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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 07:00

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Herbert LIEBERMAN
Nécropolis, 1976
Traduction

de Maurice Rambaud
Seuil Policiers, 1991
Points, 2000
Points 2, 2012





Paul Konig, chef de l’institut médico-légal de New York depuis 40 ans, était jusque là réputé intouchable. Mais la disgrâce le frappe quand une affaire de cadavres volés et de corruption ébranle son service. A cela viennent s’ajouter une affaire de corps démembrés retrouvés sur les rives de l’Hudson, un jeune homme tabassé à mort dans une prison et enfin un cadavre mystérieusement calciné.

Paul Konig doit également faire face à des soucis personnels quand sa fille, disparue depuis six mois, se retrouve entre les mains d’un activiste fou, Warren, prêt à tout pour se venger du système américain. Konig, bouleversé par toutes ces affaires, se retrouve en péril tant moralement que physiquement et c’est avec l’énergie du désespoir qu’il essayera d’extraire sa fille des griffes de Warren.

L’histoire commence le 12 avril et finit le 21 avril. Selon Konig, la chaleur commence à faire son apparition à New York ce qui rend l’atmosphère de la ville étouffante. L’auteur plonge directement le lecteur au coeur des affaires criminelles de New York. On se retrouve tout de suite au contact des cadavres, dans la crasse et la pauvreté des quartiers mal famés de la grosse pomme : « Gémissements de sirènes. Hurlements de voitures de police qui se ruent vers le nord. Ambulances qui foncent dans leur sillage. » (page 13).

Chaque chapitre s’ouvre sur des indications spatio-temporelles. Les heures sont très précises comme les indications des lieux. Ainsi, on peut tout de suite savoir si la scène aura lieu en extérieur ou en intérieur : « 13 heure 15. Galerie Fenimore. Angle de Madison Avenue et de la 67ème rue » (page 164). Mais le principal lieu d’action reste la morgue, lieu des premières pistes concernant les meurtres et surtout lieu de travail de Konig. L’auteur nous fait entrer dans la morgue en même temps que les médecins qui commencent leur journée de travail. Le lecteur va suivre des autopsies, des premières dissections jusqu’au nettoyage de la salle. Il va prendre part aux reconstitutions des corps démembrés de l’Hudson, il va suivre les résultats de tests toxicologiques… On arrive à sentir la précision du travail que les médecins doivent effectuer afin de ne pas abîmer de possibles preuves. L’auteur parvient presque à nous faire sentir l’odeur « de formol et de peur » de la salle d’autopsie. On plonge avec lui dans les entrailles du laboratoire et dans celles des morts.

L’auteur va faire correspondre chaque chapitre avec une affaire en cours, que ce soit l’enquête sur la disparition de Lolly (la fille de Konig) ou l’affaire de corruption qui ébranle l’institut. Il nous fait donc traverser toute la ville, aussi bien les quartiers mal famés que les quartiers chics, lieu de résidence de Konig.

Il met également en scène de nombreux personnages et il est parfois nécessaire de revenir en arrière afin de réussir à tous les identifier. Cependant, des personnages tels que les inspecteurs de police Haggard et Flynn font des apparitions récurrentes car ils sont en charge des affaires les plus importantes du roman. On retrouve également souvent les médecins légistes comme Strang ou McCloskey. Ces personnages ont des rôles importants dans le livre, que ce soit par leurs liens avec Konig ou par la réalisation des enquêtes en cours.

Konig a certes le rôle principal dans cette histoire mais une présence invisible se tient à ses côtés, annihilant toutes ses forces : la ville de New York. Cette ville, le lecteur peut la sentir dès les premières pages. On la sent qui guette, qui observe les personnages se débattre avec leurs problèmes. Sa présence est angoissante, oppressante. Elle est comme un tombeau, un caveau qui se referme sur les personnages sans leur laisser un espoir de s’en sortir. La ville provoque la mort, elle est la mort. La ville concentre, en seulement quelques blocs, tout le mal de la terre. Elle représente toute la cruauté humaine. Elle n’apporte aucun espoir et provoque la déchéance des hommes.

Le style est rapide, les phrases sont courtes. Le lecteur ne peut pas se reposer car quelque chose viendra forcément perturber un semblant de quiétude. L’auteur ne s’embarrasse pas de descriptions sauf pour les autopsies. Il arrive à nous entraîner au coeur de l’institut grâce à ses descriptions précises des travaux pratiqués sur les morts. C’est avant tout un livre sur les humains et les morts, coincés dans une ville qui ne provoque que la mort et le malheur. Ce sont également des enquêtes palpitantes où l’homme de loi n’a pas droit à l’erreur sous peine de provoquer des événements irréversibles. La vie des plus privilégiés n’est pas toujours la meilleure et il ne faut pas oublier que le malheur peut frapper à toutes les portes.


Pauline, 1ère année éd.-lib.

 

 

Lire également l a fiche de lecture d'Aurore.

 

 

 


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