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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 07:00

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Jay McINERNEY
Glamour attitude
Titre original :

Model Behaviour
L’Olivier, 1998
Points, 2008
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Le nom entier de l’auteur est John Barrett McInerney Jr. Il est né en 1955 à Hartford dans le Connecticut.

Son premier roman se nomme Bright Lights et est publié en 1984 ; son titre a été traduit par Journal d’un oiseau de nuit. McInerney dépeint sur un ton satirique la jeunesse new-yorkaise aisée des années 90. On a d’ailleurs assimilé ce roman à une autobiographie, ce qu’il a formellement démenti. Cependant, on retrouve de nombreuses similitudes avec sa propre vie dans l’ensemble de ses romans. Par exemple le fait qu’il ait vécu deux ans à Tokyo, une similitude avec le personnage principal de Glamour Attitude, Connor McKnight qui est, en outre, rédacteur people au magazine féminin CiaoBella ! tandis que l’auteur a été lui-même vérificateur au New-Yorker.

 Ses romans évoquent les années 80, à New-York, et plus particulièrement à Manhattan.

Il a étudié l’art d’écrire avec Raymond Carver, et a fait partie, dans les années 90, du groupe littéraire appelé Brat Pack, que l’on traduit généralement par « bande de morveux littéraires » : les auteurs appartenant à ce groupe ont été le centre d’une hypermédiatisation adressée au jeune lectorat aisée de New-York.

Sa griffe : un ton grinçant, mordant et satirique qui fait le portrait du monde superficiel et sans âme des people et de la vie mondaine.


Source : www.wikipedia.org

 

Glamour attitude

L’histoire est racontée par Connor McKnight, écrivain raté, reconverti en rédacteur people au magazine féminin CioaBella ! Son métier consiste à interviewer les nouvelles stars afin de décrire leurs habitudes vestimentaires et alimentaires, ainsi que leurs relations dans le monde des célébrités. Il est, par ailleurs, fiancé à un top-model en vogue, Philomena Briggs, qu’il a rencontré dans un métro à Tokyo, alors qu’il y vivait depuis sept ans.

Le livre débute sur une scène qui donne le ton : Philomena est en train de se regarder dans le miroir avec dégoût alors que Connor est en train de boire un verre de Martini.
 
« Quand Philomena se regarde au miroir, elle voit une créature grasse et sans attraits. Cela malgré le fait qu’elle est une femme dont l’image photographique est employée à grands frais pour faire naître le désir en corrélation avec certains biens de consommation. Ou plutôt, à cause de ce fait. Car la conscience morbide de son propre corps est la silicose qui ravage sa profession. Au moment de s’habiller pour la réception, elle vocifère qu’elle est énorme et n’a rien à se mettre.

J’ai à la main un Martini, pour la mise en train, lorsqu’elle fait cette déclaration.

— T’es vachement belle, dis-je.

Elle saisit mon verre et le précipite contre le miroir, fracassant l’un et l’autre.

Bof, ça fait rien. Je picole trop de toute façon. » (p. 9)

 

On comprend qu’on trouvera au centre de l’histoire le couple Philomena et Connor, et que leur relation est instable puisque Philomena, furieuse contre lui pour une raison qui lui – et nous – échappe,  jette le verre de Martini contre un mur.

En outre, ce premier passage nous fait également sentir que ce monde est uniquement fondé sur l’image, stéréotype que l’auteur va tenter de briser, ce qu’il nous fait comprendre avec la référence du miroir brisé.

 

Résumé

Dès le début de l’histoire, on comprend que quelque chose ne marche plus dans le couple Connor-Philomena. Cette dernière se montre distante et froide à l’égard de son fiancé, mais le lecteur, tout autant que le principal intéressé, en ignore la raison.

Elle part alors pour un prétendu casting à San Francisco. Mais Connor ne reçoit aucune nouvelle de sa part pendant plusieurs jours. Même s’il remarque qu’elle fait beaucoup de voyages ces temps-ci, il préfère étouffer ses soupçons qui fleurissent peu à peu, plutôt que de les affronter. Néanmoins, il ne reste jamais loin du téléphone au cas où elle l’appellerait.

Au bout de quelques jours, cependant, il finit par appeler l’agent de Philomena qui lui apprend que sa fiancée n’a pas de casting prévu, et donc qu’elle ne peut pas être à San Francisco. N’ayant aucun numéro auquel la joindre, il ne demeure jamais longtemps loin du téléphone.

Finalement, Philomena laisse un bref message, un soir où elle sait qu’il est sorti pour un dîner avec son ami Jeremy Green, un auteur de nouvelles, et au ton mal assuré de sa fiancée, Connor comprend qu’elle se force à avoir un ton dégagé. Dans une soudaine illumination, il se met à fouiller tout l’appartement sans découvrir l’objet de ses recherches : le diaphragme de Philomena. Il sait, dès lors, qu’elle est partie pour le tromper avec un autre.

On assiste alors à sa déchéance progressive et pathétique : il ne réussit pas à interviewer Chip Ralston, un jeune acteur nouvellement célèbre qui ne cesse de lui échapper ; toutes ses pensées sont tournées, jour et nuit, vers ses souvenirs avec Philomena : il va jusqu’à se masturber en se remémorant leurs moments les plus intimes. Il gâche, ensuite, une soirée mondaine à laquelle il accompagne sa patronne Jullian Crowe : en effet, il évoque un fait divers qui racontait qu’un homme avait battu sa femme et que celle-ci était morte sous ses coups, en présence même d’un homme de respectabilité mondaine qui frappait lui-même sa femme. Il se fait, par la suite, renvoyer par sa patronne qui n’attendait que la fin de son contrat pour le faire. Il est également harcelé par une fan, Jennifer Rodriguez, qui, au fur et à mesure du roman, se révèle être complètement folle. Enfin, il apprend avec qui sa fiancée le trompe : Chip Ralston, l’acteur qu’il cherche désespérément à interviewer sur les ordres de sa patronne.

Son désespoir atteint alors son apogée : il va jusqu’à frapper Chip en public lors de son arrivée pour un talk-show. Paradoxalement, alors que Connor était en quête de célébrité ou plutôt de reconnaissance, il va être poursuivi par des photographes et des journalistes qui souhaiteront l’interroger sur les raisons de son acte afin de faire les gros titres de la presse people. Même s’il se fait arrêter tout de suite après, il devient le centre d’attention du monde qui jusqu’alors l’avait laissé dans l’ombre. Sa sœur Brooke paie sa caution, ce qui lui permet de sortir de prison quelques heures plus tard.

 Le lendemain, alors que tous deux se rendent à l’appartement de Connor avant de partir pour la Floride pour y rejoindre leurs parents pour Noël, Jennifer Rodriguez l’attend devant chez lui et tente de tuer, avec un couteau, sa sœur, qu’elle prend pour sa petite amie.

C’est seulement pendant le mariage de Brooke que l’on apprend qu’elle a perdu son lobe d’oreille après cette attaque mais que cela l’a guérie de son anorexie. On apprend également que Jeremy est mort, tué par balle par l’homme qui possédait son chien et à qui il voulait le reprendre en pénétrant chez lui en plein milieu de la nuit. C’est lui qui permet à Connor d’entrer dans le show-biz puisqu’il a fait de lui son exécuteur testamentaire : Connor s’occupe donc de l’adaptation au cinéma du recueil de nouvelles de son ami, qui est devenu un succès grâce à sa mort tragique. Il clôt le roman en annonçant un « happy end » comme au cinéma : Philomena lui revient.



Les personnages principaux

Connor McKnight, le narrateur, est un anti-héros par excellence car rien ne le distingue des autres personnes qu’il côtoie. Son intelligence et sa gentillesse le desservent et font de lui un rejeté du show-biz. Par exemple, sa patronne Jullian Crowe l’a engagé uniquement parce qu’elle le prend pour un homosexuel lors de l’entretien d’embauche. Il vit dans l’ombre de sa fiancée qui le quitte parce qu’elle en a assez de son manque de confiance en lui et parce qu’il refuse de l’épouser avant de s’être hissé au même niveau de notoriété qu’elle. Il finit par faire pitié au lecteur puisqu’il s’apitoie sur son sort, compense l’absence de sa fiancée en se masturbant tout en se remémorant leurs ébats antérieurs et retourne régulièrement à son appartement pour savoir si elle lui a laissé un message : il va jusqu’à partir au beau milieu d’une réunion familiale pour aller vérifier. Finalement, à la fin, grâce à son défunt ami Jeremy, il va devenir célèbre, ce qu’il désirait, et arrivera donc à avoir confiance en lui. Philomena revient donc vers lui.

 

Brooke McKnight est la sœur de Connor. Elle est anorexique parce qu’elle est trop sensible aux douleurs du monde. La première fois que le lecteur la rencontre, elle est en train de lire un ouvrage sur les crimes de guerre et notamment le massacre au Rwanda. Elle se scarifie régulièrement et Connor ferme les yeux sur sa maladie parce qu’il ne veut pas la voir enfermer dans un hôpital psychiatrique. Elle est pourtant d’une lucidité étonnante et compatit toujours aux malheurs de son frère, même si elle n’aime pas sa fiancée, car elle n’a rien dans la tête. Elle est elle-même fiancée à un chirurgien réparateur que Connor n’aime pas jusqu’à la fin et qu’il surnomme « Doudingue ».

 

Philomena Briggs est un célèbre top-model et la fiancée de Connor qu’elle a rencontré à Tokyo deux ans auparavant. Mais alors que Connor se complaît à dire qu’ils sont profondément amoureux, dès le début, on s’aperçoit que quelque chose ne marche plus dans leur couple. Elle a de régulières sautes d’humeur envers lui. Elle lui ment et le quitte pour aller le tromper avec l’acteur Chip Ralston. Cependant, elle est moins superficielle que le lecteur n’a tendance à le croire : elle aime vraiment Connor mais ne veut plus se contenter de la relation qu’ils entretiennent. Elle veut l’épouser, ce qu’il refuse. Paradoxalement, elle part le tromper avec un homme qui ne lui offre rien de plus.

 

Jeremy Green est le meilleur ami de Connor. C’est un végétarien particulier car il ne mange « rien qui ait des yeux ». En outre, c’est un écrivain torturé et hypersensible qui rejette la société mondaine dans laquelle il est plongé à cause du succès de son œuvre. Il ne supporte pas les critiques que les grands magazines, et surtout les magazines people, font de son recueil de nouvelles Walled-in. Il pense qu’il n’est pas compris par ces critiques littéraires qui ne saisissent pas l’essence de son œuvre. Il se fait tuer à la fin de l’histoire tandis qu’il s’introduit, en pleine nuit, chez l’homme à qui il avait donné précédemment son chien, ne pouvant le garder dans son appartement. Mais il s’était ravisé rapidement en s’apercevant qu’il tenait beaucoup à l’animal.

 

 

 

On constate très vite que deux mondes, représentés par les personnages, tournent autour de Connor : d’un côté, il y a Brooke, Doug, Jeremy et les parents de Connor qui représentent le véritable monde, celui où les relations sont fondées sur l’amour, l’amitié : d’authentiques valeurs.

De l’autre, il y a le monde dans lequel Connor travaille : le monde de l’image, des réputations, du sexe et de la drogue, du show-bizz. Un monde où tout est faux et illusoire. Par exemple, Jason Townes, un prétendu ami de Chip Ralston, avoue qu’il faudrait lui « [greffer] une personnalité » et lui faire « une liposuccion du moi » (p. 207). Même l’amitié est trompeuse.

Au centre, on trouve Connor qui est attiré par la notoriété et la reconnaissance de son talent, et en même temps, qui reste attaché au monde commun grâce à sa famille et ses amis. Même s’il finit par devenir célèbre, on peut s’interroger sur l’évolution de sa personnalité. Deviendra-t-il comme tous les autres, ou gardera-t-il les pieds sur terre ?

Par ailleurs, Manhattan se révèle être le cœur de ce monde sans âme, « sans fard », comme le dira Brooke, la sœur de Connor, comme si elle avait une influence néfaste sur les gens qui viennent y vivre, ou même seulement y travailler. Le père de Connor donnera l’exemple de deux syndicats de travailleurs en bâtiment qui se sont mutuellement importunés en sabotant le travail de l’autre (p. 171). La ville transforme les gens.

 

Le style

On remarque dès le début du roman que sa construction est particulière. L’auteur forme de courts chapitres qui vont de quelques lignes à quelques pages. Ils portent tous, notamment, des titres en gras, ce qui rappelle le métier du personnage principal. « Modèle enlève le haut et affole le bar » (p. 16), « Connor parmi les ploutocrates » (p. 50), « la réaction de Connor » (p. 99), « Conversation mondaine dans l’Upper West Side » (p.141)… Ces titres permettent de suivre le fil du roman car le narrateur part dans tous les sens, au gré de ses pensées et de ses actes.

De plus, il y a une alternance entre la première et la troisième personne : l’auteur s’adresse parfois directement au lecteur ou bien à son personnage. Il lui arrive également de parler de lui et de son personnage à la première personne du pluriel. La troisième personne du singulier intervient souvent lorsque Connor est dans un état d’esprit pathétique, ou qu’il est trop soul pour pouvoir penser par lui-même.

On assiste à une volonté d’ancrage réaliste : en effet, l’auteur fait mention de nombreux lieux de Manhattan, tels que des bars, des avenues, des boutiques de luxe. Il évoque en outre de nombreux magazines existants comme le New-York Post, Beau Monde ou encore le Times.

 
Mon avis

Par de nombreux points le livre est comique et surtout satirique. Jay McInerney s’amuse évidemment à dépeindre un monde dans lequel il a vécu, et qui, apparemment, ne manque pas de lui inspirer toujours plus de romans, de Bright Lights à Trente ans et des poussières ou encore Le dernier des Savage. Glamour attitude fait partie des romans qui ne sont pas des chefs-d’œuvre mais démontrent un certain talent de l’auteur à se moquer des clichés. Par exemple, lorsque Connor nous raconte qu’il envisage de créer un programme pour réduire à partir d’un raccourci clavier le nombre de touches à manipuler afin que son ordinateur fournisse automatiquement les données qu’il réécrit très souvent. Par ce biais, McInerney montre d’une façon comique et surtout moqueuse que les stars ne font preuve d’aucune originalité et se copient les unes les autres. Connor nous donne un exemple : « fuit aussi souvent que possible les feux d’Hollywood pour retrouver la qualité de la vie en famille dans son immense ranch des environs de Livingstone dans le Montana (CTRL, Mont) » (p. 35).

En outre, le roman foisonne de références littéraires qui ont la particularité de n’être évoquées que par Connor ou Jeremy, les deux seuls écrivains qui semblent avoir une culture classique :  Raymond Carver (petit clin d’œil de l’auteur à son maître d’écriture), Hemingway ou encore la Chartreuse de Parme de Stendhal. Mais il semble qu’ils soient seuls dans le milieu à les connaître et les avoir lus.

Par ailleurs, on remarque une omniprésence des thèmes du sexe et de la drogue. Il n’y a pas de tabou dans le monde que McInerney nous décrit. Pourtant, loin d’en faire la critique au travers de son personnage, on observe même que le narrateur y participe avec un certain plaisir, notamment pour le sexe. D’ailleurs, l’auteur utilise des termes qui ne laissent aucune équivoque : il parle de « baise antérieure » ou de « réflexions post-coïtales ». En évoquant un souvenir plutôt intime avec Philomena, il nous rappelle ses propos : « allez, baise-moi » (p. 21), « Fais comme si j’étais une pute. Un tapin. » (p. 55). Néanmoins, même si les termes de ce registre s’échelonnent tout au long du texte, l’auteur ne tombe jamais dans le vulgaire et le choquant. De plus, avec la recherche effrénée du diaphragme de Philomena, l’auteur nous montre que le sexe domine cet univers superficiel.

Enfin, la drogue est également une pratique courante. Lorsque Connor va interviewer « l’ami » de Chip Ralston, Jason Townes, ce dernier se trouve dans une chambre d’hôtel de luxe, où il « s’amuse » avec des amis : effectivement, tout en regardant un film, ils consomment des lignes de cocaïne et s’ébattent à tour de rôle avec une prostituée qui n’est autre que Pallas, une effeuilleuse que Connor va régulièrement voir au bar le Mont Olympe, dans la seule ambition d’entretenir avec elle une sorte de relation platonique.

Jay McInerney dresse le portrait satirique d’un monde de façade et de superficialité complètement névrosé à travers la déprime tragi-comique de Connor.  Un livre drôle et « sans fard » !


Élodie M., 1ère année Éd.-Lib.

 


 

Jay McINERNEY sur LITTEXPRESS

 

mcinerney la belle vie couv

 

 

 

 

Article de Pauline sur La Belle Vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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