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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 07:00

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Jean-François PAROT
L’Enquête russe
Éditions 10/18
Coll. Grands détectives, 2013















Biographie

Jean-François Parot est né à Paris en 1946. C’est un diplomate et un auteur de romans policiers. Conseiller à l’ambassade de France à Sofia, en Bulgarie, il prend sa retraite en 2010.

Dès l’enfance il côtoie le monde cinématographique avec des personnalités telles que Jean Gabin, Marcel Carné et Abel Gance. Jean-François Parot est licencié de lettres, mais également titulaire d'une maîtrise en histoire et a obtenu un diplôme d'études supérieures d'ethnologie. C’est aussi un spécialiste des techniques de momification égyptiennes, des mythes des sociétés océaniennes et du Paris du XVIIIème siècle. Des connaissances qu’il utilisera par la suite dans la conception de ses ouvrages.

On le connaît essentiellement pour sa série de romans policiers Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet. Elle compte aujourd’hui onze tomes, dont le dernier est sorti cette année (2013) et se nomme L’année du volcan. Il reçoit en 2006 le prix de l’Académie de Bretagne pour Le Sang des farines et en 2007 celui du Lion’s club pour le même ouvrage. Ses livres ont été traduits dans diverses langues (italien, espagnol, anglais, russe, japonais et coréen). Il est également l’auteur d’un essai : Structures sociales des quartiers de Grève, Saint-Avoye et Saint-Antoine : 1780-1785.



Bibliographie concernant les enquêtes de  Nicolas Le Floch :

1) L'Énigme des Blancs-Manteaux (2000)
2) L’Homme au ventre de plomb (2000)
3) Le Fantôme de la rue Royale (2001)
4) L'Affaire Nicolas Le Floch (2002)
5) Le Crime de l'hôtel Saint-Florentin (2004)
6) Le Sang des farines (2005)
7) Le Cadavre anglais (2007)
8) Le Noyé du grand canal (2009)
9) L'Honneur de Sartine (2010)
10) L'Enquête russe (2012)
11) L'Année du volcan (2013)

Ils sont tous sortis en grand format aux éditions Jean-Claude Lattès et au format poche aux éditions 10/18.



Résumé

Dans le Paris du XVIIIème siècle, Paul, le fils de la tsarine Catherine II, a prévu un voyage incognito à la cour du roi Louis XVI. Il se fait pour cela appeler Comte du Nord. Cependant, le mercredi 22 mai 1782, le comte Rowski, ancien favori de la tsarine, est retrouvé assassiné dans un hôtel rue Richelieu. Nicolas Le Floch, marquis de Ranreuil, est le commissaire du roi aux affaires extraordinaires. Il est mis sur l’affaire, qui doit rester secrète pour ne pas alarmer le Comte du Nord qui doit arriver. Le jour suivant, le corps du commis de l’hôtel est découvert dans le filet de Saint Cloud. Peu de jours plus tard, le comte arrive avec sa femme pour loger chez le ministre russe à Paris.

 Parallèlement aux affaires de meurtres un conflit politique oppose les Anglais et les Américains. En effet, l’indépendance de l’Amérique se précise, les Américains avec l’aide des Français tentent de chasser les Anglais. Louis XVI pense qu’en faisant gagner les Américains la Russie fera régner la paix. Elle pourrait par ce stratagème s’en attribuer les mérites. Il recherche donc un homme de confiance qui enquêtera quant aux réelles intentions des Russes. Sartine, un ancien ministre de la marine, confie au marquis de Ranreuil cette mission autant secrète que délicate. Pour que le comte du Nord demande leurs services, ils ont pour projet de dérober une broche d’une très grande valeur appartenant à la comtesse du Nord. Le but de cette manœuvre étant que Nicolas se rapproche du tsarévitch et qu’il se fasse accepter de lui.

L’affaire va se compliquer le 27 mai 1782. C’est ce jour-là que l’un des collaborateurs de Nicolas le Floch est sur le point de voler le bijou. Un accroc se produit et le commissaire est appelé de toute urgence au Châtelet alors qu’il est à une représentation théâtrale tout comme que le comte du Nord. Deux meurtres ont été commis au logement dans lequel a été accueilli le comte du Nord. Les victimes sont une mouche (espion) que Nicolas Le Floch avait placée en observation comme frotteur et un serviteur du comte. La broche de la comtesse reste introuvable…



Portrait de Nicolas Le Floch

Il est né aux alentours de 1740 en Bretagne. Il est ce qu’on appelle un « enfant trouvé ». Il a été recueilli par le chanoine Le Floch, dont il portera le nom par la suite. Il a reçu une éducation de gentilhomme humaniste par son oncle le marquis de Ranreuil. Il est donc bien instruit : il sait parler anglais, monter à cheval, connaît l’art de l’escrime. Il commence sa carrière en tant que secrétaire du commissaire Lardin et fera sa première enquête sur la disparition de ce commissaire.

Son fils Louis est né de son union avec Antoinette Godelet, une femme de chambre. Dans L’Enquête russe, Antoinette est en mission pour la couronne à Londres. Il vacille entre son amour pour Antoinette et la passion qu’il éprouve pour Aimée d’Arranet, une suivante de Madame Elizabeth (une des sœurs du roi). Il ne veut pas se demander s’il ressent réellement de l’amour pour elle ou uniquement une passion physique.

 

 « Comment pouvait-il concilier sa fidélité amoureuse envers Antoinette avec la passion inspirée par Aimée d’Arranet ? Il n’avait pas la réponse à cette question et n’en cherchait pas. Le fait s’imposait à lui sans détour. C’était la lutte entre le lilas et le jasmin, il sourit à cette pensée.» (p. 261). 

 

Nous pouvons voir qu’il met plus de distance entre lui et Aimée puisqu’il cite le nom de famille de cette dernière. Alors qu’il cite uniquement le prénom d’Antoinette. Les femmes sont liées au parfum qu’elles portent. Nicolas voit ces deux femmes comme des fleurs qui luttent pour trouver une place dans son esprit. La « fidélité amoureuse » qu’inspire Antoinette semble plus noble que la simple passion inspirée par Aimée. Nicolas Le Floch est un homme simple qui ne veut pas souffrir de débats intérieurs. Il a d’autres mystères à résoudre que de savoir laquelle des deux femmes a le plus de place dans son cœur et dans son esprit. Nous pouvons penser qu’il a l’âme poétique lorsqu’il compare les femmes à des fleurs. C’est un séducteur qui sait jouer de ses charmes : « Le pouvoir de séduction de Nicolas était tel qu’elle finit par sourire, se leva et rajusta sa tenue. »(p. 280).  Il en use pour obtenir des informations d’une servante au sujet du double meurtre dans le logement du comte du Nord.

Il aura aussi une aventure d’une nuit avec une prostituée. Elle a le même parfum qu’Antoinette. La question de la tromperie ne s’est pas imposée à son esprit puisqu’il n’a fait que revivre en quelque sorte un épisode de sa jeunesse. Il voyait en cette prostituée l’image d’Antoinette. Cette aventure montre sa générosité puisqu’il offre de l’argent à cette prostituée dans le but de l’aider à subvenir aux besoins de son fils. De plus il lui laisse une adresse à laquelle elle pourra se rendre pour avoir des louis d’or supplémentaires. Il avait promis aussi à Dangeville dit La Fouine, la mouche assassinée au début de l’histoire, de subvenir aux besoins de sa fille et de la protéger, s’il venait à mourir.

Ce qui nous amène à parler du sentiment qu’il éprouve lorsqu’il découvre le cadavre de La Fouine. La citation qui suit nous permet d’analyser ce qu’il a ressenti :

 

 « Nicolas serra les dents de pitié devant le pauvre corps de celui qui lui avait fait confiance. Il avait beau se dire qu’un destin fatal attendait le voleur, il n’en éprouvait pas moins ce regret qui s’était emparé de lui et lui poignait l’âme depuis qu’il lui avait fermé les yeux. » (p. 237)

 

Nous voyons que cette perte l’a profondément touché et n’était pas uniquement un dommage collatéral comme on pourrait le penser. Cette mort va motiver Nicolas plus que jamais à retrouver le tueur pour venger son indicateur. C’est une question d’honneur pour lui. Il se sent responsable de sa mort car c’est lui qui a fortement insisté en le menaçant  pour qu’il fasse partie du complot. Cet événement a fait douter notre personnage quant à son activité professionnelle. Plus d’une fois il a voulu quitter sa profession et se retirer sur ses terres à Ranreuil. Cependant la réalité l’a vite rattrapé et il s’est raisonné. En effet s’il quittait la police reverrait-il Bourdeau, ses amis ?

Nous pouvons constater au fil de l’ouvrage que Nicolas demande des conseils à ses amis pour avancer dans son enquête. Lorsqu’il est invité à la table de Noblecourt, un de ses amis qui est magistrat, notre héros n’hésite pas à parler de l’enquête avec lui. Il désire avoir son avis sur l’affaire en cours puisque son aide est précieuse et ses réflexions, pertinentes. Il semble intéressant pour notre personnage d’avoir un avis extérieur à l’affaire pour pouvoir porter un nouveau regard critique sur les différents meurtres auxquels il est confronté.

 Nicolas n’est pas orgueilleux : « Cet accès de l’orgueil de leur nom ne correspondait pas à ce qu’il éprouvait lui-même.» Lorsqu’il était  plus jeune, il a refusé le titre de marquis de Ranreuil. Cela nous prouve que son nom lui importe moins que le fait de servir la famille royale. Tout au long de la saga, il aura servi deux rois : Louis XV et Louis XVI, qui est sur le trône dans L’Enquête russe. La comtesse du Barry, favorite du roi lui a offert la tabatière de Louis XV, dont il ne se sépare jamais.

Il travaille sans relâche corps et âme pour résoudre les affaires que lui a confiées le roi : « C’est le roi. Je lui obéis et le vénère. » (p 202). Il n’y a pas d’autre explication à sa fidélité.  De plus, quand le comte du Nord lui propose d’entrer à son service pour devenir son fidèle limier, il reste sur ses gardes et ne s’engage pas. Il demeure le fidèle serviteur du roi et uniquement le sien. Mais cela ne l’empêche pas d’aider le comte à résoudre une affaire de meurtre.

Nous pouvons conclure que Nicolas est très lié à la famille royale tant par ses sentiments, que par son devoir.



Un univers : la cour

Le roi Louis XVI
portrait_loui_XVI.jpgL’histoire se déroule comme nous l’avons vu en 1782, sous le règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette.  Le couple a eu deux enfants : une fille surnommée Madame Royale, dont le véritable prénom est Marie-Thérèse, et un fils, le Dauphin.  À cette époque une cour se composait des deux souverains du royaume et de courtisans qui faisaient tout pour leur plaire. La vie à la cour était ponctuée de différents divertissements tels que les bals, les promenades organisées dans les jardins du château de Versailles, les soirées dites en appartement...  Au cours de ces soirées, les souverains et leur cour pouvaient danser et jouer à divers jeux de société. Les courtisans perdaient beaucoup d’argent à ces jeux, ce qui avait pour effet d’augmenter le montant de la cassette royale.


La reine Marie-Antoinette
portrait_marie_antoinette.jpg
À l’époque où se déroule l’action, l’impopularité de la reine commence à poindre. Maître Vachon est le tailleur de Nicolas Le Floch et de Sartine. Il appelle la reine «  Madame Déficit ». Ce surnom vient du fait que le peuple reproche à la reine ses dépenses au montant scandaleux. La reine est passionnée par le billard et les jeux de cartes. Ces passions sont à l’origine de certaines augmentations d’impôts qui servent à renflouer la cassette royale. Il lui est également reproché d’être trop frivole, et de constamment s’amuser sans se préoccuper du bien-être du royaume et de son peuple. Cela explique la fureur du peuple à son encontre.

Cette impopularité de la reine auprès du peuple surprend Nicolas car il est très attaché au couple royal. De plus il imagine mal que d’autres personnes ne ressentent pas la même chose que lui sur ce sujet. Pour en revenir à Maître Vachon, il reproche à la reine de ne plus commander autant de vêtements luxueux qu’avant. Elle se plaîl à s’habiller comme une bergère, lorsqu’elle se rend au Trianon en compagnie d’intimes. Selon Michelle Sapori, auteur d’un ouvrage consacré à Rose Bertin, c’était « une bergère propre et coquette, villageoise de satin ». Mme Bertin était la couturière attitrée de la reine tout au long de son règne. L’industrie du vêtement de luxe a souffert  de cette mode épurée privilégiant la simplicité, puisque la cour l’a adoptée. À cette époque, les courtisans calquaient leur mode de vie et leurs habitudes sur celles de leurs souverains. Il semblait impensable qu’une reine se vêtît comme une simple bergère alors qu’elle devait montrer l’exemple et représenter la grandeur et la magnificence de la cour de France. Des scandales ont éclaté suite à cette nouvelle tendance qui désacralisait totalement la reine, en faisant d'elle aux yeux de tous une femme comme les autres. Nous pensons que cette mode,  tout comme ce qu’il se passait au Trianon,  a eu pour conséquence le déclin de la monarchie.

Le Trianon faisait bien des envieux, puisque la reine n’y conviait que certaines personnes triées sur le volet. Elle s’y rendait quand elle voulait fuir la cour. Elle y donnait des fêtes somptueuses,  jouait des pièces de théâtre avec ses proches, donnait à manger aux animaux... Une fois de plus, elle agissait comme une simple femme et non comme une souveraine. Les courtisans se démenaient pour se faire apprécier de la reine dans le but d’obtenir le privilège d’assister à ces événements festifs. Cela créait des tensions entre eux et suscitait beaucoup de médisances à propos de la reine. De plus, la cour se sentait totalement délaissée lorsqu'elle y partait pour quelques jours.

L’impopularité du couple royal, et en particulier celle  de la reine, était notable : beaucoup de pamphlets et de caricatures circulaient. Ils présentaient la reine comme un monstre ou bien une poule. Pour le peuple, elle restera l’Autrichienne et ne sera jamais acceptée comme une Française.

Dans L’Enquête russe, un bal est donné par la reine le 8 juin 1782 à Versailles en l’honneur du comte du Nord et de sa femme. Nicolas y est convié avec son fils par la reine, ce qui est un immense privilège. Lors de ce bal, la reine danse avec Nicolas, ce qui suscite la jalousie de plus d’un courtisan comme en témoigne cette réflexion d’un personnage :

 

 « Qu’éprouvait-il pendant cette danse ? Orgueil ?  Non, plutôt une sorte de détachement qui le menait à être, comme dans tant d’occasions le spectateur de lui-même » (p. 347).

 

C’est son humilité qui distingue Nicolas des autres nobles. Il parvient toujours à prendre du recul par rapport à la position qu’il occupe, ainsi qu’aux privilèges qui lui sont accordés par le roi et la reine. Ce recul lui permet de mesurer la chance qu’il a et de ne pas en abuser.

 

 « – Le cavalier de Compiègne est bien rêveur ce soir, dit Marie-Antoinette, alors qu’ils étaient rapprochés dans la formation d’une figure.
 
– Madame, Sa Majesté doit croire qu’on le serait à moins quand l’honneur insigne d’être son cavalier vous échoit.

– Je vous ai connu moins fin courtisan, monsieur.

– La vérité que je dois à Votre Majesté c’est que je compte mes pas, n’ayant guère l’occasion de danser pour le service du roi !

Elle jeta la tête en arrière en riant.

– Merci, monsieur,  je vous retrouve ; la vérité n’est pas courtisane. »  (p. 347)

 

Ce dialogue dévoile bien la simplicité et la sincérité de notre personnage, ce qui plaît à la reine, qui rappelons-le ne porte pas les courtisans dans son cœur. La dernière réplique de la reine montre bien qu’elle sait pertinemment que les courtisans ne disent que ce qu’elle ou son mari veulent bien entendre. Ils représentent à ses yeux tout ce qu’il peut exister de plus faux, de plus cupide et de plus hypocrite qui soit. Ce qui explique pourquoi elle cherche autant à trouver une sorte d’authenticité quand elle part pour Trianon.

Les courtisans ne comprennent pas comment Nicolas, surgi de nulle part à la cour de feu le roi Louis XV, a pu en si peu de temps gravir l’échelle sociale et se faire une place auprès des personnalités les plus puissantes de la cour de France. Le marquis de Ranreuil est redouté à la cour à cause de ses relations privilégiées et du respect qu’il impose. Il ne trouve pas sa place dans le milieu des courtisans et se sent différent d’eux : « […] non vraiment il n’appartenait pas à ce monde-là qu’il servait. » (p. 349).  Il ne peut pas se sentir à sa place chez les hommes et femmes du peuple puisqu’il a les « mêmes privilèges et habitudes de vie » (p. 348) que les courtisans.
  
Une autre différence est notable entre Nicolas et la cour ; pour expliquer cela, prenons deux exemples.

Sartine se moque de la mort de Dangeville car pour lui ce n’était qu’un pion, à la différence de Nicolas, qui ressent un profond regret suite à cette disparition, et des remords qui le poursuivront tout au long de l’ouvrage. Nous observons également que le comte du Nord n’éprouve rien quand il apprend la mort de Pavel. Cet homme était un serviteur envoyé par sa mère, la tsarine de Russie, pour le surveiller, selon lui.

Concluons donc que les serviteurs représentent peu de choses aux yeux des puissants. Cela contraste avec le fait que le père de Nicolas traitait les siens avec beaucoup de considération et qu’ils le lui rendaient au centuple.

Nous pouvons voir une nette scission entre les deux mondes. Nicolas, ayant commencé au bas de l’échelle sociale, peut mieux comprendre ce que les serviteurs peuvent ressentir. 



La police au XVIIIème siècle

En 1667, Louis XIV créa la charge de lieutenant de police à Paris. Le premier à exercer cette charge fut Gabriel Nicolas de La Reynie. Puis, en 1708, La Reynie mit en place la charge d’inspecteur pour seconder le commissaire. Au niveau hiérarchique, en-dessous des postes cités précédemment, se trouvent les guets puis la garde de Paris. Au XVIIIème siècle, cette hiérarchie connaît quelques petits changements, puisque les exempts et les sergents prennent la place des guets.

Pour résumer, en haut de la hiérarchie se place le  lieutenant général de police ; dans le roman il s’appelle Le Noir. Selon A. Gazier « un lieutenant de police doit prévenir les crimes, les malheurs [….] qui peuvent menacer les citoyens ». Il pense également qu’il y avait très peu de policiers à l’époque. Le lieutenant général  dépend du Roi.

Leurs seconds sont les commissaires, par exemple Nicolas Le Floch. Selon Sartine, qui a réellement existé, les commissaires servent d’intermédiaires entre le peuple et les souverains.

En dessous des commissaires se trouvent les inspecteurs, comme Bourdeau. Il est l’adjoint de Nicolas et a noué une grande amitié avec lui. Il remet Nicolas dans le droit chemin en l’aidant et en lui remontant le moral. Il le soutient quand il doute, pour lui prouver qu’il a eu raison d’agir comme il l’a fait. Nous pouvons donc dire qu’il a un rôle important dans la résolution des affaires sur lesquelles ils enquêtent.

Ensuite, les exempts et sergents étaient aux renseignements et servaient d’intermédiaires entre leurs supérieurs et les indicateurs.

Puis, tout en bas dans la hiérarchie, nous retrouvons les mouches et les différents indicateurs de la police. Les mouches étaient les espions engagés par la police pour filer ou surveiller des suspects. Ce pouvait être des  tenancières de maisons closes, d’anciens voleurs ou des personnes ayant eu un lourd passé judiciaire. Leur rôle était d’être les yeux et les oreilles de la police. Elles pouvaient ainsi avoir connaissance de tout ce qui se passait dans le royaume. Les mouches étaient obligées de coopérer car la police avait des informations compromettantes sur elles. Si elles étaient divulguées, ces personnes pouvaient aller en prison, ou être punies de mort. Dans le roman, les mouches sont Piquadieu, dit La Jeunesse, La Paulet une maquerelle, Dangeville… 

D’autres personnes aident aussi la police comme des ambassadeurs, des traducteurs et des médecins légistes. Les médecins légistes apparaissant dans le roman sont deux. Leurs noms sont Semacgus, qui est un bourreau, et Sanson, un ancien chirurgien de la marine. Ils sont d’une grande aide pour la police lorsqu’il s’agit de déterminer les circonstances de la mort des victimes. Le premier assiste le second pour l’ouverture des corps à la Basse Geôle, qui se trouve au Châtelet. Historiquement, l’identification des cadavres était effectuée à cet endroit.

Le Grand Châtelet était le lieu de réunion de la police. Nicolas Le Floch y retrouve ses collègues pour faire le point sur l’enquête en cours et pour qu’ils réunissent les informations qu’ils ont collectées individuellement. Au-dessous du bureau de permanence se trouvent des  geôles. Y sont  enfermés les potentiels suspects ou les mouches que la police désire avoir à portée de main, de peur qu’elles ne se volatilisent avec des informations confidentielles ou d’une grande importance.

Dans l’œuvre de Parot la police française est considérée comme « la meilleure police d’Europe […] Celle qui retrouvait les montres qu’elle faisait elle-même dérober pour mieux les restituer, si vite que l’honneur en rejaillissait », selon les dires de Sartine dans le roman (p. 27-28). C’était vrai puisque l’histoire nous prouve que la police française était admirée par les souverains des autres pays et décrite comme très efficace.

Sartine (1729-1801) a réellement existé : « l’histoire vante avec raison sa prodigieuse habilité à découvrir les malfaiteurs. Rien ne lui échappait, dit-on. ». Il a rédigé un mémoire en 1768 qu’il achevé en 1771. Il expliquait  le fonctionnement de la police française. Ce mémoire a été rédigé à la demande de Catherine II, la tsarine de Russie.  Selon son mémoire la police avait pour rôle de maintenir les règles et d’appliquer les peines. Elle intervenait dans les affaires concernant

 

« la religion ; la discipline des mœurs (désordres causés par l’ivrognerie par exemple) ; la santé ; les vivres ; la voirie (par rapport aux bâtiments); la sûreté et la tranquillité publiques (homicides, vols…) ; les sciences et les arts libéraux ; le commerce ; les manufactures et les arts mécaniques ; les serviteurs, domestiques, et ouvriers ; les pauvres (mendicité) »

 

Sartine distingue deux types de police : la police simple ou ordinaire et la police criminelle qui s’occupe des crimes et des délits. Dans l’œuvre nous avons une vision de ce deuxième type de police.

Concluons que la police du XVIIIème siècle se faisait respecter par la crainte qu’elle inspirait. Elle est vue comme un réseau de plusieurs personnes qui travaillent à la protection et à la sauvegarde des nobles, du clergé et du peuple.



La série télé
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Les Enquêtes de Nicolas Le Floch ont été adaptées au petit écran à partir de 2008. Cette série télévisée est diffusée sur France 2. À ce jour nous pouvons compter dix épisodes, répartis en cinq saisons. Ce sont des épisodes longs de 90 minutes.


Cependant la série ne respecte pas l’ordre chronologique de parution des ouvrages puisque L’Homme au ventre de plomb (2ème tome) est diffusé avant  L'Énigme des Blancs-manteaux (1er tome). Si la série ne suit pas cet ordre elle respecte néanmoins l’esprit de livres et reste le plus proche possible de leur contenu. À l’exception des épisodes La Larme de Varsovie et Le Grand Veneur diffusés en 2010 qui s’écartent totalement du roman car ils ont été imaginés par Hugues Pagan. Hugues Pagan est un auteur de romans policiers mais également un scénariste de films et de séries télévisées.

Le comédien Jérôme Robart a été choisi pour incarner le personnage du marquis de Ranreuil. Pour en savoir plus : une interview de Jérôme Robart réalisée en 2008 par Esther Bay et Baptiste Jacquiau :

 http://www.serieslive.com/article/516/jerome-robart-le-tournage-de-nicolas-le-floch-etait-une-course-contre-la-montre/



Mon avis

J’aime beaucoup la langue du XVIIIème siècle, car elle est très riche d’expressions qu’on n’utilise plus aujourd’hui. Cette noble langue est également pleine de musicalité.

Beaucoup de détails nous permettent d’entrer dans l’histoire et enrichissent l’intrigue. Nous avons ainsi des descriptions de repas entre amis avec les recettes détaillées, des descriptions du mobilier, mais également le nom des rues de Paris et l’ambiance qui y règne.

Je conseillerais aux lecteurs de commencer par le premier tome des enquêtes de Nicolas Le Floch. Il est difficile de lire le dixème sans avoir lu les autres, car des allusions sont faites aux tomes précédents. De plus l’histoire étant déjà mise en place, les personnages ont connu maintes péripéties ce qui va plus ou moins renforcer leurs liens. Pour bien comprendre l’histoire et le caractère de chaque personnage, le mieux est donc de commencer par le premier roman.

J’aime beaucoup les romans historiques car je pense que les époques passées ont plus de charme que la nôtre. À côté de ses costumes, ses coutumes, sa langue, le présent semble bien pauvre. Selon moi c’est un magnifique roman, qui fait découvrir des personnages à la psychologie très intéressante. L’auteur nous immerge totalement dans le Paris du XVIIIème siècle, ce qui fait le charme de l’œuvre.


Marina, 1ère année Bibliothèques


Sources

PAROT, Jean-François. L’enquête russe. 2013
 

 

Marie-Antoinette, une jeune fille dans l’arène. Télérama hors série, 2008
 

 

LEVER, Evelyne. Marie-Antoinette, un destin brisé. Le Grand livre du mois.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/1782

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Parot

 

http://www.nicolaslefloch.fr/

 

http://www.wat.tv/video/jean-francois-parot-l-enquete-4utq5_2iynl_.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27ind%C3%A9pendance_des_%C3%89tats-Unis

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Le_Floch

 

http://rives.revues.org/3962

 

http://www.bmlisieux.com/litterature/gambier/gambie23.htm

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lieutenant-g%C3%A9n%C3%A9ral_de_police_en_France_sous_l%27Ancien_R%C3%A9gime

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94412w/f8.image

 

http://www.nicolaslefloch.fr/Histoires/chronologie.html

 

http://www.serieslive.com/article/516/jerome-robart-le-tournage-de-nicolas-le-floch-etait-une-course-contre-la-montre/

 

www.france2.fr/serie-fiction/nicolas-le-floch/videos/interview-de-jerome-robart 

 

http://www.france2.fr/serie-fiction/nicolas-le-floch/videos/les-costumes  

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Le_Floch_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29#.C3.89pisode_1_:_L.27Homme_au_ventre_de_plomb

 

http://www.babelio.com/auteur/Jean-Francois-Parot/5454

 

 

 

Jean-François PAROT sur LITTEXPRESS

 

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Article d'Astrid sur L'Énigme des Blancs-Manteaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Marina - dans polar - thriller
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