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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 07:00
Michaux-Ecuador.gif









Henri MICHAUX,
Ecuador
, 1929
Gallimard, L’Imaginaire


















michaux-portrait.jpg
« Un homme qui ne sait ni voyager ni tenir un journal a composé ce journal de voyage ». C’est par ces quelques mots que commence Ecuador.

Entre le récit de voyage et le journal intime, Henri Michaux nous livre de manière poétique son excursion en Equateur, de l’embarquement à bord du Boskoop en 1927 au trajet retour via le fleuve Amazone.

Décrivant avec plus ou moins de précision ses expéditions, l’auteur nous dévoile les couleurs des paysages qu’il observe, les animaux qui les traversent, les personnes qu’il y rencontre… Etant cardiaque, il expose également les difficultés qu’il éprouve. Il nous fait part de ses angoisses et des agitations de son corps, comme dans son poème « Je suis né troué ».

Mais il semble que le voyage soit un prétexte, non pas pour découvrir des paysages étrangers, mais pour nourrir le monde imaginaire de l’auteur. L’œuvre se caractérise en effet par la faculté d’imagination du narrateur qui arrache certains éléments du réel pour les faire vivre différemment au sein de son propre univers.Se désintéressant du voyage lui-même, Michaux (d)écrit son propre monde, comme lorsqu’il traverse la forêt tropicale :


Ici, il y a pour moi.
Arbres des Tropiques, à l’air un peu naïf, un peu bête, à grandes feuilles, mes arbres !
La forêt Tropicale est immense et mouvementée, très humaine, haute, tragique, pleine de retours vers la terre. Les parasites veulent bien s’élever. Ils choisissent un arbre, mais après avoir pris quelque hauteur, les voici tous qui bêlent et reserpentent vers la terre.
Très habitée, la forêt riche en morts et en vivants !


Parce que l’éther « arrache l’homme de soi », la prise de drogue lui permet d’explorer toutes les possibilités de lui-même tout en alimentant son imaginaire, qu’il nomme d’ailleurs ses « propriétés ».

Malgré un certain refus de la narration, Michaux écrit de manière accessible et lisible, alternant prose et vers libres. En plus de traduire ses émotions personnelles, l’auteur nous fait rire. En effet, l’œuvre n’est pas écrite sur un ton trop sérieux, ou dramatique. Le narrateur parvient à nous surprendre en nous dévoilant certains passages très drôles, comme ceux où il expose les différents dangers qui le guettent sur le trajet retour, à la fin du livre.

Ecuador est donc une œuvre qui lie des éléments en apparence antinomiques : humour et sérieux, récit et poésie.



Honorine, AS bib.



Henri MICHAUX sur LITTEXPRESS

Michaux Ecuador





Article de Clotilde sur Ecuador






Michaux-un-barbare-en-Asie.gif





Article de Susanne sur Un barbare en Asie




Henri-michaux-Ailleurs.gif


Article de Chloé sur Voyage en Grande Garabagne

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