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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 07:00

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John FANTE
Bandini
Titre original
Wait Until Spring, Bandini
Première publication, 1938
 traduit par Brice Matthieussent
Christian Bourgois, 1985
10/18, 2002




 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

John Fante est né en 1909, dans le Colorado, aux États-Unis. Il est issu d’une famille d’émigrés italiens, croyants et conservateurs. Il a été envoyé dans une école de jésuites où il va ressentir un grand besoin de liberté, de sexualité et d’écriture. À vingt ans, il part pour Los Angeles et se consacre à l’écriture. À vingt-six ans, il publie sa première nouvelle en se faisant passer, par orgueil, pour plus jeune. Dès 1932, il écrit régulièrement pour la revue littéraire The American Mercury et entretient une correspondance avec le célèbre H. L. Mencken, le rédacteur en chef, pendant près de vingt ans. Cette même année, il essaie de faire publier son premier roman, La route de Los Angeles, mais en vain ; il est jugé trop cru. Il n’est publié que 53 ans plus tard, après la mort de Fante. C’est Bandini, en 1938, qui est le premier roman publié de John Fante. Le titre original est Wait until spring, Bandini, « Attends le printemps, Bandini ».

Fante poursuit sa vie tumultueuse quelques années encore. Il vit seul, à l’hôtel, où deux envies le guident, les femmes et l’écriture. En 1937, il épouse Joyce, une étudiante fortunée, éditrice et écrivain. Son roman Plein de vie lui vaut un large succès et fait de lui un scénariste reconnu (Full of Life, My Man and I, etc.). En 1957, il est nommé aux Writers Guild of America Awards du meilleur scénario pour Plein de vie.

Il tombe ensuite dans l’oubli, jusqu’à ce que Charles Bukowski réédite Demande à la poussière en 1983. Fante finit sa vie aveugle et amputé des membres inférieurs à cause de son diabète. C’est sa femme Joyce qui transcrit, sous la dictée, l’une de ses dernières œuvres, Rêves de Bunker Hill. Il meurt à l’âge de 74 ans, en 1983.

 (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Fante#Vie)



Le roman

Résumé

Bandini, c’est l’histoire d’une famille, une famille d’émigrés italiens vivant à Rocklin dans le Colorado. Il y a Svevo Bandini, le père ; il est maçon, déteste la neige qui l’empêche de travailler ; Maria, la mère, une femme et mère dévouée et très pieuse ; Arturo Bandini, l’aîné, et ses frères August et Frederico. Ils sont pauvres, sont écartés par les Américains de souche et vivent à crédit ou de la charité des autres. Pendant cet hiver très rude, leur condition empire parce qu’ils n’ont pas de revenus. Le roman s’ouvre ainsi :

 

« Il avançait en donnant des coups de pied dans la neige épaisse. Un homme dégoûté  Il s’appelait Svevo Bandini et habitait à trois blocs de là. Il avait froid, ses chaussures étaient trouées. Ce matin-là, il avait bouché les trous avec des bouts de carton déchirés dans une boîte de macaroni. Les macaroni de la boîte n’étaient pas payés, il y avait pensé en plaçant les bouts de carton dans ses chaussures.

Il détestait la neige. Il était maçon, et la neige figeait le mortier entre les briques qu’il posait. Il rentrait chez lui en se disant que c’était absurde. Petit garçon élevé dans les Abruzzes, en Italie, il avait aussi détesté la neige. Pas de soleil, pas de travail. Maintenant, il habitait l’Amérique, la ville de Rocklin, Colorado. » (Page 9)

 

Un peu plus loin dans le récit, la famille reçoit une lettre de la mère de Maria, Donna Toscana. C’est là que ça se gâte. Donna Toscana vient leur rendre visite pour leur rappeler leur misérable condition, rappeler à sa fille qu’elle est une ratée, que son mari est un raté, doublé d’un alcoolique. Svevo donc, en apprenant la nouvelle de la venue de sa belle-mère, va disparaître pendant des jours, abandonnant sa famille.

Maria dépérit au fur et à mesure et s’enferme dans la prière. Elle entre petit à petit dans un état second, dans une sorte de demi-sommeil, d’inconscience, délaissant ses enfants.  Le père va en fait vivre pendant quelques semaines chez Effie Hildegarde, une femme très riche, pour s’évader du quotidien. Tout le roman tourne autour de l’absence de Svevo, autour de ce couple qui éclate. C’est alors à travers le regard d’Arturo Bandini, personnage récurrent chez Fante, son alter ego, qu’on suit le destin de cette famille.



Arturo, un garçon plein de contradictions

Arturo est un garçon de quatorze ans, d’un tempérament bagarreur, mais qui a un bon fond et ne sait pas (ou plutôt ne veut pas) le montrer. Il admire son père, mais ne comprend pas forcément sa mère. Il porte un amour très fort à ses parents, mais ce sentiment est souvent associé à du dégoût, voire de la haine : « Il aimait sa mère, mais il la détestait » (page 29)

Il est aussi fou amoureux de Rosa, sa voisine et camarade de classe. Mais celle-ci le déteste. Il essaie à plusieurs reprises d’attirer son attention, notamment en volant un bijou à sa mère, pour le lui offrir à Noël et ainsi l’épater, sortir de son image de pauvre rital. Cependant, elle devine que ce bijou a été volé et le lui rend.

Tout au long du roman, on sent qu’Arturo est sujet à un conflit intérieur, qu’il n’est pas celui qu’il aurait aimé être.

 

« Le petit déjeuner pour trois garçons et un homme. Il s’appelait Arturo, mais détestait ce prénom ; il aurait aimé s’appeler John. Son nom de famille était Bandini, mais il aurait préféré Jones. Sa mère et son père étaient italiens, il les aurait voulus américains. Son père était poseur de briques, il l’eût préféré lanceur pour les Chicago Cubs. Ils habitaient Rocklin, Colorado, dix mille habitants, et il voulait habiter Denver, à trente milles de là. Son visage était couvert de taches de rousseur qu’il haïssait. Il fréquentait une école catholique, il aurait préféré une école publique. Sa petite amie s’appelait Rosa, mais elle le détestait. Enfant de chœur, il était un vrai diable et haïssait les enfants de chœur. Il voulait être bon garçon, mais il redoutait d’être bon garçon, car il craignait que ses amis ne le traitent de bon garçon. Il s’appelait Arturo et il aimer son père, mais il vivait dans la hantise du jour où il serait assez costaud pour rosser son père. Il adorait son père, mais prenait sa mère pour une mijaurée doublée d’idiote » (pp. 28-29)

 

 

 

La notion de péché

Par ailleurs, Arturo se questionne sans cesse sur la notion de péché. Il a du mal à distinguer les péchés mortels des péchés véniels. Mais cette réflexion ne se fait qu’après avoir commis ledit péché. Il y a tout un passage où il est plongé dans ses pensées, terrorisé par la peur du purgatoire. On voit bien le poids de la religion, des dogmes de l’époque. Le fait qu’il pense que son père a une liaison aussi le trouble, car au caté ils ne parlent pas d’adultère. Pourtant c’est dans l’un des dix commandements. Il découvre aussi ses premiers émois, il va au cinéma pour mater les filles, il découvre ce qu’est le désir en regardant la mère d’un de ses camarades, très désirable. Il désire aussi Rosa, son amoureuse. Il se doute que la religion condamne ça, mais ne peut pas s’en empêcher.

 

 

 « Il se confessait très vite, haletant de misère et de honte, désirant plus que tout la virginité précaire de l’absolution. J’ai commis une mauvaise action, je veux dire deux mauvaises actions, j’ai pensé aux jambes d’une fille, à la toucher à une endroit mauvais et puis je suis allée au spectacle et j’ai eu de mauvaises pensées et puis je marchais et une fille est descendue d’une voiture et c’était mal et j’ai en entendant une plaisanterie grivoise et avec une bande copains j’ai regardé deux chiens s’accoupler et j’ai dit quelque chose de mal, c’était de ma faute ,eux ils n’ont  rien dit, c’est moi le responsable, je les ai fait rire en disant quelque chose de mal et puis j’ai déchiré une photo dans une revue et la fille était nue je savais que c’était mal mais ça m’a pas empêché. […] C’est ma faute, c’est ma très grande faute et je regrette, je regrette de tout mon cœur » (pp. 102-103)

 

 

 

Une autofiction

On se demande aussi où est la frontière entre la fiction et l’autobiographie, c’est assez troublant parfois. Fante dit clairement dans l’introduction à la réédition, qu’il redoute d’être mis à nu par ses propres œuvres. Sa mère s’appelait Mary et la mère d’Arturo, Maria. Dans un des passages cités, le regret d’Arturo de ne pas s’appeler John ne peut qu’être un clin d’œil à Fante lui-même.

 

J’ai adoré Bandini, on est happé par l’histoire, par le devenir de cette famille. Arturo est un personnage très attachant et cette proximité entre Arturo et l’auteur très intéressante. Le style de Fante aussi est un régal.


 Maryse E., AS Bibliothèques, 2012-2013

 

 

 

John FANTE sur LITTEXPRESS

 

John FANTE La route de Los Angeles

 

 

 

 

Article de Nicolas sur La Route de Los Angeles

 

 

 

 

 

 


 

John Fante Demande a la poussiere

 

 

 

 

 

Articles de Florent et Blandine sur Demande à la poussière.

 

 

 

 

 


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Article de Céline sur Mon chien stupide

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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