Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 00:00

Balzac, Le Chef-d'oeuvre inconnu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Honoré de BALZAC
Le Chef-d'œuvre inconnu
Livre de poche, 1995
Coll. Libretti.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Données biographiques

 http://www.alalettre.com/balzac-bio.php


Résumé et analyse

Voir plus bas les différentes fiches de lecture déjà publiées sur Le Chef-d'œuvre inconnu


L'histoire se déroule fin 1612. On est tout de suite plongé dans Paris, rue des Grands-Augustins. Deux peintres se rendent à l'atelier de François Porbus, le portraitiste officiel de Henry IV. L'un est jeune et pauvre et se nomme Nicolas Poussin, l'autre un vieillard mystérieux connu sous le titre de Maître Frenhofer :

 « Imaginez un front chauve, bombé, proéminent, retombant saillie sur un petit nez écrasé, retroussé du bout comme celui de Rabelais ou de Socrate ; une bouche rieuse et ridée, un menton court, fièrement relevé... ».

Il est décrit très précisément, on a tous les détails d'un tableau mais on n'arrive pas à s'en faire une image. Il reste mystérieux malgré sa description. François Porbus les fait entrer en s'inclinant devant Maître Frenhofer. Ces trois hommes vont se réunir autour d'un tableau de Porbus. Nicolas Poussin est admiratif, Maître Frenhofer critique. Il va jusqu'à modifier l'œuvre pour justifier ces critiques. Il s'adresse à Nicolas Poussin : « Vois-tu, petit, il n'y a que le dernier coup de pinceau qui compte. Porbus en a donné cent, moi, je n'en donne qu'un. » Pour lui, « la mission de l'art n'est pas de copier la nature mais de l'exprimer ». Le résultat est spectaculaire. Poussin qui prenait ce vieillard pour un fou ne peut que l'admirer à présent.

Ces trois hommes se rendent ensuite chez Maître Frenhofer.

C'est dans cette maison de bois près du Pont Saint Michel, qu'on apprend que « le chef-d'œuvre inconnu » est gardé. Frenhofer ne veut montrer « sa créature » à personne, il doit la perfectionner encore et encore. Il décrit même son œuvre, avec tout un vocabulaire pictural, mais il y a trop de détails pour pouvoir la visualiser. Il est à la recherche d'une femme irréprochable qu'il pourrait comparer à « sa Catherine ». Il veut donner vie à la femme dont il fait le portrait. Il part ensuite dans ses pensées. Porbus s'adresse à Poussin : « il ne nous entend plus, ne nous voit plus ». Ils partent.

Nicolas Poussin se rend ensuite chez lui où il retrouve sa maîtresse : Gillette. Il lui fait part de son enthousiasme pour la carrière de grand peintre : « il y a de l'or dans ces pinceaux ». Mais très vite il se décourage : il a de faibles moyens. La solution serait que Gillette pose pour Frenhofer : par son incroyable beauté, elle a tout à fait l'étoffe de la femme irréprochable à laquelle Frenhofer faisait allusion. Gillette refuse. Poussin s'excuse : « Je me suis trompé, ma vocation est de t'aimer ». Finalement elle cède. « Ne voyant plus que son art, le Poussin pressa Gillette dans ses bras. ».

Trois mois plus tard, Porbus se rend chez Frenhofer. Celui-ci a l'air désespéré. Il ambitionne de partir en Turquie, en Grèce ou en Asie pour trouver un modèle qu'il pourra comparer à « sa créature ». Porbus lui fait comprendre qu'il n'a pas besoin d'aller si loin, Poussin est prêt à laisser sa bien aimée aux mains du Maître. Bien évidemment, tout cela a un prix : pouvoir voir l'œuvre si longtemps cachée. Maître Frenhofer s'offusque :

« Ma peinture n'est pas une peinture, c'est un sentiment, une passion ! Née dans mon atelier, elle doit y rester vierge, et n'en peut sortir que vêtue. La poésie et les femmes ne se livrent nues qu'à leurs amants. »

Il va jusqu'à menacer les hommes qui jetteraient un œil sur « sa femme ». Mais lorsqu'il croise Gillette, il trouve en elle le modèle idéal et finit par céder : « laissez-la-moi pendant un moment, dit le vieux peintre, et vous la comparerez à ma Catherine. Oui, j'y consens ». Lorsque Maître Frenhofer rouvre la porte de son atelier, les deux peintres se ruent à l'intérieur afin d'y trouver le portrait (Poussin a totalement oublié Gillette).

Ce chef-d'œuvre inconnu... pourquoi n'est-il pas resté inconnu ? Ce n'est qu'« une masse informe de peinture », « un espèce de brouillard sans forme » qui apparaît devant les yeux de Porbus et de Poussin. Un seul détail retient l'attention, ce « pied délicieux, vivant ». Seul Frenhofer voit quelque chose. À vouloir perfectionner encore et encore son œuvre, il n'a fait que la dénaturer. C'est un véritable échec...

« Le Chef-d'œuvre inconnu représente au XIXe siècle l'un des textes majeurs où s'inscrit le discours sur la peinture »

On a l'impression que Balzac écrit comme s'il maniait un pinceau, comme si toutes les descriptions faites dans cette œuvre étaient celles de tableaux.


Les sources d’inspiration de Balzac

La Leçon de violon, E.T.A Hoffman

Résumé

Le narrateur est un jeune violoniste qui cherche à être connu. Son maître de chapelle Haak va le présenter au baron de B***. Celui-ci est très renommé dans le monde de la musique : « il possédait la plus rare collection de morceaux de musique anciens et nouveaux ». Il a une grande connaissance de l'histoire de la musique et connaît notamment le grand Tartini, il eut le privilège d'être son élève. Le baron de B*** va recevoir le narrateur chez lui afin de lui donner des leçons de violon. Il lui montre toutes sortes de techniques pour jouer à la façon de Tartini. Malgré sa grande connaissance musicale, le baron de B*** ne sort de son violon que « sifflements, gémissements, miaulements, capables de crisper les nerfs les moins délicats ».


La Leçon de violon et Le Chef-d'œuvre inconnu

À la lecture de La Leçon de violon du célèbre conteur allemand Hoffman, quelques ressemblances avec Le Chef-d'œuvre inconnu sont visibles.

Ces deux auteurs mettent en scène des personnages qui jouent à leur façon le même rôle. La Leçon de violon met en scène un tout jeune violoniste, Le Chef-d'œuvre inconnu un tout jeune peintre : Nicolas Poussin. On peut penser que Balzac s'est inspiré du maître de Chapelle Haak pour le personnage de François Porbus. Enfin, Le baron de*** en s'exprimant ainsi : « Je suis le seul, l'unique en qui survit l'âme de jouer du violon » nous fait penser à Maître Frenhofer. « Pour l'un comme pour l'autre, les vrais artistes sont de très rares privilégiés, plus ou moins protégés, si ce n'est inspirés par les puissances célestes ». Il se considèrent comme des maîtres inégalables. Ils méprisent la plupart des violonistes ou peintres de leur temps. Malgré la connaissance remarquable qu'ils ont de leur art respectif, ils ne savent le pratiquer. C'est un véritable échec pour tous les deux, l'un le sait : Maître Frenhofer se suicide, l'autre, le baron, continue à jouer du violon comme si de rien n'était.

Pourquoi ?

On apprend dans la préface du Chef-d'œuvre inconnu rédigée par Maurice Bruézière que le conte La Leçon de violon est paru dans L'Artiste peu avant la publication dans le même journal du Chef-d'œuvre inconnu.

La revue française L'Artiste publie Hoffman car il est le plus célèbre auteur allemand en France en 1830.

Balzac affirme qu'un auteur français est tout à fait capable de s'illustrer dans le genre fantastique : « Croyez-vous, lance-t-il comme un défi, que l'Allemagne ait seule le privilège d'être absurde et fantatisque? ». C'est en réponse à cette question que Balzac va écrire Le Chef-d'œuvre inconnu.


Autres contes de Hoffman

La Cour d'Artus et Les Élixirs du diable sont deux contes d'Hoffman mettant cette fois en scène des peintres.

Dans La Cour d'Artus on rencontre un jeune homme riche devant un tableau dont les personnages représentés, un peintre du XVe siècle et sa fille, s'animent comme devrait s'animer dans Le Chef-d'œuvre inconnu la femme dont Frenhofer fait le portrait.

Les Élixirs du diable raconte l'histoire d'un peintre, Francesco, obsédé par la figure d'une femme « qui hantait toutes ses pensées ». Il va tenter d'en faire le portrait. Il va croire que sa toile prend vie, mais lorsqu'il l'étreint, ce n'est qu'une toile « morte ». On peut voir dans ce personnage une certaine ressemblance avec Maître Frenhofer qui lui aussi a tenté de donner vie à la femme dont il faisait le portrait et n'y est pas arrivé.


Autres œuvres de Balzac portant sur la peinture

La maison du chat qui pelote

Voir:  http://littexpress.over-blog.net/article-honore-de-balzac-la-maison-du-chat-qui-pelote--40821584.html


La Vendetta

Dans l'atelier d'un peintre, se cache un jeune homme qui veut échapper à la police Il est accusé d'avoir aidé Napoléon à prendre le pouvoir pendant les Cent-Jours. Sa rencontre avec la jeune Ginevra, l'élève du peintre, va bousculer la vie de ces deux jeunes gens. Ils vont tomber follement amoureux. Malheureusement, ils ne peuvent vivre ensemble, leurs familles sont rivales depuis des générations.


Pierre Grassou

Pierre Grassou est un pauvre faussaire. Il reproduit des œuvres de grands peintres dont celles de Titien ou de Raphaël pour le compte d'un certain Elias Magus. Celui-ci va revendre ces faux à des bourgeois. Pierre Grassou va rencontrer l'un de ces bourgeois et se marier avec sa fille. Mais conscient de sa médiocrité, il ne connait pas le bonheur qu'il espérait en se hissant socialement.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Grassou



Bibliographie


AURAIX-JONCHIÈRE, Pascale. Université de Clermont-Ferrand II. Centre de recherches révolutionnaires et romantiques. Écrire la peinture entre XVIIIe et XIXe siècles. Clermont-Ferrand : Ed. Presses Universitaires Blaise Pascal, 2003, 492 p.


BRUÉZIÈRE, Maurice. Préface du Chef-d'œuvre inconnu. Paris: Ed. Livre de poche, 1995.


Émilie, 1ère année Bib.-Méd.-Pat. 2010.

 

 

Balzac novelliste sur Littexpress

 

 

 

 

 

 

 

Balzac Le Chef d oeuvre inconnu

 

 

 

 

 

Articles de Léna, d'Anne-Fleur et d'Hélène sur Le Chef-d'oeuvre inconnu.

 

 

 

 

Balzac-Adieu.gif


 

 

 

Article de Laura sur Adieu

 

 

 

 

 

 

 

La-Maison-du-chat-qui-pelote.jpg

 

 

 

 Article d'Ana sur La Maison du Chat-qui-pelote.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Emilie - dans Nouvelle
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives