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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 07:00

Jacques Ferrandez Alger la noire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques FERRANDEZ
et Maurice ATTIA
Alger la Noire
Casterman, mars 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques éléments biographiques
Jacques-ferrandez.jpg
Jacques Ferrandez est né à Alger en 1955, mais il a grandi à Nice, étudié à l’école des Arts Décoratifs. Il est issu de deux générations de Pieds-Noirs. En 1977, il rencontre le scénariste Rodolphe avec qui il va travailler, ce qui marque une étape dans sa vie professionnelle. Il est dessinateur et scénariste de bande dessinée et il a aussi fait plusieurs adaptations et travaillé à plusieurs reprises en collaboration.

Même s'il n'a pas vécu en Algérie, Jacques Ferrandez dans ses œuvres a beaucoup traité de son pays natal. En effet, il avait entamé les Carnets d'Orient, une série qui traitait de la colonisation française en Algérie. Après s'être consacré à d'autres projets, il est revenu à cette série en créant une seconde partie, qui traite de la Guerre d'Indépendance, de 1954 à 1960.

Il a aussi fait des Carnets de voyage, série de carnets  à l'aquarelle sur différents pays ou villes : l'Iran, Sarajevo …

Biographie
http://www.bedetheque.com/auteur-877-BD-Ferrandez-Jacques.html

 

 

Maurice-Attia.jpg

 

 

Maurice Attia est né en 1949 à Alger lui aussi. Après avoir été à l’école primaire en Algérie, il part avec ses parents pour Marseille, la ville où la plupart des Pieds-Noirs ont émigré, au moins dans un premier temps. Il a fait des études de médecine, de psychiatrie et de psychanalyse. Il viendra progressivement à l’écriture, en écrivant tout d’abord des livres compilant des récits cliniques. Mais à partir de 2000, il se lance dans l’écriture de romans et de nouvelles noires. Il recevra plusieurs prix pour ses différents livres.

 

 

 

Biographie et bibliographie
http://fichesauteurs.canalblog.com/archives/2007/12/26/7351283.html
      


Alger la noire

Le texte original est un roman policier de Maurice Attia ; on retrouve dans ce récit des éléments qu’il a connus ; en effet, l’histoire se déroule à Bab-El-Oued où il a été scolarisé, et Marseille, ville où il a émigré.

Jacques Ferrandez, quant à lui, a fait l’adaptation en créant le dessin à partir du livre et en transcrivant le texte en scénario.



Les personnages principaux
 

Alger-la-noire--Paco-Martinez.JPG

  
Paco Martinez est un jeune inspecteur de Bab-El-Oued, il n’a pas vraiment de position politique, il n’est ni du côté du FLN, ni du côté de l’OAS ; il aime l’Algérie et voudrait que les problèmes s’arrêtent. Il essaie de faire son métier de policier.

 

 

 

 

 

Alger-la--noire-Maurice-Choukroun.JPG

 

 

Maurice Choukroun est son collègue, d’origine juive. Lui aussi veut faire son métier de policier. Il est malade et veut quitter l’Algérie pour aller en France, comme beaucoup de Pieds-Noirs à l’époque.

 

 

 

 

Alger-la-noire-Irene.JPG

 

 

 

 

 

Irène est la compagne de Paco ; c’est une femme indépendante. Elle a perdu la moitié d’une jambe lors d’un attentat quand Paco n’était pas avec elle, car elle voulait lui signifier son indépendance. Elle est là pour Paco quand il en a besoin mais leur relation est compliquée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alger-la--noire-grand-mere-de-paco.jpg

 

 

 

La grand-mère de Paco ; elle est âgée et atteinte de démence sénile. Elle porte le poids d’un lourd secret de famille qui expliquera son antipathie pour Irène. C’est elle qui a élevé Paco, et c’est lui qui a son tour s’occupe d’elle.

 

 

 

 


L’histoire

Elle se déroule à Alger et dans le quartier de Bab-El-Oued entre le 22 janvier et le mois de mai 1962.

L’histoire a donc lieu en plein cœur de la guerre d’Algérie qui opposait ceux qui voulaient que l’Algérie reste française et ceux qui voulaient que l’Algérie redevienne indépendante de la France. Le thème central de l’histoire est donc ce conflit qui bouleverse l’Algérie cette année-là et la violence omniprésente ainsi que l’état d’esprit de la population.

Deux garçons trouvent le corps d'un couple mixte sur la plage, nus comme s'ils faisaient l'amour ; le garçon, un jeune Algérien est sur la jeune femme blanche. Il a eu les testicules coupés, on les lui a mis dans la bouche ; dans son dos a été taillé au canif à même la peau « O.A.S ».

L'inspecteur Paco Martinez et son collègue Maurice Choukroun vont mener l'enquête sur ce meurtre qui a tout d'une mise en scène. Ils interrogent les familles respectives mais, en sortant du commissariat, le père de Mouloud Abbas est abattu.

La découverte du journal intime de la jeune femme oriente d'une manière différente les recherches des deux policiers. Un détective privé est mêlé à l'affaire car il avait été engagé par le père de la jeune femme pour la suivre. Les policiers au cours de leur enquête s'aperçoivent que  le père avait recours à des prostituées, une en particulier. Choukroun décide de partir pour la métropole avant que les choses ne tournent trop mal mais il en sera empêché. Paco perd les pédales et est dessaisi de l’affaire ; c’est par hasard qu’il va trouver un nouvel élément qui va les faire progresser dans l’enquête. Comme ils le pensent depuis le début, l’affaire est bien plus compliquée qu’il n’y paraît.

À côté de cette enquête, il y a deux histoires que l’on suit en parallèle.

On voit l’histoire d’amour entre Paco et Irène. Celle-ci est compliquée, elle est fondée en partie sur la culpabilité de Paco motivée par l’attentat qui a fait perdre une jambe à Irène. On trouve une tendresse, une complicité mais aussi une certaine forme de brutalité dans leurs rapports sexuels. Il y a un certain fatalisme mélangé à une envie de vivre et de profiter de l’autre en même temps qui rend leur relation complexe.

La grand-mère de Paco porte avec elle le chagrin de la perte de son fils, et le poids de l’histoire de son fils. Tout au long de l’histoire, on sent qu’elle porte le poids d’un lourd secret. Mais elle est aussi animée par une certaine haine pendant ses  crises de démence sénile.

Dans le texte, il y a à plusieurs reprises des termes arabes qui sont utilisés et on trouve aussi des termes crus. L’auteur fait un portrait de la mentalité des personnes de l’époque.

Ferrandez-Alger-la-noire-pl01.JPG

Technique

La ligne claire n'est ici pas du tout utilisée, au contraire. Jacques Ferrandez travaille à l’aquarelle et au stylo-feutre fin.

Il y a une différence de traitement entre les personnages en fonction de leur âge. Les jeunes sont très peu dessinés au niveau des visages, quelques traits suffisent et les expressions sont données principalement par les ombres et les lumières grâce à l'aquarelle. Pour les personnages plus âgés, les visages étant plus marqués de manière naturelle, on retrouve dans le dessin un plus grand détail ; en complément, l'aquarelle est toujours utilisée. Mais le traitement des visages dépend aussi de la position du personnage et de la prise de vue.

Il y a différents rapports entre le texte et l'image. Il soutient l'image quand par exemple elle est l'illustration du texte de la bulle. L'image présente les personnages lors d'un dialogue, ou alors explique des scènes qui sont racontées dans le souvenir par un personnage. Mais il y a aussi certaines cases où il n’y a que du dessin.



Critique

 

« Là où le romancier a besoin de décrire, de raconter, le dessinateur en une image embrasse le paysage. Mais Jacques  Ferrandez, habituellement si gourmand de dessins pleines pages, de panoramiques qui vous emportent, a pour l'occasion raccourci ses cases, les a multipliées. Le récit est tendu, tordu, dit-il. Et le dessinateur, pour la première fois, franchit le pas des scènes explicites pour montrer la mort qui frappe jour et nuit, et à laquelle répond l’amour passionnel, charnel, entre Paco, le flic, et Irène, la modiste. »
[Jean Christophe Ogier, France Info]

 

 


Mon avis

J'ai beaucoup aimé cette BD ; je connaissais déjà Jacques Ferrandez, il a un dessin bien à lui et l'aquarelle a un très bon rendu. Il sait comment donner vie à chacun de ses personnages avec un stylo et un pinceau, de manière succincte parfois.

Le sujet qu'il traite est dur et encore très obscur, mais il est traité de manière juste en montrant la réalité sans en rajouter.

Je le conseille vivement sauf peut-être aux âmes sensibles car il y a des scènes d'amour parfois crues ou montrées et non pas suggérées comme souvent.


Léa, 1ère année édition-librairie

 

 

Maurice Attia Alger la noire

 

 

 

 

 

 

Article de Julie sur Alger la Noire de Maurice Attia.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques FERRANDEZ sur LITTEXPRESS

 

Ferrandez Cuba 1

 

 

 

 

 

Article de Séphora sur Cuba père et fils.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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commentaires

MICHEL 03/06/2016 10:09

Paris blues

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