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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:00







Jacques ROUBAUD
Le Chevalier Silence :
Une aventure des Temps Aventureux

Gallimard
Collection Haute Enfance, 1997.

 

 
















Enfin ! La Vérité éclate au grand jour ! Parée de ses atours virginaux, la voici qui s’avance l’œil sévère, le doigt accusateur pointé sur l’ignoble « Chr. De T. ».

« Mais quel est son crime ? » me demanderez-vous. L’infâme a lamentablement plagié le noble Heldris de Cornouailles ! Ce nom ne vous dit rien ? Et pour cause ! Ce mauvais chrétien a bien œuvré pour que l’on oublie à jamais le véritable auteur du Roman de Silence.

Mais regardez ! Là, à la droite de Vérité, n’est-ce pas lui ? Le Révélateur ? Celui qui se nommerait Jacques Roubaud ? La légende dit qu’il est le légitime héritier du troubadour Rubaut, celui-là même qui nous rapporta l’œuvre de Cornouailles traduite en bon provençal.

Qui donc, mieux que Roubaud, aurait pu rendre leur voix au grand Heldris et à la Vérité même ? Découvrez ici, bons lecteurs, la véritable histoire du Chevalier Silence
 
Le roi Glendwr rêve qu’un jour une fille noble de seize ans – et qui n’était plus pucelle – le tuera en duel après qu’il aura tenté de la violer. Pour éviter ce terrible présage, il décide de garder auprès de lui toutes les petites nobles nouvellement nées du royaume, jusqu’à leur seizième année.

Mais c’est sans compter l’initiative de Morgannww et de son épouse Gortensja, parents inquiets qui viennent de mettre au monde une silencieuse petite fille. Soucieux de la garder auprès d’eux, ils la font passer pour un garçon. Le même jour, la rivière qui borde le château apporte aux heureux parents un étrange présent : un bébé dans un panier. C’est un garçon, de riche condition, qui, selon la note laissée au creux des langes serait un fils caché d’un des chevaliers de la Table Ronde. Morgannww et Gortensja auront donc officiellement deux garçons jumeaux : Silence et Wallwein. Officieusement, ils seront frère et sœur, puis amants. L’histoire du Chevalier Silence conte leurs aventures.
 
 En digne membre de l’Oulipo, Jacques Roubaud a truffé cette œuvre de références en tous genres. C’est un véritable plaisir pour le lecteur de se perdre dans toute cette intertextualité ; et lorsque les allusions sont évidentes, c’en est un autre que d’apprécier son humour pétillant. C’est une joie que je laisse à votre appréciation, car je ne peux que vous conseiller la lecture du Chevalier Silence : c’est une œuvre légère, amusante, mais ludoéducative.
 
Je ne résiste pas à la tentation de vous livrer mon extrait préféré, l’énigme de la Sphinge d’Œdipe revisitée par Roubaud :


« Alors Renart la prit à part et lui dit : ‟ Je sais par mon père qui le tenait du sien qui le tenait du sien qui le tenait du sien qui le tenait du sien qui le tenait du sien, quelle est l’énigme que la Sphinge va te sommer de résoudre. Et je connais une solution. Elle va te demander : ‟ Qu’est-ce qui a quatre patte le matin, deux pattes à midi et trois pattes le soir ?” Il faut répondre : ‟C’est le renard.” Le renard a quatre pattes le matin, comme tous les matins. A midi il a deux pattes, quand il se dresse pour escalader le poulailler pour tordre le cou aux poules. Et le soir il a trois pattes, après s’être rongé celle sur laquelle s’est refermée le piège au moment de repartir.” » (p. 130.)      
 
 Christelle, AS. Bib-Méd-Pat.

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