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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 07:00

Tardi-C-etait-la-guerre-des-tranchees.gif






 

 

 

 

 

 

Jacques TARDI
C’était la guerre des tranchées
Casterman, 1993
 





 

 

 

 

 

 

 

L’auteur et l’œuvre

JacquesTardi est un auteur et dessinateur de bande dessinée né à Valence en 1946. Son père était militaire de carrière ce qui lui valut d’être prisonnier en Allemagne (Tardi rend d’ailleurs hommage à son père dans une de ses bandes dessinées les plus récentes Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag II B). L’univers de Tardi possède diverses caractéristiques, souvent des paysages urbains en particulier les faubourgs parisiens, l’anarchisme et la révolte, la guerre et les conditions de vie des soldats, et surtout la misère illustrée de manière extrêmement crue. Tardi recourt pour son dessin à la technique de la ligne claire, utilisée par Hergé, le créateur de Tintin.


Pour ce qui est des personnages, Tardi se plaît à ridiculiser le concept de héros et utilise des antihéros. Et la bande dessinée C’était la guerre des tranchées ne fera pas exception.

L’œuvre en elle-même est plus qu’un simple récit sur la Première Guerre mondiale, c’est une suite de petites histoires (un peu comme un recueil de nouvelles), toutes englobées dans l’atmosphère caractéristique de la guerre des tranchées. L’auteur réussit à recréer les conditions de vie atroces des soldats, la vie dans les tranchées, la violence physique et psychologique, la cruauté des officiers supérieurs.


Il nous décrit la guerre d’un point de vue interne avec ses habitudes, son quotidien, son langage et bien entendu ses combats tous plus meurtriers les uns que les autres.



L’univers de la Grande Guerre

 

« Les obus éventraient le sol torturé, à l’intérieur duquel se terraient des milliers d’hommes qui avaient creusé la terre et aménagé des abris. C’était La guerre des tranchées. »

 

Dans ce fragment du récit, Tardi résume toute l’horreur de la Première Guerre mondiale.

Au début de l’œuvre, Tardi fait un rappel historique et une présentation des conditions de vie, du quotidien ainsi que des souffrances des soldats des deux camps. Il insiste sur les bombardements quotidiens appelés par les soldats « le marmitage », il décrit cela de manière réaliste, on pourrait presque dire naturaliste. En effet la taille, le lieu de fabrication et le nom des sociétés productrices d’artillerie sont également mentionnés. L’atmosphère se caractérise par des paysages dévastés, lunaires, cauchemardesques, où les villages ravagés par les bombardements font place à l’horreur du no man’s land, où les cadavres projetés hors de leurs tombes viennent s’accrocher aux derniers arbres encore debout.

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Cependant l’auteur ne s’arrête pas là ; il nous décrit également l’horreur des combats, la peur des soldats de sortir de la tranchée, de se faire faucher par des tirs de fusil ou de mitrailleuse. La traversée du no man’s land se termine toujours par un massacre. Toute la violence de cette guerre est représentée par des dessins et des paroles très crus.

 

 

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Les atrocités les plus innommables sont présentes : un soldat au ventre ouvert qui se suicide avec une grenade, un général fanatique qui fait tirer des obus sur ses propres soldats les jugeant trop lâches, les combattants fusillés pour l’exemple… Les mutilations volontaires sont également traitées, mais de manière plus implicite, il n’y a pas d’image illustrant ce geste, mais seulement un court texte narrant l’histoire d’un soldat qui a trouvé une solution pour sortir de la guerre. Les dangers liés aux gaz toxiques sont également présents ; dans cette guerre totale, Tardi nous fait bien comprendre que tous les moyens ont été utilisés. Les problèmes psychologiques dus à l’horreur des combats sont aussi mentionnés.

La bande dessinée se termine par un récapitulatif du nombre de soldats victimes de cette guerre atroce. Un bilan est dressé de tous les morts, blessés, mutilés, amputés. L’auteur évoque l’utilisation des populations colonisées par les Français et les Anglais. Le récit s’achève définitivement par la mort de deux soldats le jour de l’Armistice, le 11 novembre 1918.

Tout au long de l’œuvre, il n’y a ni paix, ni espoir, il n’y a que la misère et la guerre.



Les personnages : leur quotidien, leurs souffrances, leur langage.

Les personnages

Les personnages présents dans cette œuvre ont des caractéristiques communes : ce sont tous des antihéros désabusés, parfois cyniques qui essaient tant bien que mal de survivre à cet enfer.

Le premier personnage que l’on suit est le soldat Binet. S’inquiétant pour son ami Faucheux parti en reconnaissance dans la nuit, Binet sort de la tranchée et part à la recherche de son ami dans le No man’s land. Il finit par le retrouver mort, son corps gisant dans une flaque de boue. Mais à ce moment une mitrailleuse allemande lui tire dessus et il meurt dans de terribles souffrances. Juste avant de mourir, il voit apparaître un soldat derrière lui, ce soldat est le narrateur.

Tardi c etait la guerre des tranchees 04

 

Le narrateur est le seul personnage qui intervienne plusieurs fois dans le récit, c’est un homme désabusé qui survit tout au long de la bande dessinée, il se rend compte peu à peu de l’atrocité de la guerre et de la déshumanisation des combattants. Il subira les effets nocifs du gaz toxique, fera la connaissance d’un soldat désespéré qui se suicidera avec une grenade. Il finira par mourir à son tour à la fin de la BD, le jour de l’Armistice.

Le soldat Lafon est le personnage qui nous permet de voir comment la guerre avait commencé ; il observe le climat de passion et d’agressivité caractéristique du début de la Première Guerre mondiale. Il finira par mourir dans une tranchée à cause de l’explosion d’un obus.

 

 

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Le soldat Huet est le personnage qui illustre la violence psychologique de la Grande guerre, il se sent coupable d’avoir tiré sur des civils que les Allemands avaient placés devant eux comme bouclier humain. Rongé par la culpabilité il finit par sortir seul de la tranchée et meurt d’une balle dans le ventre

 

 

 

 

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Le soldat Mazure est un des rares combattants du début de la guerre (on reconnaît cela à son équipement différent des autres soldats du récit). C’est un personnage silencieux et blessé qui erre à la recherche d’un abri après une bataille sanglante, il finit par devenir le prisonnier d’un soldat allemand caché dans un village détruit, mais les deux hommes arrivent à cohabiter. L’arrivée d’autres soldats français va bouleverser la situation, l’Allemand sera tué directement, et Mazure sera jugé et condamné pour « abandon de poste devant l’ennemi et intelligence avec celui-ci ».

D’autres personnage sont également présents et vont subir les diverses atrocités de la guerre.


Le langage des tranchées

Pour pousser le réalisme à son plus haut point Tardi va jusqu’à employer un langage volontairement grossier, ordurier, afin que le lecteur soit véritablement immergé dans l’atmosphère de cette guerre.

Comme phrase typique de cette guerre on peut noter :

 

« Y avait pas intérêt à faire du potin avec les bouteillons de soupe, le jus, le bricheton, les gourdes de pinard, et tout le bordel qu’on trimballait. On était à moins de 50 mètres des lignes boches. Le coin était délicat, carrément à découvert ; plus d’une corvée c’était fait étendre à cet endroit. ».

 

On observe ici un véritable langage des tranchées compréhensible seulement après une documentation sur cet argot.



Conclusion

Jacques Tardi a réussi à recréer de manière très réaliste l’atmosphère et les personnages typiques de la Première Guerre mondiale. Cette œuvre est une véritable réflexion sur l’absurdité et la barbarie de la guerre, ainsi que sur la déshumanisation et le désespoir d’hommes condamnés à une mort quasi certaine.

Personnellement je trouve que cette œuvre n’est pas seulement une bande dessinée, c’est un véritable chef-d’œuvre graphique et historique, où la boue et le sang se mêlent au désespoir et à la folie des hommes qui s’embourbent dans une guerre absurde et interminable. Cette œuvre nous plonge et nous immerge dans l’atmosphère cauchemardesque de la Première Guerre mondiale.


Gabriel, 1ère année 2012-2013

 

 

Jacques TARDI sur LITTEXPRESS

 

Tardi Brouillard au pont de Tolbiac

 


 

 

Articles de Chloé et d'Anaig sur Brouillard au pont de Tolbiac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tardi new york mi amor

 

 

 

Article de Florian sur New York mi amor.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Gabriel - dans bande dessinée
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commentaires

j-l 06/06/2015 16:53

merci bcp , ça m'aide pour l'histoire des arts

ANONYME 10/05/2015 14:51

merci ce site explique tout

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