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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:00

Tardi-Brouillard-au-pont-de-Tolbiac.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques TARDI
Brouillard au pont de Tolbiac
Casterman, 1982
Réédition

Collection Romans bd/A Suivre, 1997

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La bande dessinée Brouillard au pont de Tolbiac, éditée en 1982, est une adaptation par le dessinateur Jacques Tardi du roman du même nom de Léo Malet, publié en 1982.

Cet album en noir et blanc narre les aventures de Nestor Burma dans les années 50, on y découvre une partie de la jeunesse du détective.



Intrigue

Nestor Burma reçoit une lettre de Lenantais, un ancien compagnon que le détective a connu dans sa jeunesse lorsqu’il fréquentait un foyer anarchiste. Dans sa lettre, Lenantais demande de l’aide à Burma mais il est tué avant d'avoir pu parler au détective.Ce dernier décide alors de replonger dans le passé de son ami pour savoir qui l’a assassiné. Lors de ses recherches, Burma rencontre Belita, une gitane menacée par son clan qui était la jeune protégée de Lenantais, et tombe amoureux d’elle. Il croise également d’anciens anarchistes devenus capitalistes liés à l’assassinat de Lenantais et à d’autres affaires de meurtres.

Le récit se déroule sur cinq jours et plusieurs intrigues se croisent dans l’histoire : l’enquête de Burma sur Lenantais est étroitement liée à une affaire plus ancienne qui a eu lieu chez les anarchistes peu après le départ de Burma, appelée « affaire du pont de Tolbiac ». Il semblerait que quelqu’un cherche à se venger en tuant les personnes impliquées dans cette ancienne affaire. On suit également l’histoire d’amour entre Burma et Bélita et leur différend avec les gitans.

Le rythme de l’histoire est assez lent, il y a beaucoup d’explications et peu de scènes d’action. Le récit m’a paru compliqué et assez difficile à suivre car il y a de nombreux retours en arrière et un nombre important de personnages essentiels pour le déroulement de l’intrigue ; il m’a fallu noter leurs noms sur une feuille pour arriver à suivre l’histoire.
Tardi-Brouillard-au-pont-de-Tolbiac-03.JPG


Les personnages

Tardi-Burma.jpgNestor Burma

Il est le narrateur de l’histoire, on suit sa progression dans l’enquête mais également ses pensées. Il correspond à la figure typique du détective privé, avec son éternel imper, qui boit et fume beaucoup, n’hésite pas à recourir à des méthodes illégales pour arriver à ses fins et ne fait pas confiance à la police.

C’est un personnage assez complexe : il est cynique, désabusé et utilise beaucoup l’ironie et l’humour noir pour commenter ce qui l’entoure dans un langage familier voire argotique. Mais c’est également un personnage humain et sensible, qui tombe amoureux et semble affecté par les événements. Burma n’est pas un héros, il peut connaître la défaite, et on peut d’ailleurs considérer la fin de l’histoire comme un échec pour lui : son ami est vengé car les meurtriers sont tués ou punis mais il va perdre son amour. L’opposition entre le texte et le dessin accentue la dualité du personnage : les traits de Burma paraissent figés et on ne voit presque aucune expression sur son visage alors que le texte révèle une certaine sensibilité.



Paris

La ville de Paris peut être considérée comme un personnage à part entière de l’histoire, elle fait le lien entre les différentes intrigues et contribue à créer l’ambiance de l’histoire. Tardi accorde une place importante à la ville deTardi-Brouillard-au-pont-de-Tolbiac-rue-nuit.jpg Paris qui est souvent le point de départ de ses histoires, il dessine d’ailleurs le décor avant de dessiner les personnages.

L’histoire se déroule dans les quartiers populaires du 13ème arrondissement ; la ville paraît triste et désenchantée, à l’instar de l’histoire et des personnages. Les lieux sont sombres et étouffants, plongés dans le brouillard ou sous la pluie, et de nombreuses scènes se passent de nuit. L’utilisation du noir et blanc accentue la noirceur de la ville. Nestor Burma n’apprécie pas le 13ème arrondissement, il le décrit de manière très négative et avec un certain fatalisme :

 

« C’est un sale quartier, un foutu coin, dis-je. Il ressemble aux autres, comme ça, et il a bien changé depuis mon temps, on dirait que ça s’est amélioré, mais c’est son climat. Pas partout, mais dans certaines rues, certains endroits, on y respire un sale air. Fous-en le camp, Belita. Va bazarder tes fleurs où tu voudras, mais fous le camp de ce coin. Il te broiera, comme il en a broyé d’autres. Ça pue trop la misère, la merde et le malheur..."» (p.35).

 

Dans l’introduction de la bande dessinée, Léo Malet déclare qu’il croyait écrire un roman contre le 13ème arrondissement avec lequel il avait un vieux compte à régler mais que son roman a finalement fait figure de défenseur de cet arrondissement. En effet, son récit immortalise ces quartiers qui ont pour la plupart été bétonnés depuis. Le pont de Tolbiac et certains des lieux du roman n’existent plus, d’autres sont restés presque à l’identique.

Pour ses dessins, Tardi a pris de nombreuses photos de la capitale au début des années 80 et les a associées à ses propres souvenirs pour recréer le paysage du Paris des années 50. Dans chaque case,  les lieux sont représentés avec précision, on peut trouver à la fin de l’album un plan du 13ème arrondissement avec une légende indiquant les endroits où se passent les différents événements de l’intrigue. Certains se sont d’ailleurs amusés à retrouver les rues dessinées par Tardi et à les comparer au Paris actuel ; on peut trouver leurs travaux sur ces sites  ici et  .



La ville et l’époque sont représentées très fidèlement par Tardi : les voitures, bars, journaux ou films à l’affiche des cinémas reproduits dans la bande dessinée ont bien existé dans les années 50. On voit également un peu partout des graffitti « FLN vaincra » qui renvoient au contexte de la guerre d’Algérie. Ce souci du détail contribue à nous plonger dans l’ambiance de l’histoire.

Tardi-Brouillard-au-pont-de-Tolbiac-page.jpg

Dessin

Il y a en général de cinq à six cases par planche, où alternent les plans d’ensemble montrant les rues de Paris et les gros plans sur les personnages. Tardi accorde une place importante au texte et à la narration.

Il dit ne pas se préoccuper de respecter l’anatomie ; ce qui lui importe est la compréhension de la scène plus que le mouvement exact. On remarque en effet que les traits des personnages sont simplifiés voire caricaturés (les yeux sont réduits à l’état de fentes et la bouche n’est plus qu’un simple trait), et bougent de façon pas toujours très naturelle. Les visages sont presque inexpressifs, il faut donc se référer au texte pour savoir ce que pensent les personnages.



Avis

J’ai bien aimé cette BD car elle nous plonge dans l’ambiance du Paris populaire des années 50 ; j’ai également bien accroché au dessin de Tardi et les personnages m’ont paru intéressants. Par contre j’ai eu plus de mal avec l’histoire elle-même, il m’a fallu m’accrocher pour suivre l’enquête car il y a beaucoup de personnages et que certaines pages sont remplies d’explications, le texte prenant parfois plus de place que l’image.Adele-blanc-Sec.jpg

J’ai également lu 120 rue de la gare qui est aussi une aventure de Nestor Burma, se passant entre Paris et Lyon et dans laquelle on  retrouve certains des personnages récurrents qui entourent Burma. Il m’a semblé plus intéressant et facile à lire. Mais si je devais conseiller un album de l’œuvre de Tardi, ce serait plutôt un des tomes des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc sec, car il y a plus d’action et que l’histoire est plus fantaisiste.


Anaig Trebern, 1ère année bib 2011-2012.

 

 

 

 

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Published by Anaig - dans bande dessinée
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