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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 07:00

Asimov-fondation-coffret.jpg

Isaac ASIMOV
Fondation
Foundation, 1951
Traduction française
Jean Rosenthal
Hachette/Gallimard
Le rayon fantastique, 1957
Opta, 1965
Denoel,
Présence du futur, 1985
Folio SF, 2000

Autres volumes
Fondation et Empire
Foundation and Empire, 1952
Seconde Fondation
Second Foundation, 1953
Fondation foudroyée
Foundation's Edge, 1982
Terre et Fondation
Foundation and Earth, 1986
Prélude à Fondation
Prelude to Foundation, 1988
L'Aube de Fondation
Forward the Foundation, 1993






Rares sont ces textes qui nous propulsent des milliers d'années en avant, nous narrent le destin d'une humanité en constante évolution, nous font visiter les possibles de l'ère galactique. Encore plus rares sont les auteurs capables de nous donner une vision aussi globale et cohérente d'une palpitante saga d'anticipation s'étalant sur près de 1 000 ans.

Elevé au rang de classique de la Science-Fiction, le cycle de Fondation, d'Isaac Asimov, fait partie de ces oeuvres  précieuse, fresque palpitante du destin de l'humanité.

Isaac-Asimov.png

 

Né le 2 Janvier 1920 à Petrovichi, petit village près de Smolensk, à 400 kilomètres au sud-ouest de Moscou, il accompagne ses parents à l'âge de trois ans vers les États-Unis, à New-York. Il apprend seul et vite la lecture. À la bibliothèque de Brooklyn, il découvre l'Iliade et l'Odyssée, Alice au Pays des Merveilles, Shakespeare, Les Trois Mousquetaires, s'interesse à la vie de Thomas Edison, le célébre inventeur. Son père, bien que tenant une librairie de « Pulp Fictions » (ainsi nommés à cause du papier utilisé, bon marché car fabriqué à base de pulpe de bois de mauvaise qualité), lui interdit la lecture de ces revues, qu'il estime néfastes pour son éducation. Excellent élève, il grandit toutefois dans l'inimitié de ses camarades, qu'il écrase de ses connaissances ; et de ses professeurs, qu'il irrite par son attitude dissipée. Amazing-Stories.jpg

 

 

 Dans ce milieu mal considéré des pulps, aux récits machistes, racistes, patriotiques et manichéens, évoluait un genre confidentiel, la «scientifiction», ou «super science», dont le magazine Amazing Stories, se faisait le porte-étendard. Crée en 1926 par Hugo Gernsback, cette revue publiait pêle-mêle Jules Verne, Lovecraft, H.G. Wells et Edmond Hamilton. Malgré l'interdiction de son père, c'est derrière ces couvertures criardes qu'Asimov découvre le système solaire, les grands principes physiques et c’est alors que naît en lui la volonté, la nécessité, d'écrire.

« J'ai souvent évoqué mes premières tentatives; je les explique ordinairement par ma frustration à l'idée de ne jamais rien pouvoir conserver ; les livres devaient toujours être rendus à la bibliothèque, les magazines replacés sur les présentoirs. J'avais bien eu l'idée de recopier un livre, mais au bout de cinq minutes, je m'étais rendu compte que la chose était impraticable. C'est là que m'est venue une autre idée : écrire moi-même mes livres, et en faire ma propre bibliothèque permanente. »

L'élément dominant de son existence, entre six et vingt-deux ans, reste la boutique paternelle. Le Krach de 1929 et la Grande Dépression le marqueront profondément. Dans sa jeunesse rythmée par les déménagements successifs de la boutique de son père, il voit les États-Unis plonger dans le marasme économique, le chômage massif et la misère du New-York des années 30.
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Il commence réellement à écrire vers l'âge de onze ans, et se fait publier dans le pulp Astounding Stories (qui fut aussi le tremplin de L. Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie) en 1935. De 1938 à 1941, il prit l'habitude d'y publier et commença à fréquenter les clubs d'amateurs de science-fiction, notamment la branche dissidente du Queens Science Fiction Club, les «Futuriens», dont les membres resteront pour lui d'indéfectibles amis. Il ne faut pas voir ici un génie précoce, décelé par un cercle de connaisseurs et dont le talent présageait d'un avenir brillant : comme il l'écrit dans son autobiographie avec une étonnante humilité :

« Les pulps faisaient une telle consommation de récits qu'ils ne pouvaient pas se montrer trop exigeants. [...] Si je devais débuter aujourd'hui à cet âge précoce, je n'aurais pas l'ombre d'une chance ».

 Asimov grandit. Il rejoint la Boys High School de Brooklyn, participe à des clubs d'écriture, où il ne brille pas par son talent. S'ensuit le Columbia College, puis l'université de Columbia, où il obtient une licence en science et une maîtrise en chimie. Cependant, son désintérêt pour son prochain et les disputes avec son père concernant son futur métier de médecin le conduisent à reconsidérer définitivement ses plans d'avenir. Retrospectivement, il admet :

« Chaque fois que je repense à cette période décisive de ma vie, je remercie infiniment ceux qui ont opéré la sélection à l'entrée et dont l'intelligence, la perspicacité m'ont interdit d'entreprendre des études de médecine. »

Asimov exercera cependant le métier de biochimiste, sera conférencier, et sans parler de sa production en cience-fiction, on lui doit quelques ouvrages de vulgarisation scientifique. Il meurt le 6 Avril 1992, laissant au monde une oeuvre visionnaire, pleine d'acuité et de réalisme sur l'impérialisme, les comportements humains et qui sera l'inspiration de Georges Lucas pour la saga Star Wars. Il remporte le prix Hugo de « meilleure série de science-fiction de tous les temps » en 1966. En 2009, la NASA lui rend hommage en baptisant un cratère de Mars de son nom.

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Genèse de l'oeuvre

 En 1940, paraissent dans Super Science Stories puis Astounding Stories les premières nouvelles de I, Robot où apparaissent les célèbres « lois de la robotique ». Ces nouvelles seront regroupées en 1950 chez Gnome Press en langue originale, et la traduction française paraît en 1967 chez OPTA, dans la collection Club du livre d'anticipation. Bien que les liens avec ce cycle ne soient pas affirmés dans les premiers opus du cycle de Fondation (les trois premiers dans la chronologie de parution), Asimov tissera des rapprochements entre ces univers à partir de 1980.

 L'ordre des publications du cycle de Fondation ne suit pas forcément l'ordre de la narration. En effet, Fondation, Fondation et Empire et Seconde Fondation paraissent respectivement en 1951, 1952 et 1953 chez Doubleday. En 1982 et 1983 sont édités, toujours chez Doubleday, Fondation foudroyée et Terre et Fondation, deux ouvrages se plaçant à la fin de la saga. Cependant, il convient de placer les deux derniers volumes parus au début de la chronologie narrative : il s'agit de Prélude à Fondation (1988), et L'aube de Fondation (1993). Le cœur du cycle de Fondation tient donc dans la trilogie des années 50, qui sont des recueils de nouvelles parues dans Astounding Stories

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Résumé
   
Il y a d'abord Hari Seldon. Jeune, aventureux, brillant mathématicien à l'origine de la psychohistoire. Il doit faire face à la déréliction de Trantor, la capitale de l'Empire. D'abord ignoré, puis pourchassé pour son savoir, il s'exile dans les bas-fonds de cette planète-mégapole et est sauvé in extremis d'une mort certaine. Placé à la tête  du département de psychohistoire à l'université de Streeling, il assiste au début de la décadence d'un empire bien trop grand pour durer.

Asimov-fondation-folio-sf.jpgLà commence vraiment la saga de Fondation. Fil rouge de la narration, la Psychohistoire est la science qui, par probabilités, est capable de prévoir les remous d'une humanité vouée à la décheance. Par ses équations, Hari Seldon voit la chute inévitable de l'Empire, la perte des connaissances, le retour de la barbarie à travers la galaxie. L'âge d'or est terminé. Les chefs sont corrompus, le peuple s'enfonce dans l'ignorance, l'ordre devient totalitaire, Hari est à nouveau menacé. Montré comme seul responsable du désordre ambiant, le Professeur Seldon lutte pour la préservation de l'Empire et, avec l'aide de Daneel R. Olivaw, tisse secrètement les premiers maillons de ce qui deviendra la trame du Plan Seldon.

Le Plan Seldon propose la réduction d'une décadence prévue de 30 000 ans à 1 000 ans, après lesquels le savoir et l'ordre régneront à nouveau à travers la galaxie. Le Plan prend la forme d'une « arche de Noé » des connaissances humaines, l'Encyclopedia Galactica, perdue au bout d'un bras de la galaxie, sur une planète sans ressources ni valeur stratégique, Terminus. C'est la première Fondation. Le travail commence. Seldon meurt en exil après la trahison de l'un de ses chercheurs et laisse, à titre posthume, une série de messages holographiques dévoilés siècle après siècle dans une crypte de Terminus. Il annonce que, selon les lois de la Psychohistoire, les hommes de Terminus seront confrontés à une solution unique pour sortir des crises qui ne manqueront pas de s'abattre sur eux.

Une caste de marchands s'y développe grâce au commerce d'articles fonctionnant à l'énergie nucléaire. Le secret de l'atome est cependant bien gardé sur Terminus, et la religion qui est édifiée autour permet de maintenir les mondes proches dans l'ignorance, tout en étendant la sphère d'influence de la Fondation. L'un d'eux, Salvor Hardin, un marchand charismatique, chef d'un empire économique florissant, part enquêter vers le centre de la galaxie et découvre la décadence d'un empire englué dans la paperasse, la corruption et la mégalomanie de ses généraux. Bel Riose, un général populaire, commence à s'intéresser à l'influence de Terminus, à ses « Magicien » maîtrisant des technologies disparues, et décide de mener campagne afin d'annexer ces mondes pour sa gloire personnelle. Il apprend l'existence du Plan, et y voit une menace pour la stabilité de l'Empire. Brillant stratège, il se taille un chemin jusqu'à Terminus en écrasant la Fondation à plusieurs reprises. La Fondation est menacée, Bel Riose arrive à portée de Terminus, qu'il jure d'écraser. Cependant, l'Empereur Cléon II intervient au dernier moment et rappelle Bel Riose ; il le fait juger et exécuter par crainte de sa popularité grandissante.

La guerre civile éclate, Cléon II sera le dernier empereur, celui qui n'a pas su maintenir l'ordre sur Trantor. Comme prédit, l'Empire s'effondre. La galaxie est livrée à une horde de seigneurs de guerre se partageant les miettes d'un univers autrefois glorieux. Trantor est désertée, certains mondes régressent au point de revenir aux energies fossiles, d'autres oublient simplement l'Empire et l'existence d'une lumière d'espoir située aux confins de la galaxie. Terminus se retrouve seule dans les ténèbres, épargnée du bain de sang se déroulant au cœur de l'ancien Empire. De cet état d'anarchie, un personnage singulier émerge. Des rumeurs, puis des légendes, apparaissent à son sujet : le Mulet est un mentaliste capable de manipuler les émotions des masses ; personne ne l'a jamais rencontré, on en vient même à douter de son existence. Il constitut un danger colossal pour le Plan, car celui-ci se base sur des interactions de masses découlant d'événements précis. L'apparition d'un personnage ayant la capacité de façonner les réactions humaines à volonté peut avoir des répercussions imprévisibles, et rendre le plan caduc. D'un misérable navire pirate, l'influence du Mulet grandit jusqu'aux frontières de la Fondation. De planète en planète, il soumet à son régime une grande partie de la galaxie. Durant une accalmie de cinq années, le Mulet instaure « l'Union des mondes » et se proclame « Premier citoyen ». Hari Seldon, comme prévu, apparaît dans la Crypte de Terminus, son exposé est incohérent avec la situation actuelle, il ne prend pas en compte l'arrivée du Mulet. Le Plan Seldon est réduit en miettes.

Le Plan va-t-il se réaliser ? Existe-t-il une seconde Fondation ? La Psychohistoire de Seldon est-elle encore à l'oeuvre dans la galaxie ? Qui est cet homme qui, par sa simple présence, trouble le cours de l'histoire ? Quelle est la validité de la Psychohistoire lorsqu’un homme seul peut décider de la destinée de l'humanité, et d'un geste détruire le Plan ?

 

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Space-opéra hors norme, dont les sources et références vont de la chute de l'empire romain à la physique quantique et la théorie du chaos, en passant par Nat Schachner et Albert Einstein. Le cycle de Fondation est une pièce majeure de la Science-Fiction du XXe siècle, que tout amateur du genre se doit d'avoir lue, et est à ranger aux côtés des Chroniques Martiennes de Ray Bradbury, de  la série Hyperion de Dan Simmons ou de Dune de Frank Herbert.


Jean, AS Éd.-Lib.

 

 


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