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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 07:00

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Ian RANKIN
L’étrangleur d’Edimbourg
une enquête de l’inspecteur Rebus
titre original
Knots and Crosses (1987)
traduit de l'anglais (Écosse)
par Frédéric Grellier
Le Livre de poche, 2004


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’auteur

Ian Rankin est né en Écosse en 1960. C’est un auteur de romans policier, d’espionnage mais aussi de critique littéraire.

Sans le soutien de son professeur d’anglais il ne se serait probablement jamais lancé dans l’écriture, car sa famille n’approuvait pas ce choix. Mais il finit par aller à l’université et étudier la littérature. Il obtient son diplôme en littérature anglaise avec une spécialisation en littérature américaine en 1982. Rankin commence à écrire en même temps qu’il rédige sa thèse de doctorat, dans les années 1982 à 1986.

Avant d’être reconnu comme écrivain, il fut musicien, journaliste, chercheur en alcoologie puis professeur de littérature à l’Université d’Édimbourg. Son premier nom de plume est Harvey (du nom de jeune fille de sa femme).

Il a vécu en Angleterre mais aussi dans le Périgord pendant plus de dix ans ; c’est d’ailleurs là qu’il va écrire sept enquêtes de l’inspecteur Rebus ainsi que tous ses romans publiés sous le nom de Jack Harvey. En 2007 on compte 18 enquêtes de l’inspecteur Rebus traduites en 26 langues. Ian Rankin est devenu en quelques années l’auteur de roman policier le plus lu en Angleterre. Sa carrière lui vaut d’être décoré de l’Ordre de l’Empire Britannique en 2002. De plus, certaines de ses œuvres sont étudiées en littérature dans les plus grandes universités du pays.

En 2005, il reçut le Grand Prix de la littérature policière pour son roman La mort dans l’âme. L’auteur français qui a reçu ce prix cette année est Karim Miske pour son livre Arab Jazz. Cette distinction littéraire a été fondée en 1948 par Maurice-Bernard Endrèbe, elle a pour but de récompenser le meilleur roman policier français et étranger,  publié dans l’année. Depuis la création du prix, on a pu voir des lauréats comme Mary Higgins Clark (La Nuit du renard, 1980), Thomas Harris (Le Silence des agneaux, 1991) ; le premier vainqueur français a été Léo Malet en 1948 avec Le Cinquième Procédé.

Il a également reçu le Gold Dagger Award, prix littéraire britannique qui récompense le meilleur roman policier de l’année. Créé en 1969, le prix change de sponsor plusieurs fois ; on retiendra le dernier qui fait changer le nom du prix pour celui de Duncan Lawrie Dagger, il accorde la somme de 20.000€ au vainqueur, ce qui en fait le prix du roman policier le plus richement doté. Parmi les lauréats il y a Fred Vargas (L'homme à l’envers, 2005) ; Ian Rankin a quant à lui obtenu le prix en 1997 pour L’Ombre du tueur.


 
L’Étrangleur d’Edimbourg

L’Étrangleur d’Edimbourg, ou Knots and Crosses, a été publié en 1987 en Angleterre et en 2004 en France.  Les  autres enquêtes de l’inspecteur Rebus seront publiées en France à un rythme soutenu, environ deux par an.

Selon moi, le titre anglais est plus en accord avec l’œuvre en elle-même, car il fait référence au jeu malsain auquel joue le meurtrier. De plus le titre original laisse planer un certain mystère.


Personnages principaux

John Rebus : inspecteur de police, ancien des forces spéciales et des SAS.

Michael Rebus : frère de John, il s’est assuré une vie confortable en faisant le dealer pour un gang.

Jack Morton : collègue de John, qui fait surtout le travail pénible (comme les appels à témoins…).

Gill Templer : chargée des relations publiques dans le commissariat où travaille John ; au fil de l’histoire, ils deviendront amants.

James (Jim) Stevens : journaliste judicaire qui soupçonne les frères Rebus d’être complices dans le trafic du cadet.

L’étrangleur (Gordon Reeve) : ancien membre des forces spéciales, et plus particulièrement des SAS ; il fut le compagnon d’isolement de John, et s’est senti trahi lorsque ce dernier fut choisi pour continuer l’entraînement en le laissant derrière lui ; ils avaient pour l’habitude de jouer au morpion (knots and crosses).


Personnages secondaires

Sammy Rebus : elle est la fille de John, mais aussi l’un des pions de l’étrangleur dans son désir de vengeance.

Rhona : ex-femme de John.

Andrew Anderson : amant de Rhona et jeune poète.

William Anderson : commandant de police, supérieur hiérarchique de John ; son fils est le nouvel amant de l’ex de Rebus.


Résumé

Ce roman policier est basé sur deux enquêtes, l’une menée par la police et l’autre par un journaliste.

La première est menée de front par toute une équipe ; la police est sur le qui-vive dans Édimbourg : un tueur en série sévit dans la ville historique. Ce meurtrier kidnappe des jeunes filles entre huit et douze ans ; ses victimes sont au nombre de quatre : Sandra Adams, Mary Andrews, Nicola Turner et Helen Abbot. Ces kidnappings et meurtres mettent la ville en émoi et les enfants restent prostrés chez eux, une sorte de panique s’installe en ville. L’inspecteur Rebus participe à l’enquête et fait de son mieux pour comprendre le meurtrier ; d’autre part, il reçoit des messages étranges d’un inconnu : « IL Y A DES INDICES PARTOUT » (p.28), « POUR CEUX QUI LISENT ENTRE LES LIGNES » (p. 56), « TU FAIS DU SUR-PLACE. DU SUR-PLACE, HEIN ? SIGNE… » (p. 114), « TU N’AS TOUJOURS PAS DEVINE, HEIN ? TU N’AS PAS LA MOINDRE IDEE, AUCUNE IDEE DANS LE CRANE. ET MAINTENANT ON TOUCHE AU BUT. C’EST PRESQUE TERMINE. NE VIENS PAS DIRE QUE JE NE T’AI PAS DONNE TA CHANCE, TU NE PEUX PAS DIRE CA. » (p. 166). Rebus reçoit ces lettres tant à son travail qu’à son domicile ce qui l’inquiète. Comment celui qui le menace a-t-il trouvé son adresse ? Chacune de lettres contient des nœuds en corde ou bien des croix en allumettes (référence au titre original). L’enquête fait du surplace et la fille de Rebus disparaît.

La seconde enquête est celle menée par le journaliste, Jim Stevens ; il enquête sur le milieu de la drogue à Édimbourg. Il va se rendre compte que le frère de l’inspecteur John Rebus est un trafiquant notoire dans les quartiers chic ; il suppose donc que les deux frères sont complices dans le trafic.


Les jeux de mots

Ils sont très importants dans le roman. Une fois que l’on se rend compte de leur présence, tout prend sens et l’on peut deviner qui en veut réellement à Rebus.

Tout d’abord, il y a le nom du personnage principal : John Rebus ; ce nom fait référence au rebus que l’on trouve dans l’œuvre ; en effet, si on prend chaque première lettre des prénoms et noms des victimes, on obtient le prénom de la fille de Rebus : SAMANTHA. Le meurtrier doit donc connaître personnellement Rebus pour tenter de lui faire deviner que son ultime victime sera sa fille.

Ensuite on a le personnage de Ian Knot : principal suspect dans l’enquête, son nom signifie nœuds ; cela  fait référence aux nœuds que Reeve (=Knot) envoie à Rebus pour le tourmenter.

Enfin, il y a le jeu « naughts and crosses » : c’est notre jeu du morpion,  Reeve envoie des petites croix à Rebus ainsi que des ronds en corde.  Cela renvoie au jeu que les deux hommes pratiquaient quotidiennement lors de leur détention par les SAS.

Reeve joue donc sur le sens des mots mais aussi sur leur écriture.
 


L’œuvre de Rankin

Le cadre des œuvres

Les romans de Rankin se situent principalement dans la ville d’Édimbourg. On suit surtout le personnage de l’inspecteur Rebus ; on peut constater l’évolution de sa vie et de sa carrière dans les différentes œuvres qui le mettent en scène.
 
Rankin décrit une ville d’Édimbourg sombre, que les circuits touristiques ne montrent pas, que les gens refusent de voir et ignorent. Ian Rankin dira d’ailleurs :

 

« Il y a véritablement deux Édimbourg. Il y a la cité que les touristes visitent, avec son château et ses joueurs de cornemuse, vêtus de kilts. Ça, c'est le côté Disneyland. Mais il existe aussi une cité qui vit et qui respire sous cette apparence, et que les gens voient rarement. Dans les années 1980, Édimbourg avait de sérieux problèmes de drogue et le pire taux de Sida de toute l'Europe de l'Ouest. J'ai pensé que quelqu'un devait écrire des romans traitant de ces choses de la vie réelle contemporaine ».

 

C’est d’ailleurs cet intérêt pour la noirceur qui explique qu’il soit plus attiré par la littérature américaine que par les romans policiers britanniques.


Le personnage de John Rebus

John Rebus est un personnage ambivalent, il est quelque peu alcoolique et a un côté très sombre. Rankin dit d’ailleurs qu’il s’est inspiré de Docteur Jekyll and Mister Hide pour créer et donner de la substance à son personnage de Rebus, et tout particulièrement pour son roman L’Etrangleur d’Édimbourg (Knots and Crosses en anglais) ; on voit bien dans ce livre la complexité psychologique des deux personnages principaux, à savoir Rebus et son adversaire.

Rebus travaille dans un commissariat d’un quartier mal famé d’Édimbourg ; c’est un enquêteur d’une cinquantaine d’années qui vieillit au fur et à mesure de la parution des œuvres de Rankin. Il est divorcé et ne voit que peu sa fille Samantha. C’est un homme ambigu auquel il peut arriver de ressentir de l’empathie pour les criminels qu’il traque.

John Rebus est un forcené de travail, c’est sa raison de vivre ; dans une interview pour le magazine Alibi Ian Rankin décrit son personnage principal : « son travail n’a pas de fin car la criminalité n’a pas de fin. Sans ça, il deviendrait fou. Il a besoin de faire quelque chose pour remplir sa vie. Parce qu’il est alcoolique. […] il a besoin de trouver des réponses aux questions pour sa propre satisfaction ».

La carrière d’un policier se terminant à 60 ans, on aurait pu s’attendre à ce que la série « Rebus » prenne fin en 2007 (début en 87, Rebus étant alors âgé d’une quarantaine d’années), les fans de l’inspecteur ont été jusqu’à demander que la loi change pour étendre l’âge de la retraite des policiers à 65 ans. Néanmoins, la série continue encore aujourd’hui.

L’Étrangleur d’Édimbourg est la première enquête de l’inspecteur Rebus et donc le premier des romans où il apparaît. C’est d’ailleurs dans ce roman que se trouve l’explication du nom de l’inspecteur ; en effet, il doit résoudre un rébus dans une affaire. Plus tard, Rankin avouera que c’est un nom « vraiment stupide ». 

Dans tous les roman où l’inspecteur apparaît, on n’a pas de lui une description physique précise, on sait juste qu’il mesure environ 1m90 et qu’il est musclé, vu son passé dans l’armée.

L’inspecteur Rebus en livres : ce sont 18 enquêtes dont la dernière est sortie le 13 novembre en Angleterre.

Rankin signe également une deuxième série avec le personnage de Malcolm Fox que l’on rencontre à plusieurs reprises dans les enquêtes de Rebus.


Les retombées des œuvres de Rankin

Les œuvres de Ian Rankin ont été adaptées à la télévision à douze reprises. Avec cette médiatisation l’inspecteur Rebus est devenu le plus célèbre du Royaume-Uni. De plus, il y  a eu une vraie retombée touristique ; en effet, des tours ont été créés pour faire visiter la ville de Rebus et les lieux qu’il fréquente dans les romans. En Angleterre, Rankin est aussi reconnu que J.K Rowling ou Sir Arthur Conan Doyle ; il a vraiment obtenu la reconnaissance de ses pairs grâce au travail qu’il a fourni pour enrichir et développer le personnage de Rebus.



Conclusion

Je pense que c’est un livre qu’il faut lire deux fois. La première pour le plaisir, et pour la découverte. Mais une seconde fois pour approfondir. Lorsqu’on connaît l’histoire, on comprend une multitude d’autres petits détails qui nous on échappé, on est plus attentif à ce qui est écrit. On se demande si on aurait pu, dès le départ, savoir ce qui allait se passer. Cela dit, lorsque Rebus revient sur son passé dans les SAS on commence à se douter du fin mot de l’histoire.

J’ai trouvé que c’était un excellent roman car il y a un grand travail fait sur les personnages, ils sont vraiment complexes et torturés ; je pense également que c’est un roman policier vraiment original à cause de l’histoire que Rankin propose, car bien qu’il décrive l’une des villes les plus touristiques d’Europe, on en découvre un aspect que personne ne connaît ; cette réelle noirceur est vraiment intéressante, car on peut se dire que dans toute grande ville, il y en a en quelque sorte une seconde, que personne (à part les malfrats et les plus pauvres) ne veut voir, ni accepter.


Léa, 1ère année bibliothèques-médiathèques

 

 

 

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