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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 07:00

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Jean-Philippe TOUSSAINT
La vérité sur Marie
Éditions de Minuit
Prix Décembre 2009



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vérité sur Marie— prix décembre 2009 — est le dernier opus de la trilogie de Jean-Philippe Toussaint. Je ne peux pas vous parler de ce dernier roman sans vous faire un petit résumé des précédents. Ces trois romans nous font le récit d’une séparation impossible. Dans Faire l’amour, nous découvrons pour la première fois cette femme, Marie, et le narrateur. À Tokyo, il vit sa dernière nuit avec Marie. C’est le récit d’une rupture voulue de part et d’autre avec violence et détermination. Ils se séparent après sept ans ; le début du roman est déjà la fin mais elle a besoin de lui. Il reste le temps de son exposition. Mais ils ne repartiront pas ensemble.

 

« C'est l'histoire d'une rupture amoureuse, une nuit, à Tokyo. C'est la nuit où nous avons fait l'amour ensemble pour la dernière fois. Mais combien de fois avons-nous fait l'amour ensemble pour la dernière fois ? Je ne sais pas, souvent. .... »

 

Le second roman,  Fuir, prix Médicis 2005, porte bien son titre ; le narrateur fuit Marie à travers Pékin. Paradoxe, son évasion vers la Chine est le résultat d’une demande de Marie. Déposer une lettre en son nom. Il veut visiter la Chine, oublier cette rupture. Mais un coup de téléphone va les rapprocher. Le père de Marie est mort. La fuite reprend mais cette fois vers Marie, sur l’île d’Elbe.

Ce dernier roman nous offre la fin de cette histoire : deux personnes qui s’aiment mais qui ne peuvent être ensemble. C’est l’impossibilité de leur union que Jean-Philippe Toussaint tisse tout au long de ce roman. La vérité sur Marie n’est pas « à proprement parler la suite mais un prolongement » (quatrième de couverture) de ces deux textes. Aux premières pages du livre, ils ne sont pas ensemble ; lui est avec une femme et elle avec un homme. Ce nouvel amant nommé Jean-Christophe de G. fait une crise cardiaque chez elle. Elle appelle le narrateur avant même de songer à prévenir les pompiers. Les personnages secondaires n’ont aucune importance ; tout se passe entre lui et Marie. D’ailleurs Jean-Christophe de G se nomme en réalité Jean-Baptiste de Ganay. Dans ce roman, rien n’a d’importance, tout tourne autour de Marie et nous allons suivre leur rupture, ce sont comme deux aimants qui s’attirent et se repoussent.

Le narrateur s’invente la vie de Marie lorsqu’elle n’est pas avec lui.

« J’avais sous les yeux une image saisissante de mon absence. C’était comme si je prenais soudain conscience visuellement que, depuis quelques jours, j’avais disparu de la vie de Marie, et que je me rendais compte qu’elle continuait à vivre quand je n’étais pas là, qu’elle vivait en mon absence et d’autant plus intensément sans doute que je pensais à elle sans arrêt. »

Il nous raconte une histoire, puis soudain prend part à l’action pour enfin disparaître et laisser place aux rêves et aux fantasmes. Apprend-on la vérité sur Marie ? Non, nous percevons simplement quelques éléments de sa personnalité : capricieuse, étourdie, insouciante mais vivante et drôle. Nous la découvrons toujours de nuit dans des scènes apocalyptiques qui nous semblent irréelles. La première nuit, son amant fait une crise cardiaque, elle ne le comprend pas tout de suite et lorsqu’il s ‘effondre à ses pieds, tout devient chaotique. Elle ne pense pas à ouvrir la porte aux pompiers, elle ne leur allume pas la lumière et ne sait pas répondre à leurs questions. Les premiers soins donnés à son amant sont minutieusement racontés. Nous sommes face à une Marie étourdie, dépassée et en colère. La fuite d’un pur sang déchainé sur le tarmac d’un aéroport nous laisse entrevoir subtilement un parallèle entre l’animal et Marie. Elle est impétueuse, indomptable, mais fragile. L’incendie sur l’île d’Elbe renvoie à la dimension fugace, chaude et dévastatrice de cette femme. Elle peut tout détruire sur son passage : son couple mais aussi celui de Jean-Christophe de G qui est marié. Une succession de nuits incandescentes rapproche ces deux êtres qui ne cessent de se blesser au corps et à l’âme.

L’écriture de Toussaint est précise, violente et même glaciale, quelquefois. Les gestes d’amours sont crus, beaux et simples. Ces descriptions sont celles d’un peintre qui tour à tour donne des coups de pinceau pour nous éclairer, elles relèvent d’un art visuel. De longues phrases poétiques livrent l’épopée de ce personnage qui court après l’insaisissable Marie. Une Marie dont nous n’apprenons rien de plus que dans les précédents opus, juste que cette vérité oscille entre les fantasmes du narrateur et la réalité. La vérité n’est autre que l’amour qu’il lui porte.


Cynthia, 2e année Éd.-Lib.

 

 

Jean-Philippe TOUSSAINT sur LITTEXPRESS

 

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articles d'Eva et de Louise sur La Télévision

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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article de Soazig sur l'Appareil-photo

 

 

 

 

 

 

 

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 l'article d'Amandine sur Fuir

 

 

 

 

 

 


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