Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 07:00

J-K-Rowling-Une-place-a-prendre.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J.K. ROWLING
Une place à prendre

Titre original

The Casual Vacancy
 traduit de l'anglais

par Pierre Demarty

Grasset, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J. K. Rowling

 

Joanne K. Rowling est née en 1965 ; elle est anglaise  et diplômée en français et en fettres classiques ; elle est mondialement connue pour être l’auteur de la série des Harry Potter. Elle a été décorée de l’ordre de l'Empire britannique en 2001. Son nouveau roman, Une place à prendre, dont le titre original est The Casual Vacancy, est sorti le 27 septembre 2012 en Angleterre et le lendemain en France.



Résumé

L’action du roman se situe à Pagford, une petite ville anglaise typique où tout le monde se connaît. Après la mort soudaine de Barry Fairbrother d’une rupture d’anévrisme dès le premier chapitre, se met en place une compétition entre certains personnages pour prendre la place vacante que le décès laisse au conseil paroissial de la petite bourgade. Un poste convoité car il donne un certain pouvoir. Barry disparaît à un moment clé ; il devait se prononcer sur la question des HLM de Pagford, dont une partie des habitants souhaiterait se débarrasser estimant que ce qui s’y passe et l’ambiance qu’il y règne nuit à l’image de leur petite ville. L’annonce de sa disparition engendre dans un premier temps une succession de réactions très différentes de la part des nombreux personnages ; certains expriment un soulagement, d’autres clament ouvertement leur joie et d’autres encore sont réellement bouleversés. À partir de là, on entre dans la vie des différents personnages en les suivant le temps d’un chapitre.



Une comédie de mœurs

La comédie de mœurs est un terme qui revient souvent dans les critiques récentes du livre et dans les interviews de l’auteur elle-même ; il est vrai que bien que le livre soit écrit sur un ton plutôt léger et comique, JK Rowling fait effectivement une critique des relations dans une société moderne où règnent l’hypocrisie, la lâcheté et aussi le désespoir de la majorité des adolescents du roman qui se sentent perdus dans un monde où ils perçoivent l’hypocrisie des adultes et les coups bas qu’ils se font entre eux. Elle montre une société où les jeunes ont du mal à se construire et où il y a une forme de perte des valeurs, et notamment des valeurs de la famille.



Des adolescents en détresse

Bien loin de la saga Harry Potter, JK Rowling choisit des personnages qu’on pourrait qualifier d’adolescents à problèmes dans son livre.  Krystal, un des personnages principux du roman, est décrite ainsi :

 

« Andrew aperçut Krystal Weedon, emblème de la cité et objet de blagues salaces en tous genres. Elle marchait d’un pas bondissant […] à chacune de ses oreilles se balançaient plusieurs anneaux, et la ficelle de son string dépassait du pantalon de jogging qu’elle portait à mi-hanches »

 

Krystal, est scolarisée dans le lycée de la petite ville, elle insulte régulièrement ses professeurs, arrive perpétuellement en retard et mâche sans cesse son chewing-gum de manière vulgaire : elle est  le parfait cliché de l’adolescente en crise.

En plus des problèmes de fêtes, d’alcool ou de drogues, les adolescents du roman se retrouvent aussi confrontés à des problèmes de flirts, de jalousie, décuplés par les réseaux sociaux comme Facebook. Sans compter le fait que les conflits des adultes se répercutent sur eux, et sur leurs relations. Par exemple, il y a l’histoire d’un médecin, la mère d’une adolescente nommée Sukhvinder qui est accusée par cette dernière d’avoir tué la grand-mère de Krystal ; l’histoire prend une telle ampleur pour Sukhvinder qu’elle en arrive à avoir des pensées suicidaires.

 

« Si seulement elle arrivait à s’échapper, à rester loin d’eux cette après-midi, elle pourrait peut-être réfléchir à un moyen de se protéger, avant de retourner en classe. Ou alors elle pourrait se jeter sous les roues d’une voiture. Elle imaginait déjà le pare-chocs la percuter et lui briser tous les os du corps. Combien de temps mettrait-elle à mourir, disloquée au milieu de la route ? »

 

Dans le livre certains personnages adolescents viennent d’emménager à Pagford ; la plupart le vivent assez mal et regrettent le changement de vie que leur impose le fait d’être dans un petit village et dans un petit lycée. L’auteur montre que s’intégrer dans un village et être admis dans un groupe de jeunes peut parfois être difficile.

En résumé, JK Rowling choisit de se focaliser sur les adolescents et leurs problèmes, cette fois-ci bien éloignés d’un monde magique ; le roman est écrit dans un langage cru, les répliques des adolescents ainsi que leur sentiments sont très bien décrits et réalistes ; bien que j’aie eu du mal à me faire à ce style de langage et à cette vulgarité surtout venant de cet auteur, j’ai l’impression qu’elle a vraiment voulu contraster avec ses précédents livres en passant à la littérature pour adultes. J. K. Rowling avoue s’être inspirée de sa propre adolescence pour décrire celle des personnages dans le livre ; une partie de sa vie qui n’a pas été très heureuse, qu’elle a d’ailleurs passée dans un village qu’elle dit similaire à celui de Pagford ; c’est sans doute ce qui explique que tous les adolescents du roman soient si peu optimistes.



Une multitude de personnages

Le roman compte environ une trentaine de personnages, trente-quatre selon  le magazine The Telegraph qui a publié un petit guide : http://www.telegraph.co.uk/culture/books/booknews/9570116/JK-Rowling-The-Casual-Vacancy-the-cast-of-caricatures.html

Ce nombre étourdissant de personnages qui ont tous des liens entre eux et la longueur du livre (680 pages) font que l’intrigue a du mal à démarrer ; selon moi, on passe d’un personnage à l’autre très vite, sans avoir vraiment eu le temps de le comprendre, ou de s’attacher à lui ; on a du mal à saisir l’intrigue générale, car chacun des personnages a ses propres problèmes, envies et objectifs. Cependant on peut aussi dire que ce nombre de personnages permet d’avoir un échantillon assez large de la population de Pagford, et donc d’être au cœur des préoccupations des habitants et de ressentir l’ambiance, l’atmosphère du village.

En conclusion, on peut dire que le roman de JK Rowling n’a pas fait l’unanimité ni dans les critiques ni chez les adeptes d’Harry Potter ; voici quelque critiques qu’on a pu lire dans la presse mondiale :

 

New York Times : « Le monde que décrit Rowling est si banal, si stéréotypé que le roman n'est pas seulement décevant : il est fade. [...] De nombreux auteurs ont réussi à brosser un portrait de la classe-moyenne rurale, en rendant compte du quotidien des personnages tout en y insufflant beaucoup d'émotion. Malheureusement, ce n'est pas le cas ici. [...] Padford fait songer à un village factice dont les habitants seraient des jouets. [ …] Les personnages d'Une place à prendre n'ont pas été suffisamment construits et imaginés. Nous n'avons pas le sentiment d'être proches d'eux, de les connaître, comme c'était le cas dans Harry Potter. »

Fox news : « Si vous recherchez des sorciers, des formules magiques ou des balais volants, vous serez déçus […] Mais si vous recherchez l'émotion et le coeur qui faisaient le charme d'Harry Potter, vous les retrouverez dans Une place à prendre. »

The Telegraph : « Il y a beaucoup de violence – domestique, sexuelle, sociale – dans ce roman. Mais justice n'est jamais rendue, aucune solution n'est apportée [...] Une place à prendre nous démontre que la magie, ça n'existe pas. »

The Australian : « J.K. Rowling a échappé à la pauvreté. [...] Elle est aussi préoccupée par le sort des déshérités que l'était Dickens. Peut-être est-ce une bonne chose de rappeler que les romans, parfois, ne servent pas uniquement à nous divertir. »

 

Source : http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-nouveau-roman-de-j-k-rowling-n-a-pas-le-charme-d-harry-potter_1166982.html

En ce qui me concerne,  je n’ai pas particulièrement apprécié le livre ; le sujet est intéressant, ainsi que la manière de le traiter, mais cependant le nombre trop important de personnages fait que l’intrigue générale semble, pour moi, sans cesse interrompue, ; il m’a fallu revenir plusieurs fois en arrière pour  relire des passages car j’oubliais sans cesse les liens entre les personnages. Cependant, on peut penser que l’auteur a souhaité ici traiter d’un sujet qui lui semblait important, qui lui rappelait sa propre histoire ; on sent dans son écriture teintée d’ironie, à certains moments, une pointe d’amertume et de colère envers la société et les adultes surtout lorsqu’on se situe du point de vue des adolescents.


Laura, 1ère anné bib.



Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives