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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 07:00

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ISHIDA Ira,
Ikebukuro West Gate Park II

Traduit du japonais par Anne Bayard-Sakai
Éditions Philippe Picquier, 2009








 

 

 

Né en 1960 à Kyôto, Ishida Ira a suivi des études d’économie à l’université Seikei. Il a travaillé dans la publicité avant de se consacrer à l’écriture. En 1997, le premier tome d’Ikebukuro West Gate Park  se voit décerner le prix Orû Yomimono, grand Prix de littérature policière ; l’œuvre a inspiré une série télévisée au Japon et un manga qui s’est vendu dans le monde entier. Le deuxième volume d’Ikebukuro West Gate Park eut autant de succès que le premier et un troisième tome est sorti le 18 février 2010.


Résumé de l’œuvre

Ikebukuro West Gate Park est divisé en quatre parties, chacune racontant une enquête menée par Makoto, le personnage principal. Chacune des enquêtes est indépendante des autres, il n’y a pas besoin de lire les enquêtes dans l’ordre pour comprendre l’histoire, leur seul lien est leur chronologie. Tout comme il n’y a pas besoin de lire le premier tome pour comprendre le second car là aussi les enquêtes sont indépendantes.
   
Le môme-compteur : Makoto est dans le square ouest d’Ikebukuro lorsqu’il rencontre un gamin avec un calculateur à la main, Tada Hiroki. Ce gamin souffre de LD (learning disability) c’est-à-dire qu’il a du mal à apprendre, et sa particularité est qu’il est accro aux chiffres, il compte tout ce qu’il voit. Mais il finit par être enlevé, Makoto va enquêter sur sa disparition à la demande de la mère de l’enfant, femme de yakuza…

Fille à emporter 1ère rue ouest :
Makoto traîne dans le grand centre commercial d’Ikebukuro lorsqu’il rencontre une petite fille seule avec un livre, Sakurada Kao. Il s’attache à la petite mais il apprend que sa mère est une prostituée qui a des ennuis avec des yakuzas. Avec l’aide du chef des G-Boys, Takashi et d’une étoile montante d’un groupe de yakuzas, le Singe, Makoto va tout faire pour aider la mère de la petite à s’en sortir.

Un dieu vert pomme : Okonogi Katsuo, est « un jeune titan » qui a décidé d’introduire une nouvelle monnaie à Ikebukuro : le pond. Avec cette monnaie il créé de nouveaux boulots pour les jeunes. Il les rémunère en ponds qu’ils vont échanger contre des yens. Mais quelqu’un veut ruiner cette action généreuse en émettant de faux billets. Makoto est de nouveau appelé pour enquêter.

 
Casseur d’os :
Des SDF sont retrouvés dans les rues d’Ikebukuro avec des os brisés, un groupe de rock commence à avoir son petit succès avec une musique des plus envoûtantes. A priori aucun lien entre les deux… Makoto va enquêter pour savoir ce qui se passe à Ikebukuro.

 

 

Analyse

Le lieu

Ikebukuro West Gate Park : c’est le quartier de Tokyo le moins bien fréquenté où se côtoient boîtes à sexe et love hôtels. La nuit, se sont les prostituées, les yakuzas et les dealers qui battent le pavé. C’est le lieu central du livre car toutes les enquêtes se déroulent à Ikebukuro. De plus, le personnage principal Makoto se trouve toujours dans le parc lorsqu’on lui demande de démarrer une enquête. C’est le seul lieu où il se sente loin des problèmes de la ville et à chaque fois qu’il quitte le square c’est pour se plonger dans l'action. Chaque enquête commence et se termine dans le le square. C’est aussi un lieu où se réunissent tous les jeunes d’Ikebukuro, néanmoins sans se mélanger. De plus, si le titre est en anglais c’est pour une raison précise : dans le premier tome, Makoto dit que les jeunes trouvent que ça fait mieux de dire Ikebukuro West Gate Park que square ouest d’Ikebukuro. Eh oui, l’anglais c’est plus classe.

 


Les personnages principaux

Makoto : jeune homme de 21 ans, il aide sa mère à tenir un magasin de fruits et légumes, après avoir quitté un lycée où il était délinquant. Il ne se fait aucune illusion sur son avenir et sait que du jour au lendemain il peut se retrouver à la rue. Néanmoins, il refuse de faire comme d’autre jeunes (qu’il surnomme les salarymen) en ayant un emploi qui lui permettrait de travailler pour la machine économique japonaise qui se fait de l’argent sur le dos des gens. C’est lui qui mène les enquêtes et il se surnomme lui-même « le solutionneur d’embrouilles » car il considère ne pas faire le même travail que la police. Il a un regard complètement désabusé sur sa génération.

Le gang des G-Boys : il a à sa tête Takashi qui est surnommé le King. C’est un peu lui qui fait la loi dans Ikebukuro mais sans pour autant agresser gratuitement. Ce gang regroupe tous les jeunes (filles et garçons confondus) d’Ikebukuro qui ne vont plus en cours et n’ont aucun travail. Makoto fait souvent appel à eux lorsqu’il a besoin d’aide pour enquêter.

Les yakuzas :
c’est la mafia japonaise. Même si ce ne sont pas des personnages à proprement parler, je les considère comme tels car ils sont très présents dans le quartier d’Ikebukuro et donc souvent impliqués dans les enquêtes de Makoto. Le quartier d’Ikebukuro est partagé entre différents groupes de yakuzas donc c’est eux qui font la loi. Makoto a déjà plusieurs fois eu affaire à des yakuzas comme dans « le môme compteur » ou dans le premier tome lorsqu’un chef yakuza lui demande de retrouver sa fille.

 

 

Ce que l’auteur cherche à dénoncer

Dans ce livre, Ishida Ira nous montre une jeunesse japonaise complètement perdue entre une société qui se veut encore très traditionaliste et une influence occidentale de plus en plus marquée. Cela se voit surtout chez les filles qui ne portent plus le grand kimono de cérémonie et qui se teignent toutes les cheveux. De plus, la société japonaise semble n’offrir aucune perspective d’avenir aux jeunes : beaucoup se retrouvent sans travail ou comme Makoto font un petit boulot par-ci par-là parce qu’ils refusent de rapporter de l’argent à l’Etat ; beaucoup de filles se prostituent ; certains se retrouvent dans un gang comme les jeunes qui font partie des G-Boys ; d’autres comme le Singe s’engagent chez les yakuzas. Bref, des perspectives d’avenir peu réjouissantes. Avec « casseurs d’os », Ishida Ira nous montre jusqu’où peuvent aller les jeunes pour avoir un avenir : briser des os pour créer le son le plus rapide du monde et gagner de l’argent. Cette jeunesse semble vraiment perdue, surtout les filles. En effet, dans le premier tome, Ishida Ira nous montre un problème qui touche de plus en plus le Japon ; c’est la prostitution des jeunes filles riches. Ces dernières se prostituent, non pas pour gagner leur vie, mais pour se payer toujours plus de vêtements de mode.

 

 

Mon avis

Bien que ce soit un roman policier, on peut se mettre très facilement à la place des personnages. Makoto n’est pas un enquêteur comme on peut en voir dans les romans policiers classiques car il n’a pas de qualités « surhumaines » et n’enquête pas avec l’aide d’une agence comme le FBI. Il se débrouille seul ou avec l’aide des G-Boys surtout. De plus, même si le quartier d’Ikebukuro n’est pas très fréquentable, comme Makoto l'aime, il le décrit d’une façon telle qu'il nous semble paisible et agréable à vivre. Ishida Ira a une écriture très fluide et ne se complaît pas dans les détails. On ne se perd pas dans l’histoire. Même si le dénouement de l’enquête est assez facile à deviner, cela n’ôte aucun plaisir à la lecture.


Marina, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

 

Interview de l'auteur, réalisée à Tokyo en 2005 par Christophe Dupuis, 

sur le site d' entre2noirs.

 


 

ISHIDA Ira sur LITTEXPRESS

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Articles de  Julie et de Maëva

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commentaires

christophe 27/10/2010 17:15


Pour en savoir plus sur l'auteur, n'hésitez pas à venir lire une interview
http://www.entre2noirs.com/interviews__7_interview-ishida-ira_74.html


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