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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 07:00

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Henry JAMES
Histoires de fantômes
traduit par Louise Servicen
Aubier-Flammarion, 1970
Néo, 1990
Flammarion
G.F bilingue, 1992










 

 

 

 

Henry James est né à New York en 1843, il a été naturalisé anglais à la toute fin de sa vie et est mort en 1916 à Chelsea. C'est un romancier, nouvelliste, biographe ainsi qu'un auteur de pièces de théâtre et d'articles de critique littéraire. Sa première oeuvre sur le genre fantastique s'intitule De Grey : A Romance. Elle est publiée en 1868 ; l'auteur a 25 ans. Son oeuvre la plus connue est Le Tour d'écrou, une autre histoire de fantôme parue en 1898. « Le coin plaisant » (1908) qui fait partie du recueil Histoires de fantômes est un de ses derniers écrits. En quarante ans de carrière, James a écrit entre autres une vingtaine de romans et plus de cent nouvelles. Il est considéré comme une figure majeure de la littérature anglosaxonne et un maître du roman et de la nouvelle.



« Sir Edmund Orme », 1891

La nouvelle est agréable à lire, avec du suspense ; elle suscite la réflexion sur le rôle des personnages et sur leur liens qui évoluent. L'atmosphère est étrange voire surnaturelle lorsque Sir Edmund apparaît. Mrs Marden le voit comme un mauvais présage alors que le narrateur le perçoit comme un allié et comme la possibilité de vivre une aventure hors du commun. Plusieurs interprétations sont possibles sur le rôle du fantôme ; on se questionne beaucoup sur lui tout au long de la lecture.



« Le coin plaisant », 1908

La nouvelle est plus difficile d'approche que « Sir Edmund », la réflexion est plus complexe ; à la fin de l'œuvre, le lecteur s'interroge toujours sur la nature de l'apparition que voit Spencer Bryton dans la maison du Coin plaisant. Il s'agit de savoir si le personnage a véritablement vu un fanntôme ou si cette apparition n'est présente que dans son esprit.

Le style d'écriture rend aussi cette nouvelle plus complexe, le vocabulaire est plus recherché et certaines phrases sont très longues, ce qui oblige parfois le lecteur s'il n'est pas tout à fait concentré à reprendre ces lignes « interminables » depuis le début pour mieux en saisir le sens ou l'idée.

Cette nouvelle, à travers le personnage de Spencer, fait notamment le lien avec la jeunesse de James, partagée entre les voyages en Europe et en Amérique.



Le genre fantastique dans les nouvelles

La plupart des sujets traités par James renvoient aux conflits de cultures (entre ancien et nouveau monde ) ; en cause peut-être sa propre expérience de vie qui est marquée par les voyages entre les continents européen et américain, ainsi que les conflits de personnalités. Certaines de ses histoires de fantômes semblent relever du récit fantastique, selon la façon dont les lecteurs ou les personnages perçoivent ces apparitions fantastiques. En effet, le point de vue du personnage laisse parfois le lecteur tiraillé entre l'envie de trouver ces apparitions extraordinaires et fantastiques ou celle de les considérer comme des événements qui pimentent leur quotidien mais qui n'ont pas de grande influence.

C'est ce que l'on peut ressentir en lisant la nouvelle « Sir Edmund Orme » où l'apparition de ce « spectre tranquille » et la quasi-absence de réaction du narrateur à cette vue laissent le lecteur dans la perplexité. Le spectre est simplement là un instant et disparaît aussitôt.

Cependant le lecteur se voit tout de suite plongé dans le désir de savoir qui est cet homme revenu de l'au-delà. Une fois ces révélations faites par le personnage de Mrs Marden au narrateur, le lecteur s’interroge sur la raison de l'apparition de ce spectre. Une quantité de questions se posent : pourquoi Sir Edmund resurgit-il du passé de Mrs Marden seulement après la mort de son mari ? Pourquoi hante-t-il Charlotte plutôt que sa mère ? La véritable question étant de savoir si, dans cette nouvelle, le côté fantastique ne réside pas moins dans l'apparition du spectre que dans l’interrogation sur la signification de cette apparition qui pousse le lecteur à se plonger dans le monde de l'étrange et de l'imaginaire. Celui-ci est confronté à un narrateur-personnage, ce qui laisse beaucoup de place à l'hésitation face à ces événements ; on a envie de le croire.



Dans la nouvelle « Le Coin plaisant », les côtés mystérieux, surnaturel et un peu effrayant sont selon moi plus importants que dans la première nouvelle. En effet, ce double de Spencer, qui n'a jamais réellement vécu, aurait une « vie spectrale », caché dans la maison hantée de leurs ancêtres. On peut expliquer la présence du fantôme dans cette maison par l’histoire du protagoniste qui y a passé toute son enfance et commencé à se construire avant de faire un choix de vie qui l’a probablement transformé.

Ce double est d'abord vu comme une proie par le narrateur – « l'arrière de la maison lui semblait souvent la véritable jungle que hantait sa proie » – mais au fil de la nouvelle il se transforme en un réel danger :


« il constatait qu'il était décidément suivi, traqué à une distance calculée avec soin; et ce, dans l'intention expresse de lui faire perdre l'idée confiante et arrogante qu'il était, simplement, le poursuivant. »

 

En effet, cette apparition est-elle à l'origine de l'accident de Spencer à la fin de la nouvelle ? Pourquoi lui manque-t-il des doigts ? Est-ce une preuve de sa nature violente, de la « vie » dangereuse et peut être peu recommandable que Spencer aurait dû connaître s'il était resté aux États-Unis ?

Cette œuvre est plus angoissante que la précédente ; le lecteur est à l'intérieur de la maison le soir avec Spencer et ils traquent ensemble un être invisible à qui l'on peut prêter toutes sortes de traits de caractère. La narration à la première personne ne permet guère de prendre du recul. De surcroît, le spectre reste totalement invisible au yeux du narrateur jusqu’au dernier chapitre de la nouvelle. Et lorsque le contact visuel est enfin établi entre le narrateur et le spectre, celui-ci est décrit comme « une brute affreuse »

Comme dans l'autre nouvelle, le côté fantastique ne vient pas ici de l'apparition en elle-même mais de sa perception par le personnage et de la mise à contribution de l'imagination du lecteur.



Le rôle des apparitions

Dans ces deux nouvelles, on trouve une histoire d'amour croisée avec l’apparition d'un fantôme. Celui-ci serait pour l'un des personnages une sorte de révélateur d'identité.

Miss Marden ne doit pas faire la même erreur que sa mère en brisant le coeur d'un de ses courtisans. Le fantôme de Sir Edmund ne disparaîtra que si elle accepte de reconnaître l'amour qu'elle porte au narrateur. Il s'agit du moins de la théorie de Mrs Marden : « Je crois que tout cela passera, si seulement elle vous aime... ».

Le narrateur est assuré de ses sentiments pour Charlotte car il est le seul des prétendants de la jeune femme à voir le spectre qui la hante. Miss Marden découvre les sentiments qu'elle éprouve pour le narrateur en voyant elle aussi ce fantôme.


Dans la seconde nouvelle, Spencer Bryton est à la recherche de sa vraie personnalité après avoir vécu trente ans en Europe. Il se questionne alors sur la personne qu'il aurait pu devenir s'il il avait continué sa vie new-yorkaise. Ce n'est qu'après avoir répondu à cette question, après avoir affronté cet autre lui-même, qu'il pourra vivre pleinement sa relation avec Miss Staverton.


Chloé, 1ère année bibliothèques 2012-2013

 

 

Mes sources : Wikipédia, la préface de l'oeuvre, la fiche de Fany.

 

 

Henry JAMES sur LITTEXPRESS

 

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 Article de Fany sur Sir Edmund Orme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Chloé - dans Nouvelle
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