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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 07:00

Jean-Auel-01.JPG 

Jean Auel

Les Enfants de la Terre

6 volumes

traduction

Jacques Martinache

Jacques Bommarlat

Presses de la cité

réédition Pocket

 


 

Les Enfants de la terre est une saga, aujourd’hui composée de six ouvrages, écrite par Jean Mary Auel. Cette série s’est vendue à près de 45 millions d’exemplaires à travers le monde et a été traduite en plus de 28 langues. Cet énorme succès vient du fait que, pour la première fois, un roman qui se déroule dans la préhistoire offre à ses lecteurs un point de vue quasi anthropologique sur la vie à cette époque en plus de proposer un récit passionnant.



L’aspect fictionnel : le résumé de chaque tome.

Jean-Auel-t1-le-clan-de-l-ours-des-cavernes.gifTome 1, Le Clan de l’ours des cavernes.

Ayla, une petite fille Homo Sapiens âgée de cinq ans, est recueillie par un « clan », c’est-à-dire un groupe de Néandertaliens, après que sa famille a été tuée dans un tremblement de terre. Elle apprend les us et les coutumes de cette tribu auprès de Creb, un homme gravement handicapé mais possédant le plus haut statut du clan grâce à son don pour communiquer avec les esprits, et de sa sœur Iza, la guérisseuse, qui sont les seules personnes à l’adopter. L’apprentissage n’est pas facile car, les hommes de Néandertal ne pouvant pas parler à cause de leurs caractéristiques physiques particulières, la fillette a des difficultés à comprendre ce qu’on attend d’elle, mais elle sait vite surmonter cet obstacle et finit par trouver sa place. Malgré son comportement exemplaire, elle s’attirer les foudres du fils du chef, jaloux de l’habileté d’Ayla, supérieure à la sienne. Par ailleurs, elle devient une excellente chasseuse mais s’exerce en cachette car les femmes, inférieures aux hommes, n’ont pas le droit de toucher aux armes. Un jour, alors qu’elle a 18 ans, Iza lui dit avant de mourir qu’elle doit partir retrouver son peuple car elle ne sera jamais entièrement acceptée par le clan. La jeune femme, n’ayant plus personne pour la soutenir puisque Creb a lui aussi rejoint le monde des esprits, part retrouver les siens.


Jean-Auel-t2-la-vallee-des-chevaux.gifTome 2, La Vallée des chevaux.

Ayla erre seule et ne sait où trouver ses congénères. Heureusement, grâce à ses connaissances en cueillette et son adresse à la chasse, elle arrive à survivre sans avoir besoin d’aide. Elle s’établit dans une petite grotte où elle vit pendant quelque temps. Sa solitude la pousse à adopter un comportement inédit pour une humaine : recueillir une pouliche (qui donnera naissance à un petit) et un lionceau, qu’elle réussit à domestiquer. Deux hommes, Jondalar et Thonolan, croisent par hasard son chemin, mais le lion les attaque, tuant l’un et blessant l’autre. Ayla, avec ses talents de guérisseuse, soigne Jondalar et rencontre ainsi son premier congénère. La vie recluse leur permet de nouer une relation très forte. Après quelques mois, ils décident qu’il est temps d’aller trouver une tribu qui voudra bien les héberger.


Jean-Auel-t3-Les-chasseurs-de-mammouth.gifTome 3, Les chasseurs de mammouths.

Ayla et Jondalar arrivent dans la tribu des Mamutoi, réputés pour être des chasseurs de mammouths. C’est la première fois que la jeune femme rencontre un groupe de son espèce, elle est donc très étonnée par ce nouveau mode de vie, très différent de celui qu’elle a connu chez les « têtes plates ». Elle se rend compte des divergences culturelles qui existent entre les deux espèces, notamment concernant la hiérarchie au sein du groupe, la place des femmes et les croyances spirituelles. Ayla s’épanouit pleinement au sein des Mamutoi, qui l’adoptent officiellement, mais se trouve rapidement en froid avec Jondalar, qui a du mal à s’intégrer et souhaite rentrer dans son peuple, les Zelandonis. Ayla tombe sous le charme de Ranec, un sculpteur de talent, ce qui menace son couple. Cependant, elle quitte sa nouvelle famille pour accompagner Jondalar dans le long voyage qui l’attend pour qu’il retrouve la sienne.

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Tome 4, Le grand voyage.

Le couple reprend la route en compagnie de ses animaux et sait qu’un très long périple l’attend : ils doivent traverser tout un continent, en franchissant une chaîne de montagnes et plusieurs fleuves. À plusieurs reprises, Ayla et Jondalar se trouvent dans des situations périlleuses, soit à cause de la dangerosité des lieux qui les entourent, soit par les mauvaises rencontres qu’ils font. Au bout d’un an de marche, ils arrivent enfin à destination, mais Ayla a une certaine appréhension ; elle a peur qu’on ne l’accepte pas à cause de son passé chez les Néandertaliens, que les Homos Sapiens détestent et traitent comme des bêtes.

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Tome 5, Le refuge de pierre.

 Ayla, qui est tombée enceinte pendant le voyage, tente de se faire adopter par le clan de la Neuvième Caverne, d’où est natif Jondalar. Elle rencontre la famille de son compagnon avec laquelle elle s’entend bien, mais la personne qui lui pose quelques soucis est Zolena, l’amie d’enfance de Jondalar et son premier amour. Zolena, qui est devenue la chamane et la guérisseuse de son peuple, reconnaît les talents d’Ayla et la pousse à en devenir une elle aussi, à titre légitime. Elle propose donc de la prendre sous son aile et de la former, ainsi commence l’initiation d’Ayla.


 

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Tome 6, L e pays des grottes sacrées.

 Ayla est  maintenant maman, et la voilà devenue une des personnes les plus importantes de la communauté, mais cette position haut placée demande des sacrifices. Ayla s’engage dans une quête initiatique longue et difficile, sous l’autorité de la grande prêtresse, et se lance à la découverte des cavernes sacrées, de leurs peintures et de leur symbolique. Ayla aura quelques difficultés à concilier ses nouvelles fo nctions et sa récente maternité, mais elle finira par trouver un équilibre et construire une vie de famille harmonieuse sans décevoir les attentes de Zolena.



Pour ma part, j’ai trouvé que c’était un récit très agréable à lire ; on est vite plongé dans le monde tel qu’il était quelque millions d’années avant notre ère. De plus, la trame de l’histoire varie au fil des tomes, on ne s’ennuie pas ; à chaque fois on part dans de nouvelles aventures. Les seuls points négatifs que je noterai sont d’une part que, à cause des années qui séparent chaque épisode, J. Auel résume ce qui s’est passé avant — du coup pour une personne comme moi qui a lu les livres à la suite, cela peut paraître rébarbatif —, et d’autre part qu’il y a tellement de personnage que parfois il arrive qu’on ne sache plus qui est qui, mais dans l’ensemble je pense que ce sont de très bons ouvrages, je les recommande.



L’aspect scientifique : le compte rendu de ma rencontre avec J. Auel

Jean-Auel-02.JPGC’est au début de l’année 2011 que j’ai découvert cette série que j’ai lue dans l’ordre ; arrivée au cinquième tome, j’ai appris avec plaisir qu’un sixième sortait le mois suivant ; quel timing ! Et dire que ceux qui ont lu la saga en temps et en heure ont dû patienter près de 10 ans…

À l’occasion de cette parution, Jean M. Auel s’est déplacée des États-Unis pour venir présenter son livre à la librairie Alice Médiastore d’Arcachon, le 11 août 2011 et je me suis bien sûr déplacée pour l’événement. Elle nous a raconté tout son travail de recherche, toutes les expériences qu’elle a vécues pour pouvoir écrire cette histoire, et je vais tenter de vous rapporter les anecdotes dont je me souviens.

Tout d’abord il faut savoir que Jean Auel a un parcours particulier ; son talent d’écrivain s’est révélé sur le tard. En 1977, cette mère de cinq enfants, alors âgée de quarante ans, quitte son emploi de cadre supérieur pour se consacrer à l’écriture. C’est un pari risqué mais elle peut compter sur le soutien de sa famille.

Au départ, elle a avoué ne pas savoir dans quel contexte allait se dérouler son histoire, l’époque préhistorique n’était pas une évidence. Elle nous a expliqué que son projet était d’écrire une nouvelle sur une jeune fille qui débarquerait dans un milieu différent du sien et devrait s’adapter à ce nouvel environnement. De plus, elle avait eu l’idée que son héroïne serait recueillie par un homme mutilé, peut-être avec un bras en moins, mais elle n’en savait pas plus.

Ses premières tentatives d’écriture se sont révélées décevantes car elle n’était pas satisfaite du cadre de son récit, elle ne trouvait pas d’idée originale pour planter son décor. Puis un jour, elle a vu un reportage sur la préhistoire, plus précisément sur la brève période où les hommes de Néandertal et les Homo Sapiens ont vécu ensemble, et là ça a été le déclic, elle a tout de suite su que ce serait parfait. L’intérêt pour la préhistoire était là mais le problème était qu’elle n’y connaissait pas grand chose. Son premier réflexe a été d’aller à la bibliothèque pour emprunter un, puis deux, puis tous les livres qu’elle pouvait trouver sur le sujet.

De ses lectures, elle a pu obtenir des informations sur le mode de vie des premiers hommes : comment ils se logeaient, de quoi ils vivaient, quels objets ils fabriquaient, de quels outils ils se servaient… le moindre détail évoqué dans ses livres a fait l’objet d’une recherche, c’est pourquoi le récit est très riche en descriptions. Elle s’est aussi beaucoup intéressée à la flore et ses vertus puisqu’Ayla est élevée par une guérisseuse ; J. Auel est devenue une experte des plantes et de leurs pouvoirs pharmaceutiques. Elle a également étudié les progrès que ces hommes ont faits, par exemple la découverte de l’aiguille, la domestication du cheval, l’utilisation du lance-sagaie ou encore la technique de la pierre à feu. Elle a utilisé toutes ces données pour enrichir son roman et rester fidèle à l’Histoire.

Quand elle a eu fini de lire tout ce qu’elle avait à sa portée, elle était déjà bien informée mais ce n’était pas suffisant, elle avait envie d’expérimenter. Bien plus que d’acquérir de simples informations, elle avait besoin de pouvoir se mettre dans la peau de son personnage et ressentir les choses pour être capable de les raconter avec la plus grande justesse. C’est ainsi qu’elle est partie avec son mari dans un camp où l’on apprend à vivre comme les hommes de Cro-Magnon : faire des feux, loger dans une hutte, et surtout apprendre à tanner les peaux d’animaux. Elle nous a expliqué que racler le reste de chair et ensuite travailler le cuir n’est pas très ragoûtant, mais c’est grâce à sa propre expérience qu’elle a pu décrire avec d’infinis détails les habitudes quotidiennes de nos ancêtres.

Elle est également entrée en contact avec de nombreux chercheurs et archéologues, qui ont bien voulu l’emmener avec eux lors de leurs fouilles. Elle nous a confié que chaque découverte a inspiré ses romans ; par exemple, ils ont trouvé le corps d’un vieil homme qui, d’après l’analyse de ses os, semblait avoir un crâne plus large que la moyenne, un bras et une jambe atrophiés. Le plus étonnant était que de multiples objets et des résidus de plantes entouraient le corps, comme si c’était une tombe richement décorée. J. Auel s’est alors demandé comment un homme si handicapé, et donc représentant une charge pour le reste du groupe car il ne pouvait pas chasser, pouvait avoir été si grandement honoré. Elle en a déduit que cet homme avait d’autres qualités et devait être l’homme sage de son clan. Elle nous a révélé que cette découverte était la plus grande coïncidence de sa vie puisque cet homme correspondait au personnage qu’elle souhaitait développer dans son histoire, c’est ainsi qu’elle s’en est inspirée pour créer Creb, le chaman du clan des Néandertaliens (tome 1).

Un autre exemple, ils ont trouvé deux corps d’enfants, enterrés l’un à côté de l’autre, têtes face à face et enveloppés dans le même morceau de tissu. J. Auel s’est servie de cette scène pour décrire un rite funéraire, lorsqu’Ayla et Jondalar arrivent dans un village ravagé par une maladie et où deux jeunes frère et sœur ont péri ensemble (tome 4).

L’auteur a aussi beaucoup voyagé à travers le monde ; elle s’est rendue sur les différents sites connus pour recéler des traces du passage des hommes préhistoriques. Elle a notamment parcouru toute la région du Périgord, réputée pour ses grottes, et cette visite dans notre pays lui a été utile car, dans son livre, le peuple de Jondalar y est installé ; il lui a également été plus facile de décrire le paysage en l’ayant vu de ses propres yeux. Elle a vu les peintures de Lascaux, qu’elle décrit dans le tome 5 puisque Ayla entre dans la grotte et voit les dessins qui viennent d’être peints.

Après sa conférence, l’auditoire pouvait poser des questions, alors je me suis lancée ; je lui ai demandé d’où venait le prénom Ayla (qui est aujourd’hui très populaire aux États-Unis). Elle m’a dit qu’elle avait longtemps cherché le nom de son personnage principal, elle voulait quelque chose de simple et de naturel. L’idée lui est venue en regardant un documentaire sur les peuples africains ; elle se rappelle avoir vu des hommes naviguer sur des pirogues en chantant « hé la la la… », et c’est en entendant ce chant qu’elle a décidé que ce serait Ayla.

Comme on peut le constater, Jean Auel s’est beaucoup investie pour écrire ces livres, elle a adopté uneJean-Auel-03.JPG véritable attitude scientifique en essayant de décrire des faits aussi proches de la réalité que possible. Ses études de terrain lui ont permis d’être désormais reconnue et respectée par les professionnels de la recherche.

Jean Auel a été très sympathique durant cette rencontre, elle nous a fait partager l’expérience de toute une vie avec beaucoup d’humour. Avant de partir, elle a bien voulu signer le livre que j’avais apporté pour l’occasion, et aujourd’hui je ne suis pas peu fière d’avoir son autographe et d’avoir échangé quelques mots avec elle !

Peut être y aura-t-il un septième tome d’ici quelques années ?


Leslie-Fleur, AS éd.-lib. 2011-2012

 

 


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francesco 10/04/2016 12:15

Il mio grido (2010)

“The drying up a single tear has more
Of honest fame than shedding seas of gore”,
scrisse Lord Byron. Incalzato da un soffio
putrido di violenza e di tenebra,
che calamita lo spirito dell’oggi,
mi ritiro nelle zone brevi della poesia,
lume di pensieri sospesi
in quel sonno trasparente
in cui ogni ferita arde come due,
sostenendo il peso dell’assenza.
Ma il mio è un grido, non un gorgheggio.
Il mio spirito batte e ribatte pugni
contro i cancelli del buio,
gli alberi son sbiancati dalla follia
che si disserra tra nera e nera nube.
Questa è la valle ombrosa della morte
onorata e va per il mondo il poema
incompiuto per un vitello d’oro.



Gli eredi di Marte (2010) A Jean M. Auel

Oggi voglio essere proprio prosaico: ne narrerò una per suscitar sonno. Molto dopo che asteroide in collisione col nostro pianeta frantumasse tutto un continente di terre emerse chiamato Gondwana e abitato da dinosauri, grandi rettili i cui ossi vennero poi scambiati per quelli di giganti, Marte andava desertificandosi. La sua catastrofe ecologica era tale che Iddio volle salvarne uno di quella specie: Uwa, bimbetta il cui nome è l'onomatopea del vagito. A bordo di un cesto dal guscio duro, capsula di salvataggio, la vergine madre sfidò l'algido spazio stellare da sola e soletta, poiché Hinun-ndendée, il grande uccello, era andato in avaria. Catturata dalle correnti gravitazionali terrestri, essa cadde in un lago chiamato Tanganica, nei pressi di due montagne d'Africa: l'una bianca, il Kilimangiaro, l'altra nera per i guerrieri Masai. Trovata da Dorso Grigio nella nebbia, in principio Uwa fu allevata secondo gli usi e i costumi di australopiteco, essere scimmiesco – goffo, in verità - che non utilizzava ciottoli come fossero utensìli, che non conosceva ancora le nostre fatiche, né il significato della parola morte, avendo questo coscienza limitata di sé. A quei tempi la vegetazione era più lussureggiante di adesso; unica insidia era Fungua, la puzzolente gorgone dai denti a sciabola, fiera che sbucava all'improvviso dal folto, colpiva e nei recessi dell'oscurità tornava. Un giorno il vecchio banano Naamasa, che sembrava tanto secco, rifiorì e Uwa, che era nell'età del primo menarca, ebbe una visione mistica: “Io sono l'uno che diventa il due, che diventa il quattro, che diventa l'otto e che torna a essere l'uno”, le disse un nibbio appollaiato tra i rami di un sicomoro. Era il tramonto, ma fu già l'inizio di un'altra era. D'istinto, colei che avrebbe di lì a poco generato un maschietto senza conoscere uomo, di sette in sette cominciò a contare le noci di cui era ghiotta e a dar un nome a ogni dito di mani e piedi, ivi compreso lo strano concetto dello zero, rappresentato dal pugno della vuota mano. Cammina cammina, al campo tutte le notarono il ventre e le mammelle gonfi. Il nuovo capobranco ne rimase sconcertato: che un abile, impertinente dei suoi figli l'avesse posseduta, ma come mai essa emanava il suo stesso odore di maschio dominante? Che fosse stato, allora, lui a ingravidarla col suo sguardo! Era da un po' che la puntava, schiacciando le noci... La prese sotto le sue ali protettive, trotterellando via. Ed essa partorì Tep-ii-tesher-am-akh, colui che è il Capo-che esce-rosso-dalla-immagine, un marziano che non seppe mai di essere tale. Regina madre come un'ape, Uwa lo generò e nei suoi mitocondri vi era la formula dell'immortalità. Inoltre possedeva un gran numero di ribosomi a livello cellulare e il tocco delle sue mani era considerato terapeutico, a causa del fluido sottile, energetico, che esse sprigionavano. Come l'uro di raffigurazioni preistoriche parietali successive, questo ercolino, eretto Adamo possedeva una costola mobile in più delle figlie di Eva e non fu lui ad accoppiarsi coi Neanderthal di Lilith, ovvero colei che rapiva nel sonno i bambini cattivi per sintetizzarne, da adulti, i caratteri del Sapiens. Per un'aberrazione cromatica il suo occhio percepiva solo i colori primari. E il rosso sangue gli faceva fare dei brutti sogni in un campo totalmente grigio. Ma il suo spirito si elevò subito al cielo blu e al sole giallo oro d'una gloria, i suoi discendenti furono attratti subito dal fuoco, si dipingevano di ocra il corpo nudo. E venne il tempo di abbandonare la foresta pluviale e di cacciare nella savana, regno di predatori e di carogne in cui egli seguiva il bufalo dalla coda bianca, ricca fonte di sostentamento, nei loro spostamenti. Una notte, poi, al chiaro di luna, egli sentì un insolito richiamo: sì, un dolce profumo, e, appartatosi, si unì con Ndok, il cui nome significa Acqua Viva. Per uno strano caso del destino gli generò figli, dei figli sani e forti, come Okin, l'Airone; come Mongo, il signore del Popolo delle Teste Rotonde; come Zamani, il capo del clan di Erin. Ed Erin un mastodonte dalle zanne diritte, non così ricurve come quelle del mammùt. E Zamani diede nome di Grande Orecchio di Erin al Bacino del Congo, perché i suoi fiumi ne assumevano la forma tracciatili sulla sabbia. Egli viaggiò molto in cerca di avventura e di se stesso. I figli di Zamani: Dùrù, colui che vide l'ippopotamo nel Lago Ciad, che allora si estendeva fino al Sahara; Kil, il piccolo grande cacciatore di rinoceronti; But, colui che dormiva su una larga pietra piatta; Ze, quello che portava sempre con sé un dente di leopardo; Abo, lo zoppo che scovò bertucce alle cosiddette Colonne d’Ercole. Le figlie di costui: Bololanege, colei che spinse i suoi anelli alle caviglie fino in Spagna; Anyeghe, l'amore di tutti gli uomini sotto i palmizi. Costei ebbe molti figli, tra cui Afan, che in Enotria ebbe due gemelle che migrarono nei Balcani: Kowa e Mukashi. E altri furono i suoi discendenti di cui si è persa memoria e spintisi oltre l’Ucraina. Giunto il clan in Cina, Riitho, detto l' Avvoltoio, si unì con Kini, con colei che seppe pretendere, farsi rispettare, che uccise Mama Baru, una grossa iena, in una località chiamata, nel linguaggio dei gesti, Tie-saba, perché le ci vollero ben tre giorni per farlo, e lo fece da sola. Alla fiamma del fuoco en-Kima essa era solita indurire lo strano corno del naso di Mbawala, un'antilope, e con esso arrostiva le dolcigne carni di animali che si catturavano col boomerang presso alture di un gruppo di gigantotechi, ovvero degli yeti. E accaddero degli straordinari terremoti e paurosi smottamenti: l'India, che fino ad allora si chiamava l'Isola di Mounji, ovvero la Madre Terra Mu, si unì al continente asiatico, ne innalzò la cresta montuosa fino all'Europa di Sikar, il re delle conchiglie. E lungo la cosiddetta Via della Seta essi incisero sulle rocce degli strani omini stilizzati chiamati Mwana, e in un luogo oggi desertico esiste ancora un tipo di scrittura simile: ad esempio, quello che per voi potrà apparire quasi l'enigma della sfinge. Quattro disegni elementari in sequenza: 1) una capanna rotonda o caverna, al cui interno sta un omino filiforme in piedi; 2) una seconda figura con una casetta di rami al cui interno quell'omino ci sta sdraiato, come se dormisse; 3) una terza in cui l'omino stilizzato ne sta a testa in giù; 4) un'ultima in cui ne cammina al di fuori, tutto contento per la stagione. E il significato di tutto ciò è il seguente: giunta l'ora del parto, con cautela nelle mani, ci si dovrebbe assicurare che la testa del cucciolo della gestante sia in corretta posizione d'uscita, altrimenti potrebbe soffocarsi col cordone ombelicale e tanto da sembrar come provenuto da... l'Aldilà! Questa, la filosofia di tutta una vita, di un'arte di metterci al mondo. E tra le figlie di Uwa vi furono anche altre vergini madre che misero alla luce uomini famosi. Ed esse contavano il numero di essi coi nodi delle treccine dei capelli ondulati, poiché fu di Atak, colei che indicò la Grande Strada, la profezia che il decimillesimo di essi sarebbe diventato messia, un Gran Khan che avrebbe dominato con vera giustizia e sconfitto per sempre i cannibali dal biforcuto piede di struzzo, la cui regina si chiamava Saba. E alcune vergini di esse erano solite riunirsi per festeggiar solstizi presso un campo di grano selvatico, tutto di misteriosi segni geometrici: per uno strano fenomeno elettromagnetico, cadendovi fulmine, si era generato vortice di particelle di silicio che ne aveva piegato, e talora intrecciato, le pianticelle spontanee. E dall'adusto punto d'impatto della saetta col terreno non coltivato sfera incandescente si era librata: come un aquilone o un disco volante, essa sfrecciò via col vento, risucchiata dall'alto. Esse ne ritenevano sacro il suolo e che il Cielo avesse voluto comunicar loro i Suoi disegni, disegni tanto affascinanti quanto quelli di Nazca, in Perù, dove il famoso ragno simboleggia Orione. Nel tempo fiumi cambiarono corso, monti si livellarono; un dì un gran cuoricino: “O spiriti eletti, ascoltate: non si muore che una volta sola, ma nello spirito quante di volte! Più non lucidiamo, fratelli, una pietra che sia simbolo tagliente di perfezione, bensì costruiamo, pietra dopo pietra, fatica dopo fatica interiore, un regno di belle speranze per l'umanità”. Il Dieg-mil aveva parlato ed essi vissero in armonia d'intenti lungo le coste del grande mare interno che, Oh! molto prima di Genghiz Khan, andava dal Mar Nero di un’Atlantide al Mar Caspio e da quest’ultimo al Lago Aral.



La rosa di Murano (2010)

In bellezza corro giù, questa lascio con piè veloce.
Navalestro, in gondoletta! Fate presto: ho fretta.
A luna di Venezia, Ah! stasera, nulla si vieta:
scocco il volo da Lucrezia, Colombina che mi allieta.

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