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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 07:00

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Henry JAMES
Le Motif dans le tapis
The Figure in the Carpet
Traduit de l'anglais

par Élodie Vialleton
Actes Sud,1997



 

 

 

 

 

 

 

 

Henry James (1843-1916) est un écrivain américain (naturalisé britannique). Il a écrit de nombreux romans et nouvelles et est considéré comme une importante figure du réalisme.

Le Motif dans le tapis est une longue nouvelle publiée pour la première fois en 1896. Dès le début du livre, le lecteur est plongé dans le monde de la littérature. On y trouve un écrivain célèbre, Hugh Vereker ; un jeune et brillant critique littéraire (qui sera le narrateur du récit) ; son ami, un autre critique, George Corvick ; la fiancée de ce dernier, Gwendolen Erme et une œuvre littéraire à déchiffrer.

George Corvick charge le jeune narrateur d'écrire une critique sur le dernier livre de Vereker. L'écrivain qualifie cet article de « balivernes habituelles » (p. 16) et explique au jeune homme que personne n'a découvert son « petit propos […] cette chose bien précise pour laquelle [il a] principalement écrit [ses] livres […] une idée sans laquelle [il] n'aurai[t] jamais prouvé le moindre intérêt pour ce travail  »  (pp. 21-22). Un secret qui se dessine « comme un motif complexe dans un tapis persan » (p. 35) De ce motif, il n'a jamais voulu faire un secret, mais personne jusqu'alors n'a réussi à le trouver.

Le narrateur va donc partir à sa recherche bien que Vereker lui ait dit d'abandonner. Se joignent bientôt à lui Corvick et Gwendolen avec tout autant, sinon plus d'enthousiasme. C'est  Corvick qui, lors d'un voyage en Inde, découvre enfin la clé de l'énigme. Il meurt malheureusement sans avoir eu le temps d'écrire un article dessus, peu de temps après son mariage avec Gwendolen. À peu près au même moment, Vereker et sa femme décèdent aussi. Le narrateur se tourne alors vers Gwendolen en espérant que Corvick l'ait mise dans le secret et qu’elle lui permette d’obtenir enfin ce qu'il désire. Celle-ci est effectivement au courant mais refuse de lui dévoiler ce secret. Quelques mois plus tard, elle épouse Drayton Deane, un autre critique littéraire, mais meurt en accouchant de leur deuxième enfant. Le narrateur, en dernier espoir, se tourne vers Drayton, pensant que Gwendolen lui avait révélé le secret. Malheureusement, ce n'était pas le cas, et Drayton ignorait jusqu'à l'existence d'un motif dans l’œuvre de Vereker. Mais cette recherche semble contagieuse et Drayton aussi, après que le narrateur lui a raconté l'histoire,  se laisse contaminer.
   
L'histoire s'achève ainsi, de façon abrupte, laissant personnages et lecteurs frustrés, mais pourrait continuer jusqu'à l'infini ; la fin ne serait atteinte qu'une fois le mystère résolu. Tout au long du livre, le lecteur, entraîné dans la quête obstinée du narrateur, se demande lui aussi quel est le motif dans le tapis. La quête d'une chose qui « régit chaque ligne, sélectionne chaque mot, met le point sur chaque i, place chaque virgule. » (p. 26) mais reste néanmoins inaccessible. Une quête qui s'avère d'ailleurs plus importante que de s'interroger sur l'étrangeté de toutes ces morts successives (desquelles ne découle aucune réelle émotion dans le texte). 

À travers ces quelques pages et son style raffiné teinté de malice (Henry James ne cherche-t-il pas à nous embrouiller, nous promettre un grand secret pour au final nous laisser frustrés ?) l'auteur pose donc la question des rôles de critique et d'auteur. Tout auteur a son secret et tout critique (et lecteur) cherche à le percer. Cependant, c'est l’œuvre dans son intégralité qui constitue ce motif, et après tout, seul l'auteur peut y voir réellement le secret du tissage. Il est en effet facile d'interpréter un ouvrage, d'y voir des allusions que même l'auteur ignorait, mais il est beaucoup plus difficile d'y trouver exactement ce qu'il a réellement voulu dire, son véritable secret. Finalement, ne vaut-il pas mieux ressentir l’œuvre sans chercher à trouver de trésor enfoui ni communiquer par des mots son essence ? À moins que vous ne préfériez vous enliser dans une quête obstinée sans espoir...


Sophia, 1ère année édition-librairie 2012-2013

 

Henry JAMES sur LITTEXPRESS

 

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