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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 08:00

Herve-le-Tellier-Sonates-de-bar.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hervé LE TELLIER
Sonates de bar
Seghers,1991,
Castor Astral,2001.






 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si l’on devait situer Sonates de bar dans un genre, ce serait sans doute celui des nouvelles. Mais ce livre n’est pas un recueil comme les autres : on ne change ni d’univers au fil des pages, ni de personnages principaux, ni d’époque et encore moins de lieu. Toutes ces nouvelles se déroulent dans les années 60, dans un bar : le Jay’s, à l’angle d’une rue au cœur de New York. L’auteur nous propose des fragments de vie, celles du barman, des clients, d’une époque.



Herve-le-Tellier-portrait-01.jpgSonates de Bar est né sous la plume d’Hervé le Tellier, un homme plutôt polyvalent puisqu’il s’est exercé dans beaucoup de genres tels que la poésie, le théâtre, les romans et les nouvelles. Ce trait de personnalité se manifestait déjà dans ses études : mathématiques, linguistiques, journalistiques.

Il a publié environ une vingtaine d’œuvres dont une dizaine au Castor Astral, qui sont pour beaucoup des rééditions telles que Sonates de Bar. Le recueil a en effet connu plusieurs vies, puisqu’il a été publié pour la première fois aux éditions Seghers en 1991 et dix ans plus tard au Castor Astral (2001).

Il faut cependant savoir que les nouvelles avant d’être publiées chez Seghers, étaient parues dans un hebdomadaire du même nom que le recueil, sous le pseudonyme de Jay H. March, enrichies d’aquarelles de Yoko Ueta qui furent gardées dans toutes les publications suivantes. Le recueil ne compte que 80 nouvelles sur les 100 parues dans l’hebdomadaire, un choix de l’auteur.



Lire ces nouvelles, c’est comme regarder à travers un judas, entrer dans un univers qui s’impose à vous, avec des personnages donnés. Ils sont là, dans ce bar, et commandent un cocktail précis. C’est à partir de cela que le récit se met en place. Jay, le barman concocte ses boissons, souvent reflet des sentiments des personnages. Chaque cocktail est propre au client, toute leur identité repose sur ce choix qu’ils font une fois assis au comptoir. Libre au lecteur d’imaginer le pourquoi de leur venue.

« Norma a posé son sac sur le cuivre du bar, s’est assise sur un tabouret et a sorti un poudrier. Elle l’a ouvert, clic, d’un geste d’habitude, et a inspecté ses cinquante ans dans le miroir, d’un regard froid. Elle a relevé les quelques mèches blondes que la pluie avait collées sur son front ridé, et refermé le poudrier. Clac. Elle a tourné les yeux vers moi, un pauvre sourire aux lèvres : " Il y a des batailles qu’on ne gagne jamais Jay … Sois gentil, prépare-moi un Salty Dog…" ».

Toutes ces descriptions sont faites du point de vue de Jay, le barman, mais il y a quelques exceptions dans le recueil : une nouvelle révèle le point de vue d’Archi, et une autre celui de Rose, la jeune serveuse.

Archi et Rose peuvent être vus comme des personnages secondaires, le premier est un pianiste noir américain qui remplit tous les soirs le bar de sa musique : un mélange de jazz, de soul, de blues. Quant à Rose, c’est l’unique serveuse mentionnée dans le recueil, qui n’apparaît qu’occasionnellement. Enfin, nous assistons à un défilé de clients, hommes et femmes, certains plus ridés que d’autres.

Des vieux couples aux amants perdus, des solitaires habitués aux premiers maux de tête, c’est tout un éventail de visages et de personnalités qui franchit les portes du Jay’s.



Originalité de l’œuvre

Tout d’abord, c’est la présence des aquarelles de Yoko Ueta qui apporte des touches de couleurs, de fraîcheur et casse la vision du bloc texte. À chaque nouvelle son aquarelle, qui représente souvent le client ou l’ambiance qui se dégage de la nouvelle. Les aquarelles ont été gardées lors la première publication, car elles constituaient selon Hervé Le Tellier, une des principales causes du succès qu’avait remporté l’hebdomadaire.

Herve-Le-Tellier-sonates-de-bar-aquarelle.jpg


Autre aspect original, ce recueil pourrait être considéré comme un récit culinaire, puisque son auteur nous livre tout au long des nouvelles des recettes de cocktails ; on compte au total 80 nouvelles, donc 80 recettes. Cette facette de l’écriture de l’auteur se retrouve dans d’autres de ses livres comme par exemple Le voleur de nostalgie, roman également teinté de touches culinaires.

Sucré, alcoolisé, avec une pointe de nostalgie, Sonates de bar est à consommer au plus vite, avec modération, bien évidemment.



Laure, 1ère année édition/librairie.

 


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Published by Laure - dans Nouvelle
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