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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 07:00

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Jean-Yves CENDREY

Le Japon comme ma poche
L'Arbre Vengeur, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie de l'auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Yves_Cendrey



Départ d'un homme pour le Japon. Un voyage qui ne l'enchante guère, qu'il envisage déjà comme un échec. Mais la curiosité sera la plus forte et notre personnage s'embarque sur un vol Berlin-Tokyo pour mettre un visage sur le nom de Noriko. Elle s'est présentée à lui, dans une lettre, comme étant sa demi-soeur.

Loin d'un récit de voyage et d'aventure, l'auteur du Japon comme ma poche s'est attaché à nous livrer un anti-voyage. Futile. C'est ainsi que le personnage considère le tourisme. Selon lui nous ne faisons qu'essayer d'échapper à la monotonie de notre quotidien. Il se moque du touriste, s'interroge sur ce besoin de fouler la terre du plus grand nombre de lieux possibles. Il pointe malicieusement nos comportements à l'étranger. Demandeurs d'aventure, nous finissons par nous raccrocher à ce que nous connaissons.

Plus précisément, son propre voyage à Tokyo est tout en refus et en négations. Notre protagoniste ne veut pas partir. Il aborde ce séjour comme une obligation et avec beaucoup d'appréhension. Les désillusions attendues seront au rendez-vous. La rencontre avec la demi-soeur, argument phare de ce voyage, se révèlera décevante voire sans grand intérêt.

L'image du voyageur téméraire ou du baroudeur est balayée. Elle laisse la place à un misanthrope. Il fréquente peu ses voisins mais aime beaucoup les observer. Finalement il prétend être allergique à toute forme de compagnie. Mais il s'agit peut être juste de mauvaise foi; son passe-temps favori. Entre autres, il est persuadé qu'il a eu une attaque cérébrale. Et même si son médecin n'a rien trouvé, il garde « la conviction que [son] diagnostic était pertinent et celui du médecin une preuve de son incompétence ». Mais la liste des défauts de ce personnage ne s'arrête pas là. En effet on découvre un homme frileux, préférant garder ses distances avec le vide. La vie de sédentaire lui convient parfaitement. Seul un léger vertige l'empêche de nettoyer les vitres de son appartement situé au septième étage. Un soupçon maniaque, notre anti-héros vérifie tout plusieurs fois chez lui, avant de partir pour le Japon « sac de voyage à l'épaule droite et sac poubelle à la main gauche ». Malgré ce portrait peu flatteur, il faut avouer que ce piètre aventurier s'accorde la sympathie des lecteurs.

S'il n'y avait qu'une chose à retenir de ce livre ce serait incontestablement l'humour et le ton incisif qui en imprègnent les pages. Effectivement Jean-Yves Cendrey préfère l'ironie à tout sentimentalisme, si bien que son personnage, lorsqu'il s'émerveille devant la lune rousse nous décrit aussi
« les chiures de mouches dont [ses] carreaux sont constellés ».


Cependant derrière un humour décapant l'auteur se risque très justement à dépeindre les relations humaines ou encore la solitude que l'on ressent parfois dans un pays étranger. Le ton incisif n'enlève rien au rapprochement que l'on peut faire avec le film Lost In Translation de Sofia Coppola. Certes, de manière plus pudique, Jean-Yves Cendrey relate un certain désespoir dans le quotidien. Il donne la parole à un personnage décelant le pathétique chez les êtres qu'il croise.

Lire cette histoire dans l'espoir de découvrir le Japon serait une grave erreur. Notre voyageur ne s'attarde pas sur ce genre de détails. Rien ne l'étonne. A peine arrivé, il pense déjà à repartir. Dans ce livre qualifié de « guide pour revenir de tout » (cf. quatrième de couverture), nous n'apprenons que ceci du pays du soleil levant :
« les profonds mystères du Japon éternel, c'est du flan ».

Samantha, 2° année Bib-Med

 


Jean-Yves CENDREY sur LiITTEXPRESS

 

  

 

Jacques Spitz, L'œil du purgatoire, article de Jean-Baptiste

 

 

 

 

 

 

Article de Laurent sur Trous noirs de Lázaro Covaldo

Quatre articles sur Qinzinzinzili, ceux d'Isabel et de Marine, ceux de Maylis et de Marie

Eric Chevillard, L'autofictif, article de Marine

Léon Bloy, Histoires désobligeantes, article d'Adrien
Léo Lipski, Piotrus, article de Marie-Amélie
Marie-Louise AUDIBERTI, Stations obligées : article de Julie.

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