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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 07:00

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Hermann HESSE
Siddharta (1922)

traduction Joseph Delage

Livre de poche, 1975

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À l’image de son personnage Siddhartha, Hermann Hesse n’eut pas une existence toute linéaire ; bien au contraire, celle-ci fut enrichie par les vagues de son époque, son caractère solitaire, rebelle et indépendant, ses expériences de vie et la controverse provoquée par ses œuvres et ses positions essentiellement politiques.



L’auteur

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Hesse



L’œuvre

Siddhartha parut en 1922.

Siddhartha Gautama dit le Bouddha vécut au VIe siècle avant Jésus Christ et fonda le Bouddhisme. C’est de sa vie que s’est inspiré Hermann Hesse pour l’écriture de Siddhartha.

Dans cette œuvre, l’auteur fait la synthèse de deux choses qui lui tiennent à cœur : son amour et sa sensibilité pour la culture, les croyances, les religions et les philosophies orientales dans lesquelles il a baigné dès son plus jeune âge grâce à une mère née en Inde (il réalisera également de nombreux voyages en 1910 dans ce pays) et un récit initiatique profond qui s’inscrit dans la tradition d’auteurs allemands tels que Goethe (Les années d’apprentissage de Whilelm Meister). C’est ainsi que nous découvrons le cheminement humain et spirituel d’un jeune homme nommé Siddhartha qui, tout au long de l’œuvre ne sera avide que d’une chose : trouver la paix intérieure, la paix de l’âme, une sagesse qui lui permette de se débarrasser définitivement de tous les tourments, passions et attachements qui empêchent l’homme d’être véritablement libre.

Sur sa route, Siddhartha est accompagné d’un ami fidèle, Govinda qui, après la décision de Siddhartha de quitter le clan familial, décide lui aussi de partir en quête de vérité.

Ils se sépareront puis se recroiseront plusieurs fois durant le long pèlerinage qu’ils entreprendront, Siddharta se métamorphosant au fur et à mesure de l’œuvre et Govinda étant toujours aussi assoiffé de connaissances alors qu’il avait pourtant décidé de suivre les disciples du Sublime Gotama. Et alors qu’à la fin de l’œuvre Siddhartha semble enfin avoir atteint l’éveil, Govinda est resté au même point de recherche que lorsque les deux s’étaient quittés. L’un a choisi l’apprentissage d’une vie qui ne suit aucune doctrine et aucun maître ; l’autre s’arrêta en chemin pour suivre la doctrine de Gotama.



L’échec de Govinda fait d’autant plus ressortir la réussite de Siddhartha

 

« Mais au fond de lui-même il se disait : Quel drôle d’homme que ce Siddhartha et quelles singulières idées il a ! Sa doctrine m’a tout l’air d’une folie. Que celle du Sublime est donc différente ! Elle est plus pure, plus claire, plus compréhensible ; en elle, rien d’étrange, rien de fou ou de risible ! Mais plus différente encore que les idées de Gotama me semble toute la personne de Siddharta, ses mains, ses pieds, ses yeux, son front, sa respiration, son sourire, son salut, sa démarche. Jamais, depuis que notre Sublime est entré dans le Nirvana, jamais je n’ai rencontré un homme dont j’aie pu dire comme de celui-là : Voilà un Saint ! Il est unique, ce Siddhartha, jamais je n’avais vu son pareil. Sa doctrine peut paraître étrange, ses paroles un peu folles, il n’en est pas moins vrai que son regard et ses mains, sa peau et ses cheveux, tout en lui respire une pureté, un calme, une sérénité, une douceur et une sainteté que je n’ai remarqués chez aucun mortel depuis la mort de notre Sublime Maître. » (fin de l’œuvre).

 

 

Siddhartha est devenu la sagesse même ; chaque geste, chaque mot et chaque attitude garde l’empreinte entière de la sagesse. Et par son parcours, il témoigne de façon concrète que la sagesse ne s’apprend pas mais qu’elle doit être acquise par chacun de façon individuelle.

Ce sont deux attitudes, deux cheminements, et, pour aller plus loin, deux visions du déroulement de la vie qui entrent en jeu sous la plume d’Hermann Hesse : celui de l’indépendance d’esprit, de l’esprit critique et de la volonté d’autoformation face à celui de la dépendance, de l’esprit qui suit et non pas qui devance pour être autonome.

Le chemin que Siddhartha décide de suivre allie à la fois l’esprit et l’âme, la spiritualité et l’humanité, l’Orient et l’Occident. Il les réconcilie à travers le choix que prend le personnage : ne pas suivre une doctrine religieuse, ne pas suivre le matérialisme mais garder l’expérience de l’essence de chacun pour les concilier et ne faire qu’un Tout qui ramène chaque chose, complémentaires les unes des autres, à l’origine commune.

 

« Bien souvent déjà il avait entendu toutes ces choses, bien souvent les voix du fleuve avaient déjà frappé ses oreilles, mais aujourd’hui ces sons lui semblaient nouveaux. Il commençait à ne plus bien les distinguer ; celles qui avaient une note joyeuse se confondaient avec celles qui se lamentaient, les voix mâles avec les voix enfantines, elles ne formaient plus qu’un seul concert : la plainte du mélancolique et le rire du sceptique, le cri de la colère et le gémissement de l’agonie, tout cela ne faisait plus qu’un, tout s’entremêlait, s’unissait, se pénétrait de mille façons. Et toutes les voix, toutes les aspirations, toutes les convoitises, toutes les souffrances, tous les plaisirs, tout le bien, tout le mal, tout cela ensemble, était le monde. Tout ce mélange, c’était le fleuve des destinées accomplies, c’était la musique de la vie. Et lorsque Siddhartha, prêtant l’oreille au son de ces mille et mille voix qui s’élevaient en même temps du fleuve, ne s’attacha plus seulement à celles qui clamaient la souffrance ou l’ironie, ou n’ouvrit plus son âme à l’une d’elles de préférence aux autres, en y faisant intervenir son Moi, mais les écouta toutes également, dans leur ensemble, dans leur Unité, alors il s’aperçut que tout l’immense concert de ces milliers de voix ne se composait que d’une seule parole : Om, la perfection. »

 

Tout comme les trois âges de la vie, l’œuvre est divisée en trois parties : une première où l’enfance de Siddhartha est relatée ainsi que son départ de chez les brahmanes et sa séparation de Govinda, une deuxième où le jeune homme fait l’expérience des plaisirs matériels et charnels et, enfin, une troisième où il retourne à son statut « d’errant » détaché de tout confort matériel et où il atteint ce que l’on pourrait appeler un état d’illuination.



On peut lire le détail de ces aventures ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Siddhartha_%28roman%29 



C’est ainsi, dans une Inde «recréée à merveille » (éditeur), que l’auteur allemand nous fait prendre la route de Siddhartha ; tout y est : le vocabulaire, les références à la religion et à la philosophie hindoues, la nature vivante et personnifiée.

Et nous sentons que l’aspect initiatique n’est pas seulement destiné à Siddhartha et à tous les personnages qui défilent dans l’œuvre mais aussi à tous lecteurs s’y aventurant.

Les lecteurs étant essentiellement européens (du moins au début de la diffusion du texte), la plume de Hesse réduit à néant la doctrine du matérialisme et met à nu tout en les condamnant ses conséquences sur l’homme et sur son âme.

L’auteur nous offre ici un guide pour appréhender et ressentir la vie d’une autre manière ; une manière plus spirituelle fixée dans l’instant présent.

De sa lecture, on peut sortir grandi ou juste émerveillé mais dans tous les cas, on ne peut pas rester indifférent car les mots de Siddharta font écho à l’aspect spirituel que nous portons en chacun de nous même si nous voulons l’ignorer.


Maïtena, AS Bib.

 


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