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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 19:00









Italo CALVINO
La route de San Giovanni

Première édition en langue originale : 1956
Traduit de l’italien par Jean MANGANARO
Éditions du Seuil, 1991
 Collection Points, 1998.


















Biographie

Écrivain réaliste et fabuliste plein d’humour, Italo Calvino est né en 1923 à Santiago de Las Vegas, à Cuba. En 1925, il rentre en Italie encore mussolinienne où il grandit, étudie l’agronomie mais lorsque la guerre éclate, il rejoint les brigades Garibaldi. Il entreprend par la suite des études de lettres. Liées à un contexte historique particulier, certaines de ses œuvres sont influencées par son expérience de résistant.  Il meurt en 1985 d'une hémorragie cérébrale à Sienne.




Résumé


Ce sont neuf petites nouvelles ayant pour thème commun la mémoire. La première est un moment particulier de l’autobiographie de l’auteur saisi lors du chemin parcouru entre son village, appelé La Punta di Francia (La pointe de France), et San Giovanni où il va faire son marché ; il y achète des produits typiques pour subvenir aux besoins de sa famille.

La seconde exprime la nostalgie et la mélancolie de l’auteur pour une époque révolue de sa jeunesse : la découverte du cinéma. En effet, celui-ci occupait une place importante dans son adolescence, c’était un « moyen d’évasion » ; il permettait de « projeter [s]on attention dans un espace différent », de fuir l’oppression familiale. Il s’intéressait aux films d'aventures et d’action. Ce loisir si important pour lui a participé à sa révélation sexuelle avec des icônes féminines comme Viviane Romance. Il a vécu la censure des films américains
par les fascistes en 1938.

La troisième est marquée par la confusion liée à la remémoration de souvenirs douloureux. L’auteur nous raconte un événement historique propre à son expérience de résistant mais concernant aussi la collectivité italienne. Il joue sur l’ambiguïté, sur le jeu des ombres avec le lexique de la lumière. On note plusieurs sentiments comme l’impatience des troupes cachées dans les vignes, la panique lors de la fuite, une grande tristesse lorsque Calvino perd un de ses compagnons.

La quatrième est surprenante car elle est à part des précédentes.  Il définit la poubelle, son emploi, son évolution avec l’apparition des sacs plastiques et du recyclage. La question sociale est notamment évoquée avec les emplois d’éboueur et l’immigration. Cependant,  on peut interpréter le geste quotidien de vider la poubelle comme une définition de soi ; il lui permet de « [s]’identifier comme étant complet sans résidus ».

Et enfin, la dernière peut être considérée comme une présentation de la vision du monde de Calvino. C’est un instant d’abstraction, de réflexion, suivant une pensée confuse, d’où le titre « De l’opaque » qui s’oppose à la clarté de la mémoire. Il établit une détermination géographique de l’homme, il décrit plusieurs paysages pour finir en poésie pour calculer l’intensité de la lumière. Cette nouvelle est difficile à expliquer ; on peut juste dire que c’est un mélange d’intelligence, de sensibilité et d’une grande abstraction lyrique.


Intéressons-nous à la première nouvelle, « La Route de San Giovanni ».

C’est un moment particulier entre l’auteur et son père. Le surgissement des souvenirs est déterminé par différents éléments comme la couleur des lieux, les démarches des villageois. Ce moment relie encore l’adolescent aux habitudes familiales : le chemin parcouru entre la campagne et San Giovanni pour aller au marché, faire le plein de nourriture pour subvenir aux besoins familiaux. On peut constater le désaccord entre père et fils ; l’auteur va jusqu’à évoquer «  une faille entre mon père et [lui] », causée par le savoir colossal de son père sur les plantes, alors que le jeune Calvino désire seulement la ville.

Mon avis

C'est assez déconcertant, je pensais vous dire que je n’ai pas apprécié ce livre mais en faisant cette fiche de lecture je me suis aperçue du contraire. Dans un premier temps, je garde un très mauvais souvenir de la lecture obligatoire au lycée de Si par une nuit d’hiver, un voyageur ; donc je savais à quoi m’attendre en lisant ces nouvelles. Une agréable surprise poétique ! Tout d’abord les nouvelles se lisent rapidement. Italo Calvino s’attarde à décrire des paysages, sa ville dans le but d’aider le lecteur à imaginer la scène et ces moments descriptifs sont parfois un peu longs. Ce que j’ai apprécié c’est que l’auteur éprouvait le besoin d’écrire, de transformer la réalité du souvenir en réel malgré les défaillances de sa mémoire. La mémoire et l’événement sont mis en relation dans la nouvelle à travers son passé et son futur. Même si je n’ai  pas apprécié toutes les nouvelles, le travail de Calvino est remarquable.

Johana, 1ère année Bib.-Méd.

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Published by Johana - dans Nouvelle
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