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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 07:00

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Jack LONDON
Martin Eden (1909)
Traduction
Francis Kerline
Phébus
Collection Libretto, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est au coeur d'une belle demeure que notre histoire commence.

Un jeune marin de vingt ans découvre pour la première fois l'univers raffiné de la bourgeoisie, où règnent la culture, le savoir et l'aisance. Pour lui, c'est un autre monde, décalé du sien. Une sphère  privilégiée où l'on peut découvrir la quiétude et les secrets de l'esthétique. C'est donc dans cette maison bourgeoise que Martin Eden, très impressionné, verra pour la première fois Miss Ruth Morse, étudiante en lettres, dont il tombera immédiatement amoureux.

Lui a grandi dans la pauvreté, la violence, l'imprévu. Il se trouve confronté à la vue d'une jeune femme qui depuis toujours, vit au cœur de la richesse matérielle et intellectuelle.

Dés les premières pages, nous est livrée l’exaltation ressentie par le jeune homme pour cette jeune personne bien éduquée qui semble incarner la beauté, la délicatesse, la pudeur et l'intelligence.

 

« Il la compara à une fleur d'or pâle frémissant sur sa tige. Ou plutôt non : c'était un esprit, une divinité, une déesse ; une beauté aussi sublime n'était pas de ce monde. » (p.15).

 

Martin Eden idéalise sans même la connaître cette jeune femme cultivée. Il ressent immédiatement une profonde admiration, mêlée à une crainte fébrile, celle du ridicule. En effet, le jeune homme s'exprime avec un langage brut, âcre et vulgaire, celui des bas-fonds du monde ouvrier. À l'opposé, Ruth et les siens manient la grammaire avec habileté, en employant naturellement de belles tournures de phrases.

 

« Oubliant sa réserve, il la dévorait des yeux. Vivre pour elle, pour la conquérir ; se battre et...mourir pour elle. Les livres disaient vrai. Il y avait des femmes comme elle sur terre. Elle en était la preuve . » (p.19)

 

Pour la conquérir, Martin est déterminé à braver les conventions, à franchir le gouffre qui les sépare, du fait de leur position sociale respective. Martin Eden déploiera une énergie impressionnante, une volonté d'acier qui lui permettra d'acquérir rapidement un savoir encyclopédique, une très grande culture qui affinera son esprit vif et son discernement. Cette première rencontre sera décisive dans l'existence de ce jeune homme, visiblement fasciné par la présence de Ruth. Jack London décrit avec subtilité les sensations et les sentiments, la sensibilité à fleur de peau d'un jeune homme émerveillé par la découverte d'un univers si différent du sien.

 

« En l'entendant rire, il avait senti de délicieux petits frissons lui parcourir le dos. Comme un ruissellement de clochettes d'argent, se dit-il et, l'espace d'un instant, il s'imagina dans un pays lointain, fumant une cigarette sous un cerisier en fleur, tandis que les clochettes d'une pagode appelaient à la prière les fidèles en sandales de paille. » (p. 20)

« La beauté idyllique et l'élévation spirituelle des livres devenaient réalité. » ( p. 27).

 

La force et la pureté de l'amour qu'il éprouve pour Ruth sont sans aucun doute une des clefs du récit. Cet amour puissant va l'inciter à découvrir en profondeur les connaissances culturelles et le monde bourgeois.

Peu à peu, le jeune homme portera un regard nouveau, critique et progressiste sur les courants de pensée et les œuvres de divers auteurs, notamment contemporains. Cette acuité intellectuelle, associée à son expérience «  crue » et concrète de la vie, feront de lui un être à part, à la personnalité incomprise. Au fil des pages, Jack London nous dépeint le destin exceptionnel d'un homme pétri par ses voyages, ses lectures éparses, ses ambitions, mais également ses désillusions douloureuses face à la nature humaine.



Le deuxième rencontre qui marquera profondément l'existence de Martin est celle de Russ Brissenden, riche intellectuel tuberculeux, avec qui il se trouvera de nombreux points communs et dont il apprendra beaucoup. Cet homme, autodidacte comme Martin, possède un talent immense en matière d'écriture, mais ne veut en aucun cas être connu du grand public. Martin ressent une profonde admiration mêlée de respect pour cet homme atypique.

 

« Vous m'avez montré ce qu'était un écrivain. Quel génie ! Non, c'est plus que du génie, ça transcende le génie . C'est la vérité devenue folle. » (p. 334).

 

Au fil des pages transparaît le caractère attachant de Martin Eden : un homme sensible, spontané, généreux, impulsif, rêveur, doté d'une grande vivacité d'esprit, d'une imagination remarquable et d'une santé hors du commun.

Ce roman, publié en 1909, est certainement la plus autobiographique de toutes les œuvres de Jack London. En effet, l'histoire de Martin Eden présente de nombreuses similitudes avec celle de son créateur. Jack London vient d'un milieu pauvre, a effectué de nombreuses professions dans le monde ouvrier. Tout comme son personnage, Jack London est un autodidacte qui se forge une culture personnelle et non conventionnelle ; c'est aussi un aventurier, un vagabond qui a soif de liberté et de justice.

À l'âge de neuf ans, Jack London  fait la découverte des Contes de l'Alhambra de Washington Irving ainsi que de l’œuvre de la romancière anglaise Ouida intitulée Signa, relatant l'histoire d'un enfant de ferme italien sans éducation qui devint un célèbre compositeur d'opéra. Outre sa vie personnelle, ce livre est peut-être une des sources d'inspiration de son roman Martin Eden.

Ce roman passionnant aborde avec richesse et psychologie de nombreux thèmes qui s'entremêlent harmonieusement : l'amour, l'apprentissage de l'existence et sa complexité, la force de l'amitié, la dureté de l'intolérance, les distinctions sociales, la confrontation d'idées, la beauté et la vigueur de la vie qui palpite, mais aussi le désenchantement.


Quitterie, 1ère année édition-librairie

 

 

Jack LONDON sur LITTEXPRESS

 

 

jack london

 

 

 

 

 

Dossier d'Anne-Laure et Loïk. Fiches sur Martin Eden, Le Talon de fer, Le Vagabond des étoiles, L'Appel de la forêt, Parole d'homme, Le Loup des mers, Contes des mers du sud.

 

 

 

 

 

 

Jack London Croc-blanc01

 

 

 

 

Article de Yaël sur Croc-Blanc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jack-london-le-talon-de-fer.gif

 

 

 

Article de Mickaël sur Le Talon de fer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

parole-d-homme.jpg

 

 

 

 

 

Article de Thomas sur Parole d'homme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Jack London Le peuple d'en bas

 

 

 

Article d'Esilda sur Le Monde d'en bas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jack London Le bureau des assassinats

 

 

 

 

Article de Tiphaine sur Le Bureau des assassinats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Quitterie - dans fiches de lecture 1A
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