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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 07:00

echenoz ravel



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Echenoz
Ravel
Minuit, 2006


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Jean Echenoz est un écrivain français contemporain né en 1947 à Orange. Il a fait des études de sociologie et de génie civil. À 32 ans, il envoie le manuscrit du Méridien de Greenwich à de nombreux éditeurs. Ce ne sont que des lettres de refus qui l'attendent dans sa boîte aux lettres. Par défi et pour compléter sa collection de missives, il adresse ses pages aux éditions de Minuit, qu'il tenait le plus en admiration et dont il n'avait osé franchir la porte. Ce fut une surprise et une véritable rencontre avec l'éditeur Jérôme Lindon, qui marqua le début de sa carrière littéraire.

 Il a obtenu de nombreux prix littéraires, notamment le prix Médicis en 1983 pour Cherokee et le Goncourt en 1999 pour Je m'en vais.



Bibliographie sélective des ouvrages de biofiction de Jean Echenoz

Ravel, Minuit, 2006, à propos du compositeur Maurice Ravel,
Courir, Minuit, 2008, à propos du coureur de fond Emil Zatopek,
Des éclairs, Minuit, 2010, à propos de l'inventeur Nikola Tesla,

auxquels on peut ajouter
Jérôme Lindon, Minuit, 2001, à propos de son éditeur.



Présentation du livre

Le livre ne peut pas être présenté sans la biographie de Maurice Ravel. En effet le livre retrace les dix dernières années de la vie du musicien en 123 pages mais l'on y trouve de nombreuses références à sa vie antérieure. Maurice Ravel est un compositeur français de génie. Il est né à Ciboure, près de Saint-Jean-de-Luz, où il retourne régulièrement an vacances. Echenoz nous décrit certains de ses voyages. Son père est ingénieur, il est important de le noter, notamment pour la création du Boléro. Doué pour le piano, il entre au conservatoire de Paris. Élève de Fauré, il se lie avec Falla, Cocteau, Stravinsky, Diaghilev ou Colette. Il échoue quatre fois au Grand Prix de Rome. Il participe à la Première Guerre mondiale, Echenoz nous raconte sa participation à ce conflit (p. 36-37). En 1920, il refuse la Légion d'Honneur. En 1921, Ravel achète à Montfort-l'Amaury dans les Yvelines une maison surnommée le Belvédère, dont l'auteur nous fait de nombreuses descriptions.

Echenoz commence à nous raconter la vie de Ravel à partir de 1927, à la veille de son départ pour l'Amérique. Soit dix ans avant sa mort : « Il lui reste aujourd'hui, pile, dix ans à vivre. » Dans les quatre premiers chapitres, nous découvrons le voyage de Ravel vers les États-Unis à bord du France. On trouve de nombreuses descriptions précises du paquebot et des trains. On remarque aussi sa fascination pour la machine : « mais il a toujours bien aimé la mécanique et les usines, les fonderies et l'acier rougi, les rouages plus que les flots lui donnent des idées rythmiques. » Dans ces quatre chapitres, l'auteur décrit Ravel et ses habitudes, il compare le compositeur à l'écrivain William Faulkner. On remarque dès le départ que ses cigarettes de la marque Gauloise sont très importantes et omniprésentes dans le livre ainsi que ses vêtements ; il n'est pas habillé deux fois de la même façon, même dans les dernières lignes du livre, qui évoquent sa mort : « Il se rendort, il meurt dix jours après, on revêt son corps d'un habit noir, gilet blanc, col dur à coins cassés, noeud papillon blanc, gants clairs ». Ensuite on commence à entrevoir les problèmes de sommeil et de santé du compositeur.

Dans le chapitre 5, c'est la tournée triomphale de Ravel aux Etats-Unis qui nous est contée, il est au sommet de sa gloire. Il rencontre de nombreux artistes, par exemple Gershwin. Et il est capable de faire un caprice parce qu'il n'a pas la bonne paire de chaussures pour monter sur scène.

Ensuite, dans le chapitre 6, c'est le retour en France ; l'euphorie du voyage aux États-Unis retombe, Ravel est désoeuvré et comme d'habitude il s'ennuie : « Or l'ennui, Ravel connaît bien : associé à la flemme, l'ennui peut le faire jouer au diabolo pendant des heures, surveiller la croissance des ses ongles, [...] ». Dans ce chapitre, on rencontre Jacques de Zogheb, ami loyal et voisin de Ravel, personnage récurrent du livre. Ensuite Echenoz nous raconte les techniques de Ravel pour s'endormir, il y en a quatre, disséminées dans le livre. Elles sont construites de la même façon et numérotées : tout d'abord la description de la technique puis ses défauts.

Il part en vacances à Saint-Jean-de-Luz et à son retour Ida Rubinstein lui suggère d'orchestrer quelques pièces d'Albéniz pour faire un ballet qu'elle dansera elle-même mais à cause de problèmes de droits d'auteur, il décide d'écrire autre chose. C'est la création du Boléro, puis son succès retentissant. Ravel qui avait refusé la Légion d'Honneur accepte d'être Docteur Honoris Causa de l'Université d'Oxford. Mais à la fin du chapitre ce sont les prémices de la chute de Ravel que l'on voit dans ces quelques mots : « Mais on peut se dire que, pour la première fois en public, quelque chose ne colle plus. »

Au début du chapitre 7, il est question de relation amoureuse ; pour Ravel, « l'amour est un sentiment qui ne s'élève jamais au-dessus du licencieux ». Le compositeur est un homme seul et solitaire mais entouré d'amis et d'admirateurs. Après le Boléro, il est encore désoeuvré. Paul Wittgenstein, pianiste de la main droite, lui commande un concerto pour la main gauche et Ravel décide d'en faire un deuxième, un jumeau : concerto en sol. Ce sont ses dernières oeuvres majeures. Il est au sommet de sa gloire mais son génie est entravé par la faiblesse de son corps. Sa mémoire aussi défaille et il oublie. À la fin du chapitre, Echenoz fait un bilan de la vie de Ravel cinq ans avant sa mort. Il ne reste plus que deux chapitres, on est à la moitié des dix années qu’il lui reste à vivre.

À partir du chapitre 8, tout s'accélère. Ravel a son accident, il perd peu à peu ses facultés, il ne peut plus écrire, lire, nager ; il saisit par exemple sa fourchette avec ses dents. Pour le sauver, son amie, Ida Rubinstein, lui organise un voyage au Maroc et en Espagne mais sa santé ne s'améliore pas.

Dans le chapitre 9, Ravel est au plus mal, c'est la fin ; son ami Zogheb est toujours là pour lui. On décide de l'opérer. Il meurt des suites de son opération. En deux chapitres les cinq dernières années de chute de Ravel sont dites.



Courte analyse

Tout d'abord, le récit est construit comme une montagne russe dans un parc d'attraction. On grimpe tout doucement et une fois arrivé au sommet on fait une chute fulgurante.

Ensuite pour décrire le style d'écriture, ce sont des phrases simples mais pleines de de force. On trouve beaucoup d'énumérations. Le style est très clinique, dénué de sentiments, par exemple lors de la description de l'accident de Ravel ou lors de l'opération. On trouve des comparaisons courtes, simples mais originales.

Pour ce qui est de l'authenticité de la biographie, elle est bien sûr respectée même lorsque Zogheb pose les mêmes questions à Ravel tous les jours à la fin de sa vie. Mais il y a aussi une part de fiction, par exemple avec les techniques de sommeil qu'invente Echenoz.

 

 

Nymphéa, 2e année bib.-méd.

 

 

Jean ÉCHENOZ sur LITTEXPRESS

 

 

echenoz ravel

 

 

 

 Articles d'Anne-Claire et de Jean sur Ravel

 

 

 








Article de Samantha sur L'Équipée malaise







Jean-Echenoz-Lac.gif


Article de Maude sur Lac














Article de Marlène sur Je m'en vais.

 

 

 

 

 

Jean Echenoz Jerome Lindon

 

 

 

Article de Claire sur Jérôme Lindon.

 

 

 

 

 

 





Article de Quentin sur Courir

 

 

 

 

 

Jean Echenoz Des eclairs

 

 

Article de Lola sur Des éclairs.

 

 

 

 

 

 

 

Article de Léanne sur les trois biofictions (Ravel, Courir, Des éclairs).

 

 


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