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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 19:00

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Jørn RIEL
Le Naufrage de la Vesle Mari et autres racontars
traduit du danois
par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet
éditions Gaïa, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Jørn Riel est un écrivain danois né en 1931. Il s’engage en 1950 pour une expédition dans le Groënland. Il trouvera là-bas une source d’inspiration pour ses livres et y restera seize ans.

Jorn Riel vit aujourd’hui en Malaisie, « histoire de décongeler », dit-il.


Le dépaysement

Une des clés de son succès : le lecteur est totalement immergé dans un univers glacial, masculin et rude. Univers totalement inconnu qui peut au début rebuter : la chasse au phoque, le bain annuel et le tannage des peaux ne sont pas des sujets qui accrochent vraiment au départ. Puis peu à peu on se fait à ce quotidien, les aventures s’enchaînent, le paysage reste le même mais les personnages varient sauf quelques irréductibles qui persistent.

Le dépaysement est un peu la signature de Jørn Riel peut-être même plus que son style d’écriture. Il faut savoir qu’avant Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars il y a neuf autres volumes. Tous se passent dans le Groënland, avec des personnages récurrents.

Dans certains volumes, il y a de nombreux termes et expressions laissés dans la langue originale et donc mis en italique. Cela gêne la lecture et peut même décourager le lecteur. Dans cette œuvre, en revanche, très peu de mots sont en italique et quand ils le sont ils sont expliqués, un peu comme si c’était un mode d’emploi et de découverte du Groënland.


L’humour

Un humour burlesque et décalé : la mort de Museau, dans la première nouvelle, est franchement déroutante. Il meurt en effet après avoir pris son bain annuel dans un lac gelé et, pour se réchauffer, s’être brûlé le postérieur sur un feu. L’humour est présent tout au long des nouvelles, même lors des enterrements. Le style de l’auteur est également cocasse, avec des comparaisons ou des métaphores qui font toujours sourire.

Parfois l’auteur se joue de nous, c’est comme s’il nous testait pour voir jusqu’où le lecteur est prêt à le suivre. Il profite du fait que le Groënland est un pays méconnu pour nous faire croire ce qu’il veut.


L’œuvre

L’histoire entière serait trop longue à présenter mais le fil conducteur de ce volume est la fin de l’aventure au Groënland. En effet, un bureaucrate a décidé de mettre fin à la chasse aux phoques et les personnages doivent donc soit se recycler dans un autre métier sur la banquise, soit retourner au Danemark pour trouver autre chose.
Le temps dans les nouvelles varie ; parfois elles se chevauchent, parfois non.


Bjorken

Cette nouvelle raconte un duel entre deux personnages, Olsen et Bjorken. Olsen est le capitaine de la Vesle Mari. Il doit emmener Bjorken au Danemark mais celui-ci aurait préféré rejoindre son élève resté au Groënland. Bjorken tente alors de saboter la Vesle Mari. Il y arrive avec l’aide de mère nature et des glaciers. En contrepartie, Olsen soustrait les précieuses peaux d’ours de Bjorken.  Cette nouvelle se déroule donc pendant le naufrage lent et désespéré de la Vesle Mari tout près des côtes. Le capitaine essaye d’écoper un maximum d’eau. Pendant plus d’une journée il pompe et arrive à retarder un peu l’inévitable.

Le comique de cette nouvelle réside sans aucun doute dans la présence des spectateurs du naufrage réunis sur la côte, qui parient sur le temps pendant lequel la Vesle Mari restera à flot ou sur l’issue de l’affrontement entre Olsen et Bjorken. Cela engendre de véritables joutes verbales dont le public devient juge. Puis le débat évolue lorsque la Vesle Mari commence à être happée par les profondeurs. Lorsque Bjorken et Olsen sont seuls sur le bateau, les juges argumentent, ils se demandent si oui ou non Bjorken doit sauver Olsen de la noyade ou bien s’il doit lui laisser son honneur. Au final, Bjorken monnaye et récupère ses peaux contre le sauvetage d’Olsen.

Bjorken est un philosophe parce qu’il est le seul à parler latin. Du coup tout le monde le respecte. Il faut savoir qu’il a un caractère assez particulier, puisqu’il préfère faire exploser sa demeure plutôt que de la laisser à des étrangers.

Cette nouvelle montre bien la rudesse du climat et des hommes, mais aussi l’entraide qu’il y a parfois, les éternelles disputes étant généralement de pure forme ou destinées à les occuper en l’absence de femmes.


Citations

« Quand j'étais gosse, dit Mortensen doucement, j'étais fou de bonbons. J'avais jamais ma dose de ces cochonneries, je piquais des ronds dans le porte-monnaie de mon père ou dans la commode, pour satisfaire ce besoin. J'étais évidemment le gros de la classe, mais personne ne se moquait vraiment, vu que je pouvais tabasser même les plus grands. J'étais insatiable, Doc, j'avalais tout ce que je pouvais trouver de sucré. » Il tendit la main devant lui. « Mais ça, Doc, c'est une sucrerie pour l'âme. On s'en lasse jamais, on peut y goûter encore et encore. »

« Valfred voyageait léger. Quatre bidons d’eau-de-vie de myrtilles, dix-neuf boîtes de sardines à l’huile, son 89 et un sac de voyage avec quelques vêtements de rechange. »

« Nous devons accueillir nos invités propres et fringants … Bien entendu, en tant que chef de station, je commence et me réserve cette marmite d’eau chaude. Puis Museau se lavera avec la même eau, et en dernier Lasselille, qui, étant le plus jeune, n’a matériellement pas eu le temps ni le loisir de devenir aussi sale que nous autres. »


Laura Vincent, 1ère année Éd.-Lib.

 


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Published by Laura - dans Nouvelle
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