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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 07:00

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Jack KEROUAC
Sur la route (1957)
éditions Gallimard, 1960

Folio, 2007

(Nouvelle édition

Sur la route-Le rouleau original

Gallimard, 2010

Sortie folio

1er avril 2012)

 

 


 

« Notre vie est un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit
Nous cherchons notre passage
Dans le ciel où rien ne luit. »

Chanson des Gardes Suisses, 1793
(« Notes de premières pages »
de Voyage au bout de la nuit,
Louis Ferdinand Céline)


 

 

Les boîtes de Greenwich, « The village », New-york, l'aube de Mille neuf cent cinquante ou quelque chose. Bouillonnante, cœur d'artiste protestataire.

Le Jack, « Ti-Jean » pour ses relents de Bretagne, il y'a peu craché par l'édition, désormais verse et bave, valsé de monotonie rythmée, improvisée, précipitée jusqu'à perdre le souffle, son On the Road, déroulant en vagues orales son rouleau de trente-six mètres. Une pluie battante, une déferlante d'histoires déçues, perdues, d'issues volées au vent kilométré. Héros déchus, furieux, dépravés, retrouvés, brûlante folie et fous de vivre, le souffle haletant, trop heureux pour s'arrêter dormir. Bien trop fous pour se laver de toute parole, parler, toujours, sans s'interrompre. Assez fous pour avaler dix-mille miles au vent et rattraper le vent, rattraper le temps invendu, le temps ivre en fausses méditations.

Les cafés-boîtes jazz, le renouveau artistique ou culturel grouillent d'idées nouvelles, contre-culture, création plurielle. Alternative. Oubliés-cramés-sacrifiés le « Square »-le salaud, le publicitaire -marche-aux-mensonges,  la décence et sa bonne clique, vendeurs de rêve en machine à laver. On lit la poésie, à haute voix, on vit, le Jazz, « swing » plein les veines, vie bohème ici vivent écrivains, musiciens, jongleurs, contorsionnistes. Parmi lesquels, Kerouac (Sal Paradise), Burroughs (Old Bull Lee) Cassady (Dean Moriarty) et Ginsberg (Carlo Marx), compagnons d'idées, pensées lucides désespérées, rimbaldiens voyageurs du Bout de la nuit.

« De nuit, le Missouri, les champs du Kansas, les vaches nocturnes du Kansas dans de mystérieux espaces, des villes de boîtes de biscuits avec une mer au bout de chaque rue […] Enfonçons-nous dans la nuit occidentale à la suite de ces mauvais garçons au cœur pur, « enfants de la nuit bop », tricheurs d'Amérique et aussi d'ailleurs, hurlant leur peine, et que « Personne n'écoute là-haut ».



Puis en voiture la « Beat generation » ; « Beatmen » désolidarisés, solitaires, esclaves ou liberté, enfuis et amers. « Je est un autre », Je est « qu'importe », San Francisco-NewYork-New York-Frisco- Onze collines-Douze allers-Quinze retours-Rocheuses-Denver-Chicago-Detroit... « Road is life » vous diront Vagabonds solitaires, Clochards Célestes, paumés-marginaux shootés à la vie, d'Est en Ouest, Nord au Sud, héroïnoman du blues de Mexico à Big Sur, Californie.
   
L'Ouest et les Pionniers, mysticisme en Amérique, la Route, le vice, l'alcool, la poussière, de regrets ou d'espoirs, des étoiles des gamins, voitures volées, « à cent mille à l'heure qu'il vrombissait Dean » des vieux et des filles, Marie-Jeanne-trompe-la-faim, héroïnes faciles ou pas, fuir les villes surtout, démentes et puantes jusqu'ici les montagnes puis la quête passionnée Frisco, toute en collines et « descentes ». Calme plat, brouillard, lendemain difficile toujours pour l'Amérique schizophrène.

« On vit la Nouvelle-Orléans dans la nuit devant nous, pleins de joie. Dean se frotta les mains au-dessus du volant. "C'est maintenant qu'on va s'en payer !" Au crépuscule, on fit notre entrée dans les rues fredonnantes de la Nouvelle-Orléans. "Oh ! Flaire le peuple !", gueula Dean en passant la tête par la portière, reniflant. "Oh ! Dieu ! Oh ! Vie !" Il évita un tramway d'un coup de volant. "Oui !" Il éperonna la bagnole et reluqua les filles dans toutes les directions. "Celle-ci, visez-là !" »



Vivre sans repos, sans prévisions, sans objectifs sinon que viles filles, villes de passage et camarades, et de l'alcool parfois pour sentir vivre, sentir en soi le souffle instable-impatient des imprévus, de virées sans fin, de rencontres hasardeuses, puis attraper l'instant d'extase, qui vous laisse croire que c'est unique, que l'on peut parfois être heureux, dès lors frottés d'une vie brûlante et sulfureuse. -D'une vie- d'Audace, Be-Bop et benzédrine. Improvisation-perception. Du cœur-des sensations. Essoufflé-nouveau né.

« Quel est ce sentiment qui vous étreint quand vous quittez des gens en bagnole et que vous les voyez rapetisser dans la plaine jusqu'à, finalement, disparaître ? C'est le monde trop vaste qui nous pèse et c'est l'adieu. Pourtant nous allons tête baissée au-devant d'une nouvelle et folle aventure sous le ciel ».


Nicolas, 1ère année Bib

 

 


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