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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:00
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Jean ECHENOZ
Ravel

Editions de Minuit, 2006

















Jean Echenoz est un compositeur, Ravel est sa composition . Ecrire cela paraît banal mais ça m'a pris un temps fou pour essayer de décrire au mieux Ravel de Jean Echenoz et le faire de cette manière est la meilleure, enfin je pense.


Tout d'abord on ne sait pas comment prendre ce livre, biographie ou roman ? Lire quelque chose de Jean Echenoz ou quelque chose sur Maurice Ravel ?

Ce que j'en ai déduit, c'est que les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel sont une partition et Jean Echenoz l'interprète librement.

Si on s'attend à l'œuvre originale, quelque chose d'officiel, on  sera vite déçu : Maurice Ravel, fumant clope sur clope, absent, ennuyeux, insomniaque, ça endort et l'intérêt n'est pas là (souvent critiqué pour cela ...  « bref très peu d'intérêt, ce serait Ravel ou un quidam quelconque, ce serait pareil tant on n'apprend rien sur le compositeur », « on peut dire que l'auteur semble n'avoir rien à dire de l'extraordinaire musique du compositeur » , avis lus sur Amazon). Ce qui dérange et partage un peu les foules, on veut lire du Ravel ou du Echenoz ?!

Mais Maurice Ravel revisité par Jean Echenoz, ça change tout.

 Echenoz derrière ses platines nous propose un son fluide, agréable, ironique. En plus, on a le visuel grâce à ce souci du détail, aux zooms et aux interpellations. Une sorte de film que l'on peut lire. Que Jean Echenoz écrive pour Lady Gaga ne m'étonnerait pas.


Pour revenir au fait qu'Echenoz est l'interprète de la vie de Ravel, il y a quelque chose de troublant dans cette œuvre, vraiment comme si Ravel était passé derrière le manuscrit d'Echenoz. Ravel a fait, selon lui, son œuvre le Boléro  vide de musique tout comme curieusement (pour une oeuvre musicale et un roman biographique), Echenoz a fait son oeuvre, Ravel, vide de vie.

En plus, il fait son propre Boléro, les ressemblances sont flagrantes : un fil narratif avec une même structure, « rythmée » par les habitudes, les petites manies, bref la vie ennuyeuse de Ravel, ce qui nous rappelle la caisse claire entêtante et les maigres flûtes. Puis le rythme s'installe vraiment, on commence à aller au bout des péripéties, des actions, on sent que quelque chose se passe, les instruments s'accumulent, jusqu'à l'apogée, un grand accord dissonant : la mort de Ravel. Dès lors, la seule critique qui pourrait lui venir aux oreilles, ce serait de la SACEM.

Et un des plus grands avantages de ce bouquin est qu'il se lit tellement vite que le Boléro de Ravel en est à peine à sa modulation.

« Quel est l'auteur du Boléro de Ravel ? - Mozart ? Lelouch ? »
« Mozart était tellement précoce qu'à 15 ans il avait déjà composé le Boléro de Ravel »

Citations de Pierre Desproges, qui illustrent encore plus ce qu'il y a de dit précédemment.

Jean Husson de Sampigny, 2° année BIB-MED-PAT


Jean Échenoz sur LITTEXPRESS








Article de Samantha sur L'Équipée malaise







Jean-Echenoz-Lac.gif


Article de Maude sur Lac














Article de Marlène sur Je m'en vais.







Article de Quentin sur Courir

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