqu’au bord du précipice. Jusqu’à l’extrême limite de la sphère de la conscience. Puis jusqu’au monde des ténébres qui s’étendait de l’autre côté » (p. 531).

Pour lui, la mort ne suscite pas la peur. C’est plutôt une fatalité, voire une destinée, à l’image de la vision des squelettes lorsqu’il part à la recherche de Kiki à Hawaï, qu’il croit avoir aperçue comme un fantôme...

« Je focalisai mon regard, cherchant à distinguer le sac de Kiki dans la pénombre [...] Il me semble voir des espèces de housses blanches froissées sur les chaises et sur le canapé. Mais en m’approchant, je m’aperçus que ce n’était pas du tissu, mais des os : deux squelettes humains étaient assis côte à côte sur le canapé. Des squelettes complets, auxquels pas une articulation ne manquait. L’un de grande taille, l’autre petit, assis dans la même position que s’ils étaient encore vivants. L’un avait le bras appuyé au dossier du canapé, et le plus petit les deux mains posées sur les genoux, comme s’ils étaient morts sans même s’en rendre compte, avaient perdu leur enveloppe charnelle, ne gardant que leur ossature, sans même s’en apercevoir. Ces deux squelettes, d’une blancheur surprenante, semblaient sourire. Je ne sais pas pourquoi, je ne ressentais aucune peur. Toute vie semblait arrêtée ici, immobilisée dans son élan. Comme l’avait dit l’inspecteur, un squelette c’était propre et calme. Vraiment mort. Cela n’avait rien d’effrayant. » (p.400).

Dès lors, les différentes morts et pertes d’êtres chers semblent plus que jamais le rattacher à la réalité. A la fin du récit,  même l’Homme mouton a disparu. Signe indéniable du renouveau de son existence ?



Point de vue

Après avoir lu La course au mouton sauvage (dont j’ai trouvé le début du récit un peu lent mais dont l’histoire finit en apothéose), le lecteur se sent proche du narrateur car il connaît déjà ses habitudes (l’alcool, la musique...). Placé dans une sorte de huis-clos dans le roman de La course au mouton sauvage, le narrateur est en éveil dans Danse, danse, danse notamment par la multitude de rencontres qu’il a l’occasion de faire. Danse, danse, danse est un récit rythmé qui entraîne le narrateur et le lecteur à travers plusieurs villes, à la rencontre de nombreux personnages et à l’élucidation de certains mystères.

Le goût de l’auteur pour la musique et l’Occident – notamment pour l’Amérique – se retrouve dans son écriture ainsi que dans les choix musicaux du narrateur. Danse, danse, danse vous fera vraiment passer un agréable moment de lecture.

 

 

Maureen, AS-BIB.

 

 

 

 

MURAKAMI Haruki sur LITTEXPRESS


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Articles de Mélanie et Pierre-Yann sur Sommeil.

 

 

 

 

 

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 Article d'E.M. sur Chroniques de l'oiseau à ressort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Saules aveugles, femme endormie, article de Claire.

 

 

 

 

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Les amants du spoutnik
,
 articles de  Julie et de Pauline.






L'éléphant s'évapore
: articles de Noémie et de Samantha







Le Passage de la nuit
:
articles d' Anaïs,  Anne-Sophie, Julia et Marlène, Chloé, E. M., Virginie.








Kafka sur le rivage
:
articles de Marion, Anthony, P.







La Course au mouton sauvage
: articles de Laura, J., et B.

 

 

 

 

 

Murakami Haruki Danse-danse-danse

 

 

Article de Chloé sur Danse, danse, danse.

 

 

 

 

 

 

 

À paraître en août 2011 chez Belfond, les deux premiers volumes de la trilogie 1Q84, publiés en 2009 au Japon.

 

 

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Published by Maureen - dans Réalisme magique
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