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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 07:00
Jeffrey Eugenides Virgin Suicides









Jeffrey EUGENIDES
Virgin Suicides
J'ai lu, 2000

 




















 
Dans un quartier résidentiel de l’Amérique puritaine des années 1970, les cinq sœurs Lisbon se suicident la même année. Des années plus tard, des adolescents ayant connu les sœurs tentent de s’expliquer leur mort.
 
Virgin Suicides est le premier roman de Jeffrey Eugenides. C’est un romancier américain né en 1960 à Détroit dans le Michigan. Il écrit quelques articles pour The New Yorker mais Virgin Suicides qui sort en 1993 est son premier roman. Déjà salué par la critique, son roman connaît un nouveau souffle quand Sofia Coppola l’adapte au cinéma en 2000. Il reçoit en 2003 le prix Pulitzer pour son deuxième roman, Middlesex.
 
La famille Lisbon est menée d’une main de fer par Mrs Lisbon. Tout ce qui pourrait perturber l’innocence de ses filles et révéler leur féminité naissante est écarté de la maison : pas de maquillage, pas de garçon, des robes très chastes faites à la maison… La seule sortie de la famille semble être la messe du dimanche. Le suicide de la plus jeune des sœurs, Cécilia, est néanmoins un choc pour la famille et le voisinage.

La famille reprend peu à peu vie malgré le chagrin et le regard des voisins qui peinent à comprendre la cause de ce suicide. Lux, Bonnie, Mary et Therese retournent au lycée où elles exercent une fascination sur tous les adolescents par la vie singulière qu’elles semblent mener. Pourtant elles se mêlent de moins en moins aux autres élèves, excepté Lux qui multiplie les flirts. Mrs Lisbon continue de cloîtrer ses filles, pensant les protéger.
 
Quand arrive le bal de fin d’année, les filles sont autorisées à s’y rendre. Mais le retard de Lux qui rentre deux heures après ses sœurs va avoir de lourdes conséquences. Mrs Lisbon retire ses filles de l’école et plus aucune sortie ne leur est autorisée. Les seules fois où l’on entrevoit les sœurs, elles apparaissent décharnées et hagardes. Un an après la mort de Cécilia, ses quatre sœurs se suicident à leur tour.
 
Le narrateur du roman est un des adolescents du quartier qui parle au nom d’un « nous ». Après le premier suicide, ces garçons amoureux des sœurs Lisbon ont commencé à récupérer le moindre objet leur ayant appartenu. Le journal de Cécilia, un rouge à lèvre, une photo, etc., sont devenus
vingt ans plus tard
les pièces à conviction d’une enquête qu’ils mènent afin d’expliquer le suicide de ces cinq sœurs qu’ils ne peuvent oublier. Le roman est donc la succession de leurs souvenirs personnels, des témoignages des voisins, de leurs anciens camarades, des médecins, même des parents Lisbon et, petit à petit, dessinent la courte vie de Cecilia, Lux, Bonnie, Mary et Therese. Tout le monde possède une théorie sur ces suicides (des parents trop autoritaires, une prédisposition génétique, un pacte ésotérique) mais au fond personne ne sait ce qui a pu entraîner le mal-être de ces cinq adolescentes en fait très ordinaires et les pousser à se donner la mort.
   
Jeffrey Eugenides dresse donc le portrait-type d’une banlieue chic américaine, au milieu de laquelle cette famille ne trouvait pas sa place et où les suicides brisent l’harmonie d’un monde qui ne laisse aucune place à l’irrationnel. On pourrait lui reprocher de faire appel au mythe de la banlieue américaine si souvent utilisé, avec ses pelouses bien taillées et ses vies toutes tracées. Mais, placés dans cet univers si ordinaire, les suicides des adolescentes deviennent alors plus qu’incompréhensibles. C’était peut-être là la volonté de l’auteur : souligner les travers et les aspérités d’une certaine partie de la société américaine, son voyeurisme et sa fermeture d’esprit.

 
Extrait
 
« Ce qui restait après elles n’était pas la vie, qui a toujours raison de la mort naturelle, mais une liste futile de faits terre à terre: une pendule qui tictaque au mur, une pièce dans la pénombre de midi et l’indignité d’un être humain qui ne pense qu’à lui.[…] Puis la corde jetée par-dessus la poutre, le somnifère tombant dans la paume à la longue vie de ligne trompeuse, la fenêtre ouverte, le gaz libéré, tout ce qu’on voudra. Elles nous avaient fait participer à leur folie, parce que nous ne pouvions faire autrement que de revenir sur leur pas, repenser leur pensées, et voir qu’aucun d’eux ne menait à nous. »
 
Charlotte, 1ére année ED-LIB

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Published by Charlotte - dans fiches de lecture 1A
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