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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 07:00

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JI Di
My Way 1
traducteur Xavier Luce
Xiao Pan 2007


 

 

 

 

 

 

 

 

 

V, le bonhomme au chapeau, voyage. Pourquoi et vers où, nous ne le saurons pas. Mais nul besoin de connaître les causes ou la destination pour suivre son épopée. Savoir où l'on va n'est pas la chose la plus importante, c'est le voyage en lui-même qui est marquant. Aller de ville en ville, voilà ce que fait notre personnage. Au fil de son errance, V fait de belles rencontres avec des gens très différents, tous reliés par un fil de sentiments, l'amour, le bonheur, parfois la tristesse. Chacun racontera son histoire, pourquoi il est là, ici et maintenant. Le bonhomme au chapeau les écoutera, du début à la fin, essayant de les comprendre.

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La première histoire qu'il écoutera sera celle d'une jeune fille qui a longtemps cherché SA fleur. Se pensant destinée à une rose, ou autre lys, elle est déçue en découvrant que finalement, ce n'est qu'un simple cactus qui l'attend. Mais comment être sûre que c'est bien sa fleur ? Ne doit elle pas continuer à chercher ? Ou faut-il seulement qu'elle accepte la beauté et le bonheur que lui apporte cette fleur ?

« Le cactus est couvert d'épines, mais il recèle en son sein un liquide onctueux ».

 

 

 

 

 

 

Puis V arrive dans une ville où il n'y a pas d'étoiles dans le ciel. Elles se mettent cependant à briller, un soir, grâce à un magicien. Ce dernier a décidé d'apprendre la magie de ces astres, pour pouvoir illuminer ce ciel solitaire pour la femme qu'il aime. Pour y arriver, il a dû partir pendant dix ans de chez lui. Mais durant ce laps de temps, cette magie qu'il a obtenue, il ne pourra l'offrir à sa bien-aimée, celle-ci ayant refait sa vie, et n'habitant plus cette ville.

« Toutes les épreuves qu'il avait supportées en silence pendant ces dix ans, il les avait supportées pour l'idéal de la propriétaire de ce nom ».
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Suivra l'histoire d'un jeune couple qui a décidé de quitter sa ville et ceux qu'ils aimaient pour trouver leur tour de lumière, l'endroit où ils pourront être heureux. Puis celle de deux amoureux qui ont préféré se quitter, leur amour devenant trop étouffant les privait de liberté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il écoutera ensuite un aviateur qui a choisi sa passion, voler haut dans le ciel, et ne peut se résigner à l'abandonner par amour. Et, enfin, V découvrira l'histoire d'une jeune fille, partie de chez elle, voulant voir le monde, en pensant que son petit ami ne l'aimait pas, sans remarquer qu'il avait sa manière à lui de lui montrer son amour, autrement qu'en le lui disant.


 

 

 

 

 

 

 

C'est ainsi que nous suivons le personnage principal, V, dans son voyage et écoutons avec lui toutes ces histoires, racontées avec une vraie sensibilité, celle des personnages. Ils sont souvent tristes, mais acceptent leur choix et ce qui leur arrive, parfois d'une manière fataliste. Notre homme au chapeau, lui, est certes là pour les écouter, mais aussi pour se poser en juge, voire en moraliste. Il tente toujours de leur montrer la double face de leur situation, qu'ils ne voient pas parce qu’ils sont trop enfermés dans leur propre monde pour comprendre qu'ils n'ont pas forcément pris les bonnes décisions. Il leur fait entendre raison, ou du moins, il essaye.

 

 


Chaque saynète de ce mànhuà est caractérisée par une couleur qui reflète l'atmosphère et les sentiments du personnage. Cela nous donne le ton de l'histoire que nous allons découvrir, et nous comprenons donc mieux ce que vont nous raconter les personnage. Ces derniers n'ont pas de personnalité bien définie, mais sont plutôt les représentations d'un sentiment, d'une envie ou d'un état d'esprit. Cette impression est amplifiée par le style du dessin de Ji Di : rond, doux, avec des traits légers, presque flottants. Cette sensation de merveilleux, de fantastique, de flou que suscitent ces histoires plutôt tristes est recadrée par des cases parfaitement rectangulaires, très strictes. « C’est comme le yin et le yang », explique Ji Di. De plus, il y a toujours très peu de textes dans chaque case. L'essentiel tient en quelques mots. Les paroles des personnages sont dites d'une manière très poétique, presque « philosophique ». Ces discours sur les sentiments et la vie ne sont malgré tout ni niais ni mélodramatiques. On retrouve même parfois des épisodes de nos propres vies dans ces histoires, on a l'impression que l'on a déjà vécu la même chose.

Enfin, chaque saynète est complètée par un court texte, sur le même thème mais proposant une nouvelle histoire, qui permet de compléter la précédente et de mieux la comprendre.


Pour conclure, je dirai que ce mànhuà est vraiment très beau et que, même si parfois il peut être triste, il apporte une sorte de fraîcheur, une atmosphère calme et reposante. Et les tomes suivants sont d’une même qualité. Ils abordent cependant des thèmes plus sombres, comme la mort, la perte.

Je comprends très bien pourquoi Ji Di connaît un grand succès dans son pays d'origine, la Chine, et j'espère qu'elle connaîtra le même en France et en Europe.

 

Suzy L.,  1ère année Éd.-Lib.

 

 

 

 

 Liens

Éditions Xiaopan : http://www.xiaopan.com/francais/

 Entretien sur ActuaBD : http://www.actuabd.com/Ji-Di-La-serie-My-way-suit-mon-evolution-dans-ma-vie-de-maniere-totalement-imprevue

 

 

 

 

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