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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 07:00

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Henry David THOREAU
Balade d’Hiver

Couleurs d’automne
Titres originaux
A Winter Walk
Automnal Tints
Traduction
Thierry Gillyboeuf
Mille et une nuits, 2007





 

 

 

 

 

 

 

 

Henry David Thoreau est né en 1817 à Concord dans le Massachusetts. C'est un essayiste, enseignant, philosophe, naturaliste amateur et poète américain. Il a été très critiqué de son vivant et considéré comme un marginal en raison de sa vie de solitude et de ce que les  gens prennent pour un rejet du progrès. Toutefois il a côtoyé de nombreux intellectuels, dont Ralph Waldo Emerson – (chef de file du mouvement transcendataliste américain du début du XIXème siècle) –  qui fut son mentor pendant plusieurs années et qui le poussa à écrire.

Ainsi, à 20 ans, il commence d'écrire son journal, publié après sa mort. Il le rédige pendant une vingtaine d'années jusqu'à ce qu'il décède en 1862 emporté par la tuberculose.

Un des éléments marquants de sa vie qui permet de mieux comprendre ses écrits est son retrait  de deux ans dans une cabane construite par lui-même autour de l'étang de Walden à seulement deux kilomètres de sa maison familiale. Il va vivre pendant ces deux années en autarcie complète. Cela donnera le livre Walden ou la vie dans les bois publié en 1854.

Il est également l'auteur de La Désobéissance civile (1849) ou encore des Forêts du Maine.

C'est un auteur très engagé. La Désobéissance civile est considéré comme étant à l'origine du concept contemporain de non-violence. Il a lutté contre l'esclavagisme et a même aidé des esclaves à passer la frontière pour se réfugier au Canada. De nombreux personnages politiques se sont inspirés de la philosophie de résistance et de non-violence de Thoreau tels que Martin Luther King ou Gandhi et bien d'autres encore.

Il a des idées et une réflexion assez modernes. Dans les principales thématiques de ses œuvres on retrouve la protection de l'environnement ; on peut dire qu'il était « écolo » avant l'heure.

C'est un auteur vraiment protéiforme. Il est difficile de classer ses œuvres qui sont un mélange d'essais, d'observations et de passages poétiques appelé en littérature américaine « nature writing ». Il est de ce fait considéré comme le précurseur des romans naturalistes mais aussi des manuels d'art de vivre.

 

 

 

Dans Balade d'hiver, couleurs d'automne, l'auteur partage sa passion pour la nature et lui voue un véritable culte. Ces deux articles sont tirés de son journal – on peut d'ailleurs retrouver la première partie de celui-ci  aux éditions Finitude, le reste va être publié progressivement.

Il est intéressant de noter que Balade d'hiver a été écrit en 1846, alors qu'il s'est retiré dans sa cabane dans les bois, et Couleurs d'automne en 1862, l'année de sa mort.

Dans ce recueil, comme dans la plupart de ses écrits, il s'emploie à observer la nature et à nous la décrire, donnant un sens à celle-ci. Il est plus qu'un observateur, il connaît les plantes par leur nom en latin, sait où elles poussent, quelle atmosphère leur est favorable... Il cherche à « décrypter les signes d'une harmonie universelle au sein de laquelle l'homme doit trouver sa place » (quatrième de couverture).

Il le fait ici à travers deux saisons. Son écrit sur l'hiver porte très bien son titre. Il nous balade véritablement le long d'une journée hivernale.

Il nous parle ici surtout d'animaux plus que de la nature elle-même, bien que ce qu'il décrit de ces êtres permette de mettre en évidence leur vie rythmée par celle de la nature. La symbolique des saisons et des rythmes de la nature a une place très importante dans ses écrits, dont celui-ci. Il loue le quotidien bercé par les saisons, ici l'hiver en l'occurrence. Il structure ses phrases de manière à instaurer un rythme évoquant la redondance.

Il apprécie les métiers en rapport avec la nature tels que ceux de fermier, de bûcheron ou encore de pêcheur. On peut voir dans les métaphores qu'il emploie que pour lui, ces métiers n'existant que par la nature et ne pouvant continuer sans le respect de celle-ci sont des plus valorisants, car en parfait accord avec la nature qu'il n'a de cesse d'étudier. Il a d'ailleurs travaillé quelque temps comme jardinier, et qui plus est le fait de vivre en autarcie l'a obligé à cultiver la terre. S’est ainsi révélé à lui le lien profond qui existe entre la terre et l'homme, lui donnant une nouvelle dimension.

La façon dont il décrit cette journée nous fait traverser l'hiver dans une paix profonde. Il utilise cette saison pour décrire à la fois un état physique et un état d'esprit. Le calme de cette saison matérialise celui de l'esprit lorsqu'il prend le temps de se poser et de méditer. En effet, l'hiver donne l'impression que la nature entière est en hibernation, qu'elle se repose, médite, avant de refleurir. C'est une façon pour lui de dire à l'homme qu'il y a un temps pour tout, et qu'il est important de le prendre pour réfléchir, calmer son esprit et se détendre.
 
D'ailleurs cette balade qu'il nous fait partager est peut-être ce moment même de détente auquel il nous appelle. On peut noter qu'il utilise l'emploi de la première personne du pluriel. Ce « nous », Thoreau l'utilise pour nous emmener avec lui dans sa balade d'hiver. Il souhaite très profondément amener l'homme à prendre conscience que son salut se trouve dans la nature.

Pour Thoreau la nature a de nombreuses vertus ; c’est « dans la nature sauvage qu’il faut aller marcher, pas dans des parcs et jardins, si l’on veut que l’effet spirituel de la marche se produise éviter les routes, sauf les anciennes routes qui ne mènent nulle part… »

On retrouve dans ce livre une véritable analogie entre le chemin de la pensée et celui de la promenade. Ici, suivre un chemin dans la pensée n'est pas seulement un cliché littéraire. On avance avec lui dans la forêt comme on avance dans sa réflexion. Et au-delà de ses écrits, ses choix se sont beaucoup traduits dans sa façon de vivre avec la nature. En effet, pour lui la pensée a besoin du grand air et de soleil. C'est une des raisons qui expliquent pourquoi il marchait dans la nature sauvage quatre heures par jour si ce n'est plus. Son chemin de promenade est une métaphore de son cheminement de vie intérieur et spirituel.

Pour l'écrivain, la nature est supérieure à l'homme. Dans ses écrits, on voit la suprématie de la nature, origine de toutes choses.

 

 

 

Couleurs d'automne, qui vient à la suite de Balade d'hiver ressemble plus à un livre pratique par sa composition. Il est divisé en plusieurs parties, sur les graminées, l'érable rouge, l'orme, l'érable sucré... évoquant ainsi un guide pratique des plantes à l'automne. Toutefois, la dimension philosophique et poétique évite l'ennui et l'aspect quelque peu académique que l'on pourrait lui trouver, entre autres à cause du nom latin des plantes et d’autres informations qui peuvent paraître très didactiques.

Ici, il y a très peu de référence aux animaux, du moins pas de manière aussi précise que dans Balade d'hiver. L'auteur s'est concentré sur le changement qui opère sur la nature à la venue de l'automne. Dans cette partie il la personnifie beaucoup plus pour la ramener à l'homme, aux liens indubitables qui les unit et qu'il conteste pourtant ; il déplore que les gens des villes ignorent l'existence de telles couleurs dans les forêts automnales américaines. À travers sa description des changement automnaux, Thoreau, en plus de se livrer à quelques remarques sur les hommes, traite du système gouvernemental de l'époque. Il tient un discours à propos de l'immaturité de l'homme qui n'arrive pas à accepter sa mortalité par exemple, en utilisant la comparaison des feuilles qui tombent à l'automne pour mourir en paix.

Il s'en prend également à l'enseignement rappelant ses propos dans Balade d'hiver sur la nature qui l'emporte sur l'art.

Un peu plus loin il dit encore : « Un homme ne voit que ce qui l'intéresse » ; « Comme le poète et le naturaliste portent un regard différent sur les choses ! » C'est une remarque intéressante car Thoreau a toujours voulu être un poète avant tout et qu'il est un véritable naturaliste. Cela montre que pour lui le poète doit s'intéresser à la nature, que l'un et l'autre sont indissociables.

L'essentiel de cet écrit reste toutefois une ode aux couleurs de la saison. Les amis de Thoreau le définissaient comme quelqu'un de naïf par sa capacité inépuisable à l'émerveillement devant les prodiges de la nature. Il affectionne particulièrement l'érable rouge, pour ne pas dire un érable rouge en particulier dont il observe les changements à chaque automne.

C'est un livre que je recommande, bien qu'il puisse être difficile de s'ouvrir au texte. Pour mieux comprendre ses écrits, il faut s'intéresser à la philosophie et au mode de vie de cet écrivain. Il a eu une existence vraiment différente, en marge, en raison de ses convictions, et surtout il était très moderne dans ses idées. Pour vraiment comprendre ses écrits très descriptifs et s'ouvrir à eux, finalement, il faut s'être intéressé à la vie de l'auteur et à ses pensées.


Yaël, 2ème année édition-librairie

 

 

Lire également l'article de Jimmy.

 

 

Liens

 

Thoreau aux éditions Finitude.

 


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Published by Yaël
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