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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 07:00

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Jean ECHENOZ
Des éclairs
Minuit, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur l'auteur

Né en 1947, Jean Echenoz publie son premier ouvrage en 1979, Le Méridien de Greenwich, aux éditions de Minuit. Il obtient, en 1983, le prix Médicis pour Cherokee puis le prix Goncourt, en 1999, pour Je m'en vais. En 2001, il rend hommage à l’éditeur éponyme dans Jérôme Lindon, œuvre autobographique dans laquelle il expose ses relations avec lui. Des éclairs clôt une trilogie de biofictions commencée en 2006 avec Ravel, suivie de Courir en 2008. Son dernier livre, 14, est paru cette année.


La fiche de lecture suivante vous donnera des informations sur la trilogie de biofictions ainsi qu'un résumé de l'œuvre présentée ici : http://littexpress.over-blog.net/article-jean-echenoz-les-biofictions-ravel-courir-des-eclairs-107562183.html



Quelques lignes de résumé

L'histoire de Des éclairs s'inspire largement de la vie de l'inventeur Nikola Tesla (plus d'informations  ici). Le personnage central, Gregor, est né une nuit d'orage, entre deux jours, car personne n'a pensé à regarder alors l'heure exacte. C'est probablement cette nuit traumatisante, qui marquera le reste de la vie de Gregor, qui a donné son titre au récit (associée à son invention du courant alternatif).

Gregor grandit, non seulement physiquement mais aussi intellectuellement, très rapidement. Il se met à concevoir des objets, des machines, quitte son Europe de l'Est natale pour l'Europe occidentale puis pour les États-Unis. Il y rencontre Thomas Edison et sera ingénieur pour lui avant de devenir son plus grand rival en travaillant pour Westinghouse. Néanmoins, la plupart des inventions de Gregor vont être attribuées à Edison. Ceci entre autres parce que Gregor ne prête que peu d'attention au dépôt de ses brevets. Cela lui fera perdre de l'argent mais permettra surtout à d'autres scientifiques de lui voler ses idées.

Il mène une vie excentrique : logeant à crédit, sur sa réputation, dans un luxueux hôtel new-yorkais, il limite au minimum le contact avec d'autres personnes. Sa vie sociale se borne à deux repas par semaine chez les Axelrod, Norman, qui devient son meilleur ami, et Ethel, dont il tombe amoureux. Il est obsédé par la propreté, par les microbes mais encore plus par les chiffres : il compte tout, tout le temps. « Il s'occupe en fait à dénombrer précisément le public, au strapontin près. » (p. 61)

La recherche d'investisseurs, la mise en œuvre de projets, l'échec de certains d'entre eux se poursuivent jusqu'au moment du déclin. Gregor n'est plus le même. Son train de vie diminue, pour cause de contraintes économiques, tandis que son corps s'amaigrit et que ses idées s'amenuisent. La fin de sa vie va tourner autour des pigeons.



Quelques thèmes du livre

 « Fiction sans scrupules biographiques » selon la quatrième de couverture, Des éclairs raconte cependant une vie avec des détails historiques exacts (la découverte du courant alternatif, les rayons X, le microscope électronique...) même si le nom de l'inventeur n'est pas respecté... On peut, par ailleurs, noter l'absence quasi totale des deux guerres mondiales, seulement mentionnées en passant car certaines des inventions sont utiles en temps de guerre.

Gregor est un personnage déraciné, il quitte tout, son village natal, sa famille, devient polyglotte et quitte de nouveau sa terre d'accueil pour aller encore plus à l'ouest. De là découle une certaine solitude mais elle est aussi due à un besoin d'isolement provoqué par ses inventions qui le font se renfermer sur lui-même et ses idées.

Cet être étrange, qu'on a du mal à croire humain par moments, éprouve tout de même quelques sentiments : un besoin de reconnaissance (de son talent, humainement, scientifiquement et financièrement afin d'attirer des investisseurs), l'amitié (avec Norman), l'amour et la jalousie (avec Ethel et avec... une pigeonne).

Les pigeons. Parlons-en ! Ils envahissent le roman, et donc la vie de Gregor, petit à petit. Au début, il se contente d'aller de temps en temps les nourrir dans un parc, puis de plus en plus fréquemment. Il se ensuite met à les étudier, à y aller tous les jours et à les soigner. Il les ramène dans sa chambre d'hôtel, ce qui est vite dérangeant, et tombe amoureux d'une des pigeonnes qu'il soigne et qui meurt rapidement, atteinte d'une maladie incurable. Après l'avoir enterrée en grande pompe, il la fait finalement exhumer puis empailler pour la garder dans sa chambre d'hôtel, avec lui.



Quelques observations sur l'écriture

Gregor n'est pas le narrateur de son histoire. Celui-ci est extérieur, utilise donc la troisième personne mais fait parfois des commentaires en son nom, ce qui le lie au lecteur. Hormis ce que l'on peut saisir dans ces apartés, on ignore tout de ce narrateur et de son identité. On peut d'ailleurs penser qu'il s'agit de l'auteur lui-même...

Echenoz pratique les ellipses temporelles. Il manque des périodes de la vie de Gregor (sept ou dix ans, et ce plusieurs fois). L'auteur utilise un rythme qui accroche son lecteur, alternant les phrases longues et riches et les phrases courtes et incisives. Cette alternance, ces ruptures créent des atmosphères différentes : une énumération en une seule longue phrase emporte le lecteur dans un flot continu tandis qu'une succession de phrases courtes et nominales assène ses mots au lecteur comme des coups de point (si je peux me permettre un tel jeu de mots).

Cette biofiction nous entraîne avec elle. On suit très facilement l'histoire qui nous est contée, on s'attache à ce narrateur qui nous fait part de ses propres impressions, on découvre comment ont été créées certaines des plus grandes inventions du vingtième siècle... Une lecture sympathique, à la fois divertissante et instructive que je conseille vivement !


Lola Favreau, 2A Éd-Lib

 

 

 

 

Jean ÉCHENOZ sur LITTEXPRESS

 

 

echenoz ravel

 

 

 

 Articles d'Anne-Claire et de Jean sur Ravel

 

 

 








Article de Samantha sur L'Équipée malaise







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Article de Maude sur Lac














Article de Marlène sur Je m'en vais.

 

 

 

 

 

Jean Echenoz Jerome Lindon

 

 

 

Article de Claire sur Jérôme Lindon.

 

 

 

 

 

 





Article de Quentin sur Courir

 

 

 

 

 

 

 

Article de Léanne sur les trois biofictions (Ravel, Courir, Des éclairs).

 

 

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